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Boualem Sansal

Né en 1949, Boualem Sansal vit à Boumerdès, près d'Alger. Il est notamment l’auteur du Serment des Barbares, Prix du premier roman 1999 et du Village de l'Allemand, Grand Prix RTL-Lire 2008 et Grand Prix SGDL du roman 2008. Boualem Sansal a reçu le Prix du Roman arabe 2012 pour Rue Darwin, et s’est vu décerner en 2013 le Grand Prix de la Francophonie de l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre. 2084, La fin du monde a été récompensé par le Grand prix du roman de l’Académie française 2015.

Présentation de Boualem Sansal (Wikipedia)

Boualem Sansal (en arabe : بوعلام صنصال), né le 15 octobre 1949 à Theniet El Had, petit village des monts de l’Ouarsenis, est un écrivain algérien d'expression française, principalement romancier mais aussi essayiste, censuré en Algérie à cause de sa position très critique envers le pouvoir en place. Il est en revanche très reconnu en France et en Allemagne, pays dans lesquels ses romans rencontrent un grand succès public, et où il a reçu de nombreux prix.

Livres de Boualem Sansal

Citations de Boualem Sansal (21)

L'homme est une bête abominable, et cette bête vit en troupeau, or la vie en troupeau c'est ça, dévorer ou se faire dévorer, dominer ou être dominé, et dans cette affaire la femelle est une bête à part, inutile et déplorable, cruelle et insatiable.

– Rue Darwin

Je me dis que les phobies se soignent mais je me dis aussi qu'un monde sans imams serait nettement plus sûr. S'il en faut quand même, alors on doit les tenir loin de la mosquée, c'est trop dangereux un homme qui squatte une tour et qui de là-haut appelle à la sainteté chez les autres, car en vérité il n'est rien de plus crédule que le croyant, ni de plus pressé, il se croit appelé plus vite qu'à son tour.

– Rue Darwin

Je fis ainsi cette découverte que la guerre n'est connue que par la paix qu'elle engendre, comme l'arbre se reconnaît à ses fruits. La guerre qui n'apporte pas une paix meilleure n'est pas une guerre, c'est une violence faite à l'humanité et à Dieu, appelée à recommencer encore et encore avec des buts plus sombres et des moyens plus lâches, ceci pour punir ceux qui l'ont déclenchée de n'avoir pas su la conduire et la terminer comme doit s'achever une guerre : sur une paix meilleure.

– Rue Darwin

L'homme face à la mort qui emporte la vie qui lui a donné la vie est confronté à un trouble qui dépasse l'entendement même de Dieu.

– Rue Darwin

Je me demande si on peut connaître la mort. La question me turlupine tant. C'est une telle réalité pourtant, terrible, irréfragable, une complexité effroyable, une somme incalculable de souffrances, de destructions, une plaie et de pénibles cauchemars pour tous les temps à venir, mais c'est aussi une histoire que l'on se raconte, et au bout du compte, de bouche à oreille, d'arrangement en arrangement, l'histoire transcende la réalité et arrive le stade suprême proprement orwellien où il n'y a plus que l'Histoire, souveraine, une pure abstraction, la réalité ayant disparu dans les limbes et les musées, et avec elle les survivants, éléments égarés d'un monde devenu hypothétique. Affranchis du réel, nous ne sommes que le reflet de nos rêves. C'est peut-être une forme de bonheur que d'exister sans avoir à vivre.

– Rue Darwin

Quand son temps est passé, vivre est une douleur extrême.

– Rue Darwin

Affranchis du réel, nous ne sommes que le reflet de nos rêves. C'est peut-être une forme de bonheur que d'exister sans avoir à vivre.

– Rue Darwin

Je crois bien en définitive que j'ai seulement aidé maman à porter l'immense amour qu'elle vouait à ses enfants. J'ai dû sentir, à un moment ou à un autre, que ce poids était en train de l'écraser. Alors j'ai aimé mes frères et soeurs d'un amour de forçat, si fort que j'en ai oublié de vivre.

– Rue Darwin

J'ai trahi, et la trahison est une plaie qui ne se referme pas.

– Rue Darwin

Une fois écrite, l'histoire est comme un arbre coupé de sa terre, ébranché, écorcé, rectifié, débarrassé de ses noeuds et rangé dans un coin. C'est une grume lisse et propre qu'on peut emporter aisément. En me relisant, je constate qu'il reste tant de questions sans réponses et d'ombres que je ne peux dissiper. Autour de l'histoire il y a une histoire et dans l'histoire il y a l'histoire de chacun de ceux qui s'y sont trouvés mêlés, tout se tient. L'arbre est aussi dans ses branches et ses racines, et dans la sylve qui l'entoure.

– Rue Darwin

Dans leur sillage, des chiens éborgnés, d'autres démembrés, boitillant en rond, des chats en catalepsie, des moineaux manchots, des moineaux équeutés, des musaraignes dépiautées; des filles en larmes et en hoquets, la robe enfoncée dans l'anus, formant corolle sur les fesses tétanisées, cul en fleurs; cul en pleurs;ça y est le cri du tendron a donné l'alerte; les saligauds du village abandonnent leurs positions et accourent prendre part au viol (...)p.94

– Le serment des barbares

Il enfourcha sa mémoire pour une nouvelle promenade. Parce qu'il était vieux et que le temps ne compte pas quand son enfance a été bercée par la magie des mots, il le fit à la manière des conteurs de souks, drogués des Mille et Une Nuits qui se plaisent autant à parler qu'à s'écouter, s'émerveillant de l'engouement des malheureux agglutinés autour d'eux et qui atteignent à l'ineffable lorsque après une longue pause tactique, pouvant durer jusqu'au retour des nomades, ils reprennent en un tour de main leur public avide de tromperies.

– Le serment des barbares

(...) zebi! c'est nos peaux lisses et notre intérêt inné pour le sexe et la délation qui lui manquaient (...)p. 146

– Le serment des barbares

Ne trahit que celui qui sait, et l'on n'est jamais trahi que par les siens.

– Le serment des barbares

«Tout est douteux à Rouiba, son opulence autant que sa prétention d'être le poumon économique de la capitale. L'agriculture est un vice qui n'a plus de troupes. L'industrie bricole dans le vacarme et la gabegie. Les rapports d'experts le proclament ; mais qui les lit ? Le commerce est mort de mort violente, les mercantis lui ont ôté jusqu'à la patente. À ceux qui s'en inquiètent, des nostalgiques de la mamelle socialiste ou des sans-le-sou, les bazaris jurent que c'est l'économie de marché et que ça a du bon. Leurs complices du gouvernement, qui ont fini de chanter la dictature du prolétariat, apportent de l'eau à leur moulin en discourant jusqu'à se ruiner le gosier. Et si le Coran, le règlement et la pommade sont de la conversation, ce n'est pour ces camelotiers ruisselant de bagou qu'artifices pour emmancher le pigeon et boire son jus. Soyons justes, on ne saurait être commerçant florissant et se tenir éloigné de l'infamie ; l'environnement est mafieux, le mal contagieux ; un saint troquerait son auréole pour un étal [...] Les rapports avaient prévu la dérive ; mais qui les a lus ?Ainsi était Rouiba ; il y a peu.»

– Le serment des barbares

Le cimetière connut des périodes fastes et des périodes noires. La chose se décidait à Alger et à Paris, selon que les négociateurs s'entendaient ou pas sur le traitement des contentieux opposant les deux pays depuis les accords d'Evian. Pour un contrat, c'était un piège en bonne et due forme ; trente années après le divorce, nous voilà ruinés et avec plus de nostalgiques que le pays ne comptait d'habitants et plus de rappetout qu'il n'abritait de colons. Celui de l'entretien des cimetières chrétiens en Algérie, peu connu du public, n'en est pas le moins important. Pour les rapatriés, il est au coeur de leur mémoire. Ainsi, tour à tour, ces lieux furent-ils délaissés, saccagés, souillés, squattés, puis, sur un ordre d'Alger, vidés, nettoyés, restaurés, et régulièrement inspectés.

– Le serment des barbares

La tournure d'esprit du musulman overdosé est de se croire indispensable et, de plus, comptable agréé par le créateur de ce qui vit et périt ici bas.

– Le serment des barbares

Ils ont toujours un verset pour justifier la dictature (P. 40)

– Le serment des barbares

Connais-tu l'histoire de ce sultan qui un jour décida d'aller voir ce qui se passait dans son royaume ? La nuit tombée, il se déguisa en mendiant et vint s'asseoir au coin d'une rue. Quel ne fut pas son étonnement lorsqu'il vit ses sujets circuler à tâtons alors que tous portaient une lampe... éteinte ! Le lendemain, il convoqua son vizir et lui demanda l'explication de cette nouvelle coutume. Le vizir répondit sans rougir : "ô maître adulé, depuis longtemps l'huile se fait rare, aussi les gens n'en usent-ils qu'avec parcimonie, ce qui est une bonne chose". Peu satisfait de cette révélation, le sultan fit secrètement appeler un sujet et lui posa la question en ajoutant que s'il lui venait à l'esprit de mentir, il aurait la tête tranchée. L'homme avoua : "ô suprême majesté aimée d'Allah, il est vrai que l'obscurité de la nuit est grande et ta lumière aveuglante mais si nous n'allumons pas nos fanaux de route pour rejoindre nos demeures c'est pour ne pas voir ce qui, à la faveur de la nuit, se passe dans ton royaume." Le sultan apprit que dans ses terres sévissaient les quarante maux du monde, mais ce qui le désola à pleurer des larmes de sang c'est que les gens qui subissaient cette déchéance préféraient ne pas la voir plutôt que de la regarder et d'agir pour la faire disparaître. Lorsqu'un royaume est pourri, ses sujets ne le sont jamais moins. Les gens sont ainsi, mon ami ; quand ils savent, ils se taisent. Ils ne parlent que pour applaudir. Quand on ne connaît pas sa situation ou qu'on refuse de la regarder, où peut-on trouver la force de la corriger ? Quand on a accepte le mensonge pour vérité, ne sommes-nous pas déjà morts ? N'est-ce pas ce qui nous arrive ?

– Le serment des barbares

La tournure d'esprit du musulman overdosé est de se croire indispensable et de plus, comptable agréé par le Créateur de ce qui vit et périt ici bas. C'est une vie énigmatique, et dangereuse pour le passant qui ne fait que passer dans la vie. A ces gens il manque un boulon et c'est dans les ossements qu'ils le cherchent. Ils regardent la vie comme un dû à la mort et en Dieu ils voient un liquidateur de comptes (P. 24)

– Le serment des barbares

Je me suis mis à écrire comme on enfile une tenue de combat.

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