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Alain De Libera

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Citations de Alain De Libera (21)

L'influence de l'œuvre d'al-Ghazali ou Algazel est le résultat d'un hasard de transmission. En effet, l'œuvre « philosophique » d'al-Ghazali est une pure œuvre de théologien, dont l'original arabe comprenaient deux parties : un exposé des doctrines des « philosophes », où il présentait essentiellement la pensée philosophique d'Avicenne, et une réfutation des thèses philosophiques incompatibles avec les enseignements du Coran. De ces deux parties absolument indissociables, seule la partie récitative a été traduite en latin par Gundissalvi. Al-Ghazali a ainsi été lu comme un philosophe, proposant une synthèse personnelle et maîtrisée des grands thèmes de la pensée avicennienne [...], alors que son intention était tout opposée.

– La philosophie médiévale

Le slogan philosophique est donc lancé par Averroès et par lui seul : [...] "aucune religion n'est vraie, même si elle peut être utile".

– La querelle des universaux / de Platon à la fin du Moyen Age

C'est en réfléchissant sur des puzzles tels que le mouvement de l'ange ou le « moment précis de la transsubstantiation » que les théologiens médiévaux ont fait avancer la philosophie, développant des logiques non standard que l'élucidation des processus naturels assumés par la philosophie d'Aristote ne réclamait pas […] Les théologiens anglais du XIVe siècle, les "calculatores", ne s'identifiaient pas aux philosophes de l'Antiquité, ils ne prétendaient pas savourer ni aimer un goût étrange venu de plus loin qu'ailleurs. En introduisant les notions de grandeur intensive et de proportion dans le champ de la physique, en mathématisant les qualités, en systématisant la pratique du raisonnement imaginaire - cette esquisse médiévale de l' « expérience de pensée » - , ils n'en ont pas moins, sans le vouloir, puissamment contribué au développement de la philosophie telle que nous l'entendons aujourd'hui. Comme intellectuels, les « averroïstes » parisiens du XIIIe siècle et les « calculatores » oxoniens du XIVe siècle ne vivaient pas dans le même monde spirituel. [Néanmoins] le régime de la "disputatio" est l'élément fédérateur de toutes les attitudes philosophiques du Moyen Age. C'est la « question disputée » qui, organisée dans ses moindres détails par les constitutions universitaires (les statuts) a permis la double éclosion d'une philosophie de l'identification et d'une philosophie du jeu - identification éthique aux sages de l'Antiquité à Paris, jeux analytiques du langage et de la pensée à Oxford.

– La querelle des universaux / de Platon à la fin du Moyen Age

Il ne fait pas de doute que c'est là [dans la dispute sur le parvis des églises], dans cet exercice intrinsèquement détaché de toute contrainte interprétative et de toute censure institutionnelle, que s'est développée, quasi pour elle-même, la méthode de raisonnement imaginaire "secundum imaginationem", qui a permis l'essor de la physique anglaise et de la pratique typiquement oxonienne du « calcul ». On peut penser que l'opposition entre l'identification et le jeu n'a pas été sans conséquences sur les manières assez divergentes dont les philosophes anglais et les philosophes continentaux se sont, par la suite, représentés la pratique de la philosophie

– La querelle des universaux / de Platon à la fin du Moyen Age

C'est cette dimension de l'"intentio" avicennienne qu'est censé avoir redécouverte Brentano en frappant la notion d'"orientation vers un objet", qui aurait elle-même donné naissance à l'intentionnalité husserlienne.

– La querelle des universaux / de Platon à la fin du Moyen Age

Pour Avicenne, l'existence est un accident de l'essence.

– La querelle des universaux / de Platon à la fin du Moyen Age

Comme Kant, mais avec d'autres arguments, Averroès pose que, si une intuition sans concept est aveugle, un concept sans intuition est vide.

– La querelle des universaux / de Platon à la fin du Moyen Age

Il y a un paradoxe des universaux : soit l'universel est dans les choses, mais il n'en est pas prédiqué ; soit il est prédiqué des choses, mais il n'est pas en elles.

– La querelle des universaux / de Platon à la fin du Moyen Age

Les changements de paradigmes scientifique du Moyen Age sont, pour beaucoup, des changements dans les principes de lecture et de compréhension d'Aristote.

– La querelle des universaux / de Platon à la fin du Moyen Age

L'anthropologie de Thomas d'Aquin est à la fois aristotélicienne et chrétienne dans la mesure où elle rejette le dualisme platonicien de l'âme et du corps, et fait de leur union non la marque d'une déchéance originelle (thèse évidemment commune à Platon et à l'anthropologie chrétienne platonisante) mais un "bénéfice naturel" et radical pour l'âme elle-même. En terme philsophico-théologique cela signifie que l'état de séparation de l'âme et du corps est à la fois contraire à la nature comme telle et à l'"accomplissement de la personne humaine dans sa singularité propre".

– La querelle des universaux / de Platon à la fin du Moyen Age

Platon se voit ainsi confirmé dans son rôle de précurseur de l'aristotélisme arabe, le Démiurge étant assimilé à l'Intelligentia agens, et les dieux secondaires du Timée aux Intelligences subalternes du Livre des Causes.

– La querelle des universaux / de Platon à la fin du Moyen Age

Car c'est un fait, c'est Kant qui a introduit la subjectivité en philosophie.

– L'invention du sujet moderne / cours du Collège de France, 2013-2014

il faut que soit philosophiquement admis, justifiable et justifié que non seulement : 1° je suis moi-même l'agent de mes actes, mais aussi, et très littéralement, 2° que j'ai l'"intuition" d'être moi-même le sujet de ces actes. A ce moment seulement, on un cogito qui mérite le label "qualité française", un vrai cogito : je suis l'agent de mes actes et j'ai l'intuition d'être, moi et nul autre, le sujet desdits actes.

– L'invention du sujet moderne / cours du Collège de France, 2013-2014

La nécessité psychologique d'une croyance à la causalité réside dans "l'impossibilité de se représenter un évènement sans intentions, une action sans sujet".Nietzsche.

– L'invention du sujet moderne / cours du Collège de France, 2013-2014

Le devenir n'est pas libre, il ne flotte pas librement ; il s'appuie, littéralement, sur l'être. Pas de devenir sans un sujet qui est l'être. L'être est le sujet du devenir.

– L'invention du sujet moderne / cours du Collège de France, 2013-2014

Les aristotéliciens soutiennent que l'âme ou plutôt l'intellect se connaît comme il connaît les autres choses. L'homme olivien, au contraire, se connaît par le sentiment immédiat qu'il a de sa propre vie, de sa propre existence, par la certitude d'être et d'être soi, sujet et principe de ses actes.

– L'invention du sujet moderne / cours du Collège de France, 2013-2014

Le sujet olivien n'est ni le sujet transcendant de Kant, ni le sujet thomiste, parce qu'il se connaît intuitivement comme sujet alors que les autres théories du sujet nous présentent un sujet qui se connaît non pas intuitivement, mais, soit indirectement soit empiriquement, comme objet.

– L'invention du sujet moderne / cours du Collège de France, 2013-2014

La nécessité d'avoir des semblables et au coeur de la reconnaissance que j'ai d'être moi. Ce n'est pas "soi-même comme un autre", c'est "pas de soi-même sans un autre", "sans un autre moi-même".

– L'invention du sujet moderne / cours du Collège de France, 2013-2014

"C'est moi qui connais, qui sais, qui comprends, qui veux, qui hésite, qui consiste ; qui m'enquiers de ce que je désire ou que je veux et, lorsqu'il se peut, m'empare de ce que je veux et désire. Moi, dis-je, qui demeure un et indivisible à travers toutes ces opérations,sans qui nous ne serions même pas capables de discerner diverses facettes de l'âme pour les lui attribuer."Pierre d'Auvergne"Ca ressemble à Descartes et c'est avant Descartes !" Libera

– L'invention du sujet moderne / cours du Collège de France, 2013-2014

"Ce que l'on nie de soi-même est nécessairement différent de ce que l'on en affirme" Avicenne.

– L'invention du sujet moderne / cours du Collège de France, 2013-2014

La question du sujet pensant n'est pas née avec Descartes. Elle se laisse articuler dans un quadrilatère médiéval où se composent, s'appellent ou s'enchaînent quatre question : Qui pense ? [...] Quel est le sujet de la pensée ? [...] Qui sommes-nous ? [...] Qu'est-ce que l'homme ?

– L'invention du sujet moderne / cours du Collège de France, 2013-2014
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