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Geneviève Brisac

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Geneviève Alice Angeline Brisac née à Paris le 18 décembre 1951, est écrivaine et éditrice. Elle reçoit le prix Femina en 1996 pour son roman Week-end de chasse à la mère.

Une année avec mon père (2010)

De Geneviève Brisac chez Ed. De L'olivier
(28 votes, note moyenne : 3.4)

Après un terrible accident de voiture, un homme rentre chez lui. Ayant échappé de peu à la mort (sa femme, elle, a disparu dans l'accident), il lui faut maintenant tout réapprendre. Sa fille, jour après jour, l'accompagne, et tente de tenir la main de cet homme intraitable.

Inquiète ou joueuse, sa voix décrit les quatre saisons de ce retour à la vie. Elle raconte son histoire, celle d'un Français, juif laïque et républicain, né à la fin des années 20, amoureux des paysages de son enfance qu'il ne concevait pas de défendre autrement que les armes à la main.

La guerre, la politique, le travail, les femmes, il a tout vécu sans jamais s'expliquer. Et il n'a pas l'intention de commencer.

Lumineux, cocasse, bouleversant, ce livre est tout entier du côté de la vie. L'écriture engage avec la mort une course de vitesse, et rien ne dit qu'elle n'en sortira pas gagnante. Chacune - et chacun - y reconnaîtra l'essence même de ces liens si précieux qui se tissent entre les pères et les filles.

Paru le 04-03-2010 - Format : Broché - 177 pages - 14 x 1 cm - 224 g - ISBN 10 : 2879295939 - ISBN 13 : 9782879295930

Collection : Littérature Française

Tags : récits, roman, roman autobiographique, autobiographie, témoignage, peur, juif, voiture, deuil, accident, hôpital, solitude, vieillesse, mort, fin de vie, Pères et filles, vie après la mort, politique, france, littérature française, récits, roman, roman autobiographique, autobiographie, témoignage, tendresse, voiture, années 20, deuil, accident, hôpital, solitude, vieillesse, veillissement des parents, mort, Pères et filles, ironie, amour filial, france, littérature française.

Citations de Une année avec mon père (7)

Deux filles, une petite-fille entourent un homme pâle et un peu gris qui n'a jamais fréquenté les cimetières, considérant qu'il y a plus important à faire du côté des vivants, des gens à aider, des ponts à construire, des injustices à empêcher, des femmes à embrasser. Qui se sent obligé ou engagé par qui à quoi ? A quelle instance dédions-nous notre marche hésitante dans l'allée A du cimetière déjà défeuillé, et les chrysanthèmes rouges dont nous décorons la pierre sous laquelle repose maman ? (p.174)

L'écriture est un effort pour s'approcher de la ligne frontière que le secret le plus intime trace autour de lui et la violer équivaudrait à une auto-destruction. Je ne cesse de creuser ma réflexion sur le travail de crabe de l'écrivain, sa lutte tangente pour approcher sa propre vérité.Garder l'oreille juste. N'obéir qu'à ses propres critères. Réunir dans une même problématique les questions civiques et le questions littéraires.

Ta mère avait raison, murmure mon père, la littérature durcit le coeur, les écrivains sont des monstres d'indifférence. C'est ce qu'elle disait toujours.Il y a des boulangers d'une cruauté extrême, dis-je, et des fleuristes nazis.

J'ai invité les Butor, dit mon père. J'irai d'abord l'écouter à la Sorbonne, il reçoit une chose honorifique, il fait un discours, ils m'ont gentiment envoyé une invitation. Puis nous dînerons à la Closerie des Lilas. Voudrais-tu être des nôtres?…La soirée est belle et douce, je les trouve tous les trois en train de boire l'apéritif, Michel Butor a les joues roses, le ventre rond sous l'empiètement de sa cotte grise, une salopette du soir, il sourit aux anges, il évoque les hommages qui lui ont été rendus aujourd'hui. Elle en profite pour rappeler quelques réjouissances récentes, des colloques en l'honneur de ce même Butor, qui est son époux depuis plus de cinquante ans, peut être cinquante-cinq, cet heureux temps, ce temps si ancien, une exposition que nous ne devrions manquer sous aucun prétexte. Ils ont l'air heureux.Vous ne pouvez pas imaginer le nombre d'universités qui réclament Michel partout dans le monde. Et nous adorons voyager.Nous partons vers la Closerie des Lilas. Mon père a l'air épuisé, il est pâle. Il vacille sur sa canne...L'Inde nous a éblouis, raconte Butor, une civilisation étonnante, des civilisations plutôt, des mythes passionnants, le Gange, les temples, les crémations, sans parler des singes qui nous volaient nos affaires ...Si on commandait le dîner? propose mon père dont je crains qu'il ne défaille d'ennui.Je crains aussi que les Butor ne sortent des photos, mais ils ont changé de sujet, et, en mangeant d'excellent appétit, ils évoquent les joies que leur donnent leurs enfants, les étés dans le Sud-Ouest avec leurs petits-enfants, les travaux dans la maison.Ils resplendissent.Ils ne posent aucune question.Ils sont à leur affaire.Mon père est maintenant jaune citron. Il paie le dîner, attrape sa veste, se prend les pieds dans les lanières de son sac, au revoir, au revoir, et nous marchons dans la nuit, clopin-clopant.Quelles âmes desséchées, dis-je, quelle aura de vanité efficace, comme on dit la grâce efficace.Ta mère avait raison, murmure mon père, la littérature durcit le coeur, les écrivains sont des monstres d'indifférence.C'est ce qu'elle disait toujours.Il y a des boulangers d'une cruauté extrême, dis-je, et des fleuristes nazis.Mon père trébuche une fois encore, l'alcool, la fatigue, le chagrin, nous sommes devant sa porte, je pianote pour l'ouvrir.Michel Butor était son meilleur ami, et il n'a même pas prononcé son prénom, murmure-t-il.Par pudeur, peut être, dis-je.Mais j'ai des doutes.

Je déteste mon nouveau rôle. La vie privée de mon père ne m'intéresse pas, ne me regarde pas. D'ailleurs, il ne veut pas que nous nous en mêlions. Je voudrais en être dispensée. Etre loin, à l'autre bout du monde. Je le suis davantage pourtant que je ne le crois.Le docteur Chaïm se moque de moi.Vous vous accordez tellement d'importance!Quelle injustice encore.Que savez-vous de ce que pense votre père? De sa vie? De ses désirs, de ses principes, de ses peurs?Presque rien, mais trop encore.Et je ferme les yeux en versant l'eau du thé pour ne pas voir la rouille, les paquets de pâtes périmés, le calcaire, le vieux pain.Vous regardez quand même.Je ne veux pas verser l'eau à côté du pot.J'essaie de faire des visites plus légères, des visites qui ne seraient plus des visites, des je-passais-juste-par là qui ne trompent personne, ni moi, mais je ne veux pas être l'infirmière, je ne suis pas la garde-malade, éloignez de moi la fille répressive, jamais je n'ai voulu priver mon père de quoi que ce soit, elles tournent autour de moi, ces figures hostiles, ô Cordelia, prête moi ton sourire! J'essaie de ne pas prendre trop d'habitudes filiales.Je relis Le Roi Lear, Le Père Goriot,et le si beau David Golder pour me vacciner contre l'intimité si décriée des filles et de leurs pères. Je lis Anna Freud, Camille Claudel, Jenny Marx, Virginia Woolf. Les Antigones aux pieds englués dans les traces trop fraîches des semelles de leurs pères.Je relis le Journal de Virginia Woolf. 1928.« Anniversaire de Père. Il aurait eu quatre-vingt-seize ans. Oui, quatre-vingt-seize ans aujourd'hui,comme d'autres personnes que l'on a connues. Mais, Dieu merci, il ne les a pas eus. Sa vie aurait absorbé toute la mienne. Je n'aurais rien écrit. Pas un seul livre. »Ce n'est pas votre vie, dit le docteur Chaïm, grandissez donc un peu."

Je relis le -journal- de Virginia Woolf. 1928" L' Anniversaire de Père. Il aurait eu quatre-vingt-seize ans. Oui, quatre-vingt-seize ans aujourd'hui, comme d'autres personnes que l'on a connues. Mais, Dieu merci, il ne les a pas eus. Sa vie aurait absorbé toute la mienne. Je n'aurais rien écrit. Pas un seul livre " (p.76)

Mon père a toujours été hostile à la retraite des objets aussi bien que des êtres humains.

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Critiques de Une année avec mon père : avis de lecteurs (19)


  • Critique de Une année avec mon père par zabeth55 (Babelio)

    Les parents de l'auteur ont un accident de voiture. Sa mère meurt. Son père, 80 ans, est à l'hôpital avec des côtes cassées. Geneviève Brisac raconte l'année qui suit. Les relations avec son père q...

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    Par zabeth55 - publiée le 01/07/2019

  • Critique de Une année avec mon père par Penylane (Babelio)

    C'est le deuxième roman que je lis de cette auteure et je sais qu'il y en aura d'autres. J'ai eu plaisir à retrouver son écriture, cette façon de poser son décor et ses antogonistes avec une sorte d...

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    Par Penylane - publiée le 29/07/2018

  • Critique de Une année avec mon père par bdelhausse (Babelio)

    L'auteure nous raconte les 14 mois passés à épauler son père de 80 ans, qui remonte peu à peu la pente après avoir perdu sa femme dans un accident de voiture, alors qu'il conduisait. Pas de pathos,...

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    Par bdelhausse - publiée le 21/02/2018

  • Critique de Une année avec mon père par colka (Babelio)

    Dans ce roman autobiographique, Geneviève Brisac aborde avec courage, émotion et intensité l'une des épreuves les plus douloureuses auxquelles nous sommes tous un jour confrontés : celle de la dispari...

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    Par colka - publiée le 01/01/2018

  • Critique de Une année avec mon père par (Babelio)

    un livre que j'ai lu à sa sortie. Radio , presse et critiques de babelio , les commentaires sont presque unanimes : sensibilité et délicatesse. Telle n'est pas le souvenir de ma lecture. Oui G. B. sai...

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    Par Babelio - publiée le 29/12/2017

  • Critique de Une année avec mon père par JMLire17 (Babelio)

    Dans un roman chargé d'émotion , mais aussi de sourire, de peine, de joie, de bonheur, d'amour, Geneviève BRISAC, nous raconte l'année, en quatre saisons pendant laquelle elle a accompagné son père âg...

    Lire la critique complète >
    Par JMLire17 - publiée le 02/07/2017

  • Critique de Une année avec mon père par Emimi06 (Babelio)

    J'ai eu beaucoup de mal à lire ce livre, et c'est certainement lié au style d'écriture de l'auteure et pourtant l'histoire m'a émue et touchée...

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    Par Emimi06 - publiée le 12/05/2016

  • Critique de Une année avec mon père par (Babelio)

    Geneviève Brisac était pour moi, jusqu'à présent, un nom attaché à la littérature de jeunesse. Toutefois, je sais très bien que si un écrivain parvient à intéresser les enfants, il n'y a pas de contre...

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    Par Babelio - publiée le 21/02/2015

  • Critique de Une année avec mon père par mariecesttout (Babelio)

    Il s'agit d'un récit , ou plutôt des impressions qui demeurent d'une année de vie, d'un automne à un autre , après la mort de sa mère dans un accident, laissant leur père , quelqu'un de très indépenda...

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    Par mariecesttout - publiée le 04/02/2014

  • Critique de Une année avec mon père par Alhice (Babelio)

    Lorsque les rôles parents enfants doivent s'inverser, ce sont tous les repères qui s'écroulent. Le doute et la culpabilité assaillent de parts et d'autres. Comment jouer le rôle du protecteur auprès d...

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    Par Alhice - publiée le 12/01/2014

  • Critique de Une année avec mon père par Marti94 (Babelio)

    Geneviève Brisac doit avoir des comptes à rendre avec le monde médical et en particulier l'hôpital car elle est vraiment critique, limite caricature, mais c'est peut-être du vécu ? J'ai eu du mal à ...

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    Par Marti94 - publiée le 01/12/2013

  • Critique de Une année avec mon père par marina53 (Babelio)

    Un coup de téléphone, comme chacun d'entre nous peut le redouter: vos parents ont eu un accident de voiture, votre mère est morte et votre père semble grièvement blessé. C'est ce qui est arrivé à Gene...

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    Par marina53 - publiée le 04/03/2013

  • Critique de Une année avec mon père par mariech (Babelio)

    Geneviève Brissac nous livre ici un roman intimiste sur le vieillessement des parents . Un coup de fil et toute la vie bascule , les rôles sont inversés , c'est la fille qui doit s'occuper de son ...

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    Par mariech - publiée le 19/04/2012

  • Critique de Une année avec mon père par Lencreuse (Babelio)

    Un coup de fil un samedi après-midi et tout bascule. Un accident, une mère qui a perdu la vie, un père grièvement blessé. Commence alors pour la narratrice une nouvelle vie, ponctuée des visites au p...

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    Par Lencreuse - publiée le 21/07/2010

  • Critique de Une année avec mon père par (Babelio)

    "une année avec mon père" aborde tout en pudeur et délicatesse la fin de vie d'un vieux monsieur, le père de l'auteure.

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    Par Babelio - publiée le 28/06/2010

  • Critique de Une année avec mon père par Maton (Amazon)

    J'ai littéralement dévoré cette "année avec mon père" qui est un témoignage émouvant et intime sur l'ultime rencontre d'une fille et de son père en fin de vie. L'incompréhension et la complicité, la brusquerie ...

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    Par Maton - publiée le 17/08/2010

  • Critique de Une année avec mon père par léonie (Amazon)

    Décevant, écriture erratique, difficile à suivre; j'ai du abandonner à mi livre tellement la lecture était laborieuse. Dommage car le sujet laisser présager des moments intenses...

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    Par léonie - publiée le 07/07/2013

  • Critique de Une année avec mon père par Fanfou (Amazon)

    Un homme âgé se remet lentement des blessures dues à un accident de voiture dans lequel sa femme a perdu la vuePendant une année il va être entouré par sa fille et flotté entre liberté et accompagnement.On ...

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    Par Fanfou - publiée le 23/05/2017

  • Critique de Une année avec mon père par Neau (Amazon)

    Un père qui perd pied après le décès de son épouse, une fille qui lui tient la tête hors de l'eau pendant un an. Elle accompagne son quotidien, sa perte de mémoire, sa dernière année de vie. Magnifique de tendr...

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    Par Neau - publiée le 05/07/2010
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