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Emmanuel Carrère

Né à Paris, le 9 décembre 1957.

Présentation de Emmanuel Carrère (Wikipedia)

Emmanuel Carrère, né le 9 décembre 1957 à Paris, est un écrivain, scénariste et réalisateur français.

Livres de Emmanuel Carrère

Citations de Emmanuel Carrère (35)

En deux heures à la guerre, ..., on en apprend plus sur la vie et les hommes qu'en quatre décennies de paix.

– Limonov

...je pense que cette idée - je répète: " L 'homme qui se juge supérieur, inférieur ou égal à un autre, ne comprends pas la réalité" est le sommet de la sagesse et qu'une vie ne suffit pas à s'en imprégner, à la digérer, à se l'incorporer, en sorte qu'elle cesse d'être une idée pour informer le regard et l'action en toutes circonstances. Faire ce livre, pour moi, est une façon bizarre d'y travailler.

– Limonov

Pour dire qu'elle a reçu une lettre, elle relatera le trajet jusqu'à la poste, la queue au guichet, l'échange de salutations avec le guichetier, l'itinéraire du bus au retour. Comme ça on ne s'ennuie pas, c'est sûr.

– Limonov

A Moscou ou Leningrad, ils étaient poètes, peintres, musiciens, de vaillants under qui se tenaient chaud dans leurs cuisines, et maintenant, à New York, ils sont plongeurs, peintres en bâtiment, déménageurs, et ils ont beau s'efforcer de croire encore ce qu'ils croyaient au début, que c'est provisoire, qu'un jour on reconnaîtra leurs vrais talents, ils savent bien que ce n'est pas vrai. Alors, toujours entre eux, toujours en russe, ils se soûlent, se lamentent, parlent du pays, rêvent qu'on les laisse y retourner, mais on ne les laissera pas y retourner : ils mourront piégés et floués.

– Limonov

Boire ne s'apprend pas : il faut être né avec un foie en acier, et c'est le cas d'Edouard. Néanmoins, il y a quelques trucs : s'enfiler un petit verre d'huile pour graisser les tuyaux avant une beuverie (on me l'a appris à moi aussi : ma mère le tenait d'un vieux prêtre sibérien) et ne pas manger en même temps (on m'a appris le contraire, je livre donc le conseil avec circonspection). Fort des ces dons innés et de cette technique, Edouard peut descendre un litre de vodka à l'heure, à raison d'un grand verre de 250 grammes tous les quart d'heure. Ce talent de société lui permet d'épater jusqu'aux Azéris qui viennent de Bakou vendre des oranges sur le marché et gagner des paris qui lui font de l'argent de poche. Il lui permet aussi de tenir ces marathons d'ivrognerie que les Russes appellent zapoï.Zapoï est une affaire sérieuse, pas une cuite d'un soir qu'on paye, comme chez nous, d'une gueule de bois le lendemain. Zapoï c'est rester plusieurs jours sans dessoûler, errer d'un lieu à l'autre, monter dans des trains sans savoir où ils vont, confier ses secrets les plus intimes à des rencontres de hasard, oublier tout ce qu'on a dit et fait : une sorte de voyage.

– Limonov

Les Moldaves sont tellement misérables qu'ils rêvent de redevenir roumains, c'est dire.

– Limonov

En amour, dans l'idée d'Edouard, il y a celui qui donne et celui qui reçoit, et il estime pour sa part avoir assez donné.

– Limonov

"Les Russes, pensent Edouard, savent mourir, mais pour ce qui est de l'art de vivre ils sont toujours aussi nuls."

– Limonov

"Le cancer ne respecte pas l'argent. Offre-lui des milliards, il ne reculera pas."

– Limonov

" [...] un des aspects les plus pernicieux du système soviétique, c'est qu'à moins d'être martyr on ne pouvait pas être honnête."

– Limonov

Le silence est le pire ennemi des couples.

– L'Adversaire

Seules les parties civiles ne le regardaient pas. Assise juste devant moi, entre ses deux fils, la mère de Florence fixait le plancher comme si elle s'accrochait à un point invisible pour ne pas s'évanouir. Il avait fallu qu'elle se lève ce matin, qu'elle prenne un petit déjeuner, qu'elle choisisse des vêtements, qu'elle fasse depuis Annecy le trajet en voiture et à présent elle était là, elle écoutait la lecture des 24 pages de l'acte d'accusation. Quand on est arrivé à l'autopsie de sa fille et de ses petits-enfants, la main crispée qui serrait devant sa bouche un mouchoir roulé en boule s'est mise à trembler un peu. J'aurais pu, en tendant le bras, toucher son épaule, mais un abîme me séparait d'elle, qui n'était pas seulement l'intolérable intensité de sa souffrance. Ce n'est pas à elle et aux siens qui j'avais écrit, mais à celui qui avait détruit leurs vies. C'est à lui que je croyais devoir des égards parce que, voulant raconter cette histoire, je la considérais comme "son" histoire. C'est avec son avocat que je déjeunais. J'étais de l'autre côté.

– L'Adversaire

Ils [les psychiatres] avaient l'impression troublante de se trouver devant un robot privé de toute capacité de ressentir, mais programmé pour analyser des stimuli extérieurs et y ajuster ses réactions. Habitué à fonctionner selon le programme « docteur Romand », il lui avait fallu un temps d'adaptation pour établir un nouveau programme, « Romand l'assassin », et apprendre à le faire tourner.

– L'Adversaire

Comment se serait-il douté qu'il y avait pire que d'être rapidement démasqué, c'était de ne pas l'être, et que ce mensonge puéril lui ferait dix-huit ans plus tard massacrer ses parents, Florence et les enfants qu'il n'avait pas encore.

– L'Adversaire

"Vous avez compris, m'a-t-il demandé, ce que son avocat est en train d'essayer ?"Je n'avais pas compris."Il veut le faire craquer. Il se rend compte que ça manque de tripes. Mais il ne se rend pas compte que c'est horriblement dangereux de faire ça. Je peux vous le dire, ça fait 40 ans que je trimbale mon carton dans tous les tribunaux de France. Ce type est un très grand malade. Il se contrôle, mais si on se met à le titiller là où il ne peut plus contrôler, il va se fissurer devant tout le monde et je vous assure, ça va être épouvantable. On croit que c'est un homme qu'on a devant nous, mais en fait ça fait longtemps que ce n'est plus un homme. C'est comme un trou noir, et vous allez voir, ça va nous sauter à la gueule. Les gens ne savent pas ce que c'est, la folie. C'est terrible. C'est ce qu'il y a de plus terrible au monde".

– L'Adversaire

Dans une fiche descriptive de lecture destinée à des lycéens, j'ai relevé un extrait de note, capital à mon sens concernant «L'Adversaire».« “Adversaire” n'est pas un roman. Ni un document, ni un essai, ni un fragment d'autobiographie. C'est le livre dans lequel Emmanuel Carrère a mis le meilleur de tous ses autres livres, comme s'il n'avait écrit jusqu'à présent que pour en arriver enfin là; à ce point de rencontre de l'écriture avec lui-même.Du talent, tout le monde savait qu'il en avait.[…] Une belle écriture limpide et nette qui vous entrainait au fond du gouffre comme on va en promenade; une observation aigüe, presque sociologique, de la vie quotidienne et des liens rassurants de l'appartenance sociale que venait brusquement troubler et trouer l'irruption des passions, des pulsions et des angoisses…»

– L'Adversaire

"Je suis entré en relation avec lui, j'ai assisté à son procès. j'ai essayé de raconter précisément, jour après jour, cette vie de solitude, d'imposture et d'absence. D'imaginer ce qui tournait dans sa tête au long des heures vides, sans projet ni témoin, qu'il était supposé passer à son travail et passait en réalité sur des parkings d'autoroute ou dans les forêts du Jura. De comprendre, enfin, ce qui dans une expérience humaine aussi extrême m'a touché de si près et touche, je crois, chacun d'entre nous."

– L'Adversaire

« Un ami, un véritable ami, c'est aussi un témoin, quelqu'un dont le regard permet d'évaluer mieux sa propre vie. »Emmanuel CarrèreExtrait de L'adversaire

– L'Adversaire

Je voulais t'écrire un "je ne sais quoi"de doux, de paisiblequelque chose de l'invisible,un "je ne sais quoi"d'aimabled'agréableun "je ne sais quoi"qui calmequi charmeun "je ne sais quoi"qui donne confiancemême dans le silence

– L'Adversaire

Quand on est pris dans cet engrenage de ne pas décevoir, le premier mensonge en appelle un autre, et c'est toute une vie...

– L'Adversaire

Transposons, scénarisons, n’ayons pas peur d’enfoncer le clou.

L'histoire du christianisme ressemble à un récit de science-fiction.

C'est un thème récurrent, je l'ai observé dans les foyers catholiques : l'humour du prêtre; les blagues de prêtre : rien que d'y penser, j'en ai le frisson.

Ce que je voulais le plus au monde, c'était cela : être conduit là où je ne voulais pas aller.

Être sage, c'est quand on se trouve devant une montagne voir cette montagne, et rien d'autre. Une vie, en principe, n'y suffit pas.

Le Royaume est à la fois l'arbre et la graine, ce qui doit advenir et ce qui est déjà là. Ce n'est pas un au-delà, plutôt une dimension de la réalité qui le plus souvent nous demeure invisible.

J'écris ce livre pour ne pas me figurer que j'en sais plus long, ne le croyant plus, que ceux qui le croient et que moi-même quand je le croyais. J'écris ce livre pour ne pas abonder dans mon sens.

Il y a à l'intérieur de chacun de nous une fenêtre qui donne sur l'enfer, nous faisons ce que nous pouvons pour ne pas nous en approcher, et moi j'ai de mon propre chef passé sept ans de ma vie devant cette fenêtre, médusé.

Le retournement le plus radical, le plus fou, le plus extravagant, qui va le plus contre tout ce que l’on croit savoir de la vie en société, de la vie humaine, quoi qu’on fasse et deux mille ans après, c’est toujours le christianisme.

Il y a à l’intérieur de chacun de nous une fenêtre qui donne sur l’enfer, nous faisons ce que nous pouvons pour ne pas nous en approcher, et moi j’ai de mon propre chef passé sept ans de ma vie devant cette fenêtre, médusé.

Beaucoup de chrétiens ne mesurent pas l'extravagance de ce en quoi ils croient.

Un ami, un véritable ami, c'est aussi un témoin, quelqu'un dont le regard permet d'évaluer mieux sa propre vie.

Un type qui se trouve tout en bas de l’échelle, humilié de tous, trouve habituellement du réconfort à en trouver un autre encore plus bas que lui, et à l’humilier à son tour.

La poésie c'est justement la sensation de vivre, le carpe diem, le "pays de la première fois" contre le temps qui nous rattrape, nous marche dessus, nous pulvérise.

Un petit garçon ou une petite fille qui prononce le mot papa devrait être certain que Papa est un héros, un preux, et un père qui n’est pas capable d’apparaître ainsi aux yeux de ses enfants n’est pas digne d’être appelé Papa.

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