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Andrea G. Pinketts

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Le Sens De La Formule (1998)

De Andrea G. Pinketts chez Rivages
(1 vote, note moyenne : 5.0)

Traduit de l'italien par Gérard Lecas, collection dirigée par François Guérif.

Paru le 06-02-1998 - 340 pages - 17 x 11 x 2 cm - 235 g - ISBN 10 : 2743603097 - ISBN 13 : 9782743603090

Collection : Rivages/Noir

Tags : récits, roman, fiction, roman noir, romans policiers et polars, quête, milan, détective, auteur italien, littérature italienne.

Citations de Le Sens De La Formule (10)

Chaque jour, on découvre quelque chose. Il s'agit souvent de révélations désagréables, comme une trahison ou même une simple réalité. D'autres découvertes se révèlent utiles, tels le téléphone ou la pénicilline. Parfois, rarement, on découvre des coupables. Mais les trahisons, la pénicilline et les coupables, une fois mis en évidence, accèdent au rang de certitudes. La belle trouvaille ! Il existe d'autres types de découvertes. Non divulguées. Il y a ceux qui s'aperçoivent qu'ils possèdent le sens de la formule, ceux qui détectent la conscience du séant et enfin il y a ceux qui découvrent la « Blessure d'automne ». La différence entre ces trois dernières « découvertes » et les précédentes réside dans le fait qu'avec les trahisons, la pénicilline, les coupables, il est impossible de plaisanter. Une trouvaille comme le sens de la formule, la conscience du séant ou bien la « Blessure d'automne » se doit d'être prise à la légère. Pour ne pas en mourir.

Je ne sais pas skier, je ne joue pas au tennis, je nage couci-couça mais j'ai le "sens de la formule". Le sens de la formule est Privilège, car le moindre mensonge de celui qui le possède est, sinon pris au pied de la lettre, du moins apprécié. Dans l'hypothèse où l'on se décide à émettre une vérité vraie, celle qui sent mauvais parce qu'aucun euphémisme n'est venu la décrasser, la sale vérité qu'on ne peut retoucher ni embellir par la chirurgie esthétique des souvenirs, la vérité poilue, la vérité en rut, cette vérité aura dans la bouche de celui qui manie le sens de la formule l'aspect un peu pute mais aussi toute l'envergure d'une belle mystification.

Ma mère n'était pas ma mère : c'était la mamma. Dans les moments difficiles, il m'arrivait de la détester. Dans les bons moments, je l'aimais. Dans les moments normaux, quand je n'étais pas là, je l'oubliais. Comme tout le monde.

Je faisais mon possible pour résoudre le problème des immigrés, en achetant au moins une douzaine de briquets Bic par jour. Je les achetais un par un, à des vendeurs différents. Il faut que l'argent tourne. Ils se rassemblaient en petits groupes, vers l'heure du repas, autour des bancs dans les jardins publics. Pas beaucoup de verdure mais beaucoup de noir. Tandis que les gens ordinaires, mes ennemis jurés, s'asseyaient à table, ou mangeaient un sandwich au bar à côté du bureau, les Africains consommaient en plein air le rite du repas, en cherchant à oublier le froid qui arrivait avec l'hiver. Ils étaient assistés par des bouteilles de bière grand modèle, acquises dans des supermarchés où on ne les accueillait qu'avec méfiance. Ils me plaisaient peut-être à cause de cette passion commune pour la bière.

Elle me connaissait mieux que quiconque mais moins bien que les autres patients. Elle détenait la vérité. La vérité apprivoisée par la sympathie et par le sens de la formule. Avec elle, j'étais sincère à propos des grandes valeurs absolues, mais pas vraiment en ce qui concernait les petites choses inesthétiques qui composent notre vie quotidienne. J'en omettais certaines. Pour lui rester sympathique.

La vie était un gâteau. Et quel est le destin d'un gâteau, sinon d'être dévoré ?

L'oisiveté m'avait pourtant apporté un don : la conscience du séant. Jusqu'alors, depuis vingt-neuf années d'aventures, j'avais vécu dans l'inconscience du séant. Pour moi, le postérieur était toujours celui des autres, une protubérance qui venait souligner (ô combien) des silhouettes féminines. Je n'avais jamais pris en considération mon propre postérieur. La phase en pied de mon existence s'était écoulée au milieu des tempêtes, de l'autodestruction et de l'inconscience du séant. Chaque fois que je m'asseyais, j'ignorais la partie de moi-même, vulgairement les fesses, qui s'appuyait sur quelque chose.

Le terme « siphonner » est polyvalent, mais en vérité il est bien seul et désarmé face aux mots qu'il remplace, lesquels pourraient bien un jour s'entendre pour, d'un « coup de théâtre », retourner la situation en leur faveur et se siphonner le siphonné.

Le sens de la formule est le sexe de la phrase, le son et le sens même de la phrase. Le sens de la formule baptise le discours, le porte à l'extrême et même s'il le souille d'obscénités, il le sublime pourtant jusqu'à en faire un absolu. Le sens de la formule est le point d'achèvement du concept exprimé alors que les mots n'ont pas encore quitté le ventre maternel. C'est le point de non-retour. Point à la ligne. Point d'exclamation, mais surtout 666 points d'exclamation.

Le sens de la formule est Privilège, car le moindre mensonge de celui qui le possède est, sinon pris au pied de la lettre, du moins apprécié. Dans l'hypothèse où l'on se décide à émettre une vérité vraie, celle qui sent mauvais parce que aucun euphémisme n'est venu la décrasser, la sale vérité qu'on ne peut retoucher ni embellir par la chirurgie esthétique des souvenirs, la vérité poilue, la vérité en rut, cette vérité aura dans la bouche de celui qui manie le sens de la formule l'aspect un peu pute mais aussi toute l'envergure d'une belle mystification.

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Critiques de Le Sens De La Formule : avis de lecteurs (1)


  • Critique de Le Sens De La Formule par andiston (Babelio)

    J ai adoré cet univers étrange.

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    Par andiston - publiée le 19/05/2013

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