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120512ème dans les ventes


Christian Oster

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Christian Oster est un écrivain français, né à Paris en 1949.

Loin d'Odile (1998)

De Christian Oster chez Minuit
(6 votes, note moyenne : 2.5)

142pages. 18,4x13,4x1,4cm. Broché. On s'habitue à tout paraît-il, même à vivre avec une mouche. Tout de même, pour un homme de quarante-cinq ans qui vient d'être plaqué par une femme, c'est une maigre consolation. À moins de donner à cette mouche agaçante et insaisissable le prénom de l'infidèle, Odile, et de décider de l'écraser. Même si on l'a souvent fait étant enfant, ça devient plus difficile avec l'âge de tuer les mouches. Si difficile qu'il vaut mieux fuir pour ne pas être en permanence confronté à son échec. Sortir, rencontrer d'autres femmes peut-être, affronter la vraie vie. Et c'est ainsi que l'on se retrouve aux sports d'hiver lancé sur des pistes bien dangereuses. Loin d'Odile est l'un des romans où Christian Oster déploie le mieux cet humour absurde qui constitue sa marque personnelle, cette façon de parler sans pesanteur de la gravité de la vie, en observant le quotidien par le petit bout de la lorgnette ccmme pour mieux tenir en respect la peur qui loge sournoisement au fond de chaque être humain. -Yves Bellec

Paru le 20-01-1998 - Format : Broché - 142 pages - 18 x 13 x 1 cm - 185 g - ISBN 10 : 2707316040 - ISBN 13 : 9782707316042

Collection : Romans

Tags : récits, journal intime, roman, quotidien, hiver, triste, dons, subjonctif, solitude, absurde, décalé, humour, humour noir, amour, sport, montagnes, littérature française, littérature francophone, auteur français, contemporain.

Citations de Loin d'Odile (7)

Jeanne était brillante, comme André, elle était blonde, elle était belle, un peu moins belle, toutefois, qu'il n'avait d'abord semblé. Mais elle profitait, justement, d'être un peu moins belle que les toutes premières fois pour apaiser le regard et, sur ce fond d'apaisement, l'éveiller de nouveau par quelque éclat insoupçonné. On accédait ainsi à la beauté par paliers, avec des intermèdes de déception ou encore de chute, mais avec le temps les chutes se faisaient moins fréquentes, on tombait de moins haut, également, chaque fois, et pour finir on ne désapprouvait plus rien de ce visage, de ces gestes, on ne pouvait plus redescendre, on montait toujours, accédant à cette beauté dont la caractéristique était peut-être, en effet, de croître, de se renforcer avec le temps dans le regard de qui s'en voulait bien saisir. Il en allait de même pour sa brillance, d'une certaine façon, qui ménageait chez elle des périodes parfaitement ternes, mais que l'on goûtait comme des éclipses.

Exagérons. Disons qu'il fut un temps, pas si éloigné du reste, où je vivais avec une mouche.Ce n'est pas une métaphore. C'était une vraie mouche, et, quant à prétendre que je vivais avec elle, qu'on me pardonne, mais, à l'époque, j'ignorais ou j'avais oublié que l'existence de ce diptère , n'excède jamais quarante-huit heures.

Peut-être, dis-je. Peut-être que tu vas trop vite. Je ne te connaissais pas, Jeanne. Je ne peux pas aller si vite. Dans l'idéal, ce que j'aimerais, c'est que tout s'arrête, mais je ne peux pas m'arrêter avec toi. Moi, si jamais je dois revivre un jour, j'aimerais que ce soit sur le bord de quelque chose, qu'il y ait quelque chose à voir du bord où je vivrais, et que je prenne le temps de le voir en me disant que c'est ça, peut-être, vivre, regarder quelque chose qui n'est pas à proprement parler la vie mais qui la rappelle, un reflet, une photo, pendant que là où l'on est la vraie vie, celle qui s'échappe, la vraie vie coule, elle, mais toi, je veux dire moi, tu regardes ailleurs. Et même quand ton regard tombe sur toi tu t'arrêtes, tu fais un pas de côté en prenant garde de tomber toi-même dans ce vide au bord de quoi tu vis, et tu regardes, et tu dis j'existe, mais toi, Jeanne, non, tu ne veux pas attendre, tu ne veux pas regarder, je ne sais pas ce que tu veux, dis-je. Mais je sais ce que je ne veux pas.Tu es complètement fou, dit-elle avec simplicité.

Un mot, tout de même, sur ma chambre. C'était une chambre d'enfants. Elle comportait quatre lits, dont deux auxquels on accédait par une petite échelle. J'avais choisi le premier du bas, à gauche en entrant, mais, comme je m'y allais enfouir, j'hésitai. Je regardai le lit de droite, en bas. Loin de moi, en effet, l'idée d'aller refaire mon lit dans les hauteurs, où j'eusse flatté mon attrait pour le vide. On dit communément vertige. Je n'hésitai donc pas entre quatre lits, mais entre deux, sobrement, entre les lits du bas, de droite et de gauche.Si je penchais plutôt pour le lit de droite, maintenant, c'est qu'il était face à la fenêtre, et non sur le côté de la fenêtre, comme le lit de gauche. Par acquit de conscience, en effet, j'avais choisi en arrivant le lit de gauche, préférant, inquiet des tensions de la journée, voir le jour le plus tard possible. Mais, finalement, puisque tout allait pour le mieux, je n'eusse pas été fâché de m'éveiller avec l'aube- où que j'eusse dormi, je n'entendais pas tirer les rideaux, craignant qu'ils n'installassent le noir total, qui me fait peur, aussi, oui. J'hésitais donc seulement à défaire mon lit, celui de gauche, pour faire le lit de droite. C'est que je m'étais, en bordant pour la nuit le lit de gauche, heurté le crâne au lit du haut. Or la perspective de me cogner une seconde fois ne me souriait guère. J'eusse pu cette fois prendre garde, certes. Mais, en fin de compte, j'estimai que j'avais assez donné de moi-même dans la journée. Et, content d'avoir tenu tête aux tentations du lit de droite, je m'endormis dans le lit de gauche, sur le côté, tourné vers le lit de droite sans le moindre remords.

il est vrai que le rire,chez moi, n'a jamais empêché que je me morfonde

Exagérons. Disons qu'il fut un temps, pas si éloigné du reste, où je vivais avec une mouche.

Je crus alors réellement que j'allais mourir, puisque aussi bien le vide qui se creusait parut prendre toute la place que j'occupais jusqu'alors pour donner quelque forme à la vie que j'imaginais de vivre et révéler, derrière la fiction de mon être, la tranquille et blanche vérité de sa fin. 

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Critiques de Loin d'Odile : avis de lecteurs (6)


  • Critique de Loin d'Odile par photomum01 (Babelio)

    Le narrateur, la quarantaine triste, vit seul à Paris. Il tient un journal intime dans lequel il parle de sa nouvelle "amie" Odile. En effet, il a nommé la mouche qui a élu domicile chez lui, sa mouch...

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    Par photomum01 - publiée le 16/07/2019

  • Critique de Loin d'Odile par Christw (Babelio)

    Pour moi, christian Oster c'était l'enthousiasmant "Dans le train", récit merveilleusement cocasse de la rencontre improbable avec une jeune femme sur un quai de gare, confirmé par le film de Claude B...

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    Par Christw - publiée le 18/03/2018

  • Critique de Loin d'Odile par araucaria (Babelio)

    Il est vrai que l'écriture de ce roman est soignée, recherchée, mais cela ne suffit pas à créer un livre de bonne facture. Lorsque certains critiques littéraires décrivent cette histoire comme irrésis...

    Lire la critique complète >
    Par araucaria - publiée le 21/09/2015

  • Critique de Loin d'Odile par Herve-Lionel (Babelio)

    N°781 - Août 2014. LOIN D'ODILE - Christian Oster - Les Éditions de Minuit.(1998) J'avoue que j'aime assez les auteurs qui, dans un roman, m'interpellent dès la première ligne. Là, ça a été le...

    Lire la critique complète >
    Par Herve-Lionel - publiée le 08/08/2014

  • Critique de Loin d'Odile par paroles (Babelio)

    C'est fou ce que le vol d'une mouche peut déclencher comme réaction ! Pas aussi puissante qu'une aile de papillon, mais quand même. Cette mouche c'est Odile. Il fallait bien lui donner un nom puisqu...

    Lire la critique complète >
    Par paroles - publiée le 09/03/2013

  • Critique de Loin d'Odile par Marcelline (Babelio)

    C'est par hasard, en déambulant entre les rayons de ma médiathèque, que je suis tombée sur ce petit livre de Christian Oster, encore un auteur inconnu pour moi. La quatrième ce couverture annonce un l...

    Lire la critique complète >
    Par Marcelline - publiée le 12/02/2012

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