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Georges Bernanos

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Georges Bernanos est un écrivain français, né le 20 février 1888 dans le 9e arrondissement de Paris et mort le 5 juillet 1948 à Neuilly-sur-Seine. Georges Bernanos passe sa jeunesse à Fressin, en Artois, et cette région du Pas-de-Calais constituera l... Plus >

La joie (2011)

De Georges Bernanos chez Castor Astral
(2 votes, note moyenne : 4.0)

Lancé par le succès considérable de son tout premier roman, Sous le soleil de Satan (paru en 1926), Georges Bernanos se jeta immédiatement dans l’écriture fiévreuse de L’Imposture. Son troisième roman, La Joie, suite de L’Imposture, a été récompensé par le Prix Femina en 1929.

La joie est un thème si fondamental chez Bernanos qu’il est même devenu le titre d’un de ses plus grands romans.

L’action de ce roman se déroule dans le château artésien de M. de Clergerie, historien médiocre, obsédé d’ambitions académiques, né pour faire non une vie, mais une carrière. Habitants de la demeure : la mère de M. de Clergerie, murée dans le mensonge que symbolise la détention d’un trousseau de clés ; Fiodor, le chauffeur russe éthéromane étrangement sensible au mysticisme ; Fernande, la cuisinière ; François, le valet. Et au milieu d’eux, personnage principal, Chantal de Clergerie, jeune fille radieusement belle, toute pureté, fraîcheur et joie – une joie mêlée de souffrance quand elle est extatique et dont elle est prête à faire le sacrifice pour le salut des autres…

« Qui cherche la vérité de l’homme doit s’emparer de sa douleur. » Extrait de La Joie

« Cette œuvre n’offre aucune commune mesure avec quoi que ce soit d’autre, soit dans le présent, soit même dans le passé. » Gabriel Marcel

« Bernanos, de sa poigne rude, nous maintient dans cet univers de la chute et de la Rédemption, qui est le nôtre à tous, croyants et incroyants. Car il n’est pas nécessaire d’avoir la foi pour s’y reconnaître [...], tel est le pouvoir de cette œuvre fulgurante. » François Mauriac

« Il a écrit les plus belles scènes de la fiction moderne, par la profondeur et la puissance. » André Malraux

« Bernanos savait toutes ces choses qui nous font souffrir. C’est même de cela que sa grandeur était faite. Il avait beau se présenter à nous en veston, il était l’homme de l’invisible. » Julien Green

Georges Bernanos (1888-1948), homme de foi et de passion, chrétien de combat et solidaire des pauvres, anticonformiste et polémiste, débute dans le journalisme en collaborant à L’Action Française. Il rompt toutefois avec Maurras dès 1932, allant jusqu’à critiquer âprement nombre de principes qu’il avait jusque-là défendu et se rapprochant entre autres de Mauriac et Malraux. À son retour des tranchées en 1918, il devient inspecteur d’assurances. Son premier roman, Sous le soleil de Satan, publié le 18 mars 1926 (il a alors 38 ans), remporte un succès considérable qui le convainc de se consacrer exclusivement à l’écriture. S’attaquant au conformisme bourgeois au nom de ses convictions catholiques, s’affirmant « ni de gauche ni de droite » et ne se rangeant dans aucun parti, le romancier du « réalisme surnaturel » et des conflits intérieurs est surtout l’ennemi de toutes les veuleries qui diminuent l’homme et de toutes les tyrannies qui l’écrasent. Bernanos s’installe aux Baléares en 1934, où il écrit son second chef-d’œuvre, Journal d’un curé de campagne. Lorsque éclate la guerre civile espagnole, écrivain témoin de son temps, il ne tarde pas à prendre le parti des victimes dans le violent pamphlet antifranquiste Les Grands Cimetières sous la lune (1938), pourfendant avec véhémence la compromission du clergé. Face à la montée des fascismes, il quitte ensuite l’Europe pour s’installer au Paraguay (un rêve d’enfance), puis au Brésil, où il entreprend l’élevage de buffles. Il y passera la guerre en défendant sans cesse la cause de son pays déchiré et devenant l’un des plus grands animateurs spirituels de la Résistance française. En juillet 1945, Bernanos rentre en France où il meurt trois ans plus tard. Son œuvre romanesque est constamment rééditée.

Paru le 20-10-2011 - Format : Broché - 251 pages - 22 x 14 x 0 cm - 348 g - ISBN 10 : 2859208593 - ISBN 13 : 9782859208592

Collection : Litterature

Tags : roman, action, drame, folie, mensonges, prix fémina, mort, joie, portrait psychologique, pièges, syncope, grand-mère sénile, jeune fille pieuse, ouvrage primé, catholique, religion, france, littérature francophone, littérature française, 20ème siècle.

Citations de La joie (10)

Toute vie surnaturelle a sa consommation dans la douleur, mais l'expérience n'en a jamais détourné les saints.

Qui cherche la vérité de l'homme doit s'emparer de sa douleur.

Oh ! non ! je ne méprise personne. Quoi que je fasse, moi-même je n'arriverais pas à me mépriser. Le mépris est le poison de la tristesse, monsieur La Pérouse. La tristesse bue, c'est lui qui reste au fond… une boue noire, amère. Et si malheureuse que je puisse être un jour, la tristesse n'aura pas de part en moi, jamais… Vous ne me faites plus peur, monsieur La Pérouse, ni vous, ni les autres. Jadis je craignais le mal ; non pas comme on doit le craindre, j'en avais horreur. Je sais à présent qu'il ne faut avoir horreur de rien. Une fille pieuse, qui entend sa messe, communie, cela vous paraît bien sot, bien puéril ; vous avez vite fait de nous prendre pour des innocentes… Hé bien, nous en savons parfois plus long sur le mal que bien des gens qui n'ont appris qu'à offenser Dieu. J'ai vu mourir un saint, moi qui vous parle, et ce n'est pas ce qu'on imagine, cela ne ressemble pas à ce qu'on lit dans les livres ; il faut tenir ferme là-devant : on sent craquer l'armure de l'âme. Alors, j'ai compris ce qu'était le péché… Le péché, nous sommes tous dedans, les uns pour en jouir, d'autres pour en souffrir, mais à la fin du compte, c'est le même pain que nous rompons au bord de la fontaine, en retenant notre salive, le même dégoût.

« Qu'ai-je fait ? répète-t-elle tristement. Quelle faute ai-je commise ? » L'idée ne lui vint pas qu'elle souffrait peut-être sans raison, sans but, que la question posée n'a pas de réponse possible, que son angoisse est faite pour se perdre, avec tant d'autres, dans la sérénité universelle, ainsi qu'un cri ne dépasse pas un certain cercle de l'espace, et, hors de ce cercle, n'est rien. […] Mais le jour vient où la vie brise pour jamais la céleste insouciance des petits, impose tout à coup le choix décisif, substitue instantanément la résignation à la joie. « Je ne suis pas résignée ! disait-elle jadis à son vieil ami. La résignation est triste. Comment se résigner à la volonté de Dieu ? Est-ce qu'on se résigne à être aimée ? » Cela lui paraissait clair, trop clair. Seulement, il y a sans doute dans la volonté de Dieu une part que le triste amour humain ne saurait réduire tout entière, incorporer parfaitement à sa propre substance. La grande soif, la Soif éternelle s'est détournée des sources vives, n'a voulu que le fiel et le vinaigre, n'a désiré que l'amertume.

Sans doute, elle n'ignorait pas le mal et n'avait jamais feint de l'ignorer, trop sensible et trop vive pour se dissimuler à soi-même, comme tant d'ingénues volontaires, certaines méfiances et certains dégoûts, mais sa droiture était la plus forte. Ce pressentiment du péché, de ses dégradations, de sa misère, restait vague, indéterminé, parce qu'il faut la déchirante expérience de l'admiration ou de l'amitié déçue pour nous livrer le secret tragique du mal, mettre à nu son ressort caché, cette hypocrisie fondamentale, non des attitudes, mais des intentions, qui fait de la vie de beaucoup d'hommes un drame hideux dont ils ont eux-mêmes perdu la clef, un prodige de duperie et d'artifice, une mort vivante. Mais qui peut décevoir celle qui croit d'avance ne posséder ni mériter rien, n'attend rien que de l'indulgence ou de la charité d'autrui ? Qui peut décevoir la joyeuse humilité ? L'agonie du vieux prêtre avait pourtant fait ce miracle.

Tu ne sais rien du monde, tu n'en veux rien savoir, c'est tellement plus simple ! Ta mère prétendait déjà marcher à travers les chemins boueux avec la petite pantoufle de Cendrillon. Oui, il fallait que tu l'apprisses un jour ou l'autre, le monde n'est pas fait pour les anges. Je suis un catholique irréprochable, j'ai consacré une partie de ma vie à l'histoire de l'Eglise et je dis : le monde n'est pas fait pour les anges. J'ajoute même : tant pis pour les anges qui s'y hasardent sans précaution !

À ce retard presque imperceptible, à la brisure du rythme intérieur, on eût pu sans doute mesurer le progrès de sa démence. Car bien avant que l'intelligence, enfin pétrifiée, ne se fixe pour jamais dans une immobilité monstrueuse, vraiment minérale, et qui fait un si cruel contraste avec la vaine agitation des membres, les images ont une viscosité singulière, s'agglutinent, n'en finissent plus de quitter le champ de la conscience, y laissent une traînée brillante.

On n'en finit jamais avec les morts.Les morts sont tenaces.

Le péché, nous sommes tous dedans, les uns pour en jouir, les autres pour en souffrir,mais à la fin du compte c'est le même pain que nous rompons au bord de la fontaine, en retenant notre salive,le même dégoût.

-Je n'ai rien dit de pareil...Vous êtes...vous êtes..-Allons, fit-elle,ne cherchez pas. Il n'importe pas du tout de savoir qui je suis; les définitions se trompent toujours...

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Critiques de La joie : avis de lecteurs (3)


  • Critique de La joie par (Babelio)

    J'aime bien la vieille littérature, celle du XIXe et XXe siècle, j'adore! Mais avec la joie de Bernanos, j'en sors avec un avis très mitigé, les personnages m'ont déroutés un peu, ils étaient presque ...

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    Par Babelio - publiée le 15/04/2016

  • Critique de La joie par brigittelascombe (Babelio)

    Entre lumière et ténèbres, Georges Bernanos dans La joie, mystique torturé, jette le lecteur avec force dans le spectacle dantesque, celui de la pure, "trop sage" Chantal de Clergerie, emplie de La jo...

    Lire la critique complète >
    Par brigittelascombe - publiée le 23/04/2012

  • Critique de La joie par brigittelascombe (Babelio)

    "Méfiez-vous de ce qui trouble" lui avait conseillé l'Abbé Chevance. Chantal de Clergerie, (entre un père veuf académicien égoïste qui rêve de la voir "entrer en religion" et une grand-mère ...

    Lire la critique complète >
    Par brigittelascombe - publiée le 22/04/2012

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