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André Brink

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Les imaginations du sable (1997)

De André Brink chez Le Livre De Poche
(5 votes, note moyenne : 4.6)

Kristien s'était juré de ne plus revenir dans son pays, l'Afrique du Sud, révoltée par l'apartheid comme par la frilosité des progressistes. Durant dix ans, elle a vécu sur un autre continent une vie librement choisie de femme moderne. Il faut l'appel d'Ouma, sa grand-mère, grièvement blessée dans un attentat, pour la convaincre de revenir.Ouma entreprend de lui conter la vie des neuf générations de femmes qui les ont précédées. Neuf générations de rebelles, qui tissent les mille et une nuits de l'Afrique du Sud. De Kamma, changée en arbre, à Lottie, disparue à la recherche de son ombre, de Samuel, qui étrangla son mari dans ses cheveux, à Rachel, enfermée dans une cave, peintre de fresques scandaleuses et ineffaçables, ces destinées prises entre légende et histoire incarnent l'insoumission des femmes à la brutalité coloniale et raciste.Leur héritage ? Un imaginaire commun à tous, Blancs et Noirs, enraciné dans le même amour de la terre africaine.

Paru le 01-10-1997 - Format : Poche - 505 pages - 18 x 11 x 2 cm - 260 g - ISBN 10 : 2253142670 - ISBN 13 : 9782253142676

Collection : Livre De Poche Sf

Tags : récit initiatique, littérature, roman, roman d'amour, histoire, magie, mystique, attentats, légendes, force, littérature sud-africaine, contes, secrets, transmission, generations, apartheid, amour, famille, afrique du sud, afrique.

Citations de Les imaginations du sable (7)

Si l'optimisme était une maladie, Abel serait en soins intensifs.

C'est ici que je veux être, que j'ai eu besoin d'être, depuis si longtemps. Pleurer - pas de façon hystérique, mais dans un flot régulier et incontrôlable. Je m'accroche à lui comme si je me noyais, enveloppée par son corps immense et bon, encouragée par sa voix, et ses mains caressant mes cheveux. Je pleure pour Ouma Kristina, pour mes défunts parents, pour toutes les femmes derrière et autour de moi, ressuscitées dans les histoires d'Ouma et acceptées maintenant comme une part de moi-même; je pleure pour mon enfant mort et pour les amants que j'ai perdus, pour Michael; je pleure pour Anna et ses souffrances, pour Lenie avec son soutien-gorge neuf et la joyeuse ignorance de la petite Nannie; je pleure pour Sandile et pour Nizopho et tous ceux qui sont comme eux; je pleure pour les enfants qui ont mis le feu à cet endroit, pour Jacob Bonthuys dans la cave parmi les étoiles, pour Langenhoven et la jeune fille qui vivait avec le monstre Brolloks et pour Loeloeraai, pour Trui et sa famille; je pleure pour les vivants et les morts, pour le gâchis que nous avons fait de ce pays, pour l'incommensurable tristesse du monde, pour les oiseaux qui sont partis, pour le sang répandu des femmes au coeurs des âges, je pleure, je pleure.

Ma mémoire. Tu as raison, j'ai une mémoire stupéfiante. Parfois je me surprends moi-même. Je peux me souvenir de choses qui n'ont jamais eu lieu.

- Salani kahle, dit Thando. Portez-vous bien. Je lui demande, intriguée : Pourquoi me vouvoies-tu ?- Parce que tu n'es pas seule. Tu as tes fantômes avec toi.

Après le déjeuner, alors que nous sortons par les portes de verre, un vieil homme quitte le bar, à petits pas comptés, en faisant tout son possible pour qu'on ne voie pas qu'il est soûl. En même temps, au prix de grands efforts, il met son chapeau; mais à l'envers. Du comptoir, le barman, sérieux comme un pape, crie : "Oom Lamie, tu as mis ton chapeau à l'envers !"Le vieil homme s'arrête, vacille, se retourne et répond avec une grande dignité : "Comment sais-tu dans quelle direction je vais ?" Et il sort.

Sandile était une source d'émerveillement constant. Il pouvait se montrer infiniment attentif; mais quand il y avait du travail à faire, rien, pas même mes tentatives les plus provocantes, ne pouvait le distraire. Il était dévoué, passionné. Il aimait mes pieds. Il était gaucher, comme moi. Il était poète, en secret. Il était brillant. Il était, surtout, marié.

C'était un vieil homme merveilleux. J'ai toujours pensé qu'il ressemblait à un prophète de l'Ancien Testament. Sa famille était venue de Lituanie en Afrique du Sud, en survivant aux pires épreuves. Il avait coutume de dire que deux choses l'avaient aidé. Le rire et les histoires. Avec eux, affirmait-il, rien ne peut tuer ton esprit. Dans le Talmud, on dit que Dieu a créé les hommes pour qu'ils lui racontent des histoires, me confiait-il; mais ensuite, ils l'ont malheureusement oublié, ils ont oublié qu'au début, ils n'étaient eux-mêmes que des histoires racontées par Dieu. Et depuis lors, si l'on devait croire le vieux Moishe, les hommes et les femmes se racontaient des histoires. Pour combler le vide puisque le Grand Conteur s'était endormi. Il était merveilleusement intarissable sur sa propre existence qui, chaque fois, devenait différente. Pour lui, la vie était une longue fête. Il me racontait comment, quand il était enfant et pauvre comme Job, il gagnait de l'argent en pleurant aux enterrements. Pour une prestation de pure forme, on le payait un shilling, et pour des sanglots bruyants il en gagnait cinq. S'il pleurait de façon inconsolable au point de dégringoler dans la tombe, ça pouvait monter jusqu'à une livre. Inutile de dire qu'il finissait invariablement dans la fosse d'où on devait le tirer. C'est ce qui l'avait mis sur le chemin de la prospérité. Pas étonnant que le vieux Moishe, avec ses histoires et ses livres, même s'il ne venait que deux fois par an, m'ait sauvé de la solitude.

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Critiques de Les imaginations du sable : avis de lecteurs (5)


  • Critique de Les imaginations du sable par Croquignolle (Babelio)

    J'ai fait ce voyage en Afrique du Sud aux côtés d'André Brink il y a plusieurs semaines déjà et pourtant les souvenirs de cette terre lointaine ne s'estompent pas. Ce récit initiatique, sur les pas de...

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    Par Croquignolle - publiée le 11/07/2018

  • Critique de Les imaginations du sable par tolbiac (Babelio)

    Va falloir de l'imagination sans tomber dans les sables... Mouvant... Comment raconter un tel ouvrage ? On est peu de temps avant l'élection de Mandela, auprès d'une femme qui renoue avec ses racine...

    Lire la critique complète >
    Par tolbiac - publiée le 15/05/2013

  • Critique de Les imaginations du sable par Gerard Müller (Amazon)

    Les Imaginations du Sable/André Brink Kristien Müller, la narratrice, installée à Londres depuis une dizaine années doit rentrer au pays, l’Afrique du Sud, car Ouma sa grand-mère avec qui elle a toujours eu ...

    Lire la critique complète >
    Par Gerard Müller - publiée le 23/02/2017

  • Critique de Les imaginations du sable par Catherine (Amazon)

    Kristien a quitté dès qu'elle a pu l'Afrique du Sud, où elle est rappelée au chevet de sa grand-mère Ouma, avec qui elle a toujours eu une relation toute particulière. Par la voix d'Ouma, nous suivons le destin...

    Lire la critique complète >
    Par Catherine - publiée le 25/02/2009

  • Critique de Les imaginations du sable par SILVAMARIE (Amazon)

    De retour dans son pays qu elle a cherché à fuir pour plusieurs raisons, elle apprend à aimer l afrique du sud au travers de l histoire de ses encetres femmes que lui raconte sa grand mere qui l a rappelle avan...

    Lire la critique complète >
    Par SILVAMARIE - publiée le 10/04/2011

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