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George Arion

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Cible royale (2014)

De George Arion chez Genèse Edition
(2 votes, note moyenne : 4.0)

A la chute de l'empire soviétique, les temps sont troublés à l'Est. La Russie cherche à reprendre la main sur ses anciens satellites. Les nouvelles indépendances nationales se gagnent dans la violence. Les haines ancestrales se réveillent.
Le président russe est particulièrement agacé par l'émancipation de la Roumanie. Comme Staline, il rêve même de rayer ce pays de la carte. Il élabore alors une incroyable machination : faire assassiner à Bucarest, au milieu de la foule, le jour de Pâques, le Roi Michel Ier en exil depuis la Seconde guerre mondiale. La mission est confiée au plus cruel des tueurs à gages, Fred Coler, surnommé "L'homme aux mille visages".
Parallèlement, deux frères jumeaux, terroristes recherchés activement par le Mossad, reçoivent mission de leur chef islamiste de venger la mort expéditive de Nicolae Ceusescu en menant des opérations de représailles en Roumanie.
La visite prochaine du Roi Michel Ier mobilise aussi un Bucarestois, déterminé à faire payer le monarque, responsable, estime-t-il, de tous ses déboires.
Les services secrets roumains ont vent du projet d'assassinat. Tout doit être fait pour éviter le drame. Trois jeunes espions sont chargés de déjouer la machination. Commence alors une course contre la montre, dans laquelle sont impliqués le CIA, le KGB, le Mossad, et bien sûr, le SRI (services secrets roumains).
Et les lieux où se déroulent l'action s'enchaînent à toute allure : Bucarest, Moscou, Las Vegas, Los Angeles, Vienne, Versoix, Tel-Aviv.

Paru le 14-02-2014 - Format : Broché - 288 pages - 21 x 13 x 2 cm - 310 g - ISBN 10 : 293058520X - ISBN 13 : 9782930585208

Collection : Genese Edition

Tags : entretiens, roman, témoignage, thriller, roman d'espionnage, romans policiers et polars, empire, indépendance, rois, traditions, attentats, traduction, politique, manipulation, roman politique, critique sociale, auteur américain, russe, roumain, littérature roumaine.

Citations de Cible royale (10)

Je suis devenu un témoin gênant qui doit disparaître une fois pour toutes. De toute façon, j'ai déjà trop traîné de ce côté-ci de l'univers.

Il s'installa ensuite confortablement dans un fauteuil afin de suivre un nouvel épisode de la série Dallas. À vingt-trois heures, il éteignit la télévision et la lumière. Tout en se rendant vers son lit, il prononça alors en direction du mur couvert de photographies:-Bonne nuit, Votre Majesté!p. 25

Sans se soucier de la présence de Tchervenko, il sortit de son bureau une bouteille de vodka à moitié pleine, et se servit un verre dans lequel il avait déjà bu en attendant l'arrivée de son collaborateur. Il le leva, le contempla et le but d'une traite.

Tchervenko avait assisté bien des fois aux élans mégalomanes du président, mais jamais tel qu'il le voyait aujourd'hui. Matouchine donnait l'impression de ne plus rien percevoir autour de lui. Son visage rougeaud et bouffi était méconnaissable. Ses yeux brillaient d'une lueur animale. Qu'est-ce qui pouvait bien lui prendre ? Qui avait pu le rendre aussi nerveux ? Est-ce que son alcoolisme avait fait plus de dégâts que ce que l'on croyait ? Il faut dire que s'il arrivait quoi que ce soit à Matouchine, son successeur aurait tôt fait de remplacer Tchervenko par un homme à lui.

– Comment ça, « tout va bien » ? reprit Arkadi Feodorovitch, mais cette fois sur un ton plus doux, comme si la vodka l'avait brusquement apaisé. Notre empire menace de s'effondrer et toi, tu me dis que tout va bien ! Les pays baltes n'en font plus qu'à leur tête et ceux du Sud ont commencé à avoir des velléités d'in-dé-pen-dan-ce ! épela-t-il avec dédain. Je t'en foutrais moi de l'indépendance. Je leur ai donné un peu de lest et voilà qu'ils ont déjà commencé à se foutre de moi. De moi ?! répéta-t-il avec étonnement. Moi qu'on appelle le “Tsar de Russie” ! Et pas seulement de la Russie ! Il est plus que temps de leur montrer ce qu'ils représentent pour nous. Des déchets qu'on écrase quand bon nous semble. Je vais rassembler tous leurs soi-disant dirigeants, comme au bon vieux temps, et ils se mettront tous à genoux pour me demander pardon. Je vais les écrabouiller ! Eux et tous ceux qui les soutiennent. Et ils vont redevenir ce qu'ils ont toujours été : des esclaves. La grande Russie pourra alors renaître encore plus fière que jamais !

Certains commentateurs commencèrent à dire ça et là que Matouchine faisait semblant d'être plus ivre qu'il ne l'était à chaque fois qu'il se retrouvait dans une situation difficile. Cela permettait d'expliquer ses fréquentes disparitions qui avaient toujours pour prétexte officiel une cure de désintoxication : il s'agissait en fait et surtout de courts moments de répit lui permettant de mieux réfléchir aux décisions à prendre.

À l'aéroport du pays dans lequel il avait été invité, les personnalités l'attendaient. Après l'atterrissage, Matouchine, qui avait bu comme une éponge pendant le vol, avait été dans l'incapacité de descendre sur le tapis rouge. Malgré tout, aucun scandale n'avait éclaté. L'épisode avait même été relaté avec humour, comme s'il se fût agi d'une blague de potache.

Tchervenko avait déjà vu des dizaines de fois son chef dans cet état-là. Les bouteilles se vidaient à toute vitesse sans avoir, tout du moins en apparence, le moindre effet sur le président. Seul indice : l'étincelle plus vive qui brillait alors dans ses yeux. Les délégations étrangères qui le rencontraient pour la première fois, percevaient toujours un léger parfum d'alcool mais jamais la moindre hésitation dans sa voix. Et pourtant, il lui était arrivé à plusieurs reprises d'abuser de la bouteille et soit il s'était alors donné en spectacle, soit il n'avait pu participer à des réunions importantes, gisant ivre mort sur le canapé d'un bureau, pendant qu'autour de lui on s'agitait dans tous les sens pour au moins le ramener à un certain état de conscience. Cela lui était même arrivé au cours d'un voyage en avion à l'étranger.

 Alors, dis-moi, comment vont les affaires, Mikhaïl Sergheevitch ?Il s'agissait d'un autre piège classique qu'il tendait à ses collaborateurs : poser une question générale, sans se référer à quoi que ce soit de précis, une invitation à révéler des choses importantes ou à faire de simples délations.– Tout va bien, répondit prudemment Tchervenko.Sa réponse fit sortir le président de ses gonds. Tout d'un coup comme sur des ressorts, il se leva d'un bond et se rendit, bon gré mal gré, jusqu'au bureau massif sur lequel se trouvaient des documents jetés pêle-mêle afin de créer l'illusion d'une activité intense. Juste à côté se trouvait une petite table sur laquelle étaient posés des téléphones directement reliés à de multiples endroits de la planète.– Comment ça, « tout va bien » ? gronda Arkadi Feodorovitch Matouchine.

Ce dernier était assis dans un immense fauteuil, duquel il ne se leva pas, et il fit signe à Tchervenko de venir s'asseoir sur un siège à ses côtés. C'était une astuce enfantine dont ce grand gaillard, qui buvait du matin au soir et du soir au matin, ne se déprenait jamais : il désirait que son interlocuteur ne se sentît jamais à son aise. Par un simple détail, il voulait le dominer, le tenir sous son contrôle pour bien lui faire savoir qui des deux était le maître. À peu près en toutes circonstances, il utilisait les trucs les plus grossiers et les plus démagogiques : il pinçait les fesses des secrétaires, dansait en public comme un ours éméché, faisait des plaisanteries graveleuses, éclatant toujours de rire le premier.

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Critiques de Cible royale : avis de lecteurs (2)


  • Critique de Cible royale par collectifpolar (Babelio)

    Ioan Cantar, Horia Dragomirescu et Paul Conrad, trois espions des services secrets roumains, ont fort à faire en ce printemps 1992 : les Russes projettent d'assassiner le roi Michel Ier lors de sa pre...

    Lire la critique complète >
    Par collectifpolar - publiée le 10/07/2019

  • Critique de Cible royale par paulmaugendre (Babelio)

    Le 6 janvier 1992, se déroule un entretien entre le responsable du KGB Mikhaïel Sergheevitch Tchervenko et le nouveau Président de la Russie, Arkadi Feodorovitch Matouchine. Matouchine, qui a remplac...

    Lire la critique complète >
    Par paulmaugendre - publiée le 18/09/2018

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