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Enrique Vila Matas

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Dublinesca (2010)

De Enrique Vila Matas chez Bourgois
(6 votes, note moyenne : 3.8)

Samuel Riba est l'éditeur talentueux d'un catalogue exigeant. Néanmoins, incapable de faire face à l'émergence des nouveaux médias et de concurrencer la vogue du roman gothique, il vient de faire faillite. Il sombre alors dans la déprime et le désœuvrement. Pour y remédier, il entreprend un voyage à Dublin. L'accompagnent quelques amis écrivains avec qui il entend créer une sorte de confrérie littéraire. Cette visite de la capitale irlandaise se double d'un voyage dans l'œuvre de Joyce.
En explorant toutes les facettes de ce personnage complexe, qui est en partie son alter ego de lui-même, Enrique Vila-Matas interroge la notion d'identité, de sujet, et décrit le cheminement parcours qui a mené la littérature contemporaine d'une épiphanie (Joyce) vers à l'aphasie (Beckett).

« Il y a du plaisir à goûter de cette prose, elle rend meilleur, offre une image totale de la littérature, mais jamais intimidante ou tragique ; surtout, elle donne envie de lire. » (Amaury da Cunha, Le Monde)

Paru le 15-03-2010 - Format : Broché - 308 pages - 20 x 12 x 2 cm - 306 g - ISBN 10 : 2267020831 - ISBN 13 : 9782267020830

Collection : Littérature étrangère

Tags : récits, littérature gothique, littérature, roman, magie, amour des livres, finnegans, Faillites, bloomsday, écrivain, ironie, voyages, dublin, bretagne, catalan, littérature espagnole, espagnol, espagne, littérature contemporaine, 21ème siècle.

Citations de Dublinesca (10)

Le monde est très ennuyeux ou, ce qui revient au même, ce qui s'y passe est sans intérêt si un bon écrivain ne le raconte pas. Mais quelle poisse que d'avoir à aller à la chasse de ces écrivains et de ne jamais tomber sur un vrai génie !

Il a toujours admiré les écrivains qui entreprennent chaque jour un voyage vers l'inconnu et restent malgré tout constamment assis dans une pièce. Les portes de leurs chambres sont fermées, ils n'en bougent jamais, cependant leur confinement leur donne la liberté absolue d'être qui ils veulent et d'aller où les mènent leurs pensées.

Riba sait bien que l'une des caractéristiques majeures de l'imagination est de toujours nous donner l'impression d'être à la fin d'une époque. Depuis qu'il fait usage de la raison, il a toujours entendu dire que nous vivons des temps de crise majeure, une transition catastrophique vers une nouvelle culture. Mais l'idée d'apocalypse a toujours existé. Sans aller chercher plus loin, on la trouve dans la Bible, dans l'Enéide, dans toutes les civilisations. Selon Riba, l'apocalypse ne peut être de nos jours qu'abordée sur le mode parodique. [...] Il en a finalement par-dessus la tête d'entendre dire depuis sa plus tendre enfance que notre situation historique et culturelle est plus terrible que jamais et d'une certaine façon privilégiée, un point cardinal dans le temps. [...] Toute crise n'est au fond que la projection de notre angoisse existentielle. Notre seul privilège est peut-être d'être vivants et de savoir que nous allons mourir tous ensemble ou séparément. Finalement, pense Riba, l'apocalypse a un splendide état romanesque, mais il ne faut pas la prendre trop au sérieux [...].

Tout être humain porte en lui une certaine dose de haine envers lui-même, et cette haine, celle de ne pas pouvoir se supporter, doit être transférée vers une autre personne, la mieux désignée étant celle qu'il aime.

(...) rien ni personne n'a réussi à le convaincre que vieillir a du charme. Est-ce sûr ?

Il rêve d'un temps où la magie du best-seller cédera en s'éteignant la place à la réapparition du lecteur talentueux où le contrat moral entre l'auteur et le public se posera en d'autres termes. [...] Parce qu'il ne faut pas se leurrer : ce voyage qu'est la lecture passe très souvent par des terrains difficiles qui exigent une aptitude à s'émouvoir intelligemment, le désir de comprendre autrui et d'approcher un langage différent de celui de nos tyrannies quotidiennes.

Il pense que, si l'on exige d'un éditeur de littérature ou d'un écrivain qu'ils aient du talent, on doit aussi en exiger du lecteur. Parce qu'il ne faut pas se leurrer : ce voyage qu'est la lecture passe très souvent par des terrains difficiles qui exigent une aptitude à s'émouvoir intelligemment, le désir de comprendre autrui et d'approcher un langage différent de celui de nos tyrannies quotidiennes.

Il rêve d'un temps où la magie du best-seller cédera en s'éteignant la place à la réapparition du lecteur talentueux et où le contrat moral entre l'éditeur et le public se posera en d'autres termes. Il rêve d'un jour où les éditeurs de littérature, ceux qui se saignent aux quatre veines pour un lecteur actif, pour un lecteur suffisamment ouvert pour acheter un livre et laisser se dessiner dans son esprit une conscience radicalement différente de la sienne, pourront à nouveau respirer.

Lire et écrire exigent les mêmes qualités. Les écrivains passent à côté des lecteurs, mais le contraire est aussi vrai, les lecteurs passent à côté des écrivains quand ils ne cherchent en eux que la confirmation que le monde est comme ils le voient ...

Pour devenir moins latin, il s'entraîne devant la glace à perdre l'instinct du mélodrame et de l'exagération, à se transformer en un gentleman froid et sans passions, qui ne fait pas de moulinets avec ses mains quand il donne son avis.

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Critiques de Dublinesca : avis de lecteurs (6)


  • Critique de Dublinesca par EveGenia (Babelio)

    "Dublinesca" est une histoire pesante sur le vieillissement de l'éditeur espagnol Riba, frustré depuis qu'il a été contraint d'arrêter l'alcool, seul moyen qui lui permettait d'oublier le manque de ta...

    Lire la critique complète >
    Par EveGenia - publiée le 06/07/2019

  • Critique de Dublinesca par pasiondelalectura (Babelio)

    Voici un livre tellement complexe qu'il est difficile de résumer. Le sujet est très bon : Samuel Riba est éditeur depuis trente ans, il arrive à sa retraite persuadé que c'est la fin de la littérat...

    Lire la critique complète >
    Par pasiondelalectura - publiée le 25/10/2014

  • Critique de Dublinesca par reveur_immobile (Babelio)

    plein de références, bien écrit mais j'ai éprouvé quelques difficultés à m'y sentir chez moi.

    Lire la critique complète >
    Par reveur_immobile - publiée le 26/10/2013

  • Critique de Dublinesca par queenjude (Babelio)

    Emaillé de références littéraires, surtout à Ulysse de James Joyce, ce récit est une tranche de vie qui me semble assez juste. Ce n'est certes pas un texte à multiples rebondissements, mais j'ai suivi...

    Lire la critique complète >
    Par queenjude - publiée le 28/08/2013

  • Critique de Dublinesca par brigittelascombe (Babelio)

    La littérature. Voilà le thème récurrent des romans d'Enrique Vila Matas, écrivain espagnol né en 1948 à Barcelone, auteur d'une quinzaine de livres dont "Le mal de Montano" prix Médicis étranger 2003...

    Lire la critique complète >
    Par brigittelascombe - publiée le 04/07/2011

  • Critique de Dublinesca par Bartleby (Babelio)

    Cap au pire. Enrique Vila-Matas, Dublinesca. « Le monde est très ennuyeux ou, ce qui revient au même, ce qui s'y passe est sans intérêt si un bon écrivain ne le raconte pas. » EVM Le titre de ...

    Lire la critique complète >
    Par Bartleby - publiée le 25/05/2010

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