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Alphonse Boudard

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Alphonse Boudard, né le 17 décembre 1925 à Paris et mort le 14 janvier 2000 à Nice, est un romancier et scénariste français. Après s'être engagé dans la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale, il sombre dans la délinquance et découvre la littér... Plus >

Madame... de Saint-Sulpice (1998)

De Alphonse Boudard chez Gallimard
(3 votes, note moyenne : 3.7)

À l'ombre des hautes tours de l'église Saint-Sulpice règne Madame. Tailleur strict, chemisier blanc, broche ornée de petits brillants... on la dirait presque sortie de la messe de onze heures. Comme une mère supérieure, elle veille sur ses ouailles. Une éducation au Couvent des Oiseaux, ça aide pour tenir une des «maisons» les plus curieuses de Paris. Surtout quand Monseigneur vient spécialement y entendre une confession d'un genre particulier, ou y recevoir un juste châtiment. Madame Blandine mène l'Abbaye, comme on appelle son établissement, avec la poigne de fer d'une «abbesse» hors pair.Et elle a écrit, Madame Blandine, après la fermeture des maisons en 1946, quand elle a pris sa retraite sur la Côte. Elle a tout raconté, à sa manière chaste de pensionnaire modèle. Des cahiers entiers de souvenirs qu'elle a laissés à un commissaire de la Mondaine...

Paru le 05-06-1998 - Format : Broché - 368 pages - 17 x 10 x 1 cm - 174 g - ISBN 10 : 2070402851 - ISBN 13 : 9782070402854

Collection : Folio

Tags : années 50, 20ème siècle, Paris (France), littérature francophone, littérature française, allemand, prostitution, guerre, amour, humour, maison close, souvenirs, sexualité, argot, occupation, confessions, témoignage, biographie, roman, mémoires.

Citations de Madame... de Saint-Sulpice (10)

Je ne pouvais pas savoir… à cent mille lieues… qu'un jour je jouerais de la plume sur le papier… et qu'on me publierait et, plus précisément, que j'écrirais sur la prostitution et les maisons closes.La curiosité, mère de tous les arts me pousse. Stèphe, un pote ancien de la guerre qui vient de se finir soi-disant en beauté m'a mis sur la voie. Il habite le quartier, Stèphe, il est d'une famille je vous dis que ça… goupillon et jetons de présence dans les entreprises les plus juteuses. Il m'a raconté… c'est là que les curés viennent commettre les péchés de la chair.

Je croyais tout savoir… à la vérité on ne sait jamais rien. On n'en a jamais fini d'avoir tout vu. Question sexuelle c'est l'abîme… on ne sait pas où ça s'arrête et si d'ailleurs ça peut s'arrêter. Ça participe à la fois de la plus grande simplicité… l'instinct impérieux… irrépressible… et aussi de tous les tarabiscotages les plus dingues… les plus effroyables, les plus répugnants.

Difficile d'utiliser ce genre de renseignements… savoir s'ils sont fiables ! Dans ce domaine, ça ragote sévère… depuis les confidences de putes plus ou moins mythomanes jusqu'aux faux rapports de police. Police elle-même à la source de médisances, calomnies plus ou moins utiles au gouvernement en place.

La vie plus elle devient courte, plus on se dit qu'on ne l'a pas assez troussée de belle manière

Les titres de noblesse quoi qu'on en dise gardent un prestige inaltérable. J'ai connu d'ardents marxistes, communistes tous crins… rouges le plus vif… qui se rengorgeaient imperceptible lorsqu'on leur rappelait qu'ils étaient ducs ou marquis à l'origine. Vite repris, le mouvement de bouche, de gorge, la lueur dans les châsses… « Pas de ça entre nous ! » Et de se gausser de ces fariboles d'un autre âge !

Un chien ça aboie, ça ne parle pas…

L'essentiel pour le coureur de dot c'était l'oseille, le pognon, le carbure et pas des piécettes de putain qui vient de faire trois passes. Il s'agit de pénétrer dans le vif du trésor… le mariage est quoiqu'on en dise encore la voie royale. Le coureur de dot se foutait de la beauté de la future. Tarte et louchon et torgadue c'était secondaire. Lui, il était tout de même préférable qu'il soit de tronche avenante.

L'hypocrisie est une respiration sans laquelle la vie en société serait impossible.

« Ceux qui veulent empêcher de dire la messe sont plus fanatiques que ceux qui disent la messe. » De qui cette jolie déclaration ? Question à 1 000 balles et un paquet de lessive Homo. Eh bien, elle est du brave Maximilien… celui natif d'Arras comme l'ami Bidasse… Robespierre lui-même, l'incorruptible en acier de guillotine. Assez bien tournée sa formule, mais lui-même a fini par tourner gourou… Être suprême… comme quoi on n'est jamais assez prudent.

Dans ses fonctions putassière Blandine va découvrir peut-être l'essentiel de ce qui différencie profondément l'homme de la femme question sexe. L'homme semble agir par crise, il se met alors dans un état second, plus rien ne peut le retenir jusqu'à ce qu'il aille jusqu'au bout de son éclatement, et ensuite, il se calme, il tire un trait. Il s'est "dédoublé"... ça explique peut-être le mystère autour des crimes sexuels. Ces hommes qui peuvent vivre en bons pères de famille, bureaucrates ou commerçants sans histoire, et qu'on découvre un jour vampire de Düsseldorf, boucher de Hanovre ou Jack l'éventreur. La sexualité féminine plus passive bien sûr est beaucoup plus diffuse... rarement sujette à des crises.

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Critiques de Madame... de Saint-Sulpice : avis de lecteurs (4)


  • Critique de Madame... de Saint-Sulpice par moravia (Babelio)

    Moins de plaisir qu'avec les premiers livres. Je me lasse ? Boudard baisse ?

    Lire la critique complète >
    Par moravia - publiée le 22/02/2013

  • Critique de Madame... de Saint-Sulpice par (Babelio)

    Adaptation libre des mémoires d'une prostituée d'assez haut vol, taulière pendant 25 ans d'un bordel pour ecclésiastiques. Dans le plus pur style Boudardien (disciple de Céline), un témoignage assez e...

    Lire la critique complète >
    Par Babelio - publiée le 07/08/2016

  • Critique de Madame... de Saint-Sulpice par Epictete (Babelio)

    Un bouquin signé Alphonse Boudard, même déniché au fond d'une boutique un peu vieillotte, ça ne se rate pas. Cela nous rappelle « L'hôpital », « Bleubite » et autres romans ou nouvelles. On a tout de...

    Lire la critique complète >
    Par Epictete - publiée le 24/05/2017

  • Critique de Madame... de Saint-Sulpice par kateginger63 (Babelio)

    Confessions en maison close * J'ai la nette impression que l'auteur mérite quand même une meilleure publicité. Peu lu, peu cité, je me fais une joie de vous présenter ici un de ses bons romans. Al...

    Lire la critique complète >
    Par kateginger63 - publiée le 06/04/2020

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