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Amos Oz

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Amos Klausner est né à Jérusalem en 1939 de parents immigrants juifs d’Europe de l’Est. Sa famille s’inscrit dans le mouvement sioniste et garde une certaine distance par rapport à la religion qu’elle trouve trop irrationnelle. À 15 ans, il adopte le... Plus >

Seule la mer (2002)

De Amos Oz chez Gallimard
(7 votes, note moyenne : 3.6)

Albert Danon est seul. Sa femme Nadia vient de mourir d'un cancer, et son fils Rico est parti au Tibet. Bettine, une vieille amie, veuve elle aussi, s'inquiète pour Albert. Surtout lorsque Dita, la petite amie de Rico, emménage chez lui. Un certain Doubi Dombrov veut produire le scénario de Dita, mais il veut surtout Dita. Qui couche avec Guigui, en pensant à Albert, ou à Rico. Qui pense à sa mère, et ne veut pas rentrer du Tibet.Un chassé-croisé de voix et d'histoires que le narrateur, affranchi de toute contrainte formelle, tisse, tout en nous parlant de lui, en un poème bouleversant qui se lit comme un roman - ou est-ce un roman qui se lit comme un poème ? - pour serrer au plus près la quintessence de nos vies, le désir, la nostalgie d'un bonheur perdu, la mort qui nous cueille.Seule la mer fut acclamé lors de sa publication en Israël, mais aussi en Italie, en Angleterre et aux États-Unis comme une œuvre maîtresse, un livre inclassable d'une beauté sauvage, en un mot, comme un livre inoubliable.
Roman qui se présente comme une succession de poèmes en prose, Seule la mer parvient à exprimer la quintessence de l'existence humaine.

Paru le 24-04-2002 - Format : Broché - 208 pages - 21 x 15 x 1 cm - 285 g - ISBN 10 : 2070761975 - ISBN 13 : 9782070761975

Collection : Du Monde Entier

Tags : récits, prose, littérature, roman, poèmes, poésie en prose, poésie, cancer, nostalgie, exercices de style, solitude, deuil, désir, amour, mer, quête de soi, montagnes, littérature israélienne, israël, 21ème siècle.

Citations de Seule la mer (10)

A présent lève-toi et mets-toi en quête, lève-toi d'un pied léger et va t'en tranquillement chercher ce que tu as perdu.

Le soir. La pluie tombe sur les collines nues du désert. La craie, le silex et l'odeur de poussière mouillée après un été torride. L'envie me prend d'être ce que j'aurais été si j'avais su ce que tout le monde sait. Être avant la connaissance. Comme les collines. Comme une pierre à la surface de la lune. Posé là sans bouger, confiant en la longévité des livres.

« Il ne peut échapper à son odeur. Son odeur sur la serviette son odeur sur les draps qui a-t-elle appelé à qui a-t-elle parlé. Son odeur dans la cuisine où est-elle où est-elle quand va-t-elle rentrer son parfum dans le couloir son parfum dans le salon son parfum avec qui est-elle sortie et qu'y a-t-il entre eux. Son parfum dans la salle de bain où est-elle et va-t-elle encore se faire avoir. Le parfum de son shampoing. Son odeur dans le panier à linge. Où est-elle. Quand rentrera-t-elle. Elle rentrera tard. En Himalaya, c'est déjà demain. Où puis-je fuir son odeur. » (p. 75)

L'été quarante-six mon père et ma mère avaient loué pour les vacances une chambre 
chez un tailleur à Bat-Yam. Une nuit, je fus réveillé par une quinte
de toux qui n'en était pas
une, c'était la première fois de ma vie que j'entendais un inconnu
pleurer de l'autre côté du mur. Il avait pleuré toute la nuit et moi,
éveillé, paniqué,
je n'avais pas osé bouger de crainte de réveiller mes parents
jusqu'à ce que le ciel blanchisse et que je me glisse sur le balcon ses
épaules tremblaient
un oiseau s'envola dans le silence de l'aube et l'homme le désigna en
disant n'y crois pas
petit. Cinquante ans ont passé et l'oiseau n'est plus,
ni l'homme. Ni mes parents. Seule la mer est encore là qui de bleue
est devenue grise elle aussi. N'y crois pas petit. Ou plutôt si. Crois-le. Qu'importe.

Il y a un tel vacarme chez nous, ce ne sont plus que clameurs, incantations, amulettes, clairons, tambours et trompettes.Ou au contraire, cinglants sarcasmes : tout le monde insulte tout le monde.Personnellement, j'estime que la critique des affaires publiques doit comprendre, disons, vingt pour cent de persiflages et d'injures, vingt pour cent de souffrance et soixante pour cent de sérieux chirurgical. Sinon tout le monde se moque de tout le monde, on répand de faux bruits, et la malveillance règne partout.

Ainsi quelque part une ombre se profile aussi dans l'histoire

"Les ravages du temps, de la fumée sans feu, sur le dos de ma main je vois ta tache brune qui se trouvait,exactement au même endroit sur le dos de la main flétrie de mon père.Ainsi mon père est revenu de dessous la terre.Des années durant il n'y a plus pensé et voilà que soudain il se souvient de transmettre à son fils un bout de pigment en héritage. Les ravages du temps. Un brûlure sans feu. Un sceau ancestral. Un cadeau posthume sur le dos de la main."(p. 203)

"... il s'avérait, que quelque chose qui n'avait jamais été et ne serait jamais était en réalité tout ce que nous possédions..."(p. 235)

« Nous ne sommes pas un couple, deux personnes. Des connaissances ? Des amis ? Ou des collègues ? Plus ou moins ? Un pacte pour les jours de pluie ? Une affection crépusculaire ? » (p. 44 & 45)

« Comme languit une biche auprès des eaux vives, ainsi languit mon âme. » (p. 149)

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Critiques de Seule la mer : avis de lecteurs (9)


  • Critique de Seule la mer par Carteroutiere (Babelio)

    « seule la mer est encore là qui de bleue est devenue grise elle aussi ». Voici la phrase qui a donné son titre au livre. Un livre écrit comme une série de textes ou de poésie où alternent les dif...

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    Par Carteroutiere - publiée le 17/07/2019

  • Critique de Seule la mer par majolo (Babelio)

    C'est l'histoire toute simple d'Albert. Albert est comptable, il vient de perdre sa femme Nadia. Il traîne sa peine tout en attendant Rico, son fils, parti vivre son deuil au Tibet. Il est soutenu par...

    Lire la critique complète >
    Par majolo - publiée le 02/10/2017

  • Critique de Seule la mer par Rylou (Babelio)

    Le point de départ de ce roman, c'est la mort d'une femme Nadia, laissant ainsi un veuf, Albert, qui n'aura de cesse de retrouver la présence de sa femme dans un quotidien immuable ; laissant aussi un...

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    Par Rylou - publiée le 04/08/2017

  • Critique de Seule la mer par KRISS45 (Babelio)

    Poésie et sensualité Tristesse et désir Deuil et nostalgie Il y a tout cela dans "seule la mer", récit d'un genre inclassable, empreint d'une profonde mélancolie qui rend l'auteur si attachant.

    Lire la critique complète >
    Par KRISS45 - publiée le 19/03/2017

  • Critique de Seule la mer par Fabrice38 (Babelio)

    Un livre très poétique

    Lire la critique complète >
    Par Fabrice38 - publiée le 13/07/2016

  • Critique de Seule la mer par marcelpois (Babelio)

    Un roman dans un poème ? Ou bien alors un poème dans un roman ? Moi qui ne m'y connais que très peu en poésie, j'ai été assez déconcertée par cet exercice de style. Un ensemble de petits poème...

    Lire la critique complète >
    Par marcelpois - publiée le 12/09/2015

  • Critique de Seule la mer par isabelleisapure (Babelio)

    Seule la mer. Albert pleure sa femme Nadia morte d'un cancer et regrette l'éloignement de son fils Rico en périple au Tibet. Bettine, la vieille amie d'Albert veille sur lui. Dita, la petite amie...

    Lire la critique complète >
    Par isabelleisapure - publiée le 13/05/2013

  • Critique de Seule la mer par (Babelio)

    Cet ouvrage est un long poème. Ce long poème est un roman. Comment le dire ? Amos Oz réussit un exercice de style avec cet ouvrage, très poétique.

    Lire la critique complète >
    Par Babelio - publiée le 04/04/2012

  • Critique de Seule la mer par (Babelio)

    Quelques personnages pour la plupart vivants, Albert, Dita, Rico, Bettine, Doubi ou en souvenirs très présents, Nadia, un narrateur, sans contrainte de forme, chassé-croisé de voix, de souvenirs...

    Lire la critique complète >
    Par Babelio - publiée le 15/10/2011
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