livres actu Livres Actu

Accueil > Aristophane

Aristophane

Présentation de Aristophane (Wikipedia)

Aristophane (en grec ancien Ἀριστοφάνης / Aristophánês) est un poète comique grec du Ve siècle av. J.-C., né dans le dème de Cydathénéon vers 445 av. J.-C. et mort entre 385 et 375 av. J.-C.[Note 2]. Son œuvre à elle seule représente ce qui nous reste de l'Ancienne Comédie, et coïncide avec les années glorieuses d'Athènes sous l'administration de Périclès et la longue et sombre période de la Guerre du Péloponnèse. Au tournant du Ve et du IVe siècle, alors qu'Athènes voit éclore des modes de pensée nouveaux dans tous les domaines, et que les mœurs politiques et sociales se transforment ou se dégradent, Aristophane cloue au pilori par de grands éclats de rire les politiciens démagogues et va-t-en-guerre, les citoyens en proie à une « judicardite[Note 3] » aiguë, cette pernicieuse manie des procès, ou les maîtres d'incivisme et de décadence[1].

Livres de Aristophane

Citations de Aristophane (49)

Voici un cours de philosophie , mais selon Aristophane , donc ça promet !Les nuées ,SOCRATE. Veux-tu connaître nettement les choses célestes, ce qu'elles sont au juste ?STREPSIADE. Oui, par Zeus ! si elles sont.SOCRATE. Et converser avec les Nuées, nos divinités ?STREPSIADE. Assurément.SOCRATE. Assois-toi donc sur la banquette sainte.STREPSIADE. Voilà, je suis assis.SOCRATE. Maintenant prends cette couronne.STREPSIADE. A quoi bon une couronne ? Malheur à moi, Socrate ! Est-ce que vous allez me sacrifier comme Achamas ?SOCRATE. Non ; c'est tout ce que nous faisons aux initiés.STREPSIADE. Eh bien, qu'y gagnerai-je ?SOCRATE. D'être un roué en fait de langage, une cliquette, une fleur de farine. Seulement, ne bouge pas.STREPSIADE. Par Zeus ! tu ne mens pas ! Saupoudré comme je suis, je vais devenir fleur de farine.SOCRATE. Il faut que ce vieillard observe le silence et qu'il écoute la prière : "Souverain maître, Air immense, qui enveloppes la terre de toutes parts, Ether brillant, et vous, Nuées, vénérables déesses, mères du tonnerre et de la foudre, levez-vous, ô souveraines, apparaissez au penseur dans les régions supérieures !"STREPSIADE. Pas encore, pas encore ; pas avant que je me sois enveloppé de ce manteau, de peur d'être inondé. N'avoir pas pris, en sortant de chez moi, une casquette de peau de chien, quelle malchance !SOCRATE. Venez, ô Nuées vénérées, vous manifester à cet homme, soit que vous occupiez les cimes sacrées de l'Olympe, battues par les neiges, soit que dans les jardins de votre père Océan vous formiez un chœur sacré avec les Nymphes, soit que, aux bouches du Nil, vous puissiez des eaux dans des cornes d'or, que vous résidiez aux Marais Méotide ou sur le rocher neigeux du Mimas, écoutez-nous, accueillez notre sacrifice, et que nos cérémonies vous fassent plaisir.

– Nuées

BlépsidèmeQu'est-ce donc que ceci ? D'où et comment Chrémyle aurait-il pu devenir riche tout d'un coup ? (...) Mais je suis étonné que, dans son bonheur, il se souvienne de ses amis et les envoient chercher. En vérité,il ne suit pas en cela les maximes de son pays.

– Ploutos

ChrémyleD'où vient donc que les gens te fuient ?La PauvretéParce que je les rends meilleurs ; on peut s'en convaincre par l'exemple des enfants : ils évitent leurs pères qui leur veulent du bien.

– Ploutos

ChrémyleEs-tu donc marchand ?SycophanteJe fais semblant de l'être quand mes affaires le demandent.(* pour échapper à l'impôt).

– Ploutos

CarionQuoi ? Tu voudrais quitter les dieux et demeurer ici !MercureLa patrie est partout où l'on se trouve bien.

– Ploutos

CARIONà part.Par Jupiter et par tous les dieux, c'est un fâcheux métier que de servir un fou ! Si on lui donne de bons conseils, et qu'il n'ait pas dans la tête de les suivre, il faut que l'esclave en souffre. Car, quoique je sois né maître de ce corps, le sort en laisse la disposition, non pas à moi, mais à celui qui m'achète. Eh bien, soit. Mais, que j'ai sujet de me plaindre d'Apollon, avec son beau trépied d'or ! Mon maître ayant été consulter ce dieu, qui est, à ce qu'on dit, fort bon devin et grand médecin, en est revenu beaucoup plus fou qu'il n'était. De sorte que le voilà qui se laisse conduire par un aveugle et fait justement tout le contraire de ce qu'il devrait faire, car il me semble que c'est à nous, qui voyons clair, de conduire les aveugles, et mon maître le suit et me force d'en faire autant, sans me répondre le moindre mot. Mais enfin, mon maître, il n'y a plus moyen que je me taise, si tu ne me dis pourquoi il faut que nous suivions cet homme, et je m'en vais te tourmenter, car je crois que tu ne voudrais pas me battre, au moins pendant que j'aurai cette couronne sur la tête

– Ploutos

PloutosOui c'est moi et bien moi ! ChrémyleMais d'où sors-tu pour être aussi calamiteux ?PloutosMais de chez Patroclès, il se baigne si peu !ChrémyleEt ton aveuglement, dis, quelle en est la cause ?PloutosC'est à Zeus que je dois cette terrible chose.Lorsque j'étais enfant, je l'avais menacéDe n'aller au-devant que des gens policés.Alors il m'aveugla afin que mes bienfaitsNe se distribuent pas auprès des indigents,Tant il est vrai que Zeus vomit les pauvres gens

– Ploutos

Les oiseauxEVELPIDÈS, au geai.Est-ce tout droit que tu me dis d'aller, du côté où l'on voit cet arbre ?PISTHÉTÆROS, tenant une corneille.La peste te crève ! La voilà qui me croasse de revenir en arrière !EVELPIDÈS.Pourquoi, malheureux, sautillons-nous de haut en bas ? Nous nous tuons à chercher ainsi notre route de côté et d'autre.PISTHÉTÆROS.Je me suis fié, pour mon malheur, à cette corneille, qui m'a fait parcourir deux mille stades de chemin.EVELPIDÈS.Et moi je me suis fié, pour mon infortune, à ce geai, qui m'a rongé les ongles des doigts.PISTHÉTÆROS.En quel endroit de la terre sommes-nous ? je n'en sais rien.EVELPIDÈS.D'ici, retrouverais-tu ta patrie, toi ?PISTHÉTÆROS.Non, de par Zeus ! pas plus qu'Exèkestidès.EVELPIDÈS.Malheur !PISTHÉTÆROS.Allons, mon ami, suis cette route.EVELPIDÈS.Certes, il nous a joué un vilain tour, cet oiseleur du marché à la volaille, ce fou de Philokratès, en me disant que ces deux guides seuls, parmi les oiseaux, nous diraient où est Tèreus, la huppe, changé en oiseau. Il nous a vendu une obole ce geai, fils de Tharrélidès, et trois oboles cette corneille qui, l'un et l'autre, ne savent rien que mordre. Eh bien ! qu'as-tu, maintenant, à ouvrir le bec ? Est-ce que tu vas encore nous mener de façon à tomber des rochers ? Ici il n'y a pas de route.PISTHÉTÆROS.Et ici, de par Zeus ! pas le moindre sentier.EVELPIDÈS.La corneille ne dit donc rien au sujet de la route ? Pas de croassements ?PISTHÉTÆROS.Pas plus maintenant que tout à l'heure.EVELPIDÈS.Enfin, que dit-elle de la route ?PISTHÉTÆROS.Que veux-tu qu'elle dise, sinon qu'en les rongeant, elle me mangera les doigts ?

– Théâtre complet 1

Euripide« Silence, Mélissonomes, on va ouvrir le temple d'Artémis ; hé ! ne cours-tu pas soulager les travaux ? Je puis rappeler l'heureux et favorable départ de nos guerriers; hé ! ne cours-tu pas soulager les travaux ? »DionysosZeus Souverain, quelle infinité de travaux ! Je veux aller aux bains : ces travaux m'ont donné des douleurs néphrétiques.EuripideAttends ; écoute auparavant cet autre chant fixe, arrangé sur des airs de cithare.DionysosAllons, fais vite ; mais n'ajoute pas de travaux.EuripideComment ce couple de rois Achéens, qui règne sur la jeunesse hellénique... Tophlattothratto phlattothrat, envoie la Sphinx redoutable, la Chienne puissante, Phlattothratto phlattothrat, armé de la lance et d'un bras vigoureux. L'oiseau guerrier, Phlattothratto phlattothrat, livre aux chiens audacieux, qui traversent les airs, Phlattothratto phlattothrat, le parti qui incline vers Aîas, Phlattothratto phlattothrat.DionysosQu'est-ce que ce phlattothrat ? Vient-il de Marathon, ou bien as-tu recueilli les chansons d'un tireur d'eau ?EschyleMoi, j'ai ajouté de la beauté à ce qui était beau, pour ne point paraître faucher dans la prairie sacrée des Muses le même gazon que Phrynichos. Lui, il emprunte au langage des courtisanes, aux scolies de Mélétos, aux airs de flûte cariens, aux thrènes, aux airs de danse. Cela sera bientôt mis en évidence. Qu'on m'apporte une lyre ! Mais à quoi bon une lyre pour lui ? Où est la joueuse de coquilles ? Viens ici, Muse d'Euripide ; à toi revient la tâche de moduler ces vers.DionysosJamais cette Muse n'a imité les Lesbiennes, jamais.Eschyle« Alcyons, qui gazouillez sur les flots intarissables de la mer, le corps parfumé de gouttes de rosée ; et vous, araignées, qui, dans les coins, ti-ti-ti-ti-tissez avec vos doigts la trame d'une toile déliée, chef-d'œuvre de la navette harmonieuse, où le dauphin se plaît à bondir, au son de la flûte, autour des proues azurées. Oracles, stades, pampre, délice de la vigne; enlacements qui soutiennent le raisin. Entoure-moi de tes bras, ô mon enfant ! » Vois-tu quel rythme ?DionysosJe le vois.EschyleQuoi, vraiment ! Tu le vois ?DionysosJe le vois.EschyleEt, après cela, tu oses critiquer mes chants, toi qui, pour les tiens, prends modèle sur les douze postures de Cyrène. Voilà tes vers lyriques ; mais je veux encore examiner le procédé de tes monodies. « Ô noire obscurité de la Nuit, quel songe funeste m'envoies-tu du fond des ténèbres, ministre de Hadés, doué d'une âme inanimée, fils de la sombre Nuit, dont le terrible aspect fait frissonner, enveloppé d'un noir linceul, aux regards farouches, farouches, muni d'ongles allongés ?« Femmes, allumez-moi la lampe ; de vos urnes puisez la rosée des fleuves; chauffez l'eau, pour que je me purifie de ce songe divin. Ô Dieu des mers, c'est cela même. Ô mes compagnes, contemplez ces prodiges. Glyca m'a enlevé mon coq et a disparu. Nymphes des montagnes, ô Alania, arrêtez-la. Et moi, infortunée, j'étais alors tout entière à mon œuvre, ti-ti-ti-tissant de mes mains le lin qui garnissait mon fuseau, faisant un peloton, pour le porter de grand matin à l'Agora et pour le vendre. Pour lui, il s'envolait, il s'envolait dans l'air, sur les pointes rapides de ses ailes. Et à moi il ne m'a laissé que les douleurs, les douleurs, et les larmes, les larmes coulant, coulant de mes yeux. Infortunée ! Allons, Crètois, fils de l'Ida, prenez vos flèches, venez à mon aide, donnez l'essor à vos pieds, investissez la maison. Toi, Dictynna, déesse virginale, belle Artémis, parcours, avec tes chiens, la demeure entière. Et toi, fille de Zeus, Hécate, prends deux torches dans tes mains agiles, et éclaire-moi jusque chez Glyca, afin que j'y découvre son larcin. »DionysosLaissez là les chants.EschyleJ'en ai moi-même assez. Je veux maintenant le mettre en face de la balance, qui, seule, fera connaître la valeur de notre poésie et déterminera le poids de nos expressions.DionysosApprochez donc, puisque je dois apprécier le génie des deux poètes en marchand de fromage.

– Théâtre complet 1

L'assemblée des femmes :Quatrième femmes : Moi, d'abord, j'ai rendu mes aisselles plus hérissées qu'un taillis, comme c'était convenu. Quand mon mari me quittait pour aller à l'Agora, je me frottais d'huile tout le corps, en plein air, et je m'exposais debout au soleilCinquième femme : Moi, de même : j'ai commencé par jeter le rasoir hors de la maison, afin de devenir toute velue et de ne plus ressembler en rien à une femme.Praxagara : Avez-vous les barbes que je vous ai recommandé à toutes d'avoir pour notre assemblée ?

– Théâtre complet 1

Les oiseaux :Pisthétère : Celle d'une cité où, en me rencontrant, le père d'un joli garçon me dise d'un ton de reproche, comme offensé par moi : "Vraiment, Stilbonide, en voilà une belle conduite ! Tu rencontres mon fils revenant du bain et du gymnase, et pas un baiser, pas une parole, pas une caresse, pas un attouchement de toi, l'ami du père !"

– Théâtre complet 1

C'est terrible d'être né avec le caractère tellement difficile, qu'on se met tout de suite à jeter des pierres et à pousser des cris, sans vouloir entendre un mot d'explication.

– Théâtre complet 1

L'assemblée des femmes :Première vieille : Je vais te le dire : « Les femmes ont décrété que, si un jeune homme convoite une jeune fille, il ne pourra jouir d'elle avant d'avoir commencé par faire la chose avec une vieille ; et, s'il ne veut pas d'abord prendre ce plaisir, et s'il convoite la jeune fille, les vieilles femmes auront le droit de le prendre et de le traîner par l'endroit sensible. »

– Théâtre complet 1

962 - 985LE JUSTE. Je dirai donc l'ancienne éducation, en quoi elle consistait, lorsque florissait mon enseignement de la justice et que la prudence était en honneur. D'abord il ne fallait pas entendre un enfant souffler mot; puis ils s'avançaient en bon ordre dans les rues vers l'école du maître de musique, les cheveux longs, nus, serrés, la neige tombât-elle comme d'un tamis. Là ils apprenaient, les cuisses écartées, à chanter : "Pallas redoutable destructrice des villes" ou : "Cri retentissant au loin"; soutenant l'harmonie que leurs pères leur avaient enseignée. Si quelqu'un d'eux faisait quelque bouffonnerie ou donnait à sa voix une inflexion mélodique comme celles que les élèves de Phrynis modulent à l'opposé de la mélodie, il était châtié, roué de coups, comme insultant aux Muses. Dans la palestre, les enfants s'asseyaient les jambes allongées, de manière à ne faire voir aux voisins rien d'indécent. Aussitôt qu'ils s'étaient remis debout, ils essuyaient la place, et veillaient à ne laisser aux amants aucune empreinte de leur sexe. Pas un enfant ne se frottait d'huile au-dessous du nombril ; et le milieu de leur corps florissait de rosée et de duvet comme les fruits. Nul d'entre eux, donnant à sa voix une mollesse toute féminine, ne s'avançait vers un amant, en l'attirant des yeux. Nul, au repas, ne se fût permis de prendre une tête de raifort ; nul de s'emparer de l'anèthon réservé aux vieillards ou du persil ; nul de manger du poisson ou des grives, nul d'avoir les pieds croisés.Les nuées du génial et infiniment drôle Aristophane QUE vous devez lire absolument ..

– Théâtre complet 1

550 - 591PISTHÉTÈRE. Et d'abord mon avis est qu'il y ait une ville des oiseaux, et que tout l'espace circulaire et intermédiaire soit clos de grosses briques cuites comme à Babylone.LA HUPPE. O Cébryon ! ô Porphyrion ! quel redoutable rempart !PISTHÉTÈRE. Ensuite, quand le mur sera élevé, on redemandera l'empire à Zeus; et, s'il dit qu'il ne veut pas, s'jl ne revient pas tout de suite sur sa décision, il faut lui déclarer la guerre sainte et défendre aux dieux de traverser, en vrais libertins, votre domaine, pour descendre coucher avec des Alcmène, des Alopé, des Sémélé : s'ils y viennent, mettez le scellé sur leurs instruments de plaisir, afin qu'ils n'en aient plus la jouissance. Pour les hommes, je vous engage à leur dépêcher un autre oiseau, qui leur enjoigne de la part des oiseaux, rois du monde, de sacrifier désormais aux oiseaux et ensuite aux dieux, puis d'adjoindre convenablement à chaque divinité l'oiseau qui aura le plus de rapport avec elle. Sacrifie-t-on à Aphrodite, il faut offrir du froment à la piette. Si on offre une brebis à Poseidon, il faut donner du froment au canard. Si l'on sacrifie à Hèraclés, il faut sacrifier à la mouette des gâteaux miellés. Si l'on immole un bélier à Zeus, roi des dieux, le roitelet, en sa qualité de roi des oiseaux, devra recevoir, avant Zeus même, le sacrifice d'un moucheron mâle.EUELPIDE. Je suis ravi de ce sacrifice d'un moucheron, Qu'il tonne maintenant, le pauvre Zeus !LA HUPPE. Mais comment les hommes nous prendront-ils pour des dieux, et non pour des geais, nous qui volons et qui avons des ailes ?PISTHÉTÈRE. Tu extravagues. Hé ! de par Zeus ! Hermès, tout dieu qu'il est, vole et porte des ailes, ainsi qu'un grand nombre d'autres dieux. Et d'abord la Victoire prend son vol avec des ailes d'or; et, de par Zeus ! l'Amour en fait autant. Et Homère prétend qu'Iris ressemble à une timide colombe.Les oiseaux d'Aristophane

– Théâtre complet 1

L'assemblée des femmes :Praxagara : Voyons donc, toi, attache ta barbe, et, tout de suite, deviens homme. Moi, je vais mettre des couronnes et m'attacher une barbe comme vous, pour le cas où je voudrais parler.

– Théâtre complet 1

Première femme : J'ai entendu, en me chaussant, le frôlement de tes doigts ; je ne dormais pas. Mon mari, ma chère, un marin de Salamine, m'a tournée et retournée toute la nuit entre les draps, et c'est tout à l'heure que j'ai pu prendre ses habits

– Théâtre complet 1

TRIGÉE : Montre-toi tout entière comme une honnête femme, à nous tes amants qui languissons après toi voilà déjà treize ans. Arrête tes batailles et tumultes pour que nous puissions te donner le surnom de Lysimaque*. Fais cesser parmi nous les malins sous-entendus de ces bavardages où nous nous faisons un mal réciproque. Mêle de nouveau au sang des Grecs le suc de l'amitié ; adoucis notre caractère en le délayant de mutuelle indulgence. (* N. B. : c'est-à-dire " qui met fin aux batailles ")LA PAIX.

– Comédies. Tome II: Les Guêpes - La Paix

LE SERVITEUR : Sacrée charogne ! Nourrir un chien pareil !BDÉLYCLÉON : Qu'y a-t-il, s'il te plaît ?LE SERVITEUR : Voilà-t-il pas que Labès, votre chien, vient de faire un bond à travers la cuisine, en emportant un fromage frais de Sicile dont il a la gueule pleine !BDÉLYCLÉON : Bon, voilà le premier délit qu'il me faut porter devant mon père. C'est à toi de représenter l'accusation.LE SERVITEUR : Non, ma parole, ce n'est pas à moi ; c'est l'autre chien qui déclare se porter comme accusateur, en cas de poursuites.[...]BDÉLYCLÉON : S'il y a des juges à la porte, qu'ils entrent. Quand les plaidoiries auront commencé, nous ne laisserons plus entrer.PHILOCLÉON : Quel est donc l'accusé ?BDÉLYCLÉON : Le voici.PHILOCLÉON : Il peut s'attendre à une belle condamnation.BDÉLYCLÉON : Maintenant silence ! Je lis l'acte d'accusation : plainte a été déposée par le sieur Le Chien, natif de Cydathénée, contre Labès d'Aixoné, pour ce que ledit Labès aurait dévoré à lui seul un fromage de Sicile. On demande la peine du carcan de figuier.PHILOCLÉON : Il doit mourir comme un chien plutôt, une fois qu'on l'aura reconnu coupable.BDÉLYCLÉON : Voici ledit Labès au banc des accusés.PHILOCLÉON : Quel misérable ! Tout à fait la tête d'un voleur ! Il pense m'en imposer en serrant les dents de cette façon. Mais où se trouve le plaignant, le sieur Le Chien, de Cydathénée ?LE CHIEN : Ouah, ouah !BDÉLYCLÉON : Le voici.PHILOCLÉON : C'est un second Labès.BDÉLYCLÉON : Pour ce qui est de bien aboyer.PHILOCLÉON : Et de lécher à fond les marmites.BDÉLYCLÉON : Silence ! assis ! (Au chien.) Vous, montez à ce banc ! Commencez l'accusation.[...]LE CHIEN : Vous avez entendu, Messieurs les Juges, la plainte que j'ai déposé contre cet individu. Il a commis le crime le plus odieux contre ma personne et contre toute la " flotte ". Il s'est carapaté dans un coin, en " sicilisant " un gros fromage, et s'en est rempli le ventre dans l'ombre...PHILOCLÉON : Parbleu, c'est clair. Le grossier personnage, entendez-vous, vient de me lâcher en pleine figure un rot qui empeste le fromage. LES GUÊPES.

– Comédies. Tome II: Les Guêpes - La Paix

TRYGÉE : Toutes les villes, débarrassées de leurs misères, offriront partout des victimes à Hermès-de-Bon-Secours. Et je ne parle pas d'une quantité d'autres bénéfices. D'abord, je te fais cadeau de cette coupe à libations.HERMÈS : Ah ! je me suis toujours laissé attendrir par les objets en or.LA PAIX.

– Comédies. Tome II: Les Guêpes - La Paix

TRYGÉE : Tiens, voilà quelqu'un qui s'amène avec une couronne de lauriers sur la tête.LE SERVITEUR : Qui ça peut-il être ?TRYGÉE : Il a une tête de charlatan.LE SERVITEUR : Un devin peut-être ?(LA PAIX.)

– Comédies. Tome II: Les Guêpes - La Paix

PHILOCLÉON : Tu vois les avantages dont tu voulais me priver et me frustrer, et dont tu prétendais prouver que ce n'était qu'esclavage et domesticité.BDÉLYCLÉON : Paye-toi de mots ; ça cassera bien un jour ce splendide trône ; il faudra bien que l'on constate que tu n'es qu'un cul plein de crotte.

– Les Guêpes

PHILOCLÉON : Pitié ! sauve aujourd'hui ton voisin, et je promets de ne plus pisser en lâchant des pets contre ta palissade.

– Les Guêpes

BDÉLYCLÉON : Écoute-moi donc, cher papa, mais veuille te dérider un peu. Et d'abord, fais cet élémentaire calcul qui consiste à compter sur tes doigts, sans cailloux, le total des contributions versées par les villes alliées. D'un autre côté, pour l'ajouter, fais le total des impôts, des centièmes qui se multiplient, des frais de justice, des mines, des droits de marché, des douanes, des taxes locatives, des ventes judiciaires. Cela nous donne un total général approximatif de deux mille talents. Maintenant, veuille, sur ces recettes, prélever la somme pour laquelle les six mille juges — pour le pays je ne suis pas au-dessous du compte — émargent annuellement au budget : cette somme, si je ne me trompe, monte à cent cinquante talents.PHILOCLÉON : Mais alors, il ne nous revient pas même le dixième des recettes ?BDÉLYCLÉON : Parbleu, pas le dixième bien sûr.PHILOCLÉON : Et le reste de l'argent, où passe-t-il donc alors ?BDÉLYCLÉON : À ceux qui crient : " Je ne trahirai pas la foule qui s'agite dans Athènes, mais toujours je combattrai pour le populaire. " Et toi, mon père, ce sont ces gens que tu choisis pour maîtres, parce qu'ils t'en imposent en faisant de belles phrases. [...] Les cités alliées, voyant que le populo n'a rien à se mettre sous la dent que les miettes du gâteau qui se trouve au fond du panier, te comptent pour zéro, comme on fait de la voix de Connos, tandis qu'elles leur apportent aux autres des conserves, du vin, des tapis, des fromages, du miel, du sésame, des coussins, des coupes, des manteaux, des couronnes, des colliers, des vases, la richesse et la bonne santé. Mais de tous ceux que tu commandes, après avoir tant battu les mers et les terres, pas un seul ne te fait seulement cadeau d'une tête d'ail pour mettre avec tes petits poissons.

– Les Guêpes

BDÉLYCLÉON : Alors que tu pourrais devenir riche, et tout le monde avec toi, tu te laisses rouler, savoir comment, par des démagogues de carrière ; oui, toi, qui règnes sur quantité de villes depuis le Pont jusqu'à la Sardaigne, et qui n'en retires rien que de misérables honoraires. Et encore, ils te les distillent petit à petit, au compte-gouttes comme de l'huile, juste pour t'empêcher de mourir de faim. Ils veulent que tu restes pauvre, et je vais te dire pourquoi : celui qui t'a dressé veut t'avoir bien en main ; il veut, quand il siffle pour t'exciter contre un ennemi, que tu te jettes dessus comme un chien féroce. Il leur serait facile, s'ils le voulaient, d'assurer le bien-être au peuple. Nous avons actuellement un millier de villes qui nous payent l'impôt. Si chacune d'elles était obligée de nourrir vingt bouches, vingt mille de nos compatriotes mèneraient une vie où ne manqueraient ni les pâtés de lièvre, ni les couronnes de toutes sortes, ni le lait le plus pur, ni les fromages à la crème ; vous jouiriez de délices dignes de notre patrie et des trophées de Marathon. Mais, pareils aux journaliers occupés à la récolte des olives, vous marchez sur les talons de celui qui tient la paye.

– Les Guêpes

SECOND SERVITEUR : Le plus avantageux pour nous en la circonstance serait donc d'aller nous mettre à genoux devant la statue d'un dieux.PREMIER SERVITEUR : La statue d'un dieu ? Tu plaisantes. Tu crois donc réellement aux dieux ?SECOND SERVITEUR : Moi ? Bien sûr.PREMIER SERVITEUR : Et quelles sont tes raisons d'y croire ?SECOND SERVITEUR : C'est que les dieux me détestent. N'est-ce pas un argument logique ?(Les Cavaliers).

– Théâtre complet

STREPSIADE : ... Mais au fait qu'ont-ils à regarder la terre ?DISCIPLE : Ils scrutent, tels que tu les vois, le monde souterrain.STREPSIADE : Des oignons, qu'ils cherchent, à ce que je vois ! (Il les apostrophe.) Ne vous mettez donc pas en peine de cela ; je sais, moi, où il y en a de grands et de beaux. Que font donc ceux-ci penchés à terre ?DISCIPLE : Ceux-là sondent les ténèbres de l'Erèbe dans les profondeurs du Tartare.STREPSIADE : Qu'ont leur derrière à regarder le ciel ?DISCIPLE : Il fait de l'astronomie pour son propre compte.(Les Nuées).

– Théâtre complet

Si tu fais ce que je te dis là, tu auras toujours une poitrine solide, le teint clair, les épaules larges, la langue courte, la fesse grosse, la verge minuscule. mais si tu vis à la mode du jour, tu auras d'abord le teint pâle, les épaules étroites, la poitrine étriquée, la langue longue, la fesse petite, la verge grande, la proposition de décrets prolixe, et il te faudra trouver honnête tout ce qui est honteux, honteux tout ce qui est honnête, et par-dessus le marché il te souillera du vice infâme d'Antimachos.(les Nuées)

– Théâtre complet

L'AMBASSADEUR :Car, pour les Barbares, on est un homme qu'à condition d'être un fort mangeur et un fort buveur.DICEOPOLIS : Chez nous, ce sont les prostitués et les invertis.(Les Acharniens).

– Théâtre complet

Le Grand Roi lui-même, en questionnant l'ambassade lacédémonienne, après lui avoir demandé quelle était la puissance maritime la plus forte, lui demanda quel était le peuple qu'Aristophane accablait de ses traits. Il ajouta que c'était à n'en pas douter de beaucoup le plus fort, et qu'il y avait beaucoup à parier qu'il gagnerait la guerre avec l'appui d'un tel conseiller.(les Acharniens)

– Théâtre complet

LE RAISONNEMENT JUSTE : Mais quoi ? Si, pour t'avoir écouté, il se fait enfoncer une rave dans le derrière, et épiler à la cendre chaude, aura-t-il quelque argument pour démontrer qu'il n'est pas un cul-béant ?LE RAISONNEMENT INJUSTE : Et s'il est cul-béant, en quoi celui lui nuirait-il ?LE RAISONNEMENT JUSTE : Dis plutôt : que pourrait-il lui arriver de plus fâcheux ?LE RAISONNEMENT INJUSTE : Que diras-tu, si je te bas sur ce point-là ?LE RAISONNEMENT JUSTE: Je me tairais. Que faire d'autre ?LE RAISONNMENT INJUSTE : Eh bien, dis-moi, les avocats, où les recrute-t-on ?LE RAISONNEMENT JUSTE: Parmi les culs-béants.LE RAISONNEMENT INJUSTE : D'accord. Et les acteurs tragiques, où ?LE RAISONNEMENT JUSTE: Parmi les culs-béants.LE RAISONNEMENT INJUSTE : Bien parlé. Et nos démagogues ?LE RAISONNEMENT JUSTE: Parmi les culs-béants.LE RAISONNEMENT INJUSTE : Te rends-tu comptes que tu ne dis rien qui vaille ? Et parmi les spectateurs, lesquels sont les plus nombreux ? Regarde.LE RAISONNEMENT JUSTE: ça y est, je regarde.LE RAISONNEMENT INJUSTE : Que vois-tu donc ?LE RAISONNEMENT JUSTE : Les plus nombreux, par les dieux, ce sont les culs-béants. EN voilà un, je le sais, et en voilà un autre là-bas, et cet autre à la belle chevelure.LE RAISONNEMENT INJUSTE : Qu'as-tu à répliquer ?LE RAISONNEMENT JUSTE : Nous sommes battus, ô débauché. Au nom des dieux recevez mon manteau, pour que je passe dans vos rangs.(Les Nuées)

– Théâtre complet

Autrefois les délégués des villes, pour vous duper, commençaient par vous appliquer cette appellation d'Athéniens-couronnés-de-violettes. Sitôt qu'on vous avait ainsi nommés, vous vous redressiez de satisfaction sur le bout des fesses. Il vous suffisait que l'un vous cajole en ajoutant le qualificatif "brillant" à celui de votre ville pour obtenir ce qu'il voulait en vous honorant de cette épithète bonne pour les sardines.(les Acharniens)

– Théâtre complet

DICEOPOLIS : Tu vas sans doute acheter pour les emporter des anchois de Phalère ou de la poterie ?LE THEBAIN : Des anchois ou de la poterie ? Mais nous en avons chez nous. Je veux des choses que nous n'avons point chez nous, et que vous avez ici par tas.DICEOPOLIS : Ah ! bien ; je vois cela d'ici. Prends un sycophante, et emballe-le comme un pot pour l'emporter.(Les Acharniens).

– Théâtre complet

Pourquoi diante le vieux ne se montre-t-il pas au-devant de sa porte et ne répond-il pas ? Aurait-il par hasard égaré ses souliers ? A-t-il dans la nuit noire cogné je ne sais où son cor au pied ? ou bien est-ce un accès de goutte, le pauvre vieux ? ou bien une hernie peut-être ? De nous tous, c'était pourtant lui le plus coriace, et de loin ! intraitable comme pas un pour ceux qui venaient l'implorer. Oui, le regard cloué au sol - comme ça ! - il leur répétait : Tu auras plus tôt fait d'attendrir un caillou !

– Théâtre complet

CHRÉMYLE.Ô Phébus Apollon ! Dieux et Génies ! Ô Jupiter ? Quoi ! tu serais Plutus ?PLUTUS.Oui.CHRÉMYLE.Lui-même ?PLUTUS.Lui, en personne.CHRÉMYLE.Hé ! d'où sors-tu donc si mal vêtu ?PLUTUS.Je viens de chez Patrocle, qui ne s'est jamais baigné depuis qu'il est au monde.CHRÉMYLE.Mais, je te prie, comment es-tu devenu aveugle ?PLUTUS.C'est un présent que m'a fait Jupiter par jalousie pour les hommes. Car, lorsque j'étais fort jeune, je le menaçai de n'aller que chez les gens de bien, et il me rendit aveugle afin que je ne pusse plus les reconnaître, tant il porte d'envie à tous ceux qui ont de la vertu !CHRÉMYLE.Ce n'est pourtant que par les gens vertueux et honnêtes qu'il est honoré.(Plutus)

– Théâtre complet

Où l’on est bien, là est la patrie.

L'un sème, l'autre récolte.

A l'oeuvre on connaît l'ouvrier.

Il n'y a pas de moyen pour polir le hérisson.

On ne peut apprendre au crabe à marcher droit.

De leurs ennemis les sages apprennent bien des choses.

Nous payons cher une expérience que nous pourrions trouver à bon marché chez le voisin.

L'homme est un être toujours et en tout essentiellement trompeur.

Pour se procurer de l'argent, rien de plus ingénieux qu'une femme.

Le gouvernement populaire n'appartient pas aux hommes instruits ou de moeurs irréprochables, mais aux ignorants.

Il n'est rien de pire dans le monde qu'une femme, si ce n'est une autre femme.

Il faut être rameur avant de tenir le gouvernail, avoir gardé la proue et observé les vents avant de gouverner soi-même le navire.

La satire contre les méchants n'a rien d'odieux ; elle est, aux yeux de tout homme sage, un hommage à la vertu.

Pour les petits enfants, l'éducation, c'est le maître d'école ; pour les jeunes gens, c'est le poète.

< Voir moins de citations
Voir plus de citations >

Commentaires

Connexion




S'inscrire

Inscription à Livres Actu




Se connecter