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Didier Daeninckx

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Didier Daeninckx naquit à Saint-Denis en 1949. Il a exercé pendant une quinzaine d'années les métiers d'ouvrier imprimeur, d'animateur culturel et de journaliste localier. En 1984, il publie Meurtres pour mémoire dans la Série Noire de Gallimard. Il ... Plus >

Le der des ders (1999)

De Didier Daeninckx chez Gallimard
(8 votes, note moyenne : 4.0)

«En l'espace de deux ans j'avais tenté d'oublier le quotidien de la guerre. Je voulais croire que je m'en étais sorti indemne. J'en connaissais assez qui ne vivaient que dans le souvenir de la boucherie, partant comme en quatorze pour un nouveau round... La baraque pleine de trophées, baïonnettes allemandes, casque à pointe, obus de cuivre, etc., jusqu'au tibia de uhlan déterré dans une tranchée après un assaut victorieux. Un de ces connards m'avait montré les dernières traces de viande, pour se marrer... juste avant de prendre mon poing sur la gueule.»

Paru le 01-04-1999 - Format : Broché - 256 pages - 1 x 1 x 1 cm - 161 g - ISBN 10 : 207040806X - ISBN 13 : 9782070408061

Collection : Folio Policier

Tags : roman, roman historique, histoire, roman noir, romans policiers et polars, polar noir, thriller policier, années 20, honneur, cauchemars, privé, enquêtes, folio policier, guerre mondiale, guerre, première guerre mondiale, adultère, détective, littérature française, 20ème siècle.

Citations de Le der des ders (8)

Bonjour les escarbilles ! L'obscurité complète jusqu'à Charonne… D'ailleurs, ça valait tout aussi bien. Je préférais cent fois le quartier de La Chapelle, malgré ses gazomètres et ses interminables encombrements de camions, à ce secteur truffé d'usines métalliques, d'ateliers de laminage… En le traversant il n'était pas rare de se prendre des bouffées d'acide en plein nez quand un ouvrier, à demi asphyxié par une trop longue pause au-dessus des bacs d'électrolyse, venait reprendre souffle sur le trottoir.On en rencontrait des dizaines comme ça, entre quinze et quarante ans maxi… J'évitais de regarder leurs mains grignotées par la chimie, crispant les poings au plus profond de mes poches.

- Vous n'aimez pas les flics, vous non plus ! Je n'en suis pas un. Détective privé. Je travaille à mon compte.- Vous faites le boulot en direct, en vous passant de l'Etat... C'est pas bête. Les troufions auraient dû y penser en 14, je ne serais pas là à me racler les bronches pour virer tous ces satanés résidus d'ypérite. Tu parles d'un bon air qu'on avait sur la Marne... J'ai jamais pu me faire à la campagne !Page 79 - Folio Policier

Depuis la construction des abattoirs une sorte d'aristocratie souterraine s'était créée. Quelques familles de déshérités se partageaient les meilleurs "points de pêche" du réseau d'évacuation des eaux usées proche de la Porte de la Villette. Les installations de récupération de matières animales des abattoirs laissaient, en effet, filtrer d'infimes particules de graisses diluées dans l'eau bouillante des échaudoirs. Parvenues dans les égouts, ces graisses se figeaient en surface. Il suffisait alors d'une simple écumoire pour récolter le suif miraculé.Un matin de juillet , un gars avait décidé, au mépris de toutes les règles non écrites de la profession d'écumeur d'égout, de s'installer au bas de l'échelle de la rue Rouvet.On ne parvint jamais à déterminer qui poussa la bordure de trottoir prélevée sur un chantier de voirie…Un égoutier retrouva le corps, à moitié bouffé par les rats, flottant dans les eaux du grand collecteur, à Jaurès. Personne n'était venu trouver la police ; on ne se souciais pas, dans le quartier, de ce meurtrier inconnu… L'écrémeur solitaire n'avait eu que ce qu'il méritait. Les flics étant sensiblement du même avis : ils se contentèrent de remonter la bordure et l'affaire fut classée.

C'était bien la première fois qu'on évoquait devant moi une guerre franco-russe à l'automne 1917 dans le département de la Creuse ! Pourquoi pas un championnat du monde de boxe opposant Foch au roi des Pygmées !Page 83 - Folio policier

En 17, les Ricains étaient partis pour une guerre de dix ans. Ils n'avaient pas hésité sur l'intendance ; tout ce que nécéssitait la vie d'un bon million d'hommes durant des mois était empilé bien droit dans des multitudes de hangars disséminés sur le territoire français. Manque de pot, en un an c'était réglé. Guillaume kaput...Page 30 - Folio policier

Aubry travaillait alors pour le ministère de la Guerre et demeurait très discret sur son emploi du temps. Je réussis vaguement à comprendre qu'on l'envoyait en mission en Suisse, tous les deux ou trois mois. Là-bas il avait ordre de traîner dans les cafés fréquentés par les Français et de sympathiser avec la clientèle.Il faut dire que plusieurs milliers de soldats s'étaient réfugiés à Genève, à Berne, pour fuir la boucherie. Le flux s'était accentué après le mois d'avril 1917 et les offensives débiles de Nivelle. Dès qu'il ferrait un déserteur, Aubry s'arrangeait pour le saouler et le ramener, le soir venu, au poste frontière français… Avec, au bout du voyage, la cour martiale.

Un jeune Breton dont je ne connaissais pas le nom, tout juste si je savais qu'il venait des environs de Quimperlé, craqua le premier. La détonation de son Lebel s'était mêlée au sifflement d'une marmite. La balle était rentrée sous le menton puis avait traversé le casque, en ligne droite……J'ai ramassé le fusil encore fumant en gueulant de désespoir. Pas un n'a réagi quand j'ai défoncé le crâne de ce pauvre Breton à coups de crosse. Ils me croyaient dingue, ça se lit vite dans les regards cette pitié pour ceux qui divergent.Il le fallait. Pour lui. L'ont-ils compris ?On aurait bien déniché un bureaucrate dans le service chargé de répertorier les pertes, trop heureux de détecter un "suicidé", un lâche qui avait choisi de mourir de sa propre main plutôt que d'affronter les balles boches !Infâme connard, c'est en pensant à ton crâne que je réduisais en bouillie celui d'un jeune gars.Il le fallait. Même si son nom gravé dans la pierre ne signifie pas grand chose. Simplement le repos d'une mère, d'une femme qui continuent à vivre sur un souvenir. Un numéro sur un registre des pensions, payant la peur au tarif de la mendicité.

Je descendis les marches le regard fixé au sol, bien décidé à quitter cet hôpital sinistre au plus tôt , mais la soeur principale m'arrêta à l'accueil .-Pouvez-vous me laisser votre nom ? Nous notons l'adresse de nos visiteurs et nous les invitons à particper à notre kermesse annuelle .C'est en octobre..Les malades attendent toujours cette date avec impatience ...Je m'immobilisai , refermai mon manteau , passai mes gants , prenant largement le temps de préparer ma réponse. La soeur attendait , le sourire de compassion figé dans son visage de cire .- Permettez-moi , en échange , de prendre le vôtre . J'organise une petite sauterie pour le premier mai . ..Ça vous donnera sûrement des idées pour égayer l'ambiance..La cire se changea en marbre .Nettement moins coulant . Apparemment , ce n'était pas la première fois qu'elle rencontrait le diable.

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Critiques de Le der des ders : avis de lecteurs (8)


  • Critique de Le der des ders par pierreceriano (Babelio)

    Roman noir qui se déroule au lendemain de la Première Guerre mondiale. Mené à la première personne par un auteur qui manie un humour particulier, entre l'ironie gouailleuse et le sarcasme. D'après ce ...

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    Par pierreceriano - publiée le 22/10/2018

  • Critique de Le der des ders par py314159 (Babelio)

    Comme souvent, Didier Daeninckx mêle une histoire policière aux heures sombres de l'histoire de France récente, ici la première guerre mondiale. Très bon polar.

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    Par py314159 - publiée le 28/09/2017

  • Critique de Le der des ders par RomansNoirsEtPlus (Babelio)

    Nous sommes début 1920 , la guerre est terminée mais elle reste vivace dans les esprits des principaux protagonistes de ce roman . A commencer par Renè Griifon qui a passé trois ans au front et s'est ...

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    Par RomansNoirsEtPlus - publiée le 28/09/2015

  • Critique de Le der des ders par nameless (Babelio)

    Les livres de Didier Daenincks sont intemporels, ils peuvent se lire à n'importe quel moment sans être jamais démodés, peu importe leur date de parution, puisqu'ils trouvent leur origine dans l'h...

    Lire la critique complète >
    Par nameless - publiée le 23/07/2015

  • Critique de Le der des ders par zembla (Babelio)

    Dans les années 1920, Eugène Varlot un ancien poilu reconverti comme détective privé, se voit confié une enquête par le colonel Fantin de Larnaudière qui est au prise avec un maitre chanteur. Ce qui d...

    Lire la critique complète >
    Par zembla - publiée le 08/06/2014

  • Critique de Le der des ders par chapochapi (Babelio)

    Polar ou roman noir ? c'est la première question que l'on peut se poser lorsqu'on lit Le Der des ders. Car s'il y a bien enquête, Daenickx se plait surtout à rendre vivant l'immédiat après-guerre : se...

    Lire la critique complète >
    Par chapochapi - publiée le 27/04/2014

  • Critique de Le der des ders par pdbloti17730 (Babelio)

    Bonne histoire ancrée dans la désillusion d'après guerre.

    Lire la critique complète >
    Par pdbloti17730 - publiée le 20/04/2014

  • Critique de Le der des ders par le-mange-livres (Babelio)

    Pour me changer les idées de Douglas Kennedy, j'enchaîne sur un Daeninckx, polar historique post - Première Guerre mondiale. Nous voilà dans les pas de René Griffon, ex-Poilu reconverti en détectiv...

    Lire la critique complète >
    Par le-mange-livres - publiée le 16/03/2011
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