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Ahmed Saadawi

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Frankenstein à Bagdad (2017)

De Ahmed Saadawi chez Le Livre De Poche
(11 votes, note moyenne : 3.7)

Dans le quartier de Batawin, à Bagdad, en ce printemps 2005, Hadi le chiffonnier récupère des fragments de corps abandonnés sur les lieux des attentats pour les coudre ensemble. Plus tard, il raconte que la mystérieuse créature qu’il a fabriquée – «  Trucmuche  » – a pris vie et qu’elle écume les rues pour venger les victimes dont elle est constituée.
À travers les pérégrinations sanglantes de cet être monstrueux mais aussi capable d'humanité, Ahmed Saadawi, entre réalité et conte fantastique, superstitions magiques et croyances religieuses, dresse le portrait d'une ville où tout le monde a peur de l'inconnu et où la frontière entre le bien et le mal demeure toujours incertaine.
 
 
Un roman salutaire et intense.  Léonard Billot,  Les Inrockuptibles.
 
  Ahmed Sadawi sait étonnamment évoquer la souffrance tout en maintenant de la tendresse pour les ressources imprévues des vivants. Remarquable.  Éric Dussert, Le Monde diplomatique.
 
Prix international du roman arabe. Grand prix de l’Imaginaire.

Paru le 15-11-2017 - Format : Poche - 448 pages - 18 x 11 x 1 cm - 232 g - ISBN 10 : 2253083259 - ISBN 13 : 9782253083252

Collection : Imaginaire

Tags : roman, fantastique, délire, peur, violence, juif, justice, vengeance, attentats, morts vivants, littérature irakienne, secrets, justicier, créatures, bagdad, géopolitique, politique, psychose, irak, littérature arabe.

Citations de Frankenstein à Bagdad (10)

L'explosion se produisit deux minutes après le départ de bus Kia qu'avait emprunté la vieille Elishua Oum Daniel. Tous les passagers se retournèrent d'un bloc et découvrirent au-delà de la foule l'impressionnant panache de fumée, d'un noir profond, qui s'élevait du parking situé à proximité de la place de l'Aviation, au centre de Bagdad.

L'homme est un être extrêmement arrogant; il ne reconnait jamais son ignorance.

Il passa le plus clair de la nuit à boire lentement, calmement, assis sur son lit, son verre et l'assiette de mezze posés près de lui sur un haut guéridon en métal. Il écouta le gargouillis léger de la radio, dans les ténèbres faiblement éclairées par une lanterne noire de suie. Fidèle à ses habitudes, il leva son dernier verre en l'air, comme s'il se trouvait dans un bistrot bruyant et qu'il saluait les fantômes assis à ses côtés, fantômes de gens qui s'en étaient allés, et d'autres qu'il n'avait jamais vus. Il salua l'obscurité, et les choses éparpillées dans sa chambre où grouillaient les rats. Il but ce dernier verre et entendit du bruit du côté de l'entrée. Il se retourna, vit la porte qui bougeait. Elle s'ouvrit en grand, laissant apparaître une haute silhouette sombre. Son sang se figea dans ses veines lorsqu'il la vit soudain avancer vers lui. La lueur jaunâtre de la lanterne frappa le visage de l'intrus, qui lui apparut nettement : un visage couturé de points de suture, un gros nez et une bouche fendue comme une balafre béante.

Elle voyait en eux deux individus voraces à l'âme noire, comme une tache d'encre qu'on peine à faire partir sur un tapis bon marché.

...tout le monde est responsable de cette catastrophe, d'une manière ou d'une autre. J'ajouterais même que les incidents de sécurité et les tragédies que nous vivons ont une seule source, la peur. Les pauvres gens sur le pont, c'est la peur qui les a tués. On meurt tous les jours de la peur de mourir. Ceux qui ont accueilli et soutenu Al-Qaïda l'ont fait par peur de la secte adverse, laquelle a elle aussi pris les armes et constitué des milices pour se protéger d'Al-Qaïda. Et a fabriqué d'autres machines de mort à cause de sa peur de l'autre. Nous allons voir se multiplier les morts dus à la peur. Le gouvernement et les forces d'occupations doivent en finir avec la peur, la tuer dans l'œuf, s'ils veulent vraiment stopper cet engrenage de morts.

Il se méfiait également des Américains. Ils l'exploitaient pour dresser la carte des mouvements des adversaires, des ennemis et des alliés, ils se servaient de ces renseignements comme ils l'estimaient utile. Or cette notion d'utilité ne correspondait pas toujours à l'idée que s'en faisait le brigadier Mohammed Sourour.

Parce que je suis fait de rognures humaines renvoyant à des ethnies, des tribus, des races et des milieux sociaux différents, je représente ce mélange impossible qui n'a jamais été réalisé auparavant. Pour lui, je suis le premier citoyen irakien.

J'ajouterais même que les incidents de sécurité et les tragédies que nous vivons ont une seule source, la peur.

C'était un menteur , tout le monde le savait, même s'il jurait avoir mangé un œuf au plat au petit déjeuner, il avait besoin de témoins pour l'appuyer; alors que serait ce s'il se mettai tà parler d'un corps nu fait de bouts de cadavres rafistolés?

- J'voulais l'emmener à la morgue,parc'que c'cadavre-là,il était intact, et qu'ils l'avaient laissé pourrir dans la rue comme une ordure. Un être humain, chef, tu t'rends compte!- Le cadavre n'était pas intact...c'est toi qui l'as rafistolé.- Je l'ai rafistolé pour qu'on l'traite pas comme un vulgaire déchet...pour qu'on l'respecte comme les autres, et qu'on l'enterre, chef !

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Critiques de Frankenstein à Bagdad : avis de lecteurs (12)


  • Critique de Frankenstein à Bagdad par Acidus (Babelio)

    Depuis quelques temps, le choix de certaines de mes lectures est directement inspiré de la liste des Grand Prix de l'Imaginaire, catégorie « romans étrangers ». Outre les habituels anglo-saxons, c'est...

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    Par Acidus - publiée le 27/12/2019

  • Critique de Frankenstein à Bagdad par sarahorchani (Babelio)

    Plongée dans la violence de Bagdad. Deuil et vengeance suite aux attentats L imaginaire comme l exutoire de la tragédie irakienne. Ce personnage une sorte de golem irakien créé par un chiffonnie...

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    Par sarahorchani - publiée le 24/10/2019

  • Critique de Frankenstein à Bagdad par mdamonk (Babelio)

    Je commence la lecture de roman avec une certaine appréhension, une petite peur de l'objet à lire non-identifié. La chose n'est pas aisée, le style décousu de la narration m'oblige à poser le livre et...

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    Par mdamonk - publiée le 12/07/2019

  • Critique de Frankenstein à Bagdad par (Babelio)

    Un roman qui confronte la tradition orientale du conte et la situation géopolitique ultra-violente de l'Irak actuel. Le Trucmuche, allégorie de l'injustice générale régnant sur le pays après la chute ...

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    Par Babelio - publiée le 24/10/2018

  • Critique de Frankenstein à Bagdad par Olloix (Babelio)

    Ce livre surprenant m'a captivé pour plusieurs raisons. Il peut se voir comme un documentaire de la vie à Bagdad 3ans après l'invasion américaine. On y découvre un mode de vie fait de démerdes et de p...

    Lire la critique complète >
    Par Olloix - publiée le 29/08/2018

  • Critique de Frankenstein à Bagdad par Myrinna (Babelio)

    Roman audacieux mais tellement complexe. Frankenstein à Bagdad n'est pas qu'un livre de science- fiction. À travers le mythe de Frankenstein revisité, Ahmed Saadawi présente une société décadente touc...

    Lire la critique complète >
    Par Myrinna - publiée le 17/05/2018

  • Critique de Frankenstein à Bagdad par Flaubauski (Babelio)

    A lire le titre et la quatrième de couverture de ce roman, l'on pourrait s'attendre à une réécriture bête et méchante du Frankenstein de Mary Shelley version contemporaine. Mais il n'en est bien sû...

    Lire la critique complète >
    Par Flaubauski - publiée le 06/03/2018

  • Critique de Frankenstein à Bagdad par Paquito (Babelio)

    Bagdad 2005... la difficulté d'une population à essayer de vivre "normalement' tout en évitant les bombes et les kamikazes, les bandes opposées, les américains. Quelle belle découverte que ce roman là...

    Lire la critique complète >
    Par Paquito - publiée le 09/02/2018

  • Critique de Frankenstein à Bagdad par Elodieuniverse (Babelio)

    Bagdad / Quartier de Badawin. Au coeur du chaos qu'est cette ville, Hadi le chiffonnier scrute avec avidité les lieux des explosions. Au delà des objets, Hadi convoitise quelque chose de particulier: ...

    Lire la critique complète >
    Par Elodieuniverse - publiée le 24/11/2017

  • Critique de Frankenstein à Bagdad par SeriallectriceSV (Babelio)

    Une lecture extrêmement prenante, étonnante, originale, une fiction abracadabrantesque avec en toile de fond les images d'une sombre réalité. Nous sommes en 2005 à Bagdad, sous occupation américaine, ...

    Lire la critique complète >
    Par SeriallectriceSV - publiée le 04/08/2017

  • Critique de Frankenstein à Bagdad par traversay (Babelio)

    Bagdad en 2005 a tout d'un pandémonium. La capitale irakienne, occupée par les américains, minée par la corruption, est en plein chaos soumise à une violence quotidienne marquée par des attentats suic...

    Lire la critique complète >
    Par traversay - publiée le 23/10/2016

  • Critique de Frankenstein à Bagdad par chachourak (Babelio)

    Dans le quartier de Batawin à Bagdad, des personnages aussi charismatiques que farfelus se croisent chaque jour, se chamaillent et écoutent les histoires abracadabrantes que raconte Hadi le chiffonnie...

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    Par chachourak - publiée le 16/09/2016
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