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David Foenkinos

Auteur de nombreux romans traduits dans plus de 40 langues, David Foenkinos est notamment l’auteur de Charlotte, récompensé par le prix Renaudot 2014 et le prix Goncourt des lycéens, et du Mystère Henri Pick. Il a réalisé avec son frère Stéphane Foenkinos une adaptation cinématographique de son roman La délicatesse, avec Audrey Tautou et François Damiens.

Présentation de David Foenkinos (Wikipedia)

Œuvres principalesDavid Foenkinos, né le 28 octobre 1974 à Paris, est un romancier, dramaturge, scénariste et réalisateur français.

Livres de David Foenkinos

Citations de David Foenkinos (105)

Je n'aime plus Pierre. Je ne l'aime plus depuis longtemps. C'est quelqu'un de trop lunaire, et je n'en peux plus. Au début, ça me touchait. Et parfois encore, c'est vrai, j'éprouve de la tendresse pour lui. Mais de l'amour, certainement pas. J'ai besoin de force, de racine. C'est pour ça que vous me plaisez.

– Le plus beau jour

On partage énormément de choses ensemble. Tu ne peux pas savoir le nombre de couples qui nous envient. Parfois, je m'en rends compte, quand je marche avec elle. J'entends les gens souffler : « oh comme ça serait bien d'être eux… » Oui vraiment, on nous jalouse.

– Le plus beau jour

Tu serais fou si tu savais la vitalité de notre libido. Quand elle était enceinte, ça n'arrêtait pas. Il y a des femmes qui veulent tout le temps des fraises, elle c'était du sexe ! Elle m'a crevé !

– Le plus beau jour

On ne peut pas vanter la moindre femme qui nous bouleverse sans, tout de suite, être suspecté des plus basses intentions.

– Le plus beau jour

C'est une théorie que j'ai sur les femmes. Il y a les femmes debout, les femmes assises, et les femmes qui marchent. Chaque femme doit trouver sa meilleure position. Et vous, c'est incontestablement la marche.

– Le plus beau jour

C'est si facile d'être aimé quand on passe son temps à organiser des week-ends, à faire l'amour dans des motels, à se moquer du malheur des autres.

– Le plus beau jour

SophieJ'ai grandi... entre Paris et Rome.PierreAh bon ? Vos parents étaient séparés.SophieEn fait, j'ai grandi à Limoges. Mais comme je n'aime pas dire Limoges, je dis entre Paris et Rome.

– Le plus beau jour

Nathalie : Sophie, si vous saviez comme j'ai envie qu'on me surprenne...Sophie: (subitement) Bouh !Nathalie: Ben qu'est-ce que vous faites ?Sophie: J'ai essayé de vous surprendre. Mais bon, c'est un peu raté. Je n'ai jamais été très bonne pour surprendre les gens.

– Le plus beau jour

SOPHIEOui, enfin, c'est un degré où l'on est assis par terre dans un couloir d'hôpital, en train de pleurer.PIERREMais vous ne pleurez plus maintenant.SOPHIEJe ne sais pas.PIERREC'est-à-dire ?SOPHIEC'est-à-dire que j'ai tellement pleuré les derniers mois que je ne suis plus vraiment certaine d'avoir encore des larmes disponibles. Alors, si ça se trouve, je suis en train de pleurer là, mais sans avoir de larmes.

– Le plus beau jour

-Ton tuyau d'arrosage est fabuleux. Tu ne peux pas savoir comme je te l'envie, ce tuyau. -Tu peux l'acheter. - Non. Tout le problème est là. Pour acheter le tuyau, il faut avoir le jardin, la maison, la femme et les enfants.. Le tuyau c'est l'apothéose d'une vie réussie. - Je n'avais jamais vu ça comme ça. Quand je m'emmerderais à arroser, je penserais à tout ce que tu viens de dire.

– Le plus beau jour

On peut se raisonner, mais c'est toujours le corps qui décide du temps nécessaire à la cicatrisation affective.

– Le mystère Henri Pick

"Chacun peut adorer la lecture, à condition d'avoir en main le bon roman, celui qui vous plaira, qui vous parlera, et dont on ne pourra pas se défaire......."

– Le mystère Henri Pick

- Merci beaucoup d'avoir pris le temps de nous rencontrer.- Je vous en prie. Ça vous a plu, le thé au caramel ?- Oui merci, répondirent Delphine et Frédéric en chœur.- Tant mieux, car on me l'a offert, et je n'aime pas ça du tout. Alors j'essaie de m'en débarrasser quand j'ai des invités.

– Le mystère Henri Pick

Les écrivains sont dingues, tout le monde le sait. Et ceux qui ne sont pas publiés, ça doit être encore pire"

– Le mystère Henri Pick

Selon lui, la question n'était pas d'aimer ou de ne pas aimer lire, mais plutôt de savoir comment trouver le livre qui vous correspond. Chacun peut adorer la lecture, à condition d'avoir en main le bon roman, celui qui vous plaira, qui vous parlera, et dont on ne pourra pas se défaire. Pour atteindre cet objectif, il avait ainsi développé une méthode qui pouvait presque paraître paranormale : en détaillant l'apparence physique d'un lecteur, il était capable d'en déduire l'auteur qu'il lui fallait.

– Le mystère Henri Pick

«Tu veux une dispute mon amour ? — Oui.— Pas ce soir, car je suis crevée. Mais bientôt mon amour. Bientôt… »  

– Le mystère Henri Pick

"Quel est l'intérêt d'entreposer des livres dont personne ne veut ?-C'est une idée américaine.- Et alors ?- C'est en hommage à Brautigan.-Qui ça ?-Brautigan. Vous n'avez pas lu -Un Privé à Babylone ?- -Non. Peu importe, c'est une idée bizarre. Et en plus, vous voulez vraiment qu'ils viennent déposer leurs livres ici ? On va se taper tous les psychopathes de la région. Les écrivains sont dingues, tout le monde le sait. Et ceux qui ne sont pas publiés, ça doit être encore pire. (p. 19)

– Le mystère Henri Pick

Comment croire ceux qui disent écrire pour eux , Les mots ont toujours une destination, aspirent à un autre regard. Ecrire pour soi serait comme faire sa valise pour ne pas partir. (p. 141)

– Le mystère Henri Pick

« Quand un vrai génie apparaît en ce bas monde, on peut le reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui. » Jonathan Swift.

– Le mystère Henri Pick

- [...] Les écrivains sont dingues, tout le monde le sait. Et ceux qui ne sont pas publiés, ça doit être encore pire.

– Le mystère Henri Pick

Il existe un point précis dans la trajectoire d’un artiste. Le moment où sa propre voix commence à se faire entendre. La densité se propage en elle, comme du sang dans de l’eau.

– Charlotte

Oui il était marié. Il nageait dans ce qu'il appelait la vie conjucalme.

– La délicatesse

Après leur dernier échange, il était parti lentement. Sans faire de bruit. Aussi discret qu'un point-virgule dans un roman de huit cents pages.

– La délicatesse

les soirées peuvent être extraordinaires, les nuits inoubliables, et pourtant elles aboutissent toujours à des matins comme les autres.

– La délicatesse

"Ce trouble qu'elle était toujours incapable de définir. Le Larousse s'arrête là où le coeur commence."

– La délicatesse

La vie c'est surtout des moments de brouillons, de ratures, de blancs. Shakespeare n'évoque que les moments forts de ses personnages. Mais Roméo et Juliette dans un couloir, au lendemain d'une folle soirée c'est certain qu'ils n'ont rien à se dire.

– La délicatesse

Il faut avoir vécu des années dans le rien pour comprendre comment on peut être subitement effrayé par la possibilité.

– La délicatesse

C'est exactement comme un chagrin d'amour : on ne sait pas quand on s'en remettra. Au pire moment de la douleur, on pense que la plaie sera toujours vive. Et puis, un matin, on s'étonne de ne plus ressentir ce poids terrible.

– La délicatesse

On peut finalement se demander si le hasard existe vraiment? Peut être que toutes les personnes que l'on croise marchent dans notre périmètre avec l'espoir incessant de nous rencontrer? En y repensant, c'est vrai qu'elles paraissent souvent essouflées.

– La délicatesse

Il lui demanda ce qu'elle voulait boire. Son choix serait déterminant. Il pensa : si elle commande un déca, je me lève et je m'en vais. [...] Oui un jus, c'est sympathique. C'est convivial et pas trop agressif. On sent la fille douce et équilibrée. Mais quel jus ? Mieux vaut esquiver les grands classiques : évitons la pomme ou l'orange, trop vu. Il faut être un tout petit peu original, sans être toutefois excentrique. La papaye ou la goyave, ça fait peur. Non, le mieux, c'est de choisir un entre-deux, comme l'abricot. Voilà, c'est ça. Le jus d'abricot, c'est parfait. Si elle choisit ça, je l'épouse pensa François. A cet instant précis, Nathalie releva la tête de la carte, comme si elle revenait d'une longue réflexion. La même réflexion qui venait de mener l'inconnu face à elle. "Je vais prendre un jus... - ... ? - Un jus d'abricot, je crois."Il la regarda comme si elle était une effraction de la réalité.

– La délicatesse

Il y a des gens formidables qu'on rencontre au mauvais moment. Et il y a des gens qui sont formidables parce qu'on les rencontre au bon moment.

– La délicatesse

Le temps se charge de casser nos espoirs et de cracher sur nos mythes.

– Qui se souvient de David Foenkinos ?

Plus que jamais, le futur était une promesse d'incertitude.

– Qui se souvient de David Foenkinos ?

Je transforme tout ce que je vis en nostalgie, non pas parce que je suis nostalgique, mais parce que je vis tout du point de vue de ma future vieillesse.

– Qui se souvient de David Foenkinos ?

Caroline était blonde, et elle avait du soleil dans la voix ; mais un soleil près des nuages. C'était une femme étrange (elle aimait mes livres) dont j'aimais l'inculture littéraire (elle ne lisait pas). Lors de nos premiers instants, j'ai adoré son incapacité à jouir simplement de la vie.

– Qui se souvient de David Foenkinos ?

Je venais de me diagnostiquer un amour et je savais par expérience les épuisements à venir. Quand on a deux coeurs en soi, les risques d'infarctus doublent.

– Qui se souvient de David Foenkinos ?

Mais, comme souvent, il nous suffit d''espérer un tant soit peu quelque chose pour que la chose se révèle décevante.

– En cas de bonheur

Tout millimètre entre eux était une montagne à franchir.

– En cas de bonheur

Que peut faire un homme timide qui ne se sent plus timide? Il descend de chez lui et se précipite dans le métro. Il choisit le wagon le plus bondé et s'installe au milieu. Entre deux stations, il se met à hurler très fort. Tout le monde le regarde, tout le monde le juge. Il n'en revient pas d'être capable de supporter un tel flot de regards; il n'en revient pas de ne pas être mort de honte. On le prend pour un fou. Et puis on l'oublie puisqu'il descend à la station suivante. Sa démarche est glorieuse.

– En cas de bonheur

On se réjouit du malheur de ceux qui ont été heureux.

– En cas de bonheur

La motivation de toutes nos avancées technologiques est l'adultère: on a créé Internet, on a créé le portable, on a créé les messages par téléphone uniquement pour que tous les couples puissent vivre avec facilité des vies parallèles. On grignote tellement le terrain de la fidélité que la question pour les couples n'est plus de savoir si l'autre vous trompe, mais de savoir avec qui l'autre vous trompe.

– En cas de bonheur

Quand on est heureux, on se fout royalement de ce qu'on mange

– En cas de bonheur

Les femmes ne tournent jamais la tête sans une idée derrière.

– En cas de bonheur

On passe notre temps à aimer des souvenirs qui, eux, nous oublient. Chaque grain de nostalgie est un rétrécissement du chemin nous menant à la mort.

– En cas de bonheur

Le couple est le pays qui a la plus faible espérance de vie.

– En cas de bonheur

Personne ne savait que faire en cas de bonheur. On avait des assurances pour la mort, pour la voiture et pour la mort en voiture. Mais qui nous protégera du bonheur?

– En cas de bonheur

"Charlotte a appris à lire son prénom sur une tombe."

– Charlotte / roman

Il a des théories sur le rangement des livres.Notamment celle du bon voisinageLe livre que l'on cherche n'est pas forcément celui que l'on doit lire. Il faut regarder celui d'à côté.

– Charlotte / roman

Le suicide est une mort qu'on ne donne pas à l'ennemi!

– Charlotte / roman

"Une révélation est la compréhension de ce que l'on sait déjà."

– Charlotte / roman

Il ne faut rien attendre de moi.Est-ce que tu m'entends ?Charlotte hoche doucement la tête.Si l'on me brusque, je ne peux rien donner.Je ne supporte pas l'idée d'être attendu quelque part,la liberté est le slogan des survivants. (p.91)

– Charlotte / roman

Le comportement de sa femme est de plus en plus instable.Il constate chez elle des instants d'absence.On la dirait parfois en vacance d'elle-même.Il se dit qu'elle est rêveuse.On cherche souvent de jolies raisons aux étrangetés des autres.

– Charlotte / roman

1930.Charlotte est devenue une adolescente.Les gens aiment à dire qu'elle est dans son monde.Être dans son monde, cela engendre quoi ?La rêverie, et la poésie sûrement. Mais aussi un étrange mélange de dégoût et de béatitude. Charlotte peut sourire et souffrir en même temps.

– Charlotte / roman

Pendant des années, j'ai pris des notes.J'ai parcouru son œuvre sans cesse.J'ai cité ou évoqué Charlotte dans plusieurs de mes romans.J'ai tenté d'écrire ce livre tant de fois.Mais, comment?Devais-je être présent?Devais-je romancer son histoire?Quelle forme mon obsession devait-elle prendre?Je commençais, j'essayais, puis j'abandonnais.Je n'arrivais pas à écrire deux phrases de suite.Je me sentais à l'arrêt à chaque point.Impossible d'avancer.C'était une sensation physique, une oppression.J'éprouvais la nécessité d'aller à la ligne pour respirer.Alors, j'ai compris qu'il fallait l'écrire ainsi. P 71

– Charlotte / roman

Le sentiment d'avoir enfin trouvé ce que je cherchais. Le dénouement inattendu de mes attirances. Mes errances m'avaient conduit au bon endroit. Je le sus dès l'instant où je découvris -Vie ? ou Théâtre ?Tout ce que j'aimais. Tout ce qui me troublait depuis des années. Warburg et la peinture.Les écrivains allemands. La musique et la fantaisie. Le désespoir et la folie. Tout était là. Dans un éclat de couleurs vives. La connivence immédiate avec quelqu'un. La sensation étrange d'être déjà venu dans un lieu. J'avais tout cela avec l'oeuvre de Charlotte. Je connaissais ce que je découvrais. (p.70)

– Charlotte / roman

Les mots n'ont pas toujours besoin d'une destination.On les laisse s'arrêter aux frontières des sensations.Errant sans tête dans l'espace du trouble.Et c'est bien le privilège des artistes : vivre dans la confusion.

– Charlotte / roman

"Le temps n'abîme pas nos premiers enthousiasmes, même s'ils prennent la poussière dans notre mémoire."

– Je vais mieux

« Franchement, qu'est-ce qu'il te plait chez lui ?-Sa façon de parler de mes molaires.-Arrête, sois sérieuse.-Je ne sais pas ce qui m'a plu chez lui. C'est comme ça, c'est tout.-Tu ne peux pas aimer un dentiste. Personne ne peut aimer un dentiste. D'ailleurs, on devient dentiste parce que personne ne vous aime… »Pour l'anecdote, je connaissais un dentiste en Anjou qui m'avait clairement expliqué qu'il avait choisi la carrière de dentiste après un bac C pour l'argent. Uniquement pour l'argent.

– Je vais mieux

On devrait vivre sa vie à l'envers pour ne pas la rater.

– Je vais mieux

Quelques mois plus tard, je rencontrai l'amour à mon tour. Cela avait été d'une grande simplicité. Pendant des années, j'étais tombé amoureux de filles qui ne me regardaient pas. Je courais après l'inaccessible, gangrené par le manque de confiance en moi. J'avais presque renoncé à l'idée d'être deux quand Élise fit son apparition. Il n'y a rien d'exceptionnel à raconter ; je veux dire, ça a été quelque chose d'évident. On se sentait bien ensemble. On se promenait, on allait au cinéma, on évoquait nos goûts. Après tant d'années, cela demeure si émouvant de repenser à cette période de nos débuts. J'ai l'impression que je peux toucher de la main ces jours-là. Et je ne peux pas croire que nous avons vieilli. Qui peut croire d'ailleurs au vieillissement ? Édouard et Sylvie sont toujours là. Nous sommes ensemble pour le déjeuner, et nous aimons aborder les mêmes sujets. La vie n'avance pas sur nous. Rien n'a changé. Rien n'a changé, sauf une chose : la douleur que j'éprouve aujourd'hui.

– Je vais mieux

"La vie des autres, c'est peut-être le meilleur refuge quand le nôtre nous désespère."

– Je vais mieux

"[...] l'écart d'âge est la seule distance impossible à modifier entre deux personnes."

– Je vais mieux

"[...] le plus dur dans une relation, c'est de partager le silence."

– Je vais mieux

"C'est très violent de se sentir exclu de la douleur de l'autre ; alors qu'on veut la partager."

– Je vais mieux

Rien ne rend plus heureux que de plaire à quelqu'un qui nous plait ; la réciprocité devrait être davantage estimée, placée au sommet des joies humaines. Quand on fait une belle rencontre, on redécouvre des trésors poussiéreux qui agonisaient en soi. On réveille ses désirs et ses passions.

– Je vais mieux

"On devrait vivre sa vie à l'envers pour ne pas la rater."

– Je vais mieux

"Le silence pansait l'évidence de leur amour"

– Le potentiel érotique de ma femme

Souvent , il suffit d'être un peu heureux pour ne plus s'apercevoir du malheur des autres.

– Le potentiel érotique de ma femme

Bien des hommes rêvaient d'être cocus, juste pour pouvoir tromper à leur tour, enfin sans culpabilité.

– Le potentiel érotique de ma femme

Hector avait une tête de héros. On le sentait prêt à passer à l'acte, à braver tous les dangers de notre grosse humanité, à embraser les foules féminines, à organiser des vacances en famille, à discuter dans les ascenseurs avec des voisins, et, en cas de grande forme, à comprendre un film de David Lynch. Il serait une sorte de héros de notre temps, avec des mollets ronds. Mais voilà qu'il venait de décider de se suicider. On avait vu mieux comme héros, merci. Un certain goût pour le spectacle lui avait fait opter pour le métro. Tout le monde saurait sa mort, ce serait comme l'avant-première médiatique d'un film qui ne marchera pas. Hector chancelait gentiment tout en écoutant, par politesse, les recommandations sonores en vue de ne pas acheter son billet à la sauvette ; au cas où il se raterait, ce serait utile de s'en souvenir. On ne connaissait rien de lui, alors on l'espérait un peu ce ratage, au moins pour savoir s'il faut se fier à la tête des gens. C'est fou, cette tête de héros. Il commençait à voir flou, des pilules ayant pour but une action soporifique avaient été ingurgitées avant l'échéance. On mourait mieux endormi. Finalement, ce fut une chance puisque Hector nous fit un malaise. Dans son œil, on ne voyait rien. Il fut découvert gisant dans les couloirs du métro, plus près de Châtelet-Les Halles que de la mort.

– Le potentiel érotique de ma femme

Sur ce petit bout d'amour qui restait, il voulait vivre son futur comme un naufragé sur une île déserte.

– Le potentiel érotique de ma femme

En ratant son suicide , il venait de se condamner a vivre .

– Le potentiel érotique de ma femme

« Voilà, j'ai quelque chose à vous dire…J'ai fait une tentative de suicide…et je n'étais pas aux États-Unis mais en convalescence… »Après un silence, ses parents se mirent à rire ; un rire à l'opposé de l'érotisme. Que c'était drôle ! Ils gloussaient leur chance d'avoir un fils si doux et si comique, Hector des Hector, fils comique ! Ce fils qui avait, comment dire, un léger problème de crédibilité. Il avait été rangé dans la catégorie « bon fils » puisqu'il venait manger même quand il n'avait pas faim. Et les bons fils ne se suicident pas ; au pire ils trompent leur femme quand elle part en vacances à Hossegor. Hector fixa le visage de ses parents, il n'y avait rien à lire, des têtes d'annuaires téléphoniques. Il était condamné à être leur cliché.

– Le potentiel érotique de ma femme

« La poussière avait veillé sur le lieu, avant de s'ennuyer au point de se reproduire ».

– Le potentiel érotique de ma femme

Pour rencontrer l'amour, il faut chercher la solitude.

– Le potentiel érotique de ma femme

Tout ceux qui vivent un intense bonheur éprouvent la peur de ne plus parvenir a revivre un tel instant .

– Le potentiel érotique de ma femme

Sans savoir pourquoi, il fut attiré par elle, c'était fou, c'était évident, c'était instinctif. Il devait à tout prix lui parler. Mais dès qu'il avança vers elle, il commença à souffrir. Cette image, cette fille sortant de l'église, le hantait déjà comme si elle était un souvenir et non le présent. Une fois face à elle, il se mit en travers de son chemin et lui dit : "Vous êtes si belle que je préfère ne jamais vous revoir."Mon père aimait plus que tout ce souvenir car il estimait, sûrement à juste titre, que c'était la seule fois de sa vie où il avait été héroïque, étonnant, et même charmant. Il n'en revenait pas d'avoir été soumis à une telle pulsion. Et puis, bien sûr, pour saisir entièrement la saveur de ce moment, il fallait ajouter que cette femme allait devenir sa femme. Cette femme allait devenir ma mère.

– Les souvenirs

La plupart de ceux que j'ai croisés dans la maison de retraite voulaient mourir. Ils ne disaient pas mourir d'ailleurs, ils disent "partir". Et aussi "en finir", pour souligner davantage le calvaire. Car la vie ne finit parfois jamais, c'est le sentiment qu'ils ont. On parle souvent de la peur de la mort, et c'est étrange comme j'ai vu autre chose. Je n'ai vu que l'attente de la mort. J'ai vu la peur qu'elle ne vienne pas.

– Les souvenirs

Il était méconnaissable. Les deux femmes se mirent à pleurer, surtout en pensant qu'il avait dû passer des semaines ici, seul, sans personne pour venir le voir, sans personne pour lui tenir la main. C'était comme une atrocité ajoutée à l'atrocité. Son autre œil était ouvert, mais paraissait comme éteint. Pourtant,il n'était pas aveugle. Le blessé regardait sa femme, puis sa fille, mais cette vision ne semblait susciter en lui aucune réaction. Désemparées, elles demandèrent à parler à un médecin, qu'on les rassure, qu'on leur dise n'importe quoi, mais pas la vérité.

– Les souvenirs

Il pleuvait tellement le jour de la mort de mon grand-père que je ne voyais presque rien. Perdu dans la foule des parapluies, j'ai tenté de trouver un taxi. Je ne savais pas pourquoi je voulais à tout prix me dépêcher, c'était absurde, à quoi cela servait de courir, il était là, il était mort, il allait à coup sûr m'attendre sans bouger.

– Les souvenirs

Il y a quelque chose de si étonnant chez le chat. Il a atteint cette aisance suprême du bonheur à ne rien faire. Les hommes n'y arrivent pas. Au bout d'un moment, ils sont obligés de gesticuler, de parler, d'organiser quelque chose.

– Les souvenirs

J'ai été si souvent en retard sur les mots que j'aurais voulu dire.

– Les souvenirs

Le cœur a quitté le corps avec politesse. Je l'ai regardée pendant de longues minutes. On savait la mort, on la connaissait, et pourtant elle arrivait toujours comme une stupéfaction. Cela me paraissait fou que son corps soit subitement vide de vie ; que son esprit soit vide de pensée. Et je trouvais choquant de ne pouvoir remédier à cette tragédie.

– Les souvenirs

"Les bonnes idées viennent la nuit pendant que les mauvaises idées dorment."

– Les souvenirs

La vie est une machine à explorer notre insensibilité. On survit si bien aux morts. C'est toujours étrange de se dire que l'on peut continuer à avancer, même amputés de nos amours. Les jours nouveaux arrivaient, et je leur disais bonjour.

– Les souvenirs

J'ai souvent entendu dire qu'"un véritable ami c'est quelqu'un qu'on peut appeler en pleine nuit quand on se retrouve avec un cadavre sur les bras". Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai toujours aimé cette idée. Il y a des gens qui passent leur temps à se demander ce qu'ils feraient s'ils gagnaient au Loto, moi je me demande qui j'appellerai le jour ou je devrai me débarrasser d'un corps (car il est très peu probable que je gagne un jour au Loto) je parcours la liste de mes amis, et j'hésite. Je pèse le pour et le contre d'une lâcheté éventuelle. Et puis, je me rends compte que le chois est plus complexe que prévu: aimer un ami. C'est aussi éviter de l'impliquer dans une histoire aussi sordide que risquée.

– Les souvenirs

On peut tout quitter sauf ses obsessions.

J’aime qu’un tableau ait l’air de s’être peint lui-même.

On cherche souvent de jolies raisons aux étrangetés des autres.

Je ne supporte pas l'idée d'être attendu quelque part, la liberté est le slogan des survivants.

C'est la seule chose que l'on peut conserver. Quand on n'a plus rien. L'envie de se tenir droit.

Il faut se motiver pour s’armer contre la terreur du défaitisme, contre l’hégémonie des cyniques. C’est un combat à mener.

On raille trop la croyance du demain, et on laisse la place aux dépressifs de l’avenir et autres déclinistes.

Il n'y a plus de moments où le temps s'arrête vraiment, de journées où il ne se passe rien.

D’une manière générale, on attribue une connotation négative à toutes les idées liées à la bienveillance ou aux ondes positives.

L’optimiste ne doit donc pas avoir des oeillères. Il doit prendre en considération le pessimisme et décider le camp de l’espoir.

Perfusés que nous sommes en permanence aux informations, aux témoins, aux commentaires, le monde n’a jamais autant été éclairé par la lucidité. Ainsi, croire en l’avenir devient un véritable choix.

Les mots n'ont pas toujours besoin d'une destination. On les laisse s'arrêter aux frontières des sensations. Errant sans tête dans l'espace du trouble. Et c'est bien le privilège des artistes : vivre dans la confusion.

Le miracle des banquiers est de connaître notre vie par notre argent.

Les grandes idées ont besoin de silence, de douceur, elles ont besoin qu’on les mette en confiance : il y a un côté réfugié politique dans une bonne idée de roman.

Les choses qui nous apportent le plus sont celles que l'on emporte sans préméditation.

Ceux qui lèchent à longueur de journée ne se doutent de rien lorsque leur tour advient.

Ne pas croire en quelque chose, c'est retomber en enfance.

Le vrai bonheur est celui que les autres ne voient pas, et donc n'envient pas.

On mesure le bonheur d'un couple à leurs photos, et les photos se prennent pendant les vacances ; sans les photos de vacances, on ne pourrait jamais prouver qu'on a été heureux.

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