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Frédéric Lenormand

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Frédéric Lenormand est l’auteur des Nouvelles Enquêtes du juge Ti et a reçu pour sa série Voltaire mène l’enquête le prix Arsène Lupin, le prix de Montmorillon et le prix Historia du roman policier historique. Plus >

Seules les femmes sont éternelles (2017)

De Frédéric Lenormand chez La Martinière
(17 votes, note moyenne : 4.1)

UNIVERS DLM (601)

Paru le 02-11-2017 - Format : Broché - 285 pages - 22 x 14 x 2 cm - 379 g - ISBN 10 : 2732486663 - ISBN 13 : 9782732486666

Collection : Fiction

Tags : récits, comédie, fiction, roman noir, policier historique, romans policiers et polars, police, temps qui passe, libération, solidarité, enquêtes, peur, emancipation, comédie policière, ironie, humour, anarchisme, première guerre mondiale, homosexualité, meurtre.

Citations de Seules les femmes sont éternelles (10)

La police était une administration, l'administration ne raisonnait pas en personne saine d'esprit. Elle avait ses propres buts, sans rapport avec le bien et le mal. Son propre mode de fonctionnement, sa propre échelle de valeurs lui permettaient de broyer ses administrés sans un remords, sans états d'âme. L'administration était l'humanité devenue machine.

La nuit était quasiment noire lorsqu'ils en sortirent, après avoir réglé leur affaire à quelques fruits de mer. L'éclairage tamisé par l'administration plongeait les rues dans une atmosphère mystérieuse et inquiétante dont l'invention  du lampadaire au gaz avait fait perdre l'habitude. Loulou se sentit serrée de près par un malotru que l'armée avait oublié d'appeler à la grande fête des balles et de la glèbe.

Il avait le choix entre s'exiler dans des tranchées dépourvue de femmes ou rester ici sans pouvoir profiter de sa chance.

Miss Barnett (…) se sentait devenir la Cecily Engels de Loulou Marx.

Je suis avec vous mes sœurs !

Comment faire disparaître un homme dans une ville où il n'y aurait bientôt plus que des femmes? En quoi le déguiser? Comment le faire entrer dans un de ces corps de métier qui n'étaient pas mobilisés? Il n'avait pas quarante ans, il ferait toujours tache. Il aurait fallu le vieillir, lui blanchir les cheveux. C'était soit femme, soit vieillard, soit mort.

Il s'assit et déploya l'un des journaux. La qualité de l'encre avait encore baissé, certains mots étaient à deviner, surtout ceux qui auraient pu déplaire au gouvernement. Le vilain papier trop fin et mal blanchi se dépiautait, il comptait moins de feuilles, on avait perdu les pages « loisirs » jadis remplies de dessins, de billets d'humeur et de devinettes impertinentes. Le rire était subversif, il avait été jeté par-dessus bord le premier.À force de vouloir remonter le moral des patriotes, la presse devenait déprimante. La consigne était de prétendre que la guerre allait être courte et victorieuse, alors qu'elle s'étirait et que nous étions en train de la perdre.Sur la place de la Concorde, la statue monumentale en marbre de l'Alsace était ornée d'étendards flambant neufs et d'un macaron où l'on pouvait lire : « Française toujours ! » On apercevait, du côté de la tour Eiffel, la grande roue d'une fête populaire interrompue.

La rue avait beaucoup changé depuis la déclaration de guerre d'août 1914. Aujourd'hui, le temps était clair, on pouvait espérer une belle journée sans pluie ni bombes. Les premières files d'attente commençaient à s'étirer devant les épiceries où s'affichaient des livraisons. Un fichu sur la tête, une balayeuse remplissait de gravats sa brouette à deux roues. Ray s'arrêta devant la vitrine d'un chausseur de luxe reconverti dans le matériel d'appoint, lampes à pétrole et masques à gaz. Il surprit son reflet au milieu de ce fourbi : un petit bonhomme à moustaches, pareil à des tas de petits moustachus que l'on coiffait d'un casque pour les envoyer charger, baïonnette en avant, d'autres bonshommes à moustaches. Sa qualité d'inspecteur de police lui avait épargné cela jusqu'à présent. Il priait chaque jour saint Joseph Fouché, patron des cyniques et des policiers, de prolonger ce miracle.Dans le kiosque, le buraliste habituel avait été remplacé par une femme, peut-être la sienne. Ray lui acheta le dernier numéro de Charivari, et aussi Le Gaulois pour empêcher les collègues de voir qu'il lisait des parutions séditieuses. Le marchand prenait soin d'envelopper le méchant journal dans le gentil, sa remplaçante n'en fit rien, elle ne maîtrisait pas encore les ficelles du métier.

Le pire dans cette guerre n'était pas les combats, les privations, les destructions, les blessures ; c'était ce qu'elle faisait aux gens à l'intérieur. Ces malheurs arrivaient par l'inertie du peuple. L'abattoir n'existait que par le consentement des veaux. La catastrophe ne s'imposait à nous que par le nombre de ceux qui l'acceptaient, telle était la vraie lâcheté. Le renoncement de la masse créait l'abîme, cet abîme n'existait que parce que nous le voulions bien. La lâcheté créait de la résistance. Il avait davantage raison que ceux qui avaient dit oui au massacre : il était en vie.Il n'avait tué personne en refusant d'aller se faire tuer. Il avait échangé un mort de moins contre une femme de plus. Il n'y avait là rien d'infamant pour la société, une femme vivante valait bien un soldat mort.

A la place de la destinataire, Ray aurait eu du mal à ne pas obéir tout de suite. Il lui suffisait sûrement de vendre un château. Que valaient de vieilles pierres au regard d'un enfant unique? Il lui transmit la consigne de la préfecture, qui était de ne jamais donner raison aux malfrats.

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Critiques de Seules les femmes sont éternelles : avis de lecteurs (20)


  • Critique de Seules les femmes sont éternelles par BruC (Babelio)

    Durant la Grande Guerre, un soldat déserte en se travestissant en femme. Le synopsis du film d'André Téchiné, Nos Années folles, est la trame d'une autre oeuvre, le roman de Frédéric Lenormand, Seules ...

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    Par BruC - publiée le 15/03/2020

  • Critique de Seules les femmes sont éternelles par orchidee1981 (Babelio)

    J'ai lu une critique de ce roman dans mon magasine télé (comme quoi toute lecture est utile) et comme j'ai aimé la dite critique, je me suis lancé et j'ai acheté ce roman. Je ne le regrette pas du tou...

    Lire la critique complète >
    Par orchidee1981 - publiée le 06/11/2019

  • Critique de Seules les femmes sont éternelles par polacrit (Babelio)

    Seules les femmes sont éternelles, publié par les éditions La Martinière en novembre 2017, est le premier opus de la série consacrée aux enquêtes de Loulou Chandeleur. Le style est vif, le ton sarcast...

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    Par polacrit - publiée le 11/07/2019

  • Critique de Seules les femmes sont éternelles par Alittlepieceof (Babelio)

    J'ai ce roman depuis des mois sur ma table de chevet et je ne sais pas pourquoi j'ai tant tardé à le lire ! Peut-être parce que je ne connaissais pas l'auteur, que je n'avais pas prêté particulièremen...

    Lire la critique complète >
    Par Alittlepieceof - publiée le 06/03/2019

  • Critique de Seules les femmes sont éternelles par (Babelio)

    On retrouve toute la verve de Frédéric Lenormand dans ce polar complètement "déjanté", et, dans lequel le conflit de 14/18 est traité à l'aide d'un ton léger, et cela, même si l'auteur a pris pour po...

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    Par Babelio - publiée le 07/03/2018

  • Critique de Seules les femmes sont éternelles par 1001histoires (Babelio)

    L'agence de détective Barnett embauche. Pourtant les affaires vont mal, la première Guerre mondiale a été déclarée et à Paris plus de divorce, pas d'adultère, les hommes sont sur le front ! C'est Ceci...

    Lire la critique complète >
    Par 1001histoires - publiée le 14/02/2018

  • Critique de Seules les femmes sont éternelles par MissMymoo (Babelio)

    La première enquête d'une nouvelle série signée Frédéric Lenormand, auteur de mon Voltaire chouchou et qui nous plonge cette fois-ci dans le Paris de la Première Guerre Mondiale. On y découvre une c...

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    Par MissMymoo - publiée le 14/01/2018

  • Critique de Seules les femmes sont éternelles par (Babelio)

    Raymond Chandeleur est un policier compétent. Mais la compétence ne protège contre la mobilisation. Pour y échapper, Raymond n'hésite pas à se transformer en Loulou Chandeleur, une femme qui dépote ! ...

    Lire la critique complète >
    Par Babelio - publiée le 03/01/2018

  • Critique de Seules les femmes sont éternelles par Houbbabzh (Babelio)

    C'est avec un plaisir non dissimulé que j'ai assisté aux aventures de notre ex-inspecteur Février reconverti en Loulou Chandeleur , détective privée de l'agence Barnett, ce qui n'a pas été sans me ra...

    Lire la critique complète >
    Par Houbbabzh - publiée le 16/12/2017

  • Critique de Seules les femmes sont éternelles par PedroPanRabbit (Babelio)

    Avec son titre très jamesbondien et sa couverture estampillée garçonne de Paname, on se demande bien quel peut être le thème de la nouvelle série policière de Frédéric Lenormand. Après ses exquis et...

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    Par PedroPanRabbit - publiée le 05/12/2017

  • Critique de Seules les femmes sont éternelles par Aproposdelivres (Babelio)

    Pour échapper à la mobilisation en 1914, Ray Février, policier, décide de se travestir en femme. Il devient « Loulou Chandeleur » et trouve un travail de détective privé dans l'agence de détectives di...

    Lire la critique complète >
    Par Aproposdelivres - publiée le 02/12/2017

  • Critique de Seules les femmes sont éternelles par waimea47 (Babelio)

    J'ai aimé le style d'écriture et cette "découverte" de la vie des femmes en temps de guerre, mais malgré ces points positifs, je n'ai pas accroché plus que cela, je trouve qu'il manque d'action, par c...

    Lire la critique complète >
    Par waimea47 - publiée le 20/11/2017

  • Critique de Seules les femmes sont éternelles par AndreeLaPapivore (Babelio)

    Je connaissais Frédéric Lenormand pour sa fameuse série Voltaire mène l'enquête qui mêle avec brio humour, enquêtes et faits historiques. L'auteur signe avec Seules les femmes sont éternelles le premi...

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    Par AndreeLaPapivore - publiée le 17/11/2017

  • Critique de Seules les femmes sont éternelles par yv1 (Babelio)

    Après la série de Voltaire mène l'enquête, voici le premier opus d'une nouvelle série policière signée Frédéric Lenormand : Les enquêtes de Loulou Chandeleur. Partant de l'histoire vraie de Paul Grapp...

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    Par yv1 - publiée le 16/11/2017

  • Critique de Seules les femmes sont éternelles par LettresItBe (Babelio)

    Frédéric Lenormand est un auteur aguerri, à la plume musclée par tant de romans déjà publiés, au style avéré et bien posé, comme une bâtisse qui peut s'affranchir du temps qui passe sans craindre bea...

    Lire la critique complète >
    Par LettresItBe - publiée le 16/11/2017

  • Critique de Seules les femmes sont éternelles par Capucine214 (Babelio)

    J'ai découvert Frédéric Lenormand lorsque je me suis lancée dans la découverte du Juge TI dont Lenormand a pris la relève du créateur Robert Van Gulik et j'ai tout de suite adhéré à son style. Il est ...

    Lire la critique complète >
    Par Capucine214 - publiée le 15/11/2017

  • Critique de Seules les femmes sont éternelles par (Babelio)

    Nouveau personnage dans la galaxie Lenormand, Loulou Chandeleur permet à l'auteur de proposer un registre plus sombre qu'à l'ordinaire. Humour et sens de la formule sont là, mais plus en retenue. L'en...

    Lire la critique complète >
    Par Babelio - publiée le 12/11/2017

  • Critique de Seules les femmes sont éternelles par ckdkrk169 (Babelio)

    Un polar distrayant nourri d'une belle intrigue historique. Autant vous le dire tout de suite : j'ai passé un bon moment avec ce polar qui casse les codes, en nous plongeant dans la première guerre m...

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    Par ckdkrk169 - publiée le 12/11/2017

  • Critique de Seules les femmes sont éternelles par Sophie_Bazar (Babelio)

    Dans les heures qui suivent l'arrivée de sa lettre de mobilisation, l'inspecteur Ray Février, dit le « Samaritain », se transforme en Miss Loulou Chandeleur avec l'aide d'une gouailleuse Léonie ; il s...

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    Par Sophie_Bazar - publiée le 11/11/2017

  • Critique de Seules les femmes sont éternelles par MilleetunepagesLM (Babelio)

    Ray Février est un policier, la guerre fait rage en France et voilà qu'il se retrouve mobilisé. Pour échapper à sa mobilisation Ray va se déguiser en femme et devenir détective privé sous le nom de Lo...

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    Par MilleetunepagesLM - publiée le 10/11/2017
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