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Colette

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Colette naît en 1873 dans l'Yonne. Venue à Paris, elle épouse, en 1893, l'écrivain boulevardier Willy qui l'incite à écrire la série des Claudine. Séparée de son premier mari en 1906, Colette débute une carrière sur les scènes de music-hall, et écrit... Plus >


Citations de Sido (10)

Trop tard, trop tard...C'est le mot des négligents, des enfants et des ingrats. Non que je me sente plus coupable qu'une autre "enfant", au contraire. Mais n'aurais-je pas dû forcer, quand il était vivant, sa dignité goguenarde, sa frivolité de commande? Ne valions-nous pas, lui et moi, l'effort réciproque de mieux nous connaître?

- Vois comme cette pensée ressemble au roi Henri VIII d'Angleterre, avec sa barbe ronde, disait-elle. Au fond, je n'aime pas beaucoup ces figures de reîtres qu'ont les pensées jaunes et violettes.

-Ah! voici Mlle Thévenin qui promène en triomphe, dans toutes les rues, sa cousine de Paris. Elle n'a pas besoin de le dire, que cette dame Quériot vient de Paris: beaucoup de seins, les pieds petits, et des chevilles trop fragiles pour le poids du corps; deux ou trois chaînes de cou, les cheveux très bien coiffés...Il ne m'en faut pas tant pour savoir que cette dame Quériot est caissière dans un grand café. Une caissière parisienne ne pare que sa tête et son buste, le reste ne voit guère le jour. En outre, elle ne marche pas assez et engraisse de l'estomac. Tu verras beaucoup, à Paris, ce modèle de femme-tronc.

Car j'aimais tant l'aube, déjà, que ma mère me l'accordait en récompense. J'obtenais qu'elle m'éveillât à trois heures et demis, et je m'en allais, un panier vide à chaque bras, vers des terres maraîchères qui se réfugiaient dans le pli étroit de la rivière, vers les fraise, les cassis et les groseilles barbues.

Ma mère me laissait partir, après m'avoir nommée « Beauté, Joyau-tout-en-or » ; elle regardait courir et décroître sur la pente son œuvre, « chef d'œuvre », disait-elle. J'étais peut-être jolie ; ma mère et mes portraits de ce temps-là ne sont pas toujours d'accord... Je l'étais à cause de mon âge et du lever du jour, à cause des yeux bleus assombris par la verdure, des cheveux blonds qui ne seraient lissés qu'à mon retour, et de ma supériorité d'enfant éveillée sur les autres enfants endormis.

"Sido" répugnait à toute hécatombe de fleurs. Elle qui ne savait que donner, je l'ai pourtant vue refuser les fleurs qu'on venait parfois quêter pour parer un corbillard ou une tombe. Elle se faisait dure, fronçait les sourcils et répondait "non" d'un air vindicatif.-Mais c'est pour le pauvre M. Enfert qui est mort hier à la nuit! La pauvre Mme Enfert fait peine, elle dit qu'elle voudrait voir partir son mari sous les fleurs, que ce serait sa consolation! Vous qui avez de si belles roses-mousse, madame Colette...-Mes roses-mousse! Quelle horreur! Sur un mort!Après ce cri, elle se reprenait et répétait: -Non. Personne n'a condamné mes roses à mourir en même temps que M. Enfert.

Il y avait dans ce temps-là de grands hivers, de brûlants étés. J'ai connu, depuis, des étés dont la couleur, si je ferme les yeux, est celle de la terre ocreuse, fendillée entre les tiges du blé et, sous la géante ombrelle du panais sauvage, celle de la mer grise ou bleue. Mais aucun été, sauf ceux de mon enfance, ne commémore le géranium écarlate et la hampe enflammée des digitales. Aucun hiver n'est plus d'un blanc pur à la base d'un ciel bourré de nues ardoisées, qui présageaient une tempête de flocons plus épais, puis un dégel illuminé de mille goutes d'eau et de bourgeons lancéolés...

Nous avons, toute sa vie, troublé le tête à tête que mon père rêvait. L'esprit pédagogique peut rapprocher un père de ses enfants. A défaut d'une tendresse, beaucoup plus exceptionnelle qu'on ne l'admet généralement, un homme s'attache à ses fils par le goût orgueilleux d'enseigner.

Elle avait, cette manière étrange de relever les roses par le menton pour les regarder en plein visage.

Peu de jours après, je trouvais ma mère sous l'arbre, passionnément immobile, la tête à la rencontre du ciel d'où elle bannissait les religions humaines…- Chut ! … Regarde…Un merle noir, oxydé de vert et de violet, piquait les cerises, buvait le jus, déchiquetait la chair rosée…- Qu'il est beau ! … chuchotait ma mère. Et tu vois comme il se sert de sa patte ? Et tu vois les mouvements de sa tête et cette arrogance ? Et ce tour de bec pour vider le noyau ? Et remarque bien qu'il n'attrape que les plus mûres…- Mais maman, l'épouvantail…- Chut ! … L'épouvantail ne le gêne pas…- Mais, maman, les cerises ! …Ma mère ramena sur la terre ses yeux couleur de pluie :- Les cerises ? … Ah ! oui, les cerises…

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Critiques de Sido : avis de lecteurs (24)


  • Critique de Sido par lnbsi (Babelio)

    Dans ce recueil de trois textes, Colette nous décrit le personnage de sa mère ainsi que le reste de sa famille par l'intermédiaire de ses souvenir d'enfance. Ces textes nous permettent d'entrer facil...

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    Par lnbsi - publiée le 08/07/2009

  • Critique de Sido par SEcriture (Babelio)

    Patatra...Je n'ai pas réussi à me plonger dans ce roman, pourtant plein de charme et de sensibilité... Aucune action n'a capté mon attention. Le style fourni m'a quelque peu embrouillée. L'avant propo...

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    Par SEcriture - publiée le 24/10/2010

  • Critique de Sido par Lune (Babelio)

    paru en 1929 Trois parties dans ce livre qu'on aurait voulu plus long tant on s'y plaît : Sido, le capitaine et les sauvages. Nous entrons dans l'univers de la famille Colette. Univers fondateur qu...

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    Par Lune - publiée le 09/02/2011

  • Critique de Sido par brigittelascombe (Babelio)

    Sido. Cette mère admirée, admirable, mais étouffante et restrictive, ce soleil qui éblouissait un peu trop, c'est Sido. Sido, titre de livre qui gomme à lui seul les deux derniers chapitres, celui ...

    Lire la critique complète >
    Par brigittelascombe - publiée le 18/06/2011

  • Critique de Sido par EFar (Babelio)

    Avec ce recueil, je découvre Colette. Belle découverte, et sacré surprise. Bêtement, je m'imaginais une écriture un peu datée, un ton un peu engoncé dans son époque. J'étais complètement à côté : l'...

    Lire la critique complète >
    Par EFar - publiée le 11/09/2011

  • Critique de Sido par Anulipe (Babelio)

    Sido est une longue nouvelle ou un court roman (comme vous préférez) de Colette qui évoque la vie de sa mère. Entre admiration et recul l'écrivaine retrace avec tendresse l'histoire de cette femme qui...

    Lire la critique complète >
    Par Anulipe - publiée le 20/02/2013

  • Critique de Sido par VACHARDTUAPIED (Babelio)

    Ce roman est une suite d'anecdotes autobiographiques sur la famille de Colette.Un roman court lu rapidement et oublié aussi rapidement....Assurément pas le meilleur de Colette......

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    Par VACHARDTUAPIED - publiée le 10/04/2013

  • Critique de Sido par Latviane (Babelio)

    Avec cet ouvrage consacré essentiellement à sa mère, Gabrielle Colette plante le décor de son univers d'enfant et ouvre le rideau sur les acteurs et les musiciens... -La mère : chef d'orchestre et fe...

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    Par Latviane - publiée le 03/05/2013

  • Critique de Sido par Marti94 (Babelio)

    J'ai pris ce livre à la bibliothèque et je suis déçue de ne pas être entrée dans l'histoire. C'est bien écrit et le sujet est intéressant mais je n'ai pas accroché et Sido est restée debout, dans son...

    Lire la critique complète >
    Par Marti94 - publiée le 27/10/2013

  • Critique de Sido par biblivore56 (Babelio)

    Abordé dans le cadre scolaire, il y a quelques années, ce livre me laisse un souvenir de cette enfance délicieuse à l'odeur des gâteaux de grand mère. Les madeleines ?

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    Par biblivore56 - publiée le 25/01/2014

  • Critique de Sido par Ophelien (Babelio)

    Je ne suis pas très fière de moi, mais je me suis arrêtée au bout de la 30 ème page. Un style lourd, trop de fioritures, ça en devenait étouffant. Durant ces trente pages le seule impression que j'ai ...

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    Par Ophelien - publiée le 22/02/2014

  • Critique de Sido par Paul31 (Babelio)

    Livre dont l'histoire ne sert à rien !!!! Sans intérets pour la vie !

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    Par Paul31 - publiée le 08/12/2014

  • Critique de Sido par Natsamuz (Babelio)

    Quelle belle écriture! J'ai surtout apprécié la première partie du livre, le jardin, Sido; le capitaine et la fratrie de Colette. Envie de lire plus!

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    Par Natsamuz - publiée le 24/12/2014

  • Critique de Sido par ATOS (Babelio)

    Sido, suivi des vrilles de la vigne... Lire, relire, Gabrielle Colette c'est toujours entrer dans un jardin. Et c'est bien peu, si peu, de dire cela. Insuffisant. C'est toujours une histoire d'amour....

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    Par ATOS - publiée le 21/06/2015

  • Critique de Sido par BenedicteBiblio (Babelio)

    Il y a quelques mois déjà, je vous avais fait part de mes ressentis concernant La maison de Claudine, récit autobiographique reprenant l'enfance heureuse de Colette. Si je m'étais plongée avec délices...

    Lire la critique complète >
    Par BenedicteBiblio - publiée le 16/08/2015

  • Critique de Sido par Vermeer (Babelio)

    Souvenirs d'enfance de Colette auprès de sa mère Sido, femme à la forte personnalité, qui lui a communiqué l'amour de la nature, la façon d'être à son écoute, son père ses frères et soeur. Le jardin, ...

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    Par Vermeer - publiée le 28/09/2015

  • Critique de Sido par (Babelio)

    De très jolis souvenirs retranscris sous la magnifique plume de Colette. Pour avoir visité sa maison, son musée et le village de St Sauveur je n'ai pas eu de mal à me projeter dans l'enfance de l'ecr...

    Lire la critique complète >
    Par Babelio - publiée le 14/03/2017

  • Critique de Sido par sld09 (Babelio)

    J'avoue que je ne suis pas allée jusqu'au bout du livre : je n'ai pas réussi à m'intéresser à ce que me racontait l'auteur. En effet, même si Colette nous offre une évocation de sa famille pleine de t...

    Lire la critique complète >
    Par sld09 - publiée le 16/07/2017

  • Critique de Sido par (Babelio)

    Un tout petit bijou autobiographique,! C'est un bijou, non pas parce que l'histoire soit aussi pertinente, ou que des personnages aient été façonnés de toutes pièces avec une imagination débordante po...

    Lire la critique complète >
    Par Babelio - publiée le 23/05/2018

  • Critique de Sido par jfponge (Babelio)

    Sido, la mère, Le Capitaine, le père, Les Sauvages, ses deux frères. L'enfance de Colette s'est déroulée entre ces quatre êtres, au sein d'un foyer fusionnel dominé par la figure de la mère. Dans ce c...

    Lire la critique complète >
    Par jfponge - publiée le 07/04/2019

  • Critique de Sido par IreneAdler (Babelio)

    Colette dresse le portrait de sa mère (un peu de sa famille, mais surtout de la figure maternelle), une mère présente, solaire, assez peu autoritaire mais qui n'en a pas besoin. Elle laisse vivre ses ...

    Lire la critique complète >
    Par IreneAdler - publiée le 02/09/2019

  • Critique de Sido par mh17 (Babelio)

    Jardin d'enfance Quelle langue magnifique ! Pleine de couleurs flamboyantes, gorgée de pulpe, roulant les r, exubérante en diable, pour évoquer Sido, la mère vénérée, déesse du jardin et de l'enfance...

    Lire la critique complète >
    Par mh17 - publiée le 11/02/2020

  • Critique de Sido par Taraxacum (Babelio)

    Ah Sido! Que ne donnerais-je pas pour avoir connu Sido, son jardin, ses chats, ses fleurs.... Peut-être que j'ai autant aimé ce texte aussi parce que Sido me fait penser à des femmes de ma famille qui...

    Lire la critique complète >
    Par Taraxacum - publiée le 31/03/2020

  • Critique de Sido par Medulla (Babelio)

    Colette possède une plume mordante, incisive, tendre et colorée. Dans ce recueil de nouvelles issues de deux périodes très marquées (le début et la fin de carrière de l'auteur), l'écrivain nous offre ...

    Lire la critique complète >
    Par Medulla - publiée le 01/04/2020
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