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Amélie Nothomb

Présentation de Amélie Nothomb (Wikipedia)

Amélie Nothomb /ameli nɔtɔ̃b/[a], nom de plume de Fabienne Claire Nothomb, née le 9 juillet 1966[b] à Etterbeek[b] (Région de Bruxelles-Capitale), est une romancière belge d'expression française. Auteur prolifique, elle publie un ouvrage par an depuis son premier roman, Hygiène de l'assassin (1992)[1]. Ses romans font partie des meilleures ventes littéraires et certains sont traduits en plusieurs langues. Stupeur et Tremblements remporte en 1999 le grand prix du roman de l'Académie française. Ce succès lui vaut d'avoir été nommée commandeur de l'ordre de la Couronne et, sur la proposition du Vice-premier ministre et Ministre des affaires étrangères, le roi Philippe lui accorde la concession du titre personnel de baronne. En 2015, elle est élue membre de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique.

Livres de Amélie Nothomb

Citations de Amélie Nothomb (179)

Condoléances aux proches des victimes. Même pas peur. United we stand, divided we fall.

– 14

Quand un peuple refuse un progrès facile à mettre en oeuvre, quand un véhicule poussé par dix hommes reste sur place, quand un enfant s'avachit devant la télévision pendant des heures, on découvre, médusé, l'effroyable emprise de l'immobile.

– Métaphysique des tubes

Quelle est la différence entre les yeux qui ont un regard et les yeux qui n'en ont pas ? Cette différence a un nom : c'est la vie.

– Métaphysique des tubes

La vie c'est ce que tu vois : de la membrane, de la tripe, un trou sans fond qui exige d'être rempli. La vie est ce tuyau qui avale et qui reste vide.

– Métaphysique des tubes

Notre unique spécificité individuelle réside en ceci : dis-moi ce qui te dégoûte et je te dirai qui tu es.

– Métaphysique des tubes

La mort, comme un terrier, comme une chambre aux rideaux fermés, comme la solitude, est à la fois horrible et tentante : on sent qu’on pourrait y être bien.

– Métaphysique des tubes

A quoi bon se rappeler ce qui n’est pas lié au plaisir ? Le souvenir est l’un des alliés les plus indispensables de la volupté.

– Métaphysique des tubes

Si tu parviens à écrire les merveilles de ton paradis dans la matière de ton cerveau, tu transporteras dans ta tête sinon leur réalité miraculeuse, au moins leur puissance.

– Métaphysique des tubes

Il y a la croissance et puis il y a la décrépitude ; entre les deux il n’y a rien. L’apogée, ça n’existe pas.

– Métaphysique des tubes

Le temps est une invention du mouvement. Celui qui ne bouge pas ne voit pas le temps passer.

– Métaphysique des tubes

- Regarde-moi, Joe. Est-ce que je ne suis pas une belle femme?- Oui, maman.- Alors, dis-moi pourquoi je n'en garde pas un !Joe se tait. Mais il aurait plusieurs réponses à lui proposer. D'abord, le coup des prénoms. Ensuite, son haleine de tabac et d'alcool. Enfin, les choses qu'il se formule ainsi : "Moi aussi je te quitterais, maman. Parce que tu es égoïste. Parce que tu parles fort. Parce que tu te plains tout le temps."

– Tuer le père

"La magie déforme la réalité dans l'intérêt de l'autre, afin de provoquer en lui un doute libérateur ; la triche déforme la réalité au détriment de l'autre, dans le but de lui voler son argent." (p.28)

– Tuer le père

C'était la traduction exacte de ce qu'il ressentait sexuellement : il n'avait droit qu'aux joujoux alors qu'il se sentait prêt pour l'immense réalité.

– Tuer le père

Nous vivons avec ce malentendu que chacun possède un corps. Dans l'immense majorité des cas, nous n'occupons pas ce corps, ou alors si mal que c'est une pitié, un gâchis, comme ces superbes palazzi romains qui servent de sièges à des multinationales quand ils étaient destinés à être des lieux de plaisir. Personne n'habite autant la totalité de son corps que les grands danseurs.

– Tuer le père

- Je n'ai jamais voulu enseigner.- Tout ce savoir que vous avez, vous voulez le garder pour vous?

– Tuer le père

" - De toute façon, dit Joe, la magie, c'est de la triche.- Je ne suis pas d'accord. Il y a une différence fondamentale: la magie déforme la réalité dans l'intérêt de l'autre, afin de provoquer en lui un doute libérateur; la triche déforme la réalité au détriment de l'autre, dans le but de lui voler son argent."

– Tuer le père

"Les enfants que ne reconnaît pas le père en souffrent. Mais il existe une souffrance plus grande : celle d'un père que son enfant ne reconnaît pas."

– Tuer le père

"Les enfants que ne reconnaît pas leur père en souffrent. Mais il existe une souffrance plus grande : celle d'un père que son fils ne reconnaît pas" (p.74)

– Tuer le père

"Les sages affirment que rien n'a de sens. Les amoureux possèdent une sagesse plus profonde que les sages. Qui aime ne doute pas une seconde du sens des choses."

– Tuer le père

Le but de la magie, c'est d'amener l'autre à douter du réel.

– Tuer le père

Les femmes aiment toujours à contretemps. p.126

– Le Voyage d'hiver

Supprimez les médias et tous les terroristes se retrouveront au chômage.

– Le Voyage d'hiver

Il paraît qu'à l'instant de mourir, on voit défiler sa vie entière en une seconde. Je saurai bientôt si c'est vrai. Cette perspective me plaît, je n'aimerais pour rien au monde manquer le best of de mon histoire.

– Le Voyage d'hiver

Faire le mal est à la portée du premier venu; il suffit de dire merci à ceux qui vous y aident.

– Le Voyage d'hiver

Je me concentrai sur les points positifs. Ainsi, j'avais ressenti un soulagement profond quand j'avais eu fini de lire ce livre. Certes, j'avais souffert en le lisant, mais pas pour des raisons littéraires.

– Le Voyage d'hiver

—C'est tellement beau, chuchota-t-elle.—Pourquoi parles-tu à voix si basse ?—Parce que c'est si beau que c'est forcément un secret.

– Le Voyage d'hiver

Celui qui attend une lettre de la personne aimée sait ce pouvoir de vie et de mort des mots.

– Le Voyage d'hiver

J'ignore ce qu'est la réussite d'une histoire d'amour, mais je sais ceci: il n'y a pas d'échec amoureux. C'est une contradiction dans les termes. Éprouver l'amour est déjà un tel triomphe que l'on pourrait se demander pourquoi l'on veut davantage.

– Le Voyage d'hiver

Je suis sidérée par le nombre de Parisiens qui ignorent l'origine de l'emblème architectural de leur ville, dit-elle. Gustave Eiffel était fou amoureux d'une femme qui s'appelait Amélie. D'où son obsession pour la lettre A, qui domine Paris depuis plus d'un siècle.

– Le Voyage d'hiver

Il n'y a pas d'échec amoureux. C'est une contradiction dans les termes. Eprouver l'amour est déjà un tel triomphe que l'on pourrait se demander pourquoi l'on veut davantage. p.56

– Le Voyage d'hiver

Toi seule peut me soigner. Tu es à la fois la cause et le remède. J'ai besoin de toi comme le désert a besoin d'eau.

– Attentat

Ma laideur était confortable comme une paire de pantoufles, et ce, pour cette simple et unique raison qu'elle s'était faite à mon âme comme les souliers se font aux pieds. On revient toujours à ses vieilles chaussures, même si elles sont devenues immontrables, parce qu'on s'y sent tellement mieux.

– Attentat

Si le corps humain comportait vingt-cinq sexes au lieu d'un, il perdrait beaucoup de son pouvoir érotique. Ce qui fascine, ce sont les îlots.

– Attentat

Je suis maigre, ce qui peut être beau chez un homme ; mais ma maigreur est vilaine. Le Christ sur la croix a une certaine allure avec son ventre creusé et ses côtes lisibles. La plupart des hommes décharnés ressemblent à des vélos, ce qui est joli. Moi, je ferai plutôt penser à un pneu crevé. A l'exemple des chiens sharpeïs, j'ai trop de peau. Mon ossature débile et ma pauvre chair flottent à l'intérieur de cet accoutrement qui, mal rempli, ne peut que pendouiller.

– Attentat

J'ai besoin de toi comme le désert a besoin d'eau. Quand il pleut sur le Sahara, le sol se recouvre aussitôt d'un tapis de fleurs ravissantes. Pleus sur moi et tu me verras fleurir. J'ai créé pour toi cet impératif qui n'existe pas. Pleus ! Pleus sur moi, Ethel !

– Attentat

La rose qui meurt de soif a besoin du jardinier, mais le jardinier a encore plus besoin de la rose qui meurt de soif: sans la soif de sa fleur, il n'existe pas.

– Attentat

Comme quoi les gens mentent. Je me demande s'ils en sont conscients. C'est cela qui m'énerve : l'idée qu'ils mentent sans le savoir.

– Attentat

"Il n'y a pas d'amour impossible."

– Attentat

« Chacun tue ce qu'il aime », a écrit Wilde

– Attentat

L'esprit humain souffre d'une carence intellectuelle fondamentale : pour qu'il comprenne la valeur d'une chose, il faut le priver de cette chose.

– Attentat

L'axe Nord-Sud, c'est l'axe richesse-pauvreté. L'axe Est-Ouest est moins fondamental : il oppose deux cultures, deux philosophies. Le dialogue semble possible et la confrontation est piquante. L'axe Nord-Sud cloue toutes les gorges : comment oser parler de la faim, de la soif, de la mort ? Montesquieu et ses nombreux émules ont charmé l'Occident ; mais il n'y aura jamais d'équivalent des Lettres persanes pour le Sud, il n'y aura jamais de Lettres tchadiennes ou de Lettres rwandaises, parce que ce seraient des livres terrifiants.

– Péplum

- Du lait ? Puis-je savoir comment l'on procède pour traire une baleine ? / - Comme avec une vache, mais avec un grand seau et un grand tabouret.

– Péplum

Nommer les choses, c'est leur enlever leur danger. (p.109)

– Péplum

- En 2580, nous avons un moyen infaillible pour prouver aux gens qu'ils ne rêvent pas. - Je hais le vingt-sixième siècle. Je ne veux pas connaître votre moyen infaillible. Si vous essayez de me le dire, je me bouche les oreilles. - Il suffit de… Je me bouchai les oreilles. Je voyais les lèvres de Celsius qui continuaient à remuer. J'éprouvai un certain soulagement : en 2580, il était encore possible de se boucher les oreilles. Tout n'était pas perdu.

– Péplum

« Le silence est la plus belle expression de l'amour. »

– Péplum

- Racontez-moi une blague du vingt-sixième siècle. - Une blague ? - Vous savez, une petite histoire drôle pour faire rire les gens à la fin du repas. - Nous n'aimons pas que les gens rient à la fin des repas. C'est vulgaire. - Certainement. Mais vous vous racontez des histoires drôles, quand même ? - Euh… il nous arrive de raconter des choses désobligeantes sur les Levantins. Cela nous fait rire. - Ouais. L'humour n'a pas changé autant que vous le prétendiez. Allez-y, racontez-moi une blague sur les Levantins. - Eh bien… c'est un Levantin qui rencontre un autre Levantin. Il lui dit : « Bonjour, comment vas-tu ? » Et l'autre lui répond : « A pied. » - Et puis après ? - Rien. C'est fini. - Vous aviez raison. L'humour a changé.

– Péplum

"La capacité de résistance des humains à l'horreur dépasse l'imagination."

– Péplum

Il y aura toujours dans la foule un crétin qui, sous prétexte qu'il ne comprend pas, décrétera qu'il n'y a rien à comprendre.

– Péplum

Si ce n'étaient que les miroirs ! Si ce n'étaient que les vitres ! On ne me laisse jamais prendre un bain sans en avoir troublé l'eau à force d'huile parfumée. Pas le moindre meuble en marqueterie, pas l'ombre d'un objet en laque. A table, je bois dans un verre dépoli, je mange avec des couverts en métal écorché. Le thé que l'on me verse contient déjà du lait. Il y aurait de quoi rire de ces attentions méticuleuses si elles ne soulignaient pas tant l'étendue de ma difformité.

– Mercure

Les imbéciles ne pensent qu'à partager leurs merveilles avec la multitude, ce qui est le plus sûr moyen de perdre son butin, et surtout de le voir se muer en une chose vulgaire.

– Mercure

«Pourquoi est-il impossible de faire du bien à quelqu'un sans lui faire de mal ? Pourquoi est-il impossible d'aimer quelqu'un sans le détruire ?»

– Mercure

La femme n'a pas besoin que l'homme soit beau pour le désirer

– Mercure

Il faut accepter de ne pas comprendre certaines choses chez ses amis.

– Mercure

La laideur, c'est rassurant: il n'y a aucun défi à relever, il suffit de s'abandonner à sa malchance, de s'en gargariser, c'est si confortable. La beauté, c'est une promesse: il faut pouvoir la tenir, il faut être à la hauteur. C'est difficile.

– Mercure

À présent, j'entrevois la logique qu'il y a à choisir ce trépas. L'eau et l'amour sont le berceau de toute vie: il n'y a pas plus fécond. Mourir par l'amour ou mourir par l'eau, ou mieux encore par les deux ensemble, c'est boucler la boucle, c'est prendre la porte d'entrée pour porte de sortie. C'est se tuer par la vie même.

– Mercure

-On n'est pas forcé d'avoir les mêmes opinions que ses amis, n'est-ce pas?-Sûrement pas.-L'amitié est une chose bizarre : on n'aime ses amis ni pour leurs corps, ni pour leurs idées. En ce cas, d'où cet étrange sentiment provient-il?

– Mercure

L'amour : c'est une maladie qui rend mauvais. Dès que l'on aime vraiment quelqu'un, on ne peut s'empêcher de lui nuire, même et surtout si l'on veut le rendre heureux.

– Mercure

En vérité, Dieu était l'incarnation de la force d'inertie – la plus forte des forces. La plus paradoxale des forces, aussi : quoi de plus bizarre que cet implacable pouvoir qui émane de ce qui ne bouge pas ? La force d'inertie, c'est la puissance du larvaire. Quand un peuple refuse un progrès facile à mettre en œuvre, quand un véhicule poussé par dix hommes reste sur place, quand un enfant s'avachit devant la télévision pendant des heures, quand une idée dont on a prouvé l'inanité continue à nuire, on découvre, médusé, l'effroyable emprise de l'immobile.

– Métaphysique des tubes

Face à la découverte de cette spoliation future il n'y a que deux attitudes possibles : soit on décide de ne pas s'attacher aux êtres et aux choses, afin de rendre l'amputation moins douloureuse ; soit on décide, au contraire d'aimer d'autant plus les êtres et les choses, d'y mettre le paquet - "puisque nous n'aurons pas beaucoup de temps ensemble, je vais te donner en un an tout l'amour que j'aurais pu te donner en une vie.

– Métaphysique des tubes

- Mais non, tu ne mourras pas.En effet: je mourais déjà. Je venais d'apprendre cette nouvelle horrible que tout humain apprend un jour ou l'autre: ce que tu aimes, tu vas le perdre. "ce qui t'a été donné te sera repris": c'est ainsi que je me formulai le désastre qui allait être le leitmotiv de mon enfance, de mon adolescence et des péripéties subséquentes. "Ce qui t'a été donné te sera repris": ta vie entière sera rythmée par le deuil.

– Métaphysique des tubes

Il existe depuis très longtemps une immense secte d'imbéciles qui opposent sensualité et intelligence. C'est un cercle vicieux : ils se privent de volupté pour exalter leurs capacités intellectuelles, ce qui a pour résultat de les appauvrir. Ils deviennent de plus en plus stupides, ce qui les conforte dans leur conviction d'être brillants – car on n'a rien inventé de mieux que la bêtise pour se croire intelligent.

– Métaphysique des tubes

Quelle est la différence entre les yeux qui ont un regard et les yeux qui n'en ont pas ? Cette différence a un nom : c'est la vie. La vie commence là où commence le regard.

– Métaphysique des tubes

Parler est un acte aussi créateur que destructeur.

– Métaphysique des tubes

On n'a rien inventé de mieux que la bêtise pour se croire intelligent.

– Métaphysique des tubes

Il existe depuis très longtemps une immense secte d'imbéciles qui oppose sensualité et intelligence. C'est un cercle vicieux: ils se privent de volupté pour exalter leurs capacités intellectuelles, ce qui a pour résultat de les appauvrir. Ils deviennent de plus en plus stupides, ce qui les conforte dans leur conviction d'être brillants - car on n'a rien trouvé de mieux que la bêtise pour se croire intelligent.

– Métaphysique des tubes

L’axe Nord-Sud, c’est l’axe richesse-pauvreté. L’axe Est-Ouest est moins fondamental : il oppose deux cultures, deux philosophies. Le dialogue semble possible et la confrontation est piquante. L’axe Nord-Sud cloue toutes les gorges.

– Péplum

Le Bien ne laisse aucune trace matérielle - et donc aucune trace, car vous savez ce que vaut la gratitude des hommes. Rien ne s’oublie aussi vite que le Bien.

– Péplum

Rien ne passe aussi inaperçu que le Bien, puisque le Bien véritable ne dit pas son nom - s’il le dit, il cesse d’être le Bien, il devient de la propagande.

– Péplum

Etre jugé sur son intelligence est aussi injuste que d’être jugé sur sa beauté. L’un et l’autre sont, à 65 %, des qualités innées. Ce sont donc des critères égaux en iniquité.

– Péplum

Le Beau et le Bien sont régis par des lois opposées : le Beau est d’autant plus beau qu’on parle de lui, le Bien est d’autant moins bien qu’il en est question.

– Péplum

Entre ce qui a eu lieu et ce qui n'a pas eu lieu, il n'y a pas plus de différence qu'entre plus zéro et moins zéro.

– Péplum

La laideur, c’est rassurant : il n’y a aucun défi à relever, il suffit de s’abandonner à sa malchance, de s’en gargariser, c’est si confortable. La beauté est une promesse : il faut pouvoir la tenir, il faut être à la hauteur.

– Mercure

Les imbéciles ne pensent qu’à partager leurs merveilles avec la multitude, ce qui est le plus sûr moyen de perdre son butin, et surtout de le voir se muer en une chose vulgaire.

– Mercure

Pour la plupart des gens, aimer est un détail de l’existence, au même titre que le sport, les vacances, les spectacles. L’amour a intérêt à être pratique, à cadrer avec la vie que l’on s’est choisie.

– Mercure

Il nous est ordonné d’être jeunes et belles et, dès qu’il s’agit de tomber amoureuses, il nous est conseillé de ne pas tenir compte de ce genre de détails.

– Mercure

Il n’y a rien qu’un être humain fasse une seule fois. Si un être humain fait une chose un jour, c’est que c’est dans sa nature. Chaque personne passe son temps à reproduire les mêmes actes.

L’erreur, c’est comme l’alcool : on est très vite conscient d’être allé trop loin, mais plutôt que d’avoir la sagesse de s’arrêter pour limiter les dégâts, une sorte de rage dont l’origine est étrangère à l’ivresse oblige à continuer.

Si vous voulez connaître la lie des sentiments humains, penchez-vous sur les sentiments que nourrissent les femmes envers les autres femmes : vous frissonnerez d'horreur devant tant d'hypocrisie, de jalousie, de méchanceté, de bassesse.

Comme l’or, le bien ne se rencontre jamais à l’état pur dans la nature : il est donc normal de ne pas le trouver impressionnant. Il a la fâcheuse habitude de ne rien faire ; il préfère se donner en spectacle.

La sagesse des autres n’a jamais servi à rien. Quand arrive le cyclone - la guerre, l’injustice, l’amour, la maladie, le voisin -, on est toujours seul, tout seul, on vient de naître et on est orphelin.

C'est drôle ce besoin qu'ont les gens d'accuser les autres d'avoir gâché leur existence. Alors qu'ils y parviennent si bien eux-mêmes, sans l'aide de quiconque.

Le regard est un choix. Celui qui regarde décide de se fixer sur telle chose et donc forcément d’exclure de son attention le reste de son champ de vision. C’est en quoi le regard, qui est l’essence de la vie, est d’abord un refus.

A la différence du roman, la chanson cherche inlassablement la clef d'une énigme tendue par la mélodie.

Les livres aussi, ce sont des voisins - des voisins de rêve, qui viennent chez vous seulement quand vous les appelez, et qui s’en vont dès que vous ne voulez plus les voir.

On ne sait rien de soi. On croit s’habituer à être soi, c’est le contraire. Plus les années passent et moins on comprend qui est cette personne au nom de laquelle on dit et on fait les choses.

Le mal s’apparente à un gaz : il n’est pas facile à voir, mais il est repérable à l’odeur. Il est le plus souvent stagnant, réparti en nappe étouffante.

Quand une femme détruit la vie d'un autre, elle considère cet exploit comme la preuve suprême de sa spiritualité. "Je fous la merde, donc j'ai une âme", raisonne-t-elle.

Il y aura toujours dans la foule un crétin qui, sous prétexte qu'il ne comprend pas, décrétera qu'il n'y a rien à comprendre.

La littérature n’est absolument pas une démocratie et heureusement !

On n’est jamais si heureux que quand on a trouvé le moyen de se perdre.

L'absence de faim est un drame sur lequel nul ne s'est penché.

On peut rater sa vie à cause d'un seul mot.

Le Beau peut durer toujours : il est sa propre trace. On parle de lui et de ceux qui l’ont servi.

Aucune réalité humaine n’exprime aussi bien l’idée de destin que les paroles malheureuses et leurs conséquences inexpiables.

Prétendre avoir été exhaustif quant aux potentialités de l’avenir, c’est un sommet dans l’histoire de la sottise.

Un intellectuel : c'est-à-dire un être qui attend passionnément qu'on le contredise.

En mathématiques, plus par plus font plus, alors que le mot oui multiplié par deux équivaut toujours à une négation.

La force d’inertie, c’est la puissance du larvaire.

Tout désir est commémoratif. Toute aimée est la réincarnation d’une défunte inassouvie.

Le souvenir a le même pouvoir que l'écriture.

On a le sens de l'éternité ou on ne l'a pas : c'est inné.

Les gens sont les mêmes dans la lecture que dans la vie : égoïstes, avides de plaisir et inéducables.

A quoi bon se tuer à naître si ce n’est pour connaître le plaisir ?

La seule manière de cesser de souffrir, c’est de n’avoir plus que du vide dans la tête.

On n’a rien inventé de mieux que la bêtise pour se croire intelligent.

Un livre, c'est un détonateur qui sert à faire réagir les gens.

Le doute et la peur sont les auxiliaires des grandes initiatives.

Il est bien plus divertissant d'être ennuyeux que d'être intéressant.

L’adjectif vrai, comme le chiffre zéro, est une expression indispensable du vide.

Parler est un acte aussi créateur que destructeur.

La proportion de 100 % est exclue à tout jamais de la terminologie scientifique.

L’amoureux est un être complexe qui cherche aussi à rendre heureux.

Est vrai ce qui est beau. Le reste est invention.

Sur terre, personne n’est indispensable, sauf l’ennemi.

La planète fourmille de criminels qui fuient leur châtiment.

Tout être humain a le droit d'être en contradiction avec lui même.

La guerre est dans la nature humaine.

Ce qui t’a été donné te sera repris : ta vie entière sera rythmée par le deuil.

On se moque des enfants qui justifient leurs mauvais coups par ce gémissement : C’est lui qui a commencé ! Or, aucun conflit adulte ne trouve sa genèse ailleurs.

Qu’est ce qu’une fleur ? Un sexe géant qui s’est mis sur son trente et un.

Les adultes ont accès à mille sortes de voluptés, mais pour les enfançons, il n’y a que la gourmandise qui puisse ouvrir les portes de la délectation.

Pourquoi est-il impossible de faire du bien à quelqu’un sans lui faire de mal ? Pourquoi est-il impossible d’aimer quelqu’un sans le détruire ?

Sans ennemi, l’être humain est une pauvre chose. Sa vie est une épreuve, un accablement de néant et d’ennui.

La Parisienne est une légende, donc, elle existe plus que les autres femmes, et ce pour l’éternité.

L'esprit humain souffre d'une carence intellectuelle fondamentale : pour qu'il comprenne la valeur d'une chose, il faut le priver de cette chose.

L'oubli est un gigantesque océan sur lequel navigue un seul navire, qui est la mémoire.

L’esprit a des systèmes de défense incompréhensibles : on l’appelle à l’aide et, au lieu d’apporter du secours, il n’injecte que de belles images.

Je juge les actes à l'aune de la jouissance qu'ils donnent. L'extase voluptueuse est le but souverain de l'existence.

Le risque, c'est la vie même. On ne peut risquer que sa vie. Et si on ne la risque pas, on ne vit pas.

Que notre vie n'ait pas de valeur artistique, c'est très possible. Raison de plus pour que la littérature en ait une.

La vraie générosité est celle que personne ne peut comprendre. Dès que la bonté rentre dans le domaine de l’admirable, elle n’est plus de la bonté.

Il est des maisons qui donnent des ordres. Elles sont plus impérieuses que le destin : au premier regard on est vaincu. On devra habiter là.

Le cérémonial a toujours servi à se mettre du plomb dans la cervelle. Sans la grandiloquence des rites, on n’aurait de force pour rien.

L’amour : c’est une maladie qui rend mauvais. Dès que l’on aime vraiment quelqu’un, on ne peut s’empêcher de lui nuire, même et surtout si l’on veut le rendre heureux.

La seule excuse de la guerre, c’est qu’elle correspond à une folie de l’espèce humaine.

Le seul mauvais choix est l’absence de choix.

Affronter un bavard est une épreuve, certes. Mais que faire de celui qui vous envahit pour vous imposer son mutisme ?

Tout le monde a un ennemi à l'intérieur de soi.

Quand le destin de quelqu'un s'accomplit, il faut sourire.

Les amis sont les meilleurs traîtres en puissance.

Le plaisir est une merveille qui m'apprend que je suis moi.

Peut-il arriver mieux à une belle jeune fille que de tomber sur un monstre ?

La meilleure raison, pour se suicider, c’est la peur de la mort.

Il est frappant de constater combien la laideur est toujours la plus forte.

Comme les rêves sont cruels, qui nous laissent entrevoir des merveilles pour mieux nous en priver !

Que devrait être le corps ? Un objet de pur plaisir et de pure liesse.

Seuls les grammairiens sont assez naïfs pour penser que l’exception confirme la règle.

Quand je serai grand, je penserai à quand j’étais petit.

Les théories servent à irriter les philistins, à séduire les esthètes et à faire rire les autres.

Ce sont les petits esprits qui sont les plus nuisibles.

De toute éternité, le Beau est plus rentable que le Bien.

Le silence est la plus belle preuve de l’amour.

Nommer les choses, c’est leur enlever leur danger.

Le sens moral disparaît au-delà de 180 de quotient intellectuel.

La bonté mal pratiquée n’est pas de la bonté.

On ne manque de rien quand on n’aime rien.

La sagesse n’est jamais du côté de celui qui parle.

La volupté élève, quelle qu’en soit la source.

A quoi serviraient les morts, sinon à aimer les vivants davantage ?

Le silence est plus tapageur que tout.

Il faut admirer les gens capables d’être heureux.

Le propre des grands livres est que chaque lecteur en est l’auteur.

Vivre signifie refuser.

L’univers existe pour que j’existe.

La vie commence là où commence le regard.

On ne possède même pas son propre corps.

On lit pour découvrir une vision du monde.

Pas besoin d'intérêt pour mentir. Le plaisir suffit.

La laideur, elle est étale, promise à durer.

Il n’est d’intelligence que créatrice.

Personne n’est la victime de personne.

L’amour n’est pas la spécialité des humains.

Le son est souvent plus important que le sens.

La parole émancipe.

Le bonheur forcé est un cauchemar.

La France est ce pays magique où le plus commun des troquets peut vous servir n’importe quand un grand champagne à température idéale.

Charlie Hebdo est le journal le moins consensuel de l’univers et le moindre des paradoxes n’est pas de le voir susciter à présent le plus consensuel des soutiens.

J'admire la gentillesse qui a pour origine la gentillesse ou l'amour.

Ce sont toujours les mochetés qui critiquent le physique des autres mochetés.

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