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Clément Bénech

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Clément Bénech est né en 1991. Après L’Été slovène (2013) et Lève-toi et charme (2015), il publiera en août 2017 Un amour d’espion aux Éditions Flammarion. Il tient également une chronique dans Libération. Plus >

Un amour d'espion (2017)

De Clément Bénech chez Flammarion
(14 votes, note moyenne : 3.3)

« Au fond, j'ai l'impression que nous ne sommes plus que des Marco Polo parodiques », autant dire de simples touristes. C'est le constat un brin désenchanté que cet étudiant en géographie partage avec son amie Augusta au détour d'une conversation Facebook. Il n'en faut pas plus à la jeune femme, fraîchement débarquée aux États-Unis, pour lui proposer le plus fou des séjours, un « voyage à dessein ». Direction : New York, où Augusta l'attend pour percer à jour l'identité de son petit ami, rencontré via une application pour smartphone. Pourquoi ce critique d'art venu de Roumanie se fait-il inlassablement accuser de meurtre par un internaute anonyme ? C'est ici que commence la filature de notre apprenti détective, qui n'est peut-être pas le seul à suivre la piste du mystérieux Dragan.
À la faveur des péripéties new-yorkaises de cet « amour d'espion », Clément Bénech pose un regard plein d'esprit et de malice sur les rencontres sentimentales à l'ère de l'espionnage amoureux. Si le virtuel s'invite dans le réel, qui espionne qui ?

Paru le 23-08-2017 - Format : Broché - 276 pages - 21 x 14 x 1 cm - 268 g - ISBN 10 : 2081393263 - ISBN 13 : 9782081393264

Collection : Littérature Française

Tags : récits, roman, enquête policière, langage, fresque, atelier d'écriture, conversation, espionnage, réseaux sociaux, relations amoureuses, amour, couple, meurtre, détective, assassin, france, langue française, littérature française, roumanie, roman contemporain.

Citations de Un amour d'espion (10)

« Donc toi, quand tu fais mariner un peu un mec sur Tinder, il quitte sa copine pour toi. / Pas toujours. / Tu me rassures. » (p. 57)

Comme souvent de nos jours, tout avait commencé sur Facebook.

Dragan avait attendu ce moment avec une impatience qui prêtait à rire, car DuBarry, aussi étonnant que cela pût paraître, avait une poignée de main formidable. C'était une poignée de main formidable.C'était une poignée de main ample, droite et tendre; il vous serrait la main pendant une période comprise entre deux et trois secondes et vous requinquait pour quelques jours. C'était une poignée de main communicative, même si elle ne communiquait rien de précis, comme un regard profond dans un téléfilm. Au début de leur amitié, et alors qu'il avait remarqué la qualité supérieure de cette poignée de main, Dragan avait pensé qu'il se faisait des idées, qu'il projetait sur elle l'admiration qu'il vouait à DuBarry au moment où, jeune critique new-yorkais qu'il était, il cherchait à multiplier les apparitions dans les revues, et il n'avait reçu de réponse favorable à ses demandes d'interview ( envoyées tous azimuts) que de cet artiste encore méconnu, et dont il admirait déjà ce que l'on pourrait appeler faute de mieux le travail.

L'invention de la carte était pour moi l'un des actes les plus prométhéens de l'histoire humaine, aux côtés de la domestication de l'électricité et des conquêtes spatiales. Et il me semblait que c'était à cette échelle seulement que l'on pouvait connaître l'essence d'une ville, de même que pour connaître une personne, on ne colle pas son nez dans son oreille ni ne la scrute en plissant les yeux depuis le haut d'une tour, n'est-ce pas, on se tient à une distance raisonnable, un mètre, deux mètres.

Oh, comme il aimait déjà son rire ! Elle semblait le concéder, comme une digue qui s'affaisse, ce qui lui donnait un goût de récompense. Et ses jambes, conclues par des chaussures aux semelles compensées… C'était affreux, il se sentait déjà amoureux, sa conquête n'avait plus rien d'un jeu ou d'un challenge. Il ne savait même pas s'il avait la moindre chance de lui plaire, les chances ne penchaient pas vraiment en sa faveur car elle avait refusé de lui répondre sur Tinder, ce qui n'était pas exactement bon signe. Mais il se savait plus attirant en mouvement que figé sur une photographie.

« L'art fait naître des idées, il ne les représente pas. »

Elle semblait parfaitement indifférente à l'antique sacralité du corps humain qu'on lui avait inculquée, à lui ; sans doute une spécificité de la discipline ostéopathique, médecine manuelle issue d'un siècle à mains, pour qui le corps humain n'est qu'un ensemble de poids et de leviers. Et puis Marisha n'était pas comme lui, animal symbolique, à qui tout paraissait toujours disproportionné, entouré d'un halo qui rendait le réel électrique. En ostéopathie, lui avait alors dit Marisha comme si elle avait lu dans ses pensées, on considère le corps humain comme un mécanisme d'horlogerie, où tout est relié à tout, où l'ensemble (corps) est supérieur à la somme de ses parties (tissus et organes).

Je trouvais un immense réconfort dans le fait de regarder des cartes géographiques, comme si je conjurais par cette activité le sentiment d'éparpillement général qui était le mien depuis que je savais compter jusqu'à dix, et qui ne manquait pas de me causer encore quelques élancements. Que la ville eût des limites bien précises, au-delà desquelles ce n'était plus elle mais une autre ville, un territoire différent, sa carte m'en apportait la preuve tangible, sur laquelle on pouvait s'appuyer. De l'œil, je caressais cette frontière, la passant et la repassant en imagination, grisé comme un enfant qui éteint et rallume une lumière en appuyant sur l'interrupteur.

Dragan avait perdu toute trace d'accent roumain. Même quand il lui arrivait de s'énerver, ou de parler avec les mots de l'amour, son origine était indiscernable. En Amérique en effet, il n'avait pas seulement appris une langue mais un nouveau caractère, plus sanguin, plus franc, plus direct : il avait été formé au transport, lui, l'ancien imperturbable, pour qui la chute d'une feuille était pareille à la chute d'une bombe.

L'ordinateur était pourri de l'intérieur. Parce que Dragan n'avait jamais jugé bon de télécharger un antivirus, même gratuit – considérant sans doute inconsciemment que les virus, c'était pour les autres. Et il ne voulait pas passer un après-midi entier à le nettoyer, préférant perdre entre dix et vingt minutes chaque fois qu'il l'allumait à fermer les pop-up et autres fenêtres de toutes sortes qui s'ouvraient automatiquement et gênaient sa navigation.

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Critiques de Un amour d'espion : avis de lecteurs (15)


  • Critique de Un amour d'espion par domlectures (Babelio)

    J'avais été attiré par ce livre en écoutant l'auteur, charismatique, invité dans Quotidien présenté par Yann Barthès. Mais bof, je n'ai pas accroché.

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    Par domlectures - publiée le 14/12/2017

  • Critique de Un amour d'espion par Melcleon (Babelio)

    L'histoire pourrait très bien se passer en France mais je suppose que l'auteur a voulu replacer des souvenirs new-yorkais dans un roman. Donc New York est le théâtre, précisément décrit, de cette enqu...

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    Par Melcleon - publiée le 29/07/2018

  • Critique de Un amour d'espion par Natiouschka (Babelio)

    "Comme souvent de nos jours, tout avait commencé sur Facebook". C'est en effet au détour d'une conversation sur ce réseau social que le narrateur se voit invité par son amie Augusta à venir à New-York...

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    Par Natiouschka - publiée le 28/07/2018

  • Critique de Un amour d'espion par MissAlfie (Babelio)

    Planqué derrière ses lunettes noires, le Parisien Clément Bénech s'est perdu au mois de septembre dernier au salon du livre de Besançon. Pour moi, ce fut l'occasion de me procurer le nouveau roman de ...

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    Par MissAlfie - publiée le 22/06/2018

  • Critique de Un amour d'espion par Blankovitch (Babelio)

    Un sujet original, une écriture très classique, des inserts iconographiques surprenants. Mais une histoire assez fade.

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    Par Blankovitch - publiée le 03/06/2018

  • Critique de Un amour d'espion par Medulla (Babelio)

    Un petit roman sympathique, plutôt bien écrit (malgré quelques tocs de langage). Cette lecture fort distrayante raconte une amourette à l'ère 2.0 et les suspicions qui en découlent : Augusta amoureuse...

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    Par Medulla - publiée le 22/01/2018

  • Critique de Un amour d'espion par MasterBook (Babelio)

    « It's a match! »* : c'est par cette formule lapidaire qu'a débuté l'histoire d'amour entre Augusta, une jeune Française fraîchement débarquée à New-York, et Dragan, un critique d'art roumain d'une qu...

    Lire la critique complète >
    Par MasterBook - publiée le 18/01/2018

  • Critique de Un amour d'espion par unbrindesyboulette (Babelio)

    Un étudiant en géographie passe son été à New-York pour aider son amie Augusta, installée là-bas depuis peu. Il va y jouer les détectives! Lors d'une discussion sur Facebook, Augusta lui propose de l'...

    Lire la critique complète >
    Par unbrindesyboulette - publiée le 12/12/2017

  • Critique de Un amour d'espion par Delphine-Olympe (Babelio)

    Je ne savais absolument pas à quoi m'attendre, n'ayant eu l'occasion de lire aucun commentaire sur ce roman... Allez savoir pourquoi, la première phrase, mise en exergue sur la quatrième de couvertu...

    Lire la critique complète >
    Par Delphine-Olympe - publiée le 12/11/2017

  • Critique de Un amour d'espion par traversay (Babelio)

    Dans la continuité de ses premiers romans, Clément Bénech signe avec Un amour d'espion un livre divertissant, bien dans l'air du temps, sentimental mais pas trop, à suspense, mais sans excès, bref un ...

    Lire la critique complète >
    Par traversay - publiée le 11/11/2017

  • Critique de Un amour d'espion par Tiphrom (Babelio)

    L'idée est très originale : quitter la France pour rejoindre une amie à New-York qui débute un nouveau job, afin de mener l'enquête sur un homme qu'elle a rencontré grâce à une application pour smartp...

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    Par Tiphrom - publiée le 13/10/2017

  • Critique de Un amour d'espion par ninachevalier (Babelio)

    Clément Bénech Un amour d'espion Flammarion ( 270 pages -19€ ) Août 2017 Ceux qui suivent Clément Bénech sur twitter...

    Lire la critique complète >
    Par ninachevalier - publiée le 21/09/2017

  • Critique de Un amour d'espion par bergson (Babelio)

    Une enquête 2.0 ça part sur Facebook ça se poursuit sur Tinder et whatapp. Tout ceci ne nous empêchera pas de lire ce livre sur liseuse. Un livre récréatif, qui se lit facilement, une petite incoh...

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    Par bergson - publiée le 18/09/2017

  • Critique de Un amour d'espion par (Babelio)

    Je n'ai pas été décontenancée par ce livre qui a complètement rempli la mission que je lui avais fixé. Excellent divertissement, le roman met en scène un narrateur fidèle aux romans précédents de Clém...

    Lire la critique complète >
    Par Babelio - publiée le 11/09/2017

  • Critique de Un amour d'espion par LorenaMagda (Babelio)

    J'ai bien aimé ce livre, sans prétention, mais dont la lecture est agréable. Le narrateur du livre, étudiant à Paris, est en train de naviguer sur facebook lorsqu'une de ses amies, Augusta, lui propos...

    Lire la critique complète >
    Par LorenaMagda - publiée le 10/09/2017
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