livres actu Livres Actu

Accueil > Agatha Christie

Agatha Christie

Présentation de Agatha Christie (Wikipedia)

Agatha Christie, née Agatha Mary Clarissa Miller le 15 septembre 1890 à Torquay et morte le 12 janvier 1976 à Wallingford (Oxfordshire), est une femme de lettres britannique, auteure de nombreux romans policiers. Son nom est associé à celui de ses deux héros : Hercule Poirot, détective professionnel belge, et Miss Marple, détective amateur. On la surnomme « la reine du crime ». En effet, Agatha Christie est l'une des écrivaines les plus importantes et novatrices du genre policier. Elle a aussi écrit plusieurs romans, dont quelques histoires sentimentales, sous le pseudonyme de Mary Westmacott. Agatha Christie fait partie des écrivains les plus connus au monde et elle est considérée comme l'auteure la plus lue de l'histoire chez les Anglo-Saxons, après William Shakespeare ; c'est aussi de très loin l'auteure la plus traduite dans le monde[1]. Elle a publié 66 romans, 154 nouvelles et 20 pièces de théâtre, ces œuvres ayant été traduites dans le monde entier. La plupart des intrigues se déroulent à huis clos, ce qui permet au lecteur d'essayer de deviner l'identité du coupable avant la fin du récit. Mais toute la saveur de ses histoires réside justement dans la résolution de l'enquête, souvent improbable, prenant le lecteur par surprise. Ses romans et nouvelles ont été adaptés au cinéma, dans des jeux vidéos ou à la télévision, en particulier Le Crime de l'Orient-Express, Dix Petits Nègres, Mort sur le Nil, Le Train de 16 h 50 et Témoin à charge.

Livres de Agatha Christie

Citations de Agatha Christie (766)

Au début de la guerre, miss Cowley quitte les délices - et les corvées domestiques - du foyer paternel. Elle se rend à Londres où elle prend du service dans un hôpital militaire. Premier mois : vaisselle - six cent quarante-huit assiettes par jour. Second mois : grâce à une promotion inespérée, essuyage des assiettes en question. Troisième mois, encore une promotion : à l'épluchage des pommes de terre. Quatrième mois : coupe le pain et beurre les tartines. Cinquième mois : grimpe d'un étage, est promue fille de salle, armée d'un seau et d'un balai. Sixième mois : promue au service des repas. Septième mois : son physique agréable et ses bonnes manières lui valent l'honneur suprême de servir les infirmières elles-mêmes ! Huitième mois : incident de parcours. La surveillante Bond ingurgite l'oeuf de la surveillante Westhaven. J'en prends pour mon grade ! La fille de salle est décrétée coupable ! Une faute d'inattention dans une affaire de cette importance ne saurait être trop sévèrement punie. Retour au seau et au balai ! Plus dure sera - ou plutôt fut - la chute ! Neuvième mois : de nouveau promue au balayage des salles, je tombe sur un ami d'enfance, le lieutenant Thomas Beresford (redresse-toi Tommy !), que je n'avais pas vu depuis cinq ans. Retrouvailles émouvantes ! Dixième mois : surprise par la surveillante en chef au cinéma, en compagnie d'un blessé de l'hôpital, le susmentionné lieutenant Thomas Beresford, je reçois un blâme. Les onzième et douzième mois, je recommence à servir à table avec brio si bien qu'à la fin de l'année, je quitte l'hôpital auréolée de gloire.

– Agatha Christie.11, Les années 1958-1964 - Intégrales tome 11

Plus propre et soigné que jamais, sa tête en forme d'œuf penchée sur le côté, notre ami était en train d'appliquer une nouvelle pommade sur ses moustaches. L'une des caractéristiques de Poirot était une indubitable vanité, par ailleurs inoffensive et qui s'accordait on ne peut mieux avec son amour de l'ordre et de la méthode en général.

– Agatha Christie.11, Les années 1958-1964 - Intégrales tome 11

Il nous arrive à tous de donner comme indiscutables des choses qui ne le sont pas, sans même nous en rendre compte.

– Agatha Christie.11, Les années 1958-1964 - Intégrales tome 11

La mystérieuse affaire de Styles : - chaque assassin est le vieil ami de quelqu'un, observa Poirot avec philosophie. On ne devrait jamais confondre sentiment et raisonnement.

– Agatha Christie.11, Les années 1958-1964 - Intégrales tome 11

Peu d'entre nous sont vraiment ce qu'ils paraissent être.

– Agatha Christie.11, Les années 1958-1964 - Intégrales tome 11

Car après tout, que peut-on bien trouver à dire sur la façon dont on écrit ses livres? Enfin quoi, il faut d'abord chercher une idée, et puis quand on l'a trouvée, il faut s'obliger à s'asseoir à sa table et à l'écrire. C'est tout! Il ne m'aurait pas fallu trois minutes pour expliquer ça, la conférence se serait achevée là et toute l'assistance m'aurait regardée de travers. Je ne comprends pas pourquoi tout le monde exige à tout propos que les écrivains parlent d'écriture. J'ai toujours eu tendance à estimer que le métier d'écrivain consistait non pas à parler mais à écrire!

– Agatha Christie.11, Les années 1958-1964 - Intégrales tome 11

La jeunesse est un défaut que l'on perd trop facilement. (2-296)

– Agatha Christie.11, Les années 1958-1964 - Intégrales tome 11

L'amour d'une mère pour son enfantne connaît ni loi, ni pitié, ni limite.Il pourrait anéantir impitoyablementtout ce qui se trouve au travers de son chemin

– Agatha Christie.11, Les années 1958-1964 - Intégrales tome 11

Extrait de la Postface du Crime de l'Orient-ExpressElle eut plusieurs fois au cours des années suivantes, l'occasion de reprendre l'Orient-Express dans les deux sens. L'un de ces voyages fut mémorables : celui qu'elle effectua en décembre 1931 pour rentrer à Londres et qu'elle conte en détail à son mari dans une longue lettre (reproduite dans la biographie de Janet Morgan). Le train fut bloqué à plusieurs reprises par des inondations et des chutes de neige et les voyageurs durent patienter de nombreuses heures.

– Agatha Christie.11, Les années 1958-1964 - Intégrales tome 11

Extrait de la Postface du Train Bleu :Lors d'une interview en 1966, Agatha Christie déclara que Le train bleu était certainement le plus mauvais livre qu'elle ait jamais écrit. "Chaque fois que je le relis, je trouve que c'est un roman banal, pleins de clichés, avec une intrigue sans intérêt. Je suis navrée de penser que beaucoup de gens l'apprécient vraiment."

– Agatha Christie.11, Les années 1958-1964 - Intégrales tome 11

Oui, je veux venir avec toi. Après tout, je t'ai épousé pour le meilleur et pour le pire, et tante Ada fait sans contredit partie du pire.

– Mon petit doigt m'a dit

Plus tard, j'ai entendu un type faire allusion à elle comme à la femme la plus laide qu'il ait jamais rencontrée. Sur le moment, cela m'a donné un choc et puis, j'ai pensé qu'il était sans doute préférable que je ne l'aie point revue.

– Mon petit doigt m'a dit

Un couple sympathique, sans histoire, mais sans doute ennuyeux aux yeux d'un représentant de la jeune génération qui déclarerait : "Charmants et terriblement démodés, comme tous nos aînés, d'ailleurs."Néanmoins, Mr et Mrs Beresford estimaient n'être pas encore parvenus à l'âge où l'on entre dans cette catégorie. Ils ne se doutaient pas, qu'avec bien d'autres, ils étaient déjà relégués, par la jeunesse actuelle, dans le monde triste et froid des vieillards désoeuvrés. Pour leur part, ils voyaient leurs cadets d'un oeil indulgent, ne les critiquant pas dans leurs efforts pour surmonter les difficultés multiples que se crée l'adolescence.

– Mon petit doigt m'a dit

[...] mais il existe plusieurs sortes de religions. Peut être êtes vous au courant ?- Vous voulez dire différentes sectes ?

– Mon petit doigt m'a dit

Tommy répondit que Tuppence était en forme et toujours active.-Elle l'a toujours été. Elle me faisait penser parfois à une libellule. Sans cesse courant après une idée de son cru et apparemment absurde jusqu'au moment où on s'apercevait qu'elle n'était pas absurde du tout. Un vrai plaisir, remarqua le général, approbateur. Je déteste ces femmes sérieuses et sur le retour qu'on rencontre aujourd'hui, qui luttent toutes pour une Cause avec un C majuscule. Quant aux jeunes filles…

– Mon petit doigt m'a dit

La journée s'annonçait banale, le genre de journée qui vous attend cinq fois sur sept, au long de la semaine. Le gris du ciel laissait prévoir la pluie, bien que rien ne soit jamais certain avec le ciel britannique.

– Mon petit doigt m'a dit

Si vous avez un caractère désagréable à vingt ans, qui ne s'améliore pas à quarante ni à soixante et qui empire aux approches du cap des quatre-vingts... je ne vois pas pourquoi j'éprouverais la moindre sympathie pour vous, simplement parce que vous êtes vieux?

– Mon petit doigt m'a dit

Mr et Mrs Beresford n'en étaient cependant pas encore arrivés à se considérer comme vieux. Et l'idée ne leur venait pas qu'on pût automatiquement les considérer, eux et bien d'autres, comme ennuyeux à périr sur cet unique critère. Pleins d'indulgence, ils auraient estimés, bien sûr, que cela ne pouvait être que le point de vue de jeune, car les jeunes, que connaissent-ils de la vie ? Les pauvres chéris, toujours soucieux de leurs examens ou de leur vie sexuelle, toujours occupés à s'acheter des vêtements extraordinaires ou à faire subir d'extraordinaires traitements à leurs cheveux de peur de passer inaperçus. De leur point de vue tout ce qu'il y a de personnel, Mr et Mrs Beresford avaient à peine atteint la fleur de l'âge.

– Mon petit doigt m'a dit

Quant à Mrs Copleigh elle-même, Tuppence eut l'impression qu'elle sortait tout droit d'un roman de Dickens. Toute petite et boulotte, elle paraissait arriver vers vous en roulant comme une balle de caoutchouc.

– Mon petit doigt m'a dit

- Je vais procéder, à mon tour, à une petite enquête, et commencer par rendre visite à ce notaire. Il n'a peut-être rien à voir dans tout cela, mais j'aimerais le rencontrer et tirer de notre entretien, mes propres conclusions.

– Mon petit doigt m'a dit

[...] une fille ne met jamais trop de rouge à lèvres. Pour la bonne raison qu'elle ne sait pas quelle quantité elle va en perdre dans le taxi qui la ramène chez elle.

– Black coffee

-Ah! Vous êtes comme tous les anglais, sourit Poirot. Le bon air frais du dehors, vous ne le laissez pas dehors. Non! Il vous faut, à vous autres, le faire entrer dans la maison.

– Black coffee

Le carnet de deuil n'était pas réconfortant lui non plus : les contemporains de Poirot, et même un tas d'individus plus jeunes, semblaient pressés de partir pour un monde meilleur.

– Black coffee

- Vous êtes intrigué, Hastings ? demanda-t-il. Vous vous étonnez que je ne me lance pas à la poursuite d'un suspect ?- Euh… il y a de cela, reconnut le capitaine. - Je ne doute pas que vous le feriez si vous étiez à ma place, convint Poirot au comble de la suffisance. Je le comprends. Mais je ne suis pas de ceux qui aiment à courir en tous sens, à chercher une aiguille dans une botte de foin, comme vous dites, vous autres Anglais. Pour le moment, je me contente d'attendre. Et pourquoi attends-je ? Eh bien parce que certaines choses sont parfois limpides pour l'intelligence d'Hercule Poirot alors qu'elles ne le sont pas le moins du monde pour ceux qui ne jouissent pas des mêmes immenses facultés.- Sacré nom d'une pipe, Poirot ! manqua s'étrangler Hastings. Je vous assure que je serais souvent prêt à donner une somme considérable pour vous voir – ne serait-ce qu'une fois – vous casser le nez et devenir la risée universelle. Vous êtes si irrémédiablement infatué de vous-même ! - Ne vous mettez pas en colère, Hastings, mon très cher, répondit Poirot sur un ton apaisant. En vérité, je m'aperçois qu'il y a des moments où vous semblez presque me détester. Hélas, c'est la rançon de la grandeur ! Le petit homme gonfla la poitrine et poussa un soupir si comique que Hastings ne put s'empêcher de rire : - Poirot, je n'ai jamais vu personne posséder si haute opinion de soi. -Que voulez-vous, fit Poirot avec suffisance, quand on est unique, on finit toujours par le savoir.

– Black coffee

Hercule Poirot prenait son petit déjeuner dans son luxueux appartement de Mayfair, havre de paix tout entier voué au double culte de l'angle droit et de la symétrie.

– Black coffee

Hercule Poirot prenait son petit déjeuner dans son luxueux appartement de Mayfair, havre de paix tout entier voué au double culte de l'angle droit et de la symétrie. Et il venait de se régaler de sa brioche et de sa tasse de chocolat chaud quand, rompant incongrûment avec la sacro-sainte tradition – car c'était un être d'habitudes et qui dérogeait rarement à la routine –, il pria de but en blanc son fidèle valet de chambre, Georges, de lui en préparer une seconde tasse. Puis, tandis qu'il se mettait en devoir d'attendre cet extravagant supplément de breuvage, il accorda un regard complaisant à l'image que lui renvoyait le miroir en pied – rectangulaire, comme il se doit – qui lui faisait face de l'autre côté de la pièce. Court sur pattes, la soixantaine bien sonnée, silhouette menue en dépit de la plaisante rondeur de sa bedaine, il avait le crâne en forme d'œuf et des moustaches superlatives qui se relevaient dans un élan de pétulance contrôlée. Apparemment satisfait de ce qu'il voyait, il reporta son attention sur le courrier du matin qu'il avait déjà parcouru et qui attendait sur sa table.

– Black coffee

Ma chère tante Caroline, croyez moi car j'en sais long sur la question, une fille ne met jamais trop de rouge à lèvres. Pour la bonne raison qu'elle ne sait pas quelle quantité elle va en perdre dans le taxi qui la ramène chez elle.

– Black coffee

Je ne devine jamais, chère Mrs Oliver. Je mets en branle mon intellect, je bats le rappel des petites cellules grises qui par milliards peuplent mon cerveau....

– Black coffee

Oh ! et si par hasard vous rencontriez miss Barbara dans le jardin, vous pourriez lui dire de me restituer le capitaine Hastings ? Nous devons bientôt repartir pour Londres.

– Black coffee

- Vous voyez où nous en sommes à présent ?- Non, reconnut Hastings dans un élan de vertueuse franchise. Vous savez très bien que je ne vois jamais ces choses-là. Tout ce que je suis à même de voir, c'est que nous nous trouvons vous et moi dans la bibliothèque de la maison de Sir Claud, c'est là mon maximum.

– Black coffee

- Poirot ! m'écriai-je, j'ai tout compris… - Vous n'avez rien compris, mon bon, répliqua Poirot. Rien du tout, comme d'habitude ! C'est incroyable, mais c'est comme ça.

– Marple, Poirot, Pyne et les autres

- D'après Jane, vous damez le pion aux plus fins limiers, miss Marple ! Si les yeux de la vieille demoiselle pétillèrent, ce fut néanmoins avec modestie qu'elle protesta : - Mais absolument pas ! Tout au plus pourrait-on dire que, vivant dans un village, il m'a été donné de beaucoup observer la nature humaine.

– Marple, Poirot, Pyne et les autres

Il me faudrait une réponse à trois questions.Le teste d'aptitude ? Allons-y.Dormez-vous la fenêtre ouverte ou fermée ? Ouverte. J'aime respirer. Basil et vous, aimez-vous le même genre de nourriture ?Oui.Aimez-vous vous coucher tôt ou tard ? Pour tout vous avouer, et en confidence : tôt. A dix heures et demie, je commence à bailler.

– Marple, Poirot, Pyne et les autres

J'imagine que votre ébéniste était un homme jeune. Il ne connaissait pas toutes les ficelles du métier. Les gens étaient très ingénieux, à l'époque. C'est ainsi qu'il existe souvent un secret à l'intérieur du secret. Elle tira une épingle à cheveux de son chignon, la détordit et l'introduisit dans ce qui semblait une piqûre de ver sur une des parois de la niche secrète. Après quelques tâtonnements, elle ouvrit un tiroir miniature. À l'intérieur se trouvaient un mince paquet de lettres aux enveloppes fanées et un papier plié en quatre.

– Marple, Poirot, Pyne et les autres

Une heure et demie plus tard environ, ces deux dames, échevelées, le vêtement en désordre et cramponnées à des paquets de linge de maison remportés de haute lutte, s'attablaient dans un petit restaurant retiré, à l'enseigne du Rameau du Pommier, afin de s'y refaire une santé grâce à des steaks accompagnés de pudding aux rognons et suivis de tarte aux pommes.

– Marple, Poirot, Pyne et les autres

- Merci, j'accepte avec reconnaissance. C'est faire preuve de bon coeur que de penser à un vieil homme comme moi. Et, après tout, un coeur généreux vaut bien tout un tas de petites cellules grises. Si ! Si ! moi-même qui vous parle, je serai parfois enclin à l'oublier.Je ne goûtai guère cette remarque. Poirot a tendance à sous-estimer mes facultés mentales. Mais son plaisir était si manifeste que je dissimulai mon léger agacement.

– Marple, Poirot, Pyne et les autres

Ma prise de contact avec l'affaire en question eut lieu un soir, vers 9 heures, quand Gwen - vous vous souvenez de Gwen ? ma petit bonne rousse, celle qui...- enfin bref, quand Gwen est venue me dire que Mr Petherick, accompagné d'un " monsieur", désirait me voir. Comme il se doit, elle les avait fait entrer au salon. Pour ma part, j'étais à la salle à manger, où j'établis toujours mes quartiers au début du printemps car c'est gaspillage que d'entretenir plusieurs feux en demi-saison.

– Marple, Poirot, Pyne et les autres

Mrs Bentry rêvait : ses pois de senteur avaient obtenu le premier prix à l'exposition florale. Le pasteur, revêtu de son surplis, distribuait les récompenses à l'église, et sa femme en costume de bain, le suivait. Fort heureusement, ce n'était qu'un rêve, sans quoi cette tenue irrévérencieuse eût soulevé la désapprobation de tous les fidèles.

– Un cadavre dans la bibliothèque (Nouvelle traduction révisée)

Oh, lui, il avait d'autres chats à fouetter. C'est un coq de village, à l'oeil égrillard. Pas un homme à jouer éternellement les veufs éplorés, quel qu'ait pu être son attachement pour sa femme. J'imagine qu'ils ont dû, Adélaïde et lui, secouer plus d'une fois le joug du perpétuel souvenir imposé par le vieux Mr Jefferson. Seulement, donner des coups de canif au contrat, ajouta miss Marple, caustique, c'est évidemment beaucoup plus facile pour les messieurs.

– Un cadavre dans la bibliothèque (Nouvelle traduction révisée)

Mrs Bantry rêvait. Ses pois de senteur venaient de remporter un premier prix à l'exposition florale. Le pasteur, revêtu de sa soutane et de son surplis, distribuait les récompenses dans l'église. Sa femme traversait nonchalamment l'auguste assemblée en maillot de bain mais, heureux privilège des songes, cette incongruité ne soulevait pas parmi les paroissiens le tollé qu'elle eût assurément déclenché dans la réalité...Mrs Bantry était ravie. Elle adorait ces rêves du petit matin qui s'achevaient par le premier thé de la journée.Le petit matin. Quelque part dans son subconscient, elle en percevait les bruits dans la maison. Le raclement, sur leur tringle, des rideaux de l'escalier tirés par la femme de chambre ; celui du balai-brosse et du ramasse-poussière de la bonne dans le couloir. Plus loin, le lourd claquement du loquet de la porte d'entrée que l'on déverrouillait.Un nouveau jour commençait. En attendant, il fallait profiter au maximum de cette exposition florale, car déjà sa nature onirique devenait de plus en plus apparente...À l'étage au-dessous, les grosses persiennes en bois du salon furent ouvertes. Elle entendit sansentendre. Pendant une bonne demi-heure encore, la rumeur habituelle de la maison allait continuer, discrète, étouffée, sans la déranger tant elle lui était familière. Jusqu'à atteindre son point culminant - un pas alerte et assuré qui approcherait dans le couloir, le frôlement d'une robe de coton imprimé, l'infime tintement d'un service à thé posé avec le plateau sur la petite table, derrière la porte, puis les coups légers frappés au battant et l'entrée de Mary pour tirer les rideaux.Dans son sommeil, Mrs Bantry fronça le sourcil. Quelque chose d'insolite venait perturber son rêve, quelque chose d'intempestif. Les pas dans le couloir. Trop précipités. Trop tôt. Elle attendit inconsciemment les tintements de la porcelaine. Mais la porcelaine point ne tinta. Les coups furent toqués à la porte. De façon automatique, du fond de son sommeil, Mrs Bantry répondit : «Entrez». On ouvrit. Elle attendit le glissement des rideaux sur leur barre.Mais les rideaux ne glissèrent pas. Dans la pénombre verte de la chambre, la voix de Mary s'éleva, haletante, affolée :— Madame ! Oh, Madame, il y a un cadavre dans la bibliothèque !Puis, secouée de sanglots nerveux, ladite Mary se précipita hors de la pièce.

– Un cadavre dans la bibliothèque (Nouvelle traduction révisée)

En bas, dans le salon, à côté du troisième pilier sur la gauche, est assise une vieille demoiselle au visage doux et placide mais dont l'esprit a exploré sans broncher les profondeurs de la malignité humaine. Elle s'appelle miss Marple, elle habite le village de St Mary Mead, à deux kilomètres de Gossington, c'est une amie des Bantry — et, dès qu'il s'agit de dépister un criminel, elle est championne toutes catégories, Conway !

– Un cadavre dans la bibliothèque (Nouvelle traduction révisée)

Un homme, il faut tout le temps avoir l'oeil dessus. Tout le temps, tout le temps ! Martela-t-elle avec véhémence.

– Un cadavre dans la bibliothèque (Nouvelle traduction révisée)

— [...] Vous savez, Hastings, que je vous considère un peu comme une mascotte.— Vraiment ? En quel sens ?Sans répondre directement à ma question, il poursuivit :— Dès que j'ai appris votre arrivée, je me suis dit : Il va sûrement se passer quelque chose. Comme autrefois, nous allons faire ensemble la chasse au malfaiteur. Mais nous ne nous contenterons point d'un crime ordinaire. Il nous faut quelque chose de rare… de recherché… de fin…— Ma parole, Poirot, ne dirait-on pas que vous êtes en train de commander votre menu au Ritz ?— Avec cette différence qu'on ne saurait préparer un crime sur commande.

– ABC contre Poirot (Nouvelle traduction révisée)

— Si vous avez quelques questions à me poser sur l'affaire de Bexhill, je vous en prie, n'hésitez pas.— Vous n'avez sans doute pas un signalement de la jeune fille ?— Elle était âgée de vingt-trois ans et travaillait comme serveuse au café de la Chatte Rousse…— Non, pas ça… Je vous demande si elle était jolie, fit Poirot.— J'ignore ce détail, répondit l'inspecteur d'une voix détachée.Son ton signifiait : « Vraiment, ces étrangers ! Tous les mêmes ! »Une lueur de gaieté passa dans les yeux de Poirot.— Selon vous, cela n'a pas d'importance. J'estime, au contraire, que, pour une femme, c'est capital : sa beauté décide souvent de sa destinée !

– ABC contre Poirot (Nouvelle traduction révisée)

Sachez, Hastings, qu'il n'est rien de plus dangereux que la conversation pour celui qui veut dissimuler quelque chose. Un vieux philosophe français m'a dit un jour que la conversation est une invention humaine destinée à empêcher l'homme de penser. C'est aussi un moyen infaillible de découvrir ce qu'il cherche à cacher. L'être humain, Hastings, ne sait résister au plaisir de parler de lui, d'exprimer sa personnalité et la conversation lui en offre une occasion unique.Chapitre 31 : Hercule Poirot interroge.

– ABC contre Poirot (Nouvelle traduction révisée)

"_Les mots, mademoiselle, ne sont jamais que l'enveloppe des idées."

– ABC contre Poirot (Nouvelle traduction révisée)

"Le langage, m'a dit un jour un vieux Français fort sage, a été inventé par l'homme pour l'empêcher de penser."

– ABC contre Poirot (Nouvelle traduction révisée)

... mais le succès peut tourner la tête au plus sensé d'entre nous. En outre, dans le cas de Poirot, la tête devait lui tourner depuis déjà pas mal d'années. il ne fallait pas s'étonner de voir se manifester les effets de ce vertige, à la longue.

– ABC contre Poirot (Nouvelle traduction révisée)

- Sans doute une photographie de mariage, dit Poirot. Regardez, Hastings. Ne vous ai-je pas dit que cette femme avait dû être jolie ? Il ne se trompait point. Malgré la coiffure surannée et les ridicules vêtements de l'époque, cette jeune personne possédait une beauté indéniable dans ses traits réguliers et son port gracieux. J'examinai de près son compagnon et j'avoue qu'il me fut impossible de reconnaître le père Ascher dans cet élégant jeune homme à l'allure altière. Me souvenant du vieil ivrogne au regard sournois et de sa femme au visage ravagé par les veilles et les fatigues je frémis devant la cruauté impitoyable du temps.

– ABC contre Poirot (Nouvelle traduction révisée)

"_Notre corps est un fardeau, monsieur Poirot, surtout quand il se met à occuper le devant de la scène. On n'a plus qu'une obsession : la douleur va-t-elle s'apaiser ou non ? Rien d'autre n'a d'importance._Je sais, lady Clarke. C'est là une des grandes tragédies de l'existence."

– ABC contre Poirot (Nouvelle traduction révisée)

Cependant, je sais par expérience que les moindres actes de Poirot, aussi énigmatiques qu'ils paraissent, sont toujours inspirés par la réflexion.

– ABC contre Poirot (Nouvelle traduction révisée)

- Qui êtes vous ? Vous n'êtes pas de la police ?- Je vaux mieux que la police, répondit Poirot.Il avait dit cela sans arrogance intentionnelle. Pour lui, c'était une évidence, rien de plus.

– ABC contre Poirot (Nouvelle traduction révisée)

Je n'ai jamais vraiment vu son visage. Ces filles, avec leur maquillage, leur coiffure et leurs ongles faits, elles se ressemblent toutes.

– Un cadavre dans la bibliothèque (Nouvelle traduction révisée)

L'annonce d'une mauvaise nouvelle provoque toujours une réaction défensive chez celui qui la reçoit. Il en reste d'abord étourdi et ne se rend compte pleinement compte de la réalité qu'au bout d'un moment.

– Un cadavre dans la bibliothèque (Nouvelle traduction révisée)

- Miss Marple ? Le chef constable se redressa. Pourquoi l'a-t-elle envoyé chercher ?- Bah ! il est tout naturel qu'une femme recherche la société d'une amie en pareil cas. Qu'en pensez-vous ?Le colonel Melchett ricana :- Si vous voulez mon avis, Mrs. Bantry va s'essayer la main au petit jeu de l'amateur détective. Miss Marple est le véritable limier local. Une fois, elle nous a bien "possédés," n'est-ce pas Slack ?- Oui, mais en des circonstances très différentes, répliqua l'inspecteur.- Comment cela ?- La victime était une personne du pays. Cette vieille fille sait tout ce qui se passe au village, je vous l'accorde. Mais aujourd'hui elle en sera pour ses frais.

– Un cadavre dans la bibliothèque (Nouvelle traduction révisée)

Miss Marple intervint dans la conversation.- Les messieurs, affirma-t-elle avec cette manière qu'ont les vieilles filles de parler de l'autre sexe comme s'il s'agissait d'une variété de bêtes sauvages, sont souvent moins équilibrés qu'il n'y paraît.

– Un cadavre dans la bibliothèque (Nouvelle traduction révisée)

[...] réduite à l'état de cadavre sur la carpette de cheminée de sa bibliothèque. C'est toujours là qu'on les trouve, les cadavres, dans les livres.

– Un cadavre dans la bibliothèque (Nouvelle traduction révisée)

Toute réussite porte en elle le germe d'un sentiment d'échec.

– Rendez-vous à Bagdad (Nouvelle traduction révisée)

Plusieurs personnes attendaient déjà dans la pièce. Richard leur accorda à peine un coup d'oeil. En tout état de cause, l'humanité dans son ensemble ne l'intéressait pas vraiment. Un fragment de poterie antique le passionnait toujours plus qu'un vulgaire péquenot né à un moment quelconque du XXème siècle après JC.

– Rendez-vous à Bagdad (Nouvelle traduction révisée)

— Vous êtes souffrante, mademoiselle Scheele ? Il posait la question, encore qu'elle lui parût ridicule. Miss Scheele ne pouvait pas tomber malade. Les microbes eux-même la respectaient.

– Rendez-vous à Bagdad (Nouvelle traduction révisée)

- Vous êtes souffrante, mademoiselle Scheele ? Il posait la question, encore qu'elle lui parût ridicule. Miss Scheele ne pouvait pas tomber malade. Les microbes eux-même la respectaient.

– Rendez-vous à Bagdad (Nouvelle traduction révisée)

Pour Victoria, Babylone fut une déception. Ces tas de briques calcinées, ces montagnes de décombres n'évoquaient rien. Elle attendait des colonnes, des arcs de triomphe, quelque chose qui ressemblait aux photos qu'elle avait vues des ruines de Baalbek. On était loin du compte...Peu à peu, pourtant, elle finit par s'intéresser aux explications du guide, dont elle avait tout d'abord écouté le verbiage d'une oreille distraite. Les figures d'animaux fantastiques moulées en relief sur les murs, la voie majestueuse qui conduit à la Porte d'Ishtar, d'autres vestiges encore, attestant la grandeur passée de la cité morte, éveillèrent sa curiosité et, quand ils s'assirent au pied du Lion fameux, pour faire honneur au déjeuner froid qu'Edward avait eu la précaution d'apporter, elle eût voulu tout savoir de la Babylone antique. Le guide s'éloigna, par discrétion, après avoir dit qu'ils devaient, dans l'après-midi, visiter le musée.Croyez-vous que ce soit indispensable ? demanda Victoria. Des objets étiquetés et placés sous vitrines, ça ne signifie rien ! Je suis allée une fois au British Museum. Ce que j'ai pu m'y ennuyer !Le passé est toujours ennuyeux, déclara Edward. L'avenir est autrement intéressant.- Ici, c'est intéressant, reprit Victoria. On a le sentiment qu'on est devant quelque chose de grand... Est-ce que vous connaissez le poème qui dit : "Quand tu étais roi dans Babylone et quand j'étais moi, une esclave chrétienne..." ? Qui sait ? Ce roi et cette esclave, c'étaient peut-être nous ? Edward sourit.- Je ne suis pas très fort sur les dates, mais il me semble bien qu'il n'était plus question de rois de Babylone quand on a commencé à parler des chrétiens...- Qu'est-ce que cela fait ? Ca vous aurait plu, d'être roi de Babylone ?- Certainement !- Alors, disons que vous l'avez été et que vous êtes la réincarnation d'un souverain de l'antiquité.- En ce temps-là, les rois connaissaient leur métier et la façon de l'exercer ! Ils gouvernaient et le monde ressemblait à quelque chose.- Je ne sais pas, dit Victoria, songeuse, si j'aurais tellement aimé être une esclave, chrétienne ou pas !Edward, lui aussi, suivait sa pensée.- Milton était dans le vrai, quand il écrivait : "Mieux vaut régner en Enfer que servir au Paradis." J'ai toujours admiré son Satan.Victoria avoua qu'elle connaissait mal Milton.

– Rendez-vous à Bagdad (Nouvelle traduction révisée)

Et elle en vint à la conclusion que la vanité était sans doute, de toutes les passions humaines, l'une de celles qui vous brouillaient le plus facilement l'esprit.

– Rendez-vous à Bagdad (Nouvelle traduction révisée)

L'humilité, c'est ce qui vous permet de rester sain d'esprit, de demeurer un être humain...

– Rendez-vous à Bagdad (Nouvelle traduction révisée)

Il est respectable comme ça n'est pas permis, cultivé que ça en fait peur, et il est membre de toutes les sociétés savantes possibles et imaginables - et du genre à copiner avec les archevêques et les directeurs de lycée.

– Rendez-vous à Bagdad (Nouvelle traduction révisée)

Comme la plupart d'entre nous, Victoria avait ses qualités et ses défauts. On pouvait porter à son crédit qu'elle était généreuse, chaleureuse et courageuse. Son goût pour l'aventure pouvait être jugé critiquable plutôt que méritoire, à une époque où l'on faisait grand cas de la sécurité. Son principal défaut était une tendance à raconter des mensonges, à bon comme à mauvais escient. La fiction la fascinait nettement plus que la réalité.

– Rendez-vous à Bagdad (Nouvelle traduction révisée)

Il est vrai que nous vivons dans un monde en folie.

– Rendez-vous à Bagdad (Nouvelle traduction révisée)

C'est étrange, mais dans la vie, les plans que nous échafaudons ne se déroulent jamais comme prévu.

– La nuit qui ne finit pas (Nouvelle traduction révisée)

N'est-ce pas un vieux comédien qui racontait: "J'ai été amoureux une fois, et si je sentais le mal me reprendre, je fuirais à toute allure."

– La nuit qui ne finit pas (Nouvelle traduction révisée)

"Every night and every MornSome to Misery are bornEvery Morn and every Night Some are born to Sweet Delight,Some are born to Sweet delight,Some are born to Endless Night.William Blake

– La nuit qui ne finit pas (Nouvelle traduction révisée)

Je me demandai soudain où je serais, moi, quand l'heure de ma mort sonnerait. Au Champ du Gitan ? Peut-être. Ma mère viendrait me voir mettre en terre... si elle n'était pas déjà morte. Mais je ne pouvais imaginer ma mère morte. Il m'était plus facile de penser à ma propre mort. Oui, elle viendrait me voir mettre en terre. Peut-être la sévérité de son visage s'adoucirait-elle. Mais je ne voulais pas penser à elle. Je ne voulais pas l'approcher, je ne voulais pas la voir.En fait, ce n'est pas ça du tout. Le problème n'était pas que je la voie, elle. Le problème avec ma mère, ç'avait toujours été qu'elle me voie, moi, que ses yeux regardent à travers moi, que son angoisse se communique à moi comme un miasme et vienne m'étreindre. Je pensai : "Les mères sont le diable ! Pourquoi couvent-elles à ce point leurs enfants ? Pourquoi croient-elles tout savoir sur eux ? Elles ne savent pas tout. Non, elles ne savent pas tout ! Elle devrait être fière de moi, heureuse pour moi, heureuse de la vie merveilleuse à laquelle j'ai accédé. Elle devrait..." Puis, une nouvelle fois, je tentai de penser à autre chose.

– La nuit qui ne finit pas (Nouvelle traduction révisée)

Moi, je ne voulais pas travailler. C'était aussi simple que ça. Le travail, je m'en méfiais, je n'aimais pas ça. Je trouvais que c'était une belle ânerie que l'humanité avait eu la malencontreuse idée d'inventer.

– La nuit qui ne finit pas (Nouvelle traduction révisée)

Est-il jamais possible de mettre le doigt sur un point précis de notre existence en décrétant, sans risquer d'erreur : "Tout a débuté ce jour-là, à telle heure, à tel endroit et par tel incident" ?

– La nuit qui ne finit pas (Nouvelle traduction révisée)

Petite mouche, ma main distraite a balayé tes jeux de l'été.Mais ne suis-je pas comme toi une mouche ?Ou n'es-tu pas un homme, comme moi?Je danse, bois et chante jusqu'au moment où une main aveugle balaie mon aile.

– La nuit qui ne finit pas (Nouvelle traduction révisée)

Parce que si vous approchez du "Champ du Gitan", vous y rencontrerez le chagrin et peut-être même la mort. Je vois qu'un malheur vous menace. Croyez-moi, oubliez vite cet endroit.

– La nuit qui ne finit pas (Nouvelle traduction révisée)

Dans la vie, on ne se rend pas compte des moments qui sont vraiment importants... pas avant qu'il ne soit trop tard. 

– La nuit qui ne finit pas (Nouvelle traduction révisée)

Certains sont nés pour le Bonheur et d'autres pour la Nuit qui ne finit pas.

– La nuit qui ne finit pas (Nouvelle traduction révisée)

— Vous êtes en train de vous demander si je suis un charlatan ou bien l'homme qu'il vous faut.[...]— Eh bien oui… en quelque sorte. C'est que vous… je ne vous voyais pas exactement comme ça, monsieur Poirot.— Je suis plus âgé, n'est-ce pas ? Plus âgé que vous ne l'imaginiez ?— Oui, il y a ça aussi. [...] Vous voyez que je suis franche. Je veux – il me faut – le meilleur détective.— Alors soyez rassurée, dit-il. Je suis le meilleur !— Ce n'est pas la modestie qui vous étouffe[...]. Et pourtant… je serais tentée de vous prendre au mot.— Il n'y a pas que les muscles qui comptent, fit benoîtement Poirot. Je n'ai pas besoin de me mettre à quatre pattes pour examiner les traces de pas, moi. Ni de ramasser les mégots ou examiner les brins d'herbe. Il me suffit de m'installer dans mon fauteuil et de réfléchir. C'est ça (il tapota son crâne en forme d'œuf) mon instrument de travail !

– Cinq petits cochons (Nouvelle traduction révisée)

[...] il y a des gens qui trouvent l'harmonie monotone. Il leur faut le stimulant de la contradiction pour apporter une dimension dramatique à leur vie.

– Cinq petits cochons (Nouvelle traduction révisée)

Te marie pas, mon vieux. Pour ce qui est de l'enfer, t'auras tout le temps après la mort.

– Cinq petits cochons (Nouvelle traduction révisée)

On doit avoir le courage de regarder les choses en face. Sans ce courage, la vie n'a pas de sens. Les gens qui nous font le plus de mal sont ceux qui veulent nous protéger de la réalité.

– Cinq petits cochons (Nouvelle traduction révisée)

Ce n'est pas à coups de pancarte qu'on se protège du danger, vous savez.

– Cinq petits cochons (Nouvelle traduction révisée)

Mais peut-on attendre de la pitié de la jeunesse triomphante ? C'est un sentiment qui vient avec le temps et la sagesse.

– Cinq petits cochons (Nouvelle traduction révisée)

Autant j'ai admiré Elsa Gréer parce qu'elle avait du cran, parce qu'elle se battait, parce qu'à aucun moment elle n'a baissé les bras devant l'adversité, autant j'ai admiré Caroline Crale pour sa retenue, pour sa faculté à se retirer dans sa pénombre. Elle n'a jamais perdu parce qu'elle n'a jamais livré bataille.

– Cinq petits cochons (Nouvelle traduction révisée)

-Vous ne portez pas les hommes dans votre cœur, observa Poirot.-En ce bas monde les hommes se taillent la part du lion, répondit-elle sèchement. J'espère que ça changera un jour.

– Cinq petits cochons (Nouvelle traduction révisée)

Miss Williams parvint à charger ce dernier mot de toute une signification victorienne.-Les hommes !....lâcha-t-elle sans aller plus loin. Comme un riche propriétaire terrien prononcerait "les bolcheviks " , un communiste fervent "les capitalistes ", une bonne maîtresse de maison "les cafards ", voilà comment miss Williams avait dit "les hommes ".

– Cinq petits cochons (Nouvelle traduction révisée)

Un verdict n'est pas toujours un point final.

– Cinq petits cochons (Nouvelle traduction révisée)

- La porte était fermée et la chaînette mise à l'intérieur, répéta Poirot. Ne s'agirait-il point d'un suicide ? Le docteur grec fit entendre un rire sarcastique.- Un homme se suicide-t-il en se donnant des coups de couteau en dix ou douze endroits ?

– Crimes en Orient

— [...] Voici réunis des gens de toutes classes, de toutes nationalités et de tous âges. Pendant trois jours, ces personnes, étrangères les unes aux autres, vont dormir et manger sous le même toit. Elles mèneront une vie commune, et au bout de ces trois jours, elles se sépareront pour ne se revoir peut-être jamais.— A moins qu'une catastrophe…— Ah ! non, mon ami…— Évidemment, de votre point de vue, ce serait regrettable. Mais supposons un instant qu'un accident se produise. En ce cas, tout ce monde se trouvera uni… dans la mort.

– Crimes en Orient

_"Mon très cher ami, je connais la nature humaine, et je puis vous dire que, devant la perspective de passer aux assises pour meurtre, le plus innocent des êtres peut perdre la tête et se livrer à toutes sortes d'absurdités."

– Crimes en Orient

"_Vous comprenez ce que je veux dire ?_Parfaitement, dit Poirot. Tout cela est merveilleusement lumineux. Le meurtrier était un homme d'une très grande force, mais il n'est pas costaud, et d'ailleurs, c'est une femme, et par surcroît, c'est un droitier qui est gaucher..."

– Crimes en Orient

- [...] En général, je n'aime pas trop les Britiches - on a toujours l'impression qu'ils ont avalé leur parapluie -, mais celui-là me plaît bien.

– Crimes en Orient

[...] Hercule Poirot se livra sans plus attendre à un exercice complexe : tenter d'éviter à ses moustaches tout contact avec son potage.

– Crimes en Orient

- Vous savez bien que jusqu'à la dernière minute, je considère que tout le monde est suspect.

– Crimes en Orient

- J'adore voir les Anglais en colère, sourit Poirot. Je les trouve tordants. Plus ils sont énervés, moins ils maîtrisent leur langage.

– Crimes en Orient

- [...] J'aimerais bien aller en Amérique.- Là-bas, vous découvririez des méthodes sacrément rapides. Il faut réveiller l'Europe. Elle roupille, affirma Hardman.- C'est vrai, convint Poirot. L'Amérique est la patrie du progrès. Et il y a bien des choses que j'admire chez les Américains, mais - vous allez peut-être me juger un peu vieux jeu - je trouve les Américaines moins séduisantes que mes compatriotes. Une midinette française - ou belge -, coquette, mutine... pas une femme au monde ne lui arrivera jamais à la cheville...

– Crimes en Orient

Il appela les porteurs qui enlevèrent leurs bagages et les amenèrent devant la voiture où une plaque annonçait l'itinéraire : Constantinople - Trieste - Calais- Il paraît que c'est complet ?- C'est incroyable monsieur ! On jurerait, ma parole, que tout le monde s'est donné rendez-vous pour voyager cette nuit.

– Crimes en Orient

— [...] Nom d'un tonnerre !En poussant cette exclamation, Poirot me tira précipitamment en arrière, juste à temps pour éviter un arbre qui venait de s'abattre sur le trottoir. Un peu plus, il nous aurait terrassés. Poirot, pâle et défait, le regarda fixement.— Il s'en est fallu d'un cheveu ! Sans son regard rapide, sans ses yeux de lynx, Hercule Poirot, en ce moment, ne serait peut-être plus de ce monde ! Quel désastre pour l'humanité ! Sans parler de vous, Hastings ! Qu'auriez-vous fait sans moi dans la vie, mon pauvre ami ? Je vous félicite de m'avoir encore à vos côtés ! Vous-même d'ailleurs, auriez pu être tué. Mais cela, au moins, ce ne serait pas un deuil national !— Merci ! répondis-je froidement.

– Les Quatre

Poirot a ses vertus, mais la modestie n'est pas du nombre.

– Les Quatre

Oui... sans son regard fulgurant, sans ses yeux de Lynx, Hercule Poirot serait peut-être mort écrasé, à l'heure qu'il est. Quelle effroyable calamité pour l'humanité toute entière ! Vous aussi, mon bon ami, vous auriez pu y rester ; mais cela n'aurait pas été une catastrophe nationale.- Merci, dis-je froidement.

– Les Quatre

Exprimée avec le maximum de délicatesse, sa pensée se résumait à cela : si Poirot, le grand Poirot, avait échoué, comment pouvais-je espérer réussir ?

– Les Quatre

- Pour l'amour du ciel, Poirot ! m'écriai-je. Allons-y, attaquons-les !

– Les Quatre

« La grande affaire de ma vie est terminée. Après celle-ci, n'importe quelle autre me paraîtrait insipide. Non, je vais prendre ma retraite. j'irai peut-être planter des courges ! Je pourrais même me marier et m'installer ! »

– Les Quatre

- Pendant la guerre, des hommes ont sacrifié leur vieur pour leur pays. Je suis prêt à sacrifier la mienne pour le monde.Quoique parfaitement disposé moi-même à sacrifier ma vie, je ne pus m'empêcher de penser qu'on aurait pu me consulter avant.

– Les Quatre

Oui... sans son regard fulgurant, sans ses yeux de Lynx, Hercule Poirot serait peut-être mort écrasé, à l'heure qu'il est. Quelle effroyable calamité pour l'humanité toute entière ! Vous aussi, mon bon ami, vous auriez pu y rester ; mais cela n'aurait pas été une catastrophe nationale. - Merci, dis-je froidement.

– Les Quatre

Il était mon principal adversaire, dit gravement Poirot. Bien que nous ne nous fussions jamais rencontrés, c'était un duel entre nos deux intelligences ! Lorsqu'il a appris la mort de ses trois confrères, il a joué le tout pour le tout et il a perdu. Je regrette de n'avoir pu reconnaître le "numéro quatre", car si jamais...

– Les Quatre

- Pardonnez-moi, mon bon ami, mais est-il possible que vous lisiez tout à la fois L'Avenir de l'Argentine, L'Elevage du Bétail, L'indice Cramoisi et Sport dans les Rocheuses ?J'avouai en riant que, pour le moment, L'indice Cramoisi retenait seul mon attention. Poirot secoua tristement la tête.- Mais alors replacez les autres dans la bibliothèque ! Jamais, au grand jamais vous n'adopterez l'ordre et la méthode. Mon Dieu, à quoi sert une bibliothèque, je vous le demande ?

– Les Quatre

[...] l'invraisemblable arrive plus souvent qu'on ne le pense.

– Les Pendules

Je me glissai de biais par la porte. S'y glisser de biais était impératif car les livres, entassés de façon précaire, empiétaient chaque jour un peu davantage sur l'allée centrale. Une fois à l'intérieur, on comprenait tout de suite que c'était l'imprimé qui régnait sur la boutique et non l'inverse. Se multipliant un peu partout et sans aucun contrôle apparent, les ouvrages avaient pris possession de leur habitat et profité de l'absence d'une main ferme qui, seule, aurait pu mettre le holà à cette reproduction sauvage. La distance d'un rayonnage à l'autre était si étroite que la librairie en devenait difficilement praticable. Les livres s'empilaient en équilibre précaire sur les tables et les étagères. Acculé dans un recoin, un vieillard au visage de poisson-lune et au chapeau de rapin était recroquevillé sur un tabouret. S'il avait autrefois tenté de faire barrage à cet océan de papier, la marée avait manifestement gagné la partie.

– Les Pendules

Parce qu'il manquait un clou, un fer fut perdu,Parce qu'il manquait un fer, un cheval fut perdu,Parce qu'il manquait un cheval, une bataille fut perdue,Parce qu'il manquait une bataille, un Royaume fut perdu,Et tout cela parce parce qu'il manquait un clou au fer d'un cheval

– Les Pendules

D'habitude, un assassinat chez une voisine ne passe pas inaperçu, concéda miss Waterhouse.

– Les Pendules

"Les voisins. Il faut que vous alliez parler avec eux. Que vous les ameniez à se confier, à s'épancher. Il faut vous intéresser à leurs antécédents. Mais par-dessus tout, il importe de les inciter au bavardage. Parce qu'en bavardant vous obtiendrez d'eux bien davantage que les réponses à vos questions : les gens qui bavardent sans trop songer à ce qu'ils disent laissent souvent échapper ce qu'ils prendraient bien garde de vous taire autrement".

– Les Pendules

le temps n,efface pas latrace des grands hommes.

– Les Pendules

"Plus que deux jours! pensa-t-elle, et c'est la rentrée." Ah vraiment, quelle adorable, quelle miraculeuse perspective pour les mères de famille!

– Les Pendules

- Une chose est sûre, déclara t'il enfin avec solennité. Ce crime doit être d'une extrême simplicité.- D'une extrême … simplicité ? M'écriais-je, non sans étonnement- Cela va de soit.- Et pourquoi donc ?- Parce qu'il parait compliqué. Et si l'on s'est efforcé de le compliquer à ce point, ce ne peut être que pour l'excellente raison qu'il est simple. Vous Comprenez ?

– Les Pendules

Poirot rouvrait les yeux-Comme la dernière fois, je me permet seulement une petite citation avant de me taire.Et avec le plus grand sérieux, il me récita :« Petit, petit, petit... venez vous faire tuer. »

– Les Pendules

Ah!bon, acquiesça Mrs Hemming d'un air distrait, il n'est donc venu là que pour se faire assassiner. Ce n'est quand même pas banal.

– Les Pendules

« - Oh ! ça va, Nounou !- Et ne m'appelez pas Nounou. Quel culot ! Je vous l'ai déjà dit.- C'est votre faute. Vous n'avez qu'à ne pas me traiter comme un enfant.- Cessez de l'être alors. Vous feriez mieux d'entrer et d'en finir. » (p.97)

– Les Pendules (Nouvelle traduction révisée)

Pour moi, la prémonition n'existe pas, décréta Claire Trent. Pas plus que l'intuition, le sixième sens ou toutes ces choses dont nous parlons si aisément . Nous traversons la vie comme un train qui fonce dans l'obscurité vers une destination inconnue.

– Le Flambeau

Geoffrey a ça, un entendement aveugle. Tous les enfants le possèdent. C'est en grandissant que nous le perdons, que nous le rejetons. Parfois, lorsqu'on devient très âgé, une faible lueur nous revient, mais c'est au cours de l'enfance que le Flambeau brille de tout son éclat.

– Le Flambeau

- Tu te souviens du jour où tu m'as dit que ce serait merveilleux de mourir ensemble ? De s'endormir à jamais dans les bras l'un de l'autre ? Tu te souviens du jour où tu m'as dit que nous devrions prendre une caravane et nous enfoncer dans le désert ? Rien que nous deux, avec les étoiles et les chameaux… et comme ce serait bon d'oublier tout ce qui n'était pas nous ?Ce qu'on peut débiter comme insanités, quand on est amoureux ! Sur le moment, dire tout ça ne lui avait pas paru grotesque, mais se l'entendre ressasser à froid ! Pourquoi les femmes ne peuvent-elles pas tirer un trait sur le passé ? Les hommes détestent s'entendre continuellement rappeler qu'ils se sont conduits comme de parfaits imbéciles.

– Meurtre au champagne (Nouvelle traduction révisée)

Il n'était plus capable de penser à rien qu'à Rosemary. À son beau visage radieux, à la chaude nuance acajou de sa chevelure, aux courbes enchanteresses de son corps voluptueux. Il n'en dormait plus - n'en mangeait plus. [...] Ainsi donc cette souffrance, cette longue et douloureuse agonie - c'était ça, l'amour ?

– Meurtre au champagne (Nouvelle traduction révisée)

À quoi sert-il que les gens meurent s'ils continuent à vivre dans votre tête ?

– Meurtre au champagne (Nouvelle traduction révisée)

- Et d'ailleurs, qu'est-ce qui t'oblige à travailler ? J'ai de l'argent, tu sais. De l'argent bien à moi, je veux dire, pas celui de George. Nous pourrions parcourir le monde, visiter des pays merveilleux, loin des sentiers battus – des pays, qui sait, où personne n'a jamais mis le pied. Ou bien encore partir pour une île au beau milieu du Pacifique. Imagine un peu le soleil brûlant, la mer d'azur, les récifs de coraux !Il imaginait. Une île des mers du sud ! Et puis quoi, encore ? Pour qui le prenait-elle – un rat de plage ?Il l'avait regardée d'un œil enfin dessillé. Une créature de rêve avec une cervelle de moineau ! Il s'était conduit comme un fou… bon pour l'asile.

– Meurtre au champagne (Nouvelle traduction révisée)

- La plupart des gens qui réussissent sont malheureux, insista Anthony. C'est pour ça qu'ils ont réussi : ils ont besoin de se rassurer sur leur compte en réalisant une œuvre susceptible d'épater les populations.- Vous avez de ces idées, Tony !- Pour peu que vous réfléchissiez deux secondes, vous vous apercevrez qu'elles sont fondées. Les gens heureux courent à l'échec pour l'excellente raison qu'étant bien dans leur peau, ils se fichent éperdument de réaliser quoi que ce soit. C'est mon cas. Et ils sont généralement plus agréables à vivre – comme moi.- Vous avez une excellente opinion de vous-même.- Je me contente d'attirer votre attention sur mes bons côtés, pour le cas où ils vous auraient échappé.

– Meurtre au champagne (Nouvelle traduction révisée)

-Stephen m'a toujours semblé prétentieux et bête....-Il n'est pas bête du tout. Mais comme les gens qui ont réussi :il est malheureux.-Malheureux ?-La plupart des gens qui réussissent sont malheureux.....C'est parce qu'ils sont malheureux qu'ils ont réussi. Ce sont des tempéraments qui ont besoin de se prouver à eux-mêmes qu'ils existent, ce qui les amène à faire des choses épatantes.....

– Meurtre au champagne (Nouvelle traduction révisée)

Il fallait qu'il trouve une solution, un moyen de faire taire Rosemary.« Quel dommage, s'était-il dit non sans aigreur, que nous ne soyons plus au temps des Borgia… »Une coupe de champagne empoisonné était probablement l'unique moyen de réduire Rosemary au silence.

– Meurtre au champagne (Nouvelle traduction révisée)

Ils avaient passé sous une espèce de porche monumental et rien, absolument rien, ne les avait avertis que, de la salle où ils entraient, l'un d'eux ne ressortirait pas vivant...

– Meurtre au champagne (Nouvelle traduction révisée)

Beaucoup plus vieux que sa femme, dépourvu d'attraits, Barton était de ces maris nés pour être trahis, de ceux qui ne sauraient retenir une épouse ravissante et volage.

– Meurtre au champagne (Nouvelle traduction révisée)

Il y avait chez cet homme quelque chose de diabolique. Avec lui, le mal cessait d'être le mal pour devenir quelque chose de drôle, d'amusant.

– Meurtre au champagne (Nouvelle traduction révisée)

Le genre humain est pétri d'un étonnant mélange d'héroïsme et de couardise. Elle a souffert le martyre sans en souffler mot à quiconque, simplement parce qu'elle crevait de frousse à l'idée de venir consulter et de m'entendre confirmer ses craintes.

– Le train de 16h50 (Nouvelle traduction révisée)

Le mot de "messieurs " dans la bouche de miss Marple, avait toujours un parfum furieusement victorien et évoquait irrésistiblement de rudes gaillards au sang chaud -sans doute aromatisé au whisky -, virils, volontiers paillards, mais toujours galants.

– Le train de 16h50 (Nouvelle traduction révisée)

Son problème, dans la vie, était peut-être moins de gagner du temps que d'occuper son temps.

– Le train de 16h50 (Nouvelle traduction révisée)

Cependant, alors que, collés l'un à l'autre, pour ainsi dire, les trains donnaient l'impression d'être immobiles, le store du compartiment qui faisait alors face à celui de Mrs McGillicuddy se souleva entièrement, permettant à celle ci de satisfaire sa curiosité. Mais ce qu'elle vit lui arracha un petit cri.

– Le train de 16h50 (Nouvelle traduction révisée)

Une hésitation, un coup de poing sur la table et les notes trouvèrent leur conclusion:A l'heure présente, il s'agit d'une inconnue tuée par un inconnu![P166, inspecteur Craddock]

– Le train de 16h50 (Nouvelle traduction révisée)

Il existe sans nul doute, de par le monde, des créatures éthérées que l'argent n'intéresse pas. Mais pour ma part, je n'en ai jamais rencontré.

– Le train de 16h50 (Nouvelle traduction révisée)

Roulant dans la même direction et presque à vitesse égale, les deux trains semblaient disputer un match.Mrs McGillicuddy, pour se distraire, regardait les occupants du compartiment qui s'offrait à sa vue.Ce qu'elle vit lui arracha un cri. Debout, le dos tourné, un homme serrait la gorge d'une femme : il l'étranglait. Le hasard voulut que le « 16 h 50 » ralentît et que le train « parallèle » le dépassât, disparaissant ainsi dans la nuit.

– Le train de 16h50 (Nouvelle traduction révisée)

Elle poursuivit : - C'est pourquoi j'ai jugé préférable d'aller droit à Scotland Yard et de tout leur raconter. Et vous, vous ne pensez pas que c'est la meilleure chose à faire ?Luke la regarda pensif. - Ma foi, si. Vous avez raison, dit-il enfin."Ils sauront bien se débrouiller, songea-t-il. Ils doivent avoir une demi-douzaine de vieilles mémés par semaine qui viennent leur casser les oreilles avec tous les meurtres commis dans leurs paisibles petits villages ! Si ça se trouve, il existe peut-être même un service spécialisé dans l'accueil de ces exquises petites vieilles !"

– Un meurtre est-il facile ? (Nouvelle traduction révisée)

L'Angleterre ! L'Angleterre un jour de juin, sous un ciel grisâtre et par temps de bise plutôt frisquet. Tout sauf accueillante, la mère patrie, par une journée pareille ! Et les gens ! Bonté divine, les gens ! Des multitudes de visages aussi gris que le ciel - des visages soucieux, tourmentés. Et les maisons, donc ! Il en poussait un peu partout, comme des champignons. Affreux bungalows ! Écœurantes bicoques ! Prétentiardes cages à lapins disséminées dans la campagne !

– Un meurtre est-il facile ? (Nouvelle traduction révisée)

- Ah bon ? Je vous retourne le compliment. Je ne crois pas non plus que vous ayez cinq ou six meurtres à votre actif. - Vous ne tenez pas compte de mes fautes professionnelles ! repartit gaiement le Dr Thomas.

– Un meurtre est-il facile ? (Nouvelle traduction révisée)

-Etes-vous...vous voulez dire qu'il s'agirait d'un meurtre prémedité ?

– Le train de 16h50 (Nouvelle traduction révisée)

Les gens intelligents dont elle aurait pu mettre à profit l'intellect étaient tous bien trop occupés. Non seulement ils étaient titulaires de postes plus ou moins importants, mais leurs loisirs eux-mêmes étaient programmés longtemps à l'avance. Quant aux imbéciles, ils disposaient de tout leur temps.

– Le train de 16h50 (Nouvelle traduction révisée)

A un certain stade, on a tendance à croire que tous les gens en savent un peu plus que ce qu'ils veulent bien nous dire.

– Le train de 16h50 (Nouvelle traduction révisée)

Il lui arrivait donc de temps en temps non pas d'imaginer l'avenir, mais de remonter dans le passé... et de voir la maison telle qu'elle était autrefois. À tout moment, il pouvait lui arriver de voir quelque chose d'autre... quelque chose qu'elle n'aurait pas voulu voir... La maison lui fit peur... Mais était-ce de la maison qu'elle avait peur ou bien d'elle-même ?

– La dernière énigme (Nouvelle traduction révisée)

- Nos intuitions ne sont pas toujours des guides fiables. Des gens que l’on ne soupçonnerait jamais font parfois de ces choses !

– La dernière énigme (Nouvelle traduction révisée)

- Vous êtes marié ? demanda Gwenda.- J'en ai enterré deux, répondit le vieux Manning sans se troubler. Et, vrai, je regrette pas. À présent, au moins, je peux fumer ma pipe tranquillement où je veux et aller boire un coup quand ça me chante.

– La dernière énigme (Nouvelle traduction révisée)

—Vous allez adorer ma tante Jane, enchaîna Raymond. Elle est ce que j'appellerais un parfait monument historique, un meuble d'époque « préservé dans son jus ». Victorienne jusqu'à la moelle. Toutes ses tables de toilette ont les pieds enveloppés de chintz. Elle habite un village, le genre de village où il ne se passe jamais rien, exactement comme une mare d'eau stagnante.

– La dernière énigme (Nouvelle traduction révisée)

Elle se trouvait dans une maison qu'elle n'avait jamais vue avant de l'acheter, dans une région qu'elle n'avait jamais visité auparavant et, deux jours plus tôt, elle avait imaginé un papier peint qui correspondait exactement à celui dont la chambre était tapissé autrefois.Des idées insensées tournoyaient dans sa tête. Prescience, prémonition ...

– La dernière énigme (Nouvelle traduction révisée)

Il aurait pu s'agir de moi, si Miss Marple n'avait pas été là. Pauvre Hélène.... Pauvre et charmante Hélène, qui est morte jeune...Tu sais, Giles, elle n'est plus dans la maison, maintenant. Plus dans le hall. Je l'ai senti hier au moment où nous partions. Il ne reste que la maison. Une maison qui nous aime et nous attend. Nous pouvons y retourner dès que nous le voudrons....

– La dernière énigme (Nouvelle traduction révisée)

- Vous adorerez ma tante Jane, ajouté Raymond. C'est, si je puis me permettre cette expression, une "pièce d'époque." Victorienne jusqu'au bout des ongles . Chez elle, les tables de toilette ont leurs pieds emmaillotés d'indienne. Elle vit dans un peit village où il ne se passe jamais rien. Tout à fait semblable à une mare stagnante.

– La dernière énigme (Nouvelle traduction révisée)

Sitôt posé le pied sur le quai, Gwenda Reed eut un petit frisson.Les docks, les bâtiments de la douane et tout ce qu'elle pouvait voir de l'Angleterre continuaient à tanguer doucement.C'est alors qu'elle prit sa décision – décision qui allait l'amener à vivre des événements inoubliables. Elles ne prendrait pas le train pour Londres à la gare maritime, comme elle l'avait prévu.[…]De cette manière, elle verrait un peu de l'Angleterre, de cette Angleterre dont Giles lui avait tant parlé et qu'elle ne connaissait pas, même si, comme la plupart des Néo-Zélandais, elle l'appelait « mon pays ». Pour le moment, elle ne trouvait pas l'Angleterre particulièrement attrayante. Le ciel était gris, chargé de pluie, et un vent irritant soufflait avec force.

– La dernière énigme (Nouvelle traduction révisée)

Je reconnais appartenir à la vieille école. J'estime que la première qualité d'une dame est la féminité, et n'éprouve aucune sympathie pour les jeunes névrosées qui gesticulent du matin au soir sur des rythmes de jazz, fument comme des sapeurs et jurent comme des charretiers.

– Le crime du golf (Nouvelle traduction révisée)

Et pour vous, une femme est quelqu'un qui grimpe sur une chaise en poussant des cris des qu'elle aperçoit une souris ? Vous sortez tout droit du paléolithique, vous !

– Le crime du golf (Nouvelle traduction révisée)

je reconnais appartenir à la vieille école. J'estime que la première qualité d'une dame est la féminité, et n'éprouve aucune sympathie pour les jeunes névrosées qui gesticulent du matin au soir sur des rythmes de jazz, fument comme des sapeurs et jurent comme des charretiers.

– Le crime du golf (Nouvelle traduction révisée)

Le véritable travail s'accomplit à l'intérieur. Les petites cellules grises, n'oubliez jamais les petites cellules grises, mon bon ami.

– Le crime du golf (Nouvelle traduction révisée)

Je partage l'appartement d'un homme très intéressant. C'est un Belge, un ex-détective. Il s'est installé à Londres comme détective privé et il réussit étonnamment bien. C'est vraiment un petit homme surprenant. Combien de fois n'a-t-il pas réussi quand la police officielle avait fait fausse route !

– Le crime du golf (Nouvelle traduction révisée)

J'ai déjà décrit ailleurs Hercule Poirot. Un petit homme extraordinaire. Taille : un mètre soixante environ ; tête ovale, un peu penchée de côté ; yeux qui jetaient des reflets verdâtres lorsqu'il était excité ; moustache militaire très raide ; un air d'impressionnante dignité. Toujours soigné et même raffiné, il avait une véritable passion pour l'ordre sous toutes ses formes. Voir un objet posé de travers, un grain de poussière ou un léger désordre sur votre personne lui causait une véritable torture jusqu'au moment où il pouvait y remédier. "L'ordre" et la "méthode" étaient ses dieux.

– Le crime du golf (Nouvelle traduction révisée)

Or, je suis très vieux jeu. Je trouve qu'une femme doit être féminine. Je n'ai que faire de la jeune fille moderne et neurasthénique qui danse au son du jazz du matin au soir, qui fume comme un troupier et qui emploie un langage à faire rougir une femme de la halle !

– Le crime du golf (Nouvelle traduction révisée)

- a présent, faisons fonctionner nos petites cellules grises .

– Le crime du golf (Nouvelle traduction révisée)

C'est qu'il ne connaît pas les méthodes d'Hercule Poirot. Je ne cours pas ici et là à voyager et à m'agiter. Tout mon travail s'accomplit intérieurement, ici.Et il se frappa le front d'un air significatif.

– Le crime du golf (Nouvelle traduction révisée)

- Non, dit-il simplement. Je n'appartiens pas à la police officielle et je ne suis pas non plus un célèbre détective privé, habitant Baker Street, fumant la pipe et jouant du violon. Je suis, comme Jimmy vous l'a dit, un officier de police qui a pris sa retraite, après avoir fait sa carrière en Extrême-Orient. Et, si je suis ici, c'est à cause d'une rencontre, toute fortuite, que j'ai faite dans le train qui me ramenait à Londres.

– Un meurtre est-il facile ? (Nouvelle traduction révisée)

- Un vulgaire ivrogne, intervint lord Whitfield. Un de ces voyous socialistes et grossiers. Bon débarras !

– Un meurtre est-il facile ? (Nouvelle traduction révisée)

- Mais vous ne croyez pas qu'il ait pu s'agir d'une mort naturelle ?- Non.- Vous ne croyez pas non plus qu'il puisse s'agir d'un accident ?- Cela me paraît hautement improbable...- Vous ne croyez pas qu'il ait pu s'agir d'un suicide ?- Absolument pas !- Donc, conclut doucement Luke, vous pensez qu'il s'agit bel et bien d'un meurtre ? - Oui, dit-elle. J'en suis convaincue !

– Un meurtre est-il facile ? (Nouvelle traduction révisée)

Serait le suspect idéal dans un roman policier : toujours se méfier des grands gaillards chaleureux. Objection : il ne s'agit pas ici d'un roman mais de la vie réelle.

– Un meurtre est-il facile ? (Nouvelle traduction révisée)

- Je pensais à une réflexion que m'a faite ma vieille demoiselle, murmura Luke. Comme je lui faisait observer que c'était un peu gros de croire qu'on pouvait commettre un tas de meurtre et s'en sortir, elle m'a répondu que je me trompais, que c'était très facile de tuer...Il s'arrêta puis ajouta lentement:- Je me demande si c'est vrai, Jimmy? Je me demande si c'est vraiment...-Si c'est vraiment quoi?- Facile de tuer...

– Un meurtre est-il facile ? (Nouvelle traduction révisée)

C'est une erreur! dit Luke. Tout homme devrait avoir des tantes. Elles illustrent le triomphe de l'intuition sur le raisonnement. Seules les tantes Mildred peuvent savoir que M. X est un malfrat parce qu'il ressemble à un majordome malhonnête qu'elles ont eu jadis à leur service. Les autres soutiendront, non sans logique, qu'un homme aussi respectable que M. X ne peut en aucun cas être un escroc. Mais les braves vieilles tantines ont raison à tous les coups!

– Un meurtre est-il facile ? (Nouvelle traduction révisée)

- Rassurez-vous ! Le diable sait veiller sur les siens.

– Un meurtre est-il facile ? (Nouvelle traduction révisée)

Vous venez, mon cher enfant, d'accomplir une action méritoire; vous avez donné à une femme découragée ce dont toutes les femmes ont besoin : une aventure sentimentale. Elles maudissent une passion et n'en gardent qu'un mauvais souvenir; tandis qu'une idylle exhale pendant des années un parfum subtil.

– Dix brèves rencontres

- En ce qui concerne l'eau dans la cave, reprit le détective avec quelque embarras, vous ne croyez pas qu'une autre fois… nous pourrions avoir une idée plus originale ?Mrs Oliver secoua la tête, prit une pomme dans le sac et répondit :- Je ne suis pas de cet avis. Voyez-vous, le public a l'habitude de lire ce genre de récits : celliers inondés, gaz toxiques, etc., de sorte qu'il est beaucoup plus effrayé quand il en est victime lui-même. Les gens sont très conservateurs et apprécient volontiers les systèmes connus.

– Dix brèves rencontres

- Monsieur le docteur a dit tout à l'heure que ceci… (sa main frappa le révérend au creux de l'estomac et le révérend fit une grimace), ceci n'est qu'une résidence. Dites-moi, si vous trouvez un cambrioleur dans votre maison, que faites-vous ? Vous le tuez, n'est-ce pas ?

– Dix brèves rencontres

Le jeune homme s'approchait, menaçant. Une seconde plus tard, il décrivait dans l'aire une gracieuse parabole avant de reprendre lourdement contact avec le sol. Il se releva, l'œil vague.Rowland souriait toujours.- Comme je vous le disais, remarqua-t-il, j'ai toujours peur de me faire blesser. Aussi ai-je jugé bon d'apprendre le judo.

– Dix brèves rencontres

Il rejoignit sa voiture et se remit en route, un peu grisé encore. Puis avec un profond soupir, il revint à lui et plongea la main dans la boîte à gants, à la recherche du cache-nez qu'il y avait mis le matin.Mais elle était vide… Non pas tout à fait, cependant. Elle contenait quelque chose de dur, comme une poignée de cailloux.Il enfonça la main plus avant. L'instant d'après, il regardait, frappé de stupeur, l'objet qu'il tenait entre ses doigts : un collier de diamants qui jetaient mille feux au clair de lune.

– Dix brèves rencontres

Jack regarda autour de lui avec la vague idée qu'il allait voir un cadavre sur le sentier. Il était sûr d'avoir entendu un cri et il leva les yeux vers les fenêtres de la petite maison. Tout y paraissait calme et paisible.

– Dix brèves rencontres

Il n'avait aucun projet, aucune intention définie.

– Dix brèves rencontres

Il entendit la porte se fermer. Des siècles s'écoulèrent ...ou n'était-ce que quelques minutes? Quelque chose voleta derrière la fenêtre. Le dernier pétale de magnolia. Doux, parfumé....

– Dix brèves rencontres

- Je sais apprécier un bon roman policier. Mais, voyez-vous, ils commencent toujours par le mauvais bout! Ils commencent par le meurtre. Or le meurtre n'est jamais que la fin. L'histoire débute bien avant ça -des années plus tôt, parfois- avec les mille et une causes et la longue suite d'événements qui font que des individus donnés sont présents un jour donné, à une heure donnée, dans un endroit donné.(...) L'heure zéro...

– L'heure zéro

Comme toujours, il ne manifestait qu'une curiosité modérée. Ils semblait poser la question plus par politesse que par désir de savoir.

– L'heure zéro

-Ne te tracasse pas, ma chérie, je vais arranger ça!Il sortit là-dessus, laissant derrière lui un peu de réconfort et beaucoup d'espoir.

– L'heure zéro

- L'expérience m'a appris, dit lentement Mr Treves, qu'en amour les femmes ont peu d'orgueil...quand elles en ont. C'est une qualité qu'elles revendiquent souvent dans la conversation, mais qui se manifeste peu dans leurs actes.

– L'heure zéro

- C'est un affreux cauchemar. Il n'est rien que je puisse dire ou faire. C'est comme... c'est comme être tombé dans un piège dont il n'est pas possible de s'échapper.

– L'heure zéro

Quand vous lisez le compte rendu d'un meurtre -ou une oeuvre de fiction basée sur une histoire de meurtre- c'est par la relation dudit meurtre que débute d'ordinaire le récit. C'est là une erreur fondamentale. La mécanique criminelle est en marche depuis bien longtemps. Un meurtre est le point culminant d'une série d'éléments circonstanciels, qui, tous, convergent vers un moment donné, en un lieu donné. Des gens venus de tous les horizons, et souvent pour des motifs fortuits s'y trouvent impliqués [...]. Le meurtre en lui-même n'est que le couronnement de l'histoire. C'est l'heure zéro.

– L'heure zéro

Mr Treves marqua un temps (...): "je sais apprécier un bon roman policier. Mais, voyez-vous, ils commencent toujours par le mauvais bout! Ils commencent par le meurtre. Or, le meurtre n'est jamais que la fin. L'histoire débute bien avant ça - des années plus tôt, parfois - avec les mille et une causes et la longue suite d'événements qui font que des individus donnés sont présents en un jour donné, à une heure donnée, dans un endroit donné. (...)Tous ont convergé vers un point donné dans l'espace et le temps... Et le moment venu, hop! le couvercle a sauté. l'heure zéro... Oui tous autant qu'ils sont, ils ont convergé vers l'heure zéro.... (...) Il s'assit devant la cheminée et prit son courrier. Son esprit ne s'était pas encore détaché des idées qui l'avaient assailli à son club."Même maintenant, en ce moment précis, pensait-il, quelque drame... quelque meurtre à venir... est en cours de préparation. S'il me fallait écrire l'une de ses calembredaines de crime et de sang, je crois que je débuterais comme cela, par un vieux monsieur assis devant son feu, qui ouvrirait ses lettres... on s'en irait tout droit, sans qu'il le sache, vers l'heure zéro..."Il décacheta une enveloppe et regarda distraitement la lettre qu'il en avait extraite. (...)- "Saperlipopette! murmura - t-il. Comme c'est fâcheux! C'est vraiment très, très contrariant. Après tant d'années! Voilà qui va bouleverser tous mes projets."

– L'heure zéro

A Billy CollinsCher Roberts,Puisque vous êtes assez gentilpour prétendre aimer mes histoires,je me hasarde à vous dédier celle-ci.Tout ce que je vous demande, quand vous la lirez,c'est de refréner vos instincts critiques - encore exacerbés,j'en suis sûre, par vos récents excès dans ce domaine !Ce roman n'est destiné qu'à vous distraire.Il n'a pas vocation à être cloué au pilori littérairede Monsieur Graves !Votre amie,Agatha Christie

– L'heure zéro

Le plan, comme tous ceux qui ont quelque valeur, n'était pas d'une rigidité absolue.

– L'heure zéro

Longtemps, ils restèrent sans parler. Deux vrais amis peuvent, l'un près de l'autre, rester silencieux.

– L'heure zéro

— L'affaire qui nous occupe, Hastings, sera ma dernière, continua-t-il. Et ce sera aussi la plus intéressante, car notre meurtrier est exceptionnel. Il possède une technique extraordinaire que, malgré moi, je ne puis m'empêcher d'admirer. Jusqu'à présent, il a opéré avec une telle habileté qu'il m'a battu, moi, Hercule Poirot ! Il a lancé une attaque à laquelle je suis incapable de trouver une parade.— Si vous étiez aussi robuste qu'autrefois…J'avais prononcé cette phrase d'un ton apaisant ; mais, selon toute apparence, ce n'était pas ce qu'il fallait dire.— Combien de fois faudra-t-il vous répéter qu'il n'est pas besoin d'effort physique pour démasquer un criminel ? Il suffit de réfléchir, de faire travailler ses petites cellules grises.— Euh… oui, naturellement. Ça, vous êtes capable de le faire. Fort bien, d'ailleurs ?— Fort bien ? Ah ! mon ami, vous me vexez. Je suis capable de le faire à la perfection. J'ai les jambes paralysées, mon cœur me joue des tours, mais mon cerveau fonctionne toujours sans la moindre défaillance. Il est, vous le savez depuis longtemps, de toute première qualité.— Voilà qui est magnifique, dis-je doucement.

– Hercule Poirot quitte la scène (Nouvelle traduction révisée)

- Les gens ont en général beaucoup trop peur des responsabilités. Ils abrégeraient les souffrances d'un chien malade. Pourquoi pas celles d'un humain?- [...] - Moi, je ne le ferais pas. On ne peut pas permettre aux gens de décider de la vie ou de la mort.

– Hercule Poirot quitte la scène (Nouvelle traduction révisée)

Mon pauvre ami. Je l'ai décrit maintes fois ; aussi bien ne ferai-je maintenant que mentionner les changements qui s'étaient produits en lui. Perclus d'arthrite, il ne se déplaçait plus que dans un fauteuil roulant. Son corps, autrefois plutôt replet, avait littéralement fondu, et son visage était sillonné de rides. [...] Seuls, ses yeux n'avaient pas changé : ils étaient toujours aussi vifs et pétillants. De plus, en ce moment, leur regard était adouci par une incontestable émotion.

– Hercule Poirot quitte la scène (Nouvelle traduction révisée)

Nous ne chasserons plus ensemble, mon ami. Notre première chasse, c'est ici que nous l'avions faite, vous rappelez-vous ? Et c'est ici que nous aurons fait la dernière.C'était le bon temps...Oui, c'était vraiment le bon temps.

– Hercule Poirot quitte la scène (Nouvelle traduction révisée)

C'est une erreur grossière que de croire qu'un homme affaibli physiquement est, du même fait, diminué intellectuellement. Il n'en est rien. La vieillesse affecte beaucoup moins le cerveau qu'on ne le pense généralement.

– Hercule Poirot quitte la scène (Nouvelle traduction révisée)

- Hum ! Je peux bien vous avouer, répondit le docteur Franklin d'un air enjoué, qu'il y a des tas de gens que j'aimerais tuer, moi ! Et ne croyez pas qu'après cela, mes nuits seraient troublées par des remords de conscience. Voyez-vous, je pense que quatre-vingt-dix pour cent de la race humaine devraient disparaître. Et nous vivrions ensuite en meilleure intelligence.

– Hercule Poirot quitte la scène (Nouvelle traduction révisée)

Quel est celui qui n'a jamais ressenti un soudain serrement de coeur à revivre une ancienne expérience ou à éprouver une émotion inhabituelle ?« J'ai déjà fait cela. »Pourquoi ces simples mots nous émeuvent-ils toujours aussiprofondément ?Telle était la question que je me posais alors que, assis dans un coin de mon compartiment, je regardais défiler le paysage plat et monotone de l'Essex.Combien de temps s'était-il écoulé depuis que j'avais fait ce même voyage avec la stupide impression que le meilleur de ma vie était déjà derrière moi ? Blessé au cours de cette guerre qui, pour moi, serait toujours la guerre, en dépit du fait qu'elle a été surpassée depuis lors par une seconde plus terrible encore, j'étais persuadé en 1916 que j'étais déjà mûr ! J'étais alors incapable de comprendre que, en réalité, ma vie ne faisait que commencer.J'allais sans le savoir encore, d'ailleurs, à la rencontre de l'homme dont l'influence devait modeler et façonner ma vie. En fait, je me rendais chez mon vieil ami John Cavendish dont la mère, récemment remariée, possédait une maison de campagne baptisée « Styles Court ».Je ne voyais dans ce voyage que l'agrément d'aller renouer de sympathiques relations, loin de me douter que je serais sous peu plongé dans les ténébreuses complications d'un crime mystérieux.C'était donc à Styles que j'avais retrouvé Hercule Poirot, cet étrange petit bonhomme dont j'avais fait la connaissance en Belgique. Je me rappelle encore ma stupéfaction en le voyant remonter la grand-rue du village de sa démarche un peu claudicante, le visage orné de son extraordinaire moustache.Hercule Poirot ! Depuis cette époque, il était resté mon ami le plus cher, et c'était en pourchassant avec lui un autre meurtrier que j'avais rencontré celle qui devait devenir ma femme : la plus douce, la plus loyale, la plus merveilleuse compagne qu'un homme ait jamais eue. Elle reposait maintenant dans la terre d'Argentine, morte – comme elle l'aurait souhaité – sans éprouver de longues souffrances ni connaître la débilité de la vieillesse. Hélas, elle avait laissé derrière elle un homme solitaire et désemparé.Ah ! si j'avais pu revenir en arrière, recommencer ma vie ! Si j'avais pu me retrouver par magie en ce jour de 1916 où j'allais à Styles pour la première fois !… Que de changements avaient eu lieu depuis lors ! Quels vides parmi les visages familiers ! Quant à la maison elle même, elle avait été vendue. John Cavendish était mort, mais sa femme Mary – cette fascinante et énigmatique créature – était encore en vie, quelque part dans le Devon. Laurence, lui, habitait l'Afrique du Sud, avec sa femme et ses enfants. Des changements, oui. Des changements partout.Seule, une chose était restée étrangement semblable : je retournais à Styles pour y retrouver Hercule Poirot.J'avais été fort étonné, quelques jours plus tôt, de recevoir...

– Hercule Poirot quitte la scène (Nouvelle traduction révisée)

Il vous faut bien comprendre ceci, Hastings: chacun de nous est un meurtrier en puissance. En chacun de nous, se manifeste de temps à autre le désir de tuer; mais pas forcément la volonté de tuer. Combien de fois avez-vous entendu dire:"Elle m'a mis dans une telle rage que j'aurais été capable de la tuer!" - "J'aurais pu le tuer pour avoir prononcé de telles paroles!" -"J'étais tellement furieux que j'aurais pu lui tordre le cou!" Et toutes ces affirmations sont littéralement vraies. En de tels moments, votre esprit est parfaitement clair: vous aimeriez tuer tel ou tel individu.Mais vous ne le faites pas, parce que votre volonté n'approuve pas votre désir.

– Hercule Poirot quitte la scène (Nouvelle traduction révisée)

Un homme qui joue toujours la comédie se fait parfois mal juger[...]. On finit par ne plus le prendre au sérieux.

– Drame en trois actes (Nouvelle traduction révisée)

Je puis, il est vrai, parler un anglais correct. Mais, mon cher ami, l'emploi du mauvais anglais offre cet avantage qu'il incite les gens à vous mépriser. Ils pensent..." Peuh! un étranger qui n'est même pas fichu de parler convenablement l'anglais !"

– Drame en trois actes (Nouvelle traduction révisée)

- Les aventures vous arrivent sans que vous alliez au loin les chercher. Pourquoi d'aucuns ont-ils une vie tumultueuse et d'autres une vie morne ? En raison de leur milieu ? Pas du tout. Un homme peut fort bien voyager jusqu'aux confins du globe sans que rien d'extraordinaire ni de fâcheux ne l'atteigne. Un massacre aura eu lieu une semaine avant son arrivée dans un pays, un tremblement de terre le lendemain de son départ, et le paquebot qu'il a failli prendre fera naufrage. Un autre individu peut habiter la banlieue de Londres, se rendre chaque jour à la Cité et vivre une existence très tourmentée. Il peut avoir affaire à des maîtres chanteurs, à de jolies femmes ou à des bandits en auto. Certaines personnes semblent vouées aux accidents et aux naufrages. Il en va de même pour des individus du genre de votre Hercule Poirot : ils n'ont pas besoin de courir après le crime, le crime vient à eux.

– Drame en trois actes (Nouvelle traduction révisée)

- On peut trouver la solitude au milieu de la foule comme en plein désert. J'ai toujours été une âme solitaire…

– Drame en trois actes (Nouvelle traduction révisée)

Poirot prit son air modeste. - Ce n'est rien… rien du tout ! Un drame en trois actes… sur lequel le rideau vient de tomber.

– Drame en trois actes (Nouvelle traduction révisée)

Comme je le disais l'autre jour, il existe différents types d'esprits. Il y a l'esprit dramatique - celui du metteur en scène, qui cherche à donner l'impression de la réalité au moyen d'artifices -, celui du spectateur - qui se laisse prendre à ces artifices -, l'esprit romantique de la jeunesse et, finalement, mes bons amis, il y a l'esprit prosaïque -celui qui ne voit que la toile peinte d'un décor de théâtre là où les autres voient une mer bleue et des mimosas.

– Drame en trois actes (Nouvelle traduction révisée)

- N'oublions pas qu'il avait cinquante-cinq ans, fit M. Satterthwaite, l'air pensif. - Pourquoi cette réflexion ? - C'est l'âge où un homme commet des folies pour une femme, même s'il a été sage jusque-là. - Fichtre, Satterthwaite, moi-même j'approche de mes cinquante-cinq ans ! - Je le sais fort bien. Et sous le regard pétillant de malice de M. Satterthwaite, sir Charles baissa les yeux et se mit à rougir.

– Drame en trois actes (Nouvelle traduction révisée)

Mentir sciemment… est une chose. D'autre part, être si sûr de ce que l'on croit être la vérité que l'on n'attache aucune importance aux détails, cela, mon ami, est particulier aux honnêtes gens. [...] Le témoin qui affirme trop vite doit être sujet à caution, celui qui fouille sa mémoire, qui n'est pas très sûr, qui réfléchit une minute : « Ah ! oui, c'est ainsi que cela s'est passé… » mérite davantage notre confiance.

– Le couteau sur la nuque (Nouvelle traduction révisée)

Quoi de plus passionnant que l'activité mentale ! Faites fonctionner vos petites cellules grises. Elles seules dissiperont les brouillards et l'incertitude et vous conduiront à la vérité

– Le couteau sur la nuque (Nouvelle traduction révisée)

Ne savez-vous pas, mon ami, que chacun de nous est un profond mystère, un labyrinthe de désirs, de passions et d'attitudes conflictuelles ? Mais oui, c'est vrai. On se forme ses petits jugements... Malheureusement, neuf fois sur dix, on se trompe.

– Le couteau sur la nuque (Nouvelle traduction révisée)

- La psychologie est une chose très intéressante, reprit Poirot sans s'émouvoir. On ne peut pas s'intéresser au crime sans s'intéresser à la psychologie. Ce n'est pas l'acte de tuer en lui-même qui attire l'expert, mais ce qu'il y a derrière. Vous me suivez, Hastings ?

– Le couteau sur la nuque (Nouvelle traduction révisée)

- Vous, plein d'humilité?- Parfaitement. Sauf, je l'avoue, que je suis fier de ma moustache! Je n'ai rien trouvé de comparable dans tout Londres.

– Le couteau sur la nuque (Nouvelle traduction révisée)

Je pense à une devinette que j'ai entendue l'autre jour. Je vais vous la dire. Qu'est-ce qui a deux pattes, des plumes, et qui aboie comme un chien ?-Une poule, naturellement, dis-je mortifié. Je la savais, quand je fréquentais la classe enfantine.-Hastings, vous êtes trop savant. Vous auriez dû répondre : « Je ne sais pas. » Moi, je vous aurais dit : « Une poule. » Vous vous seriez alors récrié : « Mais une poule n'aboie pas comme un chien.» J'aurais répliqué à mon tour : « Ah ! J'ai ajouté ce détail pour rendre ma devinette plus difficile. » Et si telle était l'explication de la lettre D ?- Quelle sottise !-Oui, pour la plupart des gens, mais pas pour tout le monde. Oh ! si je pouvais interroger quelqu'un…

– Le couteau sur la nuque (Nouvelle traduction révisée)

Le nom de mon ami Hercule Poirot ne fut jamais cité à propos de cette affaire. Ceci, dois-je ajouter, conformément à son désir. Si les honneurs sont échus à d'autres, c'est parce qu'il l'a voulu. Bien plus, Poirot tient cette affaire pour un de ses échecs. Il jure que c'est une remarque entendue dans la rue, tout à fait par hasard, qui l'a mis sur la bonne piste.

– Le couteau sur la nuque (Nouvelle traduction révisée)

La foule oublie facilement : l'indignation soulevée par l'assassinat de George Alfred Saint-Vincent Marsh, baron Edgware, quatrième du nom, s'est déjà envolée pour laisser place à de nouvelles émotions. Au cours du procès, le nom de mon ami Hercule Poirot n'a jamais été cité. Ce fut, il convient de l'ajouter, selon son propre désir : il préféra demeurer dans l'ombre. Si les lauriers furent décernés à d'autres, c'est qu'il le voulut bien. Poirot d'ailleurs considérait cette affaire comme un échec et répétait, à qui voulait l'entendre, que seule la réflexion toute fortuite d'un passant dans la rue l'avait mis sur la bonne piste. Cependant, pour découvrir l'entière vérité dans ce drame, il fallait le génie d'Hercule Poirot, et, sans lui, ce crime serait probablement demeuré impuni. J'estime que le moment est venu pour moi de dévoiler tous les détails de cette histoire ténébreuse et je suis certain que, ce faisant, je comblerai les voeux d'une charmante personne qui y fut mêlée, comme on le verra dans les pages qui vont suivre. Je garde le souvenir précis de la soirée où, assis dans le petit salon si coquet et si bien ordonné de Poirot, nous écoutions celui-ci nous raconter le meurtre de lord Edgware. Comme le fit alors le célèbre détective belge, je débuterai par une représentation, au mois de juin dernier, dans un théâtre londonien, où la vedette américaine, Carlotta Adams, attirait la foule.L'année précédente, Carlotta Adams avait donné deux matinées qui avaient obtenu un succès triomphal. Au moment où commence mon récit, elle remplissait un engagement de trois semaines, qui prenait fin le lendemain.Carlotta excellait surtout dans les sketches où elle jouait seule sans changements de costumes ni de décors. Elle semblait capable de s'exprimer en toutes les langues avec une égale facilité. Une de ses saynètes se passait le soir dans un hôtel cosmopolite et elle tenait tour à tour les rôles les plus variés : touristes américains ou allemands, membres différents d'une famille anglaise en voyage, nobles russes ruinés, serviteurs bien stylés… Tous ces personnages s'incarnaient en elle successivement avec une étonnante vérité sous les yeux émerveillés du public.Ce soir dont il s'agit, elle termina par un numéro intitulé : « Quelques imitations. »Là encore, elle était incomparable. Nets de tout maquillage, ses traits s'effaçaient brusquement pour former ensuite la caricature d'un homme politique, d'une mondaine célèbre ou d'une star en renom, et avec quelques phrases elle évoquait les travers ou les manies de la personnalité choisie pour modèle. Une de ses dernières imitations fut...

– Le couteau sur la nuque (Nouvelle traduction révisée)

On juge les autres d'après soi-même, et neuf fois sur dix on se trompe.

– Le couteau sur la nuque (Nouvelle traduction révisée)

Soudain son ton redevint amer :- C'est le côté déprimant de ces endroits, de ces pensions de famille dirigées par des gens bien nés, ruinés : elles sont pleines de ratés, de gens qui n'ont jamais rien réussi et ne réussiront jamais rien, qui ont été vaincus et brisés par la vie, de gens vieux, fatigués, finis.Sa voix s'éteignit. Une profonde tristesse m'envahit. C'était tellement juste ! Nous étions tous là des gens au crépuscule de la vie : têtes grises, coeur gris, rêves gris. Moi-même, j'étais triste et solitaire, et la femme qui me côtoyait, amère et désillusionnée. Le Dr Franklin, plein d'ardeur et d'ambition, était contrecarré, avait les ailes coupées. Sa femme était la proie de la maladie. Le paisible petit Norton boitillait à la recherche d'oiseaux. Même Poirot, le brillant Poirot de jadis, était maintenant brisé, infirme.

– Hercule Poirot quitte la scène (Nouvelle traduction révisée)

- Très bien alors. Vous ne regarderez pas par les trous de serrures. Vous resterez un gentleman anglais, et quelqu'un sera tué. Ça, ça n'a aucune importance. Pour un anglais, l'honneur est ce qui prime. Votre honneur a plus de valeur que la vie d'un homme. Bon ! C'est entendu !

– Hercule Poirot quitte la scène (Nouvelle traduction révisée)

[...] Un praticien qui prétend déterminer avec exactitude le jour de la mort d'un malade est voué au ridicule. Les ressources physiques d'un homme sont incalculables.

– Les indiscrétions d'Hercule Poirot (Nouvelle traduction révisée)

Ce monde nouveau est dur pour nous autres, les vieux.

– Les indiscrétions d'Hercule Poirot (Nouvelle traduction révisée)

La valeur de l'argent est toujours relative. Tout dépend des besoins de l'individu.

– Les indiscrétions d'Hercule Poirot (Nouvelle traduction révisée)

- C'est ça, vos boniments, monsieur Poirot…, c'est monsieur Poirot, n'est-ce pas ? C'est drôle que je n'aie encore jamais entendu parler de vous. - Ce n'est pas drôle, répondit Poirot avec sévérité. C'est lamentable ! Hélas ! l'éducation n'est plus ce qu'elle était.

– Les indiscrétions d'Hercule Poirot (Nouvelle traduction révisée)

Mr Michael Shane a de lui-même une plus haute idée qu'en ont les autres.

– Les indiscrétions d'Hercule Poirot (Nouvelle traduction révisée)

Mais par nature et par déformation professionnelle, il ne faisait confiance à personne tant qu'il n'avait pas personnellement vérifié et établi la véracité de ce qu'on lui rapportait.

– Les indiscrétions d'Hercule Poirot (Nouvelle traduction révisée)

Comme les yeux de George étaient noirs... Elle les avait crus marron, mais, en fait, ils étaient d'un noir de jeais et curieusement impénétrables. Un regard qui dissimulait totalement toutes les pensées...

– Les indiscrétions d'Hercule Poirot (Nouvelle traduction révisée)

Après le délicieux velouté de poulet et quantité de viandes froides accompagnées d'un excellent chablis, l'atmosphère de deuil s'éclaircit. Personne dans la famille n'avait éprouvé grand chagrin de la mort de Richard Abernethie, puisque personne n'entretenait avec lui des liens très étroits. Certes, l'attitude générale s'était conformée à ce qu'il faut de bienséance et de réserve, à l'exception de la pétulante Cora, qui, à l'évidence, passait un excellent moment. Mais chacun sentait que l'on avait accordé leur dû aux convenances et que l'on pouvait maintenant en revenir à une conversation normale.

– Les indiscrétions d'Hercule Poirot (Nouvelle traduction révisée)

Deux hommes âgés, assis dans des fauteuils cubiques, se faisaient face dans une pièce dont le mobilier et le décor appartenaient à l'espèce la plus moderne. Les courbes n'avaient pas ici droit de cité. Les lignes droites et les angles aigus s'imposaient partout, à la seule exception, ou presque, d'Hercule Poirot qui présentait de multiples rondeurs avec son ventre agréablement rebondi, son crâne en forme d'œuf et ses moustaches recourbées en proue de gondole dans un style flamboyant.

– Les indiscrétions d'Hercule Poirot (Nouvelle traduction révisée)

(...) il y a une admirable pièce pour laquelle Michael a pris une option. Quel rôle magnifique pour lui, et il y en a même un petit pour moi. Ça parle d'un de ces jeunes criminels, vous savez, et qui, en réalité, sont des saints ; c'est plein d'idées, d'idées modernes.- Je m'en aperçois, reconnut Mr. Entwhistle avec raideur.- Vous savez bien. Il vole, il tue. Alors, il a la police à ses trousses, la société à dos et, finalement, il accomplit un miracle.Mr. Entwhistle observa un silence lourd d'indignation. "Ces jeunes idiots tiennent des propos imbéciles et néfastes et ils écrivent de même", se dit-il.

– Les indiscrétions d'Hercule Poirot (Nouvelle traduction révisée)

-Ce ne peut être miss Milray, affirma sir Charles. Cette femme est infaillible. Voyons un peu. Oui, sacrebleu, vous avez raison. J'ai oublié un invité. Ma mémoire m'a fait défaut. Il ricana. - Il n'en serait pas du tout flatté. Ce type est l'homme le plus vaniteux que je connaisse. Les yeux de M. Satterthwaite clignotèrent. Selon lui, les hommes les plus vaniteux de la création étaient les acteurs, sans en exclure sir Charles Cartwright. Cette façon de voir la paille dans l'œil du voisin l'amusa fort.- Qui est cet individu si épris de sa personne ? demanda-t-il. - Un drôle de citoyen, mais un homme célèbre, expliqua sir Charles. Vous le connaissez peut-être de réputation. Hercule Poirot. C'est un Belge.

– Drame en trois actes (Nouvelle traduction révisée)

- Peut-on demander à un détective professionnel de "détecter" ?

– Drame en trois actes (Nouvelle traduction révisée)

- Monsieur Poirot, vous avez tendu une toile d'araignée à un tas de pauvres petites mouches qui se sont laissé prendre. Voici ce que je prévois. Vous allez nous exposer un brillant résumé de l'affaire et, brusquement, vous me désignerez du doigt, en vous écriant : « Tu es la coupable ! » et chacun dira : « C'est elle ! » J'éclaterai en sanglots, ce qui constituera un aveu, parce que je suis très impressionnable, et ne pourrai dire un mot. Oh ! monsieur Poirot, que vous me faites peur !

– Drame en trois actes (Nouvelle traduction révisée)

Blancs ou noirs tous les hommes sont frères.

On ne devrait jamais confondre sentiment et raisonnement.

Les grands hommes sont toujours seuls.

En pleine vie, nous appartenons déjà à la mort!

Les racines de nos fautes plongent dans le passé.

Espérer,c'est toujours continuer à aimer et à croire

En médecine, le plus souvent, c'est la foi qui sauve.

Un peuple de moutons finit par engendrer un gouvernement de loups.

Un crime peut être une oeuvre d'art, et un détective un artiste.

Chaque assassin est probablement le vieil ami de quelqu'un.

La grande ambition des femmes est d'inspirer l'amour

L'imagination est une qualité lorsqu'elle sert, mais un défaut si elle commande.

La mémoire est un don précieux. Quand on le possède, le passé n'existe pas.

Séparer la question principale de celles qui ne le sont pas, voilà la première tâche d'un esprit ordonné.

Le monde est binaire : Elvis et pas Johnny, Chandler et pas Agatha Christie, Gottlieb et pas Bally.

Il est bien difficile de mener une famille! Les femmes, en particulier, sont dures à manier.

Ah, l'argent! Qu'on en ait ou qu'on en manque; c'est toujours lui la cause du mal.

La malchance est cette justice obscure qui forme les destinées des hommes et ne leur permet point d'éviter les conséquences de leurs actes.

Vis aujourd'hui, comme si c'était le dernier jour. Et fais des projets, comme si tu étais là pour l'éternité.

Quoi de plus passionnant que l'activité mentale! Faites fonctionner vos petites cellules grises. Elles seules dissiperont les brouillards et l'incertitude et vous conduiront à la vérité.

Il ne faut jamais craindre de dire aux hommes leurs quatre vérités : ils sont tellement vaniteux qu'ils ne vous croient jamais, si le portrait n'est pas flatteur.

L’amour d’une mère pour son enfant ne connaît ni loi, ni pitié, ni limite. Il pourrait anéantir impitoyablement tout ce qui se trouve en travers de son chemin.

Les archéologues font des maris idéaux. Plus leur femme vieillit, plus ils l'apprécient.

Quand de grandes sommes sont en jeu, il est préférable de ne se fier à personne.

Le type qui a dit qu'on avait toujours tort de donner des explications avait cent fois raison !

Ce n'est pas parce qu'un problème n'a pas été résolu qu'il est impossible à résoudre.

Qu'est ce que la démocratie, sinon la fraternité entre les hommes et une certaine… affection sororale entre les femmes ?

Dans les moments de grande tension, l'esprit se fixe sur un détail sans importance dont on se souvient parfaitement bien longtemps après, comme si l'anxiété nous l'avait à jamais gravé dans le cerveau.

La jalousie engendre le Mal… La jalousie, c'est le Mal !

- Les femmes, affirma Poirot, sont merveilleuses; elles inventent et, par miracle, elles ont raison. En réalité, ce n'est pas tout à fait cela. Les femmes observent, sans s'en rendre compte, mille détails que leur subconscient coordonne. Elles appellent ensuite intuition le résultats de déductions qu'elles ignorent elles-mêmes. Je suis très fort en psychologie et, vous le voyez, je connais bien toutes ces choses. Il gonfla la poitrine avec importance et me parut si ridicule que j'eus grand-peine à ne pas éclater de rire. Puis il but une gorgée de son chocolat et s'essuya la moustache.

– Le meurtre de Roger Ackroyd

[...] Si nos criminels conservaient leur jugement et agissaient avec réflexion, comment réussirions-nous à les prendre ?

– Le train bleu

"il existe un proverbe anglais, mademoiselle, qui dit ...- ... "Les amoureux se rencontrent au terme du voyage"," (p.221)

– Le train bleu

"chacun regarde de sa place le miroir, mais le miroir est le même, ainsi que les choses qu'il reflète ..." (p.202)

– Le train bleu

- [...] Je suis Hercule Poirot.- Monsieur?- Vous ne connaissez pas ce nom?- Je ne l'ai jamais entendu, dit Hippolyte.- Permettez-moi de vous dire que vous avez reçu une mauvaise éducation. C'est celui d'un des grands hommes de ce siècle.

– Le train bleu

Je m'appelle Hercule Poirot, dit-il posément, et je suis probablement le plus grand détective du monde.

– Le train bleu

"Je ne discute jamais avec les obstinés. J'agis sans les consulter." (p.161)

– Le train bleu

- Cette histoire à propos du collier de Ruth. Vous me l'avez même montré.- Pas du tout. Van Aldin le regarda bien en face. - Vous dites que vous ne me l'avez pas fait voir ?- Non. -Vous êtes fou ou c'est moi qui perds la tête ? - Nous ne sommes fous ni l'un ni l'autre. Vous me posez une question, j'y réponds. Vous me demandez si je ne vous ai pas montré le collier de Mrs Kettering ? Je vous affirme que non. Il s'agit seulement d'une parfaite imitation de ce bijou ; seul un expert pourrait s'y reconnaître.

– Le train bleu

Car cet homme, aussi insignifiant qu'il parut, jouait un rôle considérable dans la destinée du monde. Dans un empire dirigé par des rats, il était le roi des rats.

– Le train bleu

"La vraie bureaucratie française !" (p.65) / "En bonne Anglaise, elle était un peu agacée." (p.67)

– Le train bleu

Tu es comme moi, tu supportes mal l'idée d'abandonner. Mais j'ai appris, et tu apprendras aussi, que c'est quelquefois la seule solution.

– Le train bleu

[...] On peut faire indéfiniment pression sur un homme, pas sur une femme. Car les femmes gardent au cœur un grand désir de vérité. Combien d'époux infidèles emportent tranquillement leur secret dans la tombe ! Mais combien de femmes infidèles ruinent leurs vies en avouant tout à ces hommes-là, leur jetant la vérité à la figure ? Le poids était trop lourd. Dans un moment d'insouciance téméraire – qu'elles regretteront après coup, bien entendu –, elles oublient toute prudence et proclament la vérité. Ce qui, sur le moment, leur procure une immense satisfaction. Je pense que, dans notre affaire, les choses ont dû se passer ainsi, n'est-ce pas ? La tension est devenue trop forte pour la victime, et ce fut, comme dit le proverbe, la fin de la poule aux œufs d'or. Mais pas la fin de l'histoire. L'homme dont nous parlons a peur d'être découvert. Ce n'est plus le même homme que… que seulement un an plus tôt, peut-être. Son sens moral s'est émoussé, c'est bien le mot ? Il est désespéré, prêt à tout, car s'il est découvert, il est perdu. Et alors… le poignard frappe.

– Le meurtre de Roger Ackroyd

Je regrette d'avoir à avouer que je déteste Mme Ackroyd. Elle est un composé bizarre d'os, de dents et de bijoux.

– Le meurtre de Roger Ackroyd

Il suffit d'entendre exprimer par autrui une opinion que l'on préférerait taire pour eprouver le besoin de la nier avec véhémence.

– Le meurtre de Roger Ackroyd

Cette femme est un fort déplaisant amalgame de colliers, de dents et d'os.

– Le meurtre de Roger Ackroyd

Un médecin sait toujours reconnaitre un mensonge.

– Le meurtre de Roger Ackroyd

S'il faut en croire Kipling,la devise de la gent mangouste tiendrait en quatre mots : Va, cherche et trouve.Et selon moi la mangouste conviendrait parfaitement comme emblème à ma soeur Caroline, à supposer qu'elle s'inventât des armoiries.Quant à la devise, le dernier mot suffirait. Caroline n'a jamais besoin d'aller nulle part: elle trouve.Sans bouger de chez elle ni faire le moindre effort.Comment s'y prend elle ? Je l'ignore mais c'est un fait: rien ne lui reste caché.Ou bien peu de choses. J'incline à croire que domestiques et livreurs lui servent d'agents de renseignements.Et quand elle sort, ce n'est pas pour aller aux nouvelles mais pour les diffuser- autre de ses talents qu'elle exerce avec un brio confondant.

– Le meurtre de Roger Ackroyd

Ah ! Si seulement Hercule Poirot n'avait pas pris sa retraite, et n'était pas venu chez nous cultiver des courges !...

– Le meurtre de Roger Ackroyd

Il me semble ridicule de s'extasier parce qu'une personne a porté ou employé un objet. La plume avec laquelle George Eliot a écrit " Le Moulin sur la Floss", par exemple, n'est après tout qu'une plume. Si vous admirez George Eliot, mieux vaut acheter son livre et le lire.

– Le meurtre de Roger Ackroyd

Dix petits Nègres s'en allèrent dîner.L'un d'eux s'étrangla et il n'en resta plus que Neuf.Neuf petits Nègres veillèrent très tard.L'un d'eux oublia de se réveiller et il n'en resta plus que Huit.Huit petits Nègres voyagèrent dans le Devon.L'un d'eux voulut y demeurer et il n'en resta plus queSept.Sept petits Nègres cassèrent du bois avec une hachette.Un se coupa en deux et il n'en resta plus queSixSix petits Nègres jouèrent avec une ruche.Un bourdon piqua l'un d'eux et il n'en resta plus queCinq.Cinq petits Nègres étudièrent le droit.L'un d'eux devint avocat et il n'en resta plus queQuatre.Quatre petits Nègres s'en allèrent en mer.Un hareng saur avala l'un d'eux et il n'en resta plus queTrois.Trois petits Nègres se promenèrent au zoo.Un gros ours en étouffa un et il n'en resta plus queDeux.Deux petits Nègres s'assirent au soleil.L'un d'eux fut grillé et il n'en resta plus queUn.Un petit Nègre se trouva tout seul.Il alla se pendre et il n'en resta plusAucun.

– Dix petits nègres

"Une île, ça avait quelque chose de magique ; le mot seul frappait l'imagination. On perdait contact avec son univers quotidien - une île, c'était un monde en soi. Un monde dont on risquait parfois - qui sait ? - de ne jamais revenir."

– Dix petits nègres

Dix petits Nègres s'en allèrent dîner.L'un d'eux s'étrangla et il n'en resta plus queNeuf.Neuf petits Nègres veillèrent très tard.L'un d'eux oublia de se réveiller et il n'en resta plus queHuit.Huit petits Nègres voyagèrent dans le Devon.L'un d'eux voulut y demeurer et il n'en resta plus queSept.Sept petits Nègres cassèrent du bois avec une hachette.Un se coupa en deux et il n'en resta plus queSixSix petits Nègres jouèrent avec une ruche.Un bourdon piqua l'un d'eux et il n'en resta plus queCinq.Cinq petits Nègres étudièrent le droit.L'un d'eux devint avocat et il n'en resta plus queQuatre.Quatre petits Nègres s'en allèrent en mer.Un hareng saur avala l'un d'eux et il n'en resta plus queTrois.Trois petits Nègres se promenèrent au zoo.Un gros ours en étouffa un et il n'en resta plus queDeux.Deux petits Nègres s'assirent au soleil.L'un d'eux fut grillé et il n'en resta plus queUn.Un petit Nègre se trouva tout seul.Il alla se pendre et il n'en resta plusAucun.

– Dix petits nègres

“Un peuple de moutons finit par engendrer un gouvernement de loups.”

– Dix petits nègres

Si la maison avait été une vieille demeure aux parquets qui craquent, aux ombres menaçantes et aux épais murs lambrissés, elle aurait pu avoir quelque chose d'inquiétant. Mais cette maison-là était l'essence même de la modernité. Pas de recoins sombres… pas d'éventuelles portes dérobées… La lumière électrique inondait tout- tout était neuf, net et brillant. Rien à caché, rien de secret. Un lieu dépourvu de mystère.Et, paradoxalement, c'était ça le plus effrayant…Sur le palier, ils se souhaitèrent une bonne nuit.Chacun entra dans sa chambre – et chacun, presque sans en avoir conscience, ferma sa porte à double tour…

– Dix petits nègres

En pleine vie, nous appartenons déjà à la mort !

– Dix petits nègres

Vous ne pouvez empêcher les oiseaux de la tristesse de passer au dessus de vos têtes mais vous pouvez les empêcher de faire leur nid dans vos cheveuxLaisse ton argent dans l'obscurité pour qu'il te permette de voir la lumière cautionner est d'abord une générosité puis un regret enfin une obligation de payer

– Dix petits nègres

Le seul mot "île" possède une vertu magique et évoque en votre esprit toutes sortes de fantaisies. En y abordant, on perd tout contact avec le reste de l'univers. Une île représente à elle seule tout un monde! Un monde d'où, peut-être, on ne revient jamais.p.35

– Dix petits nègres

Une île, ça avait quelque chose de magique ; le mot seul frappait l'imagination. On perdait contact avec son univers quotidien - une île, c'était un monde en soi. Un monde dont on risquait parfois - qui sait ? - de ne jamais revenir.

– Dix petits nègres

Le temps passera. Un jour, je serai vieille, et en paix. Peut-être rirai-je au souvenir de ce que j'endure à présent.

– Au galop ! (2 titres)

Guy Pagett est mon secrétaire, un homme consciencieux, travailleur, zélé, admirable sous tous les rapports. Je ne connais personne de plus rasant.

– L'Homme au complet marron

Des cheveux sombres un tantinet en désordre. Un visage qui se leva, abandonnant un instant la contemplation du passe-montagne qui semblait l'absorber.Mrs Blenkensop ! Tuppence ! Bon sang, mais c'était tout ce qu'il y a d'impossible – d'inconcevable !Tuppence, tricotant paisiblement dans le salon de Sans Souci !Leurs regards se croisèrent. Ses yeux à elle affichaient une indifférence polie – c'était le regard d'une parfaite étrangère.Tommy se sentit envahi d'admiration. Tuppence !

– N ou M ?

Les amis de Deborah ! Il y avait tant et, aux yeux de Tuppence, ils se ressemblaient tous passablement. Il y avait des bruns, comme ce garçon, des blonds, des rouquins parfois - mais tous coulés dans le même moule : bien élevés, sympathiques, et des cheveux qu'elle trouvait toujours un peu trop longs. (Mais si elle lui en faisait discrètement la remarque, Deborah répondait invariablement : "Mère, je t'en prie ! Ne sois pas si 1916. Je déteste les cheveux courts.")

– N ou M ?

- Non. A mon avis, N. ne peut pas se permettre d'être un Allemand.- Même pas un Allemand qui aurait fui les persécutions nazies ?- Même pas ! Nous surveillons, et ils le savent tous les ressortissants ennemis qui se trouvent en Angleterre..../...- Naturellement, monsieur, vous vous êtes renseignés sur ces gens-là ?Grant eut un petit ricanement amer.- Non, répondit-il. C'est justement, ce qu'il m'est impossible de faire ! Je n'aurais qu'un mot à dire pour que le Service fasse les recherche nécessaires, mais Beresford, c'est un risque que je ne peux pas prendre ! Il y a des agents ennemis dans l'Intelligence Service.

– N ou M ?

Les agents secrets sont presque toujours de charmants garçons. C'est un drôle de métier que le nôtre. on respecte l'adversaire et il vous respecte. Et il arrive souvent qu'on ait de la sympathie pour l'homme d'en face, alors même qu'on essaie de le descendre!

– N ou M ?

Pour eux, qu'est-ce que je suis ? Une femme d'un certain âge, embêtante et crampon, parce qu'elle ne veut pas rester chez elle à faire du tricot comme elle le devrait !

– N ou M ?

En arrivant chez lui, Tommy Beresford ôta son pardessus dans le vestibule. Il consacra un bout de temps à le suspendre avec un soin maniaque. Et, tout aussi soigneusement, il disposa son chapeau sur la patère voisine.Sur quoi il bomba le torse, se mit en devoir d'arborer un sourire conquérant et pénétra dans le salon où son épouse s'affairait à tricoter un passe-montagne de laine kaki. On était au printemps de 1940.Mrs Beresford accorda à son mari un regard bref et se replongea dans son ouvrage sur un rythme endiablé.— Du neuf dans les journaux du soir ? finit-elle par demander.— Haut les cœurs, le Blitzkrieg se précise ! répliqua Tommy sans enthousiasme. Lasituation en France n'a pas l'air brillante.— C'est vrai que le monde est plutôt déprimant, en ce moment, acquiesça Tuppence. Tous deux se turent, puis Tommy se décida à sauter le pas :— Alors, tu ne me poses pas de questions ? Inutile de déployer autant de tact, tu sais !— Je sais, confirma Tuppence. Les gens qui font preuve de délicatesse sont exaspérants.Mais si je te pose des questions, ça va t'exaspérer tout autant. Et, de toute façon, je n'ai aucun besoin de te tirer les vers du nez. La réponse, tu la portes sur ta figure.— Je n'aurais jamais cru que j'avais la dégaine aussi sinistre que Guillaume le Taciturne.— Ce n'est pas ça, chéri. Mais tu t'es épinglé ce soir un sourire du genre « nous vaincrons car nous sommes les plus forts » qui est peut-être ce que j'ai jamais vu de plus pitoyable.— Ça fait vraiment aussi lugubre que ça ? grinça Tommy.— Davantage encore que tu ne peux l'imaginer ! Allez, vas-y, dis-moi tout. Il n'y a rien à faire ?— Rien à faire. Ils n'ont besoin de moi nulle part. Je t'assure, Tuppence, c'est dur, quand on fait sentir à un homme de quarante-six ans qu'il ne vaut pas mieux qu'un grand-père frappé de gâtisme avancé. L'Armée, la Marine, la Royal Air Force, le Foreign Office… ils n'ont que le même refrain : je suis trop vieux. On fera peut-être appel à mes services. Plus tard !— Idem pour moi, le consola Tuppence. Pas question d'enrôler une femme de mon âge comme infirmière – non, merci beaucoup, madame. Ni comme quoi que ce soit d'autre, d'ailleurs. Ils préfèrent une donzelle à frisettes qui n'a jamais vu une blessure ni stérilisé une compresse plutôt que moi, qui ai travaillé pendant trois ans, de 1915 à 1918, sous diverses casquettes : infirmière dans un service de chirurgie puis en salle d'opération, conductrice de poids lourds, et même chauffeur d'un général ! Tout ça, et le reste – soit dit sans me vanter – avec un égal succès. Et voilà maintenant que je ne suis plus à leurs yeux qu'une pauvre enquiquineuse entre deux âges, qui, plutôt que leur casser les pieds, ferait mieux de rester chez elle à tricoter, comme tout le monde, pour nos braves pioupious !— Saloperie de guerre, maugréa Tommy.— Une guerre, ce n'est déjà pas hilarant, renchérit Tuppence, mais qu'on nous interdise d'en prendre notre part, ça, c'est le bouquet !Tommy essaya de consoler sa femme :— Au moins, Deborah a décroché un job…La mère de Deborah n'avait pas l'intention de se laisser consoler :— J'en suis ravie pour elle. Et je suis sûre qu'elle se débrouille parfaitement. Mais vois-tu, Tommy, je persiste à penser que je pourrais encore en remontrer à ma fille.— Je serais surpris qu'elle soit de ton avis, sourit Tommy.— Les filles sont quelquefois bien agaçantes, soupira Tuppence. Surtout quand elles se donnent un mal de chien pour se montrer compréhensives.— Moi, j'ai parfois bien de la peine à supporter les regards indulgents de ce blanc-bec de Derek. Ce « pauvre vieux papa » qu'on peut lire dans ses yeux…— Bref, résuma Tuppence que l'allusion à leurs deux jumeaux avait conduite au bord des larmes d'attendrissement, nos enfants sont des anges – mais...

– N ou M ?

- Alors ? dit-il. Pourquoi ne me demandes-tu rien ? Tu n'as pas besoin de faire preuve d'autant de tact !- Je sais. Il y a dans le tact quelque chose d'irritant. Mais, si je t'interroge, ça t'irritera encore plus. Et puis, à quoi bon ? Je suis au courant. C'est écrit sur ta figure !- J'ai l'air si lugubre ?- Non, mais ton sourire forcé est à vous briser le cœur.Tommy fit la grimace.- Il est si laid que ça ?- Il est pire ! ... Allons, vas-y ! Ça ne colle pas ?- Ça ne colle pas ! ... Ils veulent de moi nulle part ! Avoir quarante-six ans et être considéré comme un vieux grand-père qui dodeline du chef, c'est dur à encaisser ! Armée de terre, Marine, Aviation, Affaires étrangères, partout c'est la même réponse !../...- En somme dit Tuppence, c'est comme pour moi ! Ils ne veulent pas de femmes de mon âge, ni comme infirmières, ni comme n'importe quoi !

– N ou M ?

Song Susie!

– N ou M ?

Et Tommy eut soudain l'impression que tout tournait autour de lui!Mrs Blenkensop, c'était Tuppence!Tuppence, qui tricotait tranquillement dans le hall de la villa "Sans-Souci"!Leurs regards se rencontrèrent.Polis, indifférents.Deux étrangers qui se voient pour la première fois.Cependant, Tommy sentait monter en lui comme un sentiment d'admiration.Tuppence était à "Sans-Souci"

– N ou M ?

Les paroles de sir James résonnaient encore à ses oreilles : il ne faut jamais dire tout ce que l'on sait, même aux personnes que l'on connaît le mieux.

– Monsieur Brown

Se présenter avant l'heure, c'était montrer trop d'impatience ; aussi décida-t-elle de faire les cent pas sur le trottoir.

– Monsieur Brown

" Les aventures ont commencé, se dit-elle. Qu'est-ce qu'il veut que je fasse ? Ça je me le demande ! Il y a en vous, Mr Whittington, quelque chose que je n'aime pas. Mais d'un autre côté, vous ne me faites pas peur du tout. Tuppence, ma fille, ce n'est ni la première fois ni la dernière fois que tu le dis : tu n'as besoin de l'aide de personne ! "

– Monsieur Brown

Le médecin le crut- ce qui était un hommage rendu aux Américains. Si un Anglais lui avait fait la même suggestion, il aurait douté de sa santé mentale.

– Monsieur Brown

Mais pas question que je me laisse tuer en douce comme l'agneau qui vient de naître.

– Monsieur Brown

J'ai sur moi des papiers d'une extrême importance. Notre gouvernement prévoit des temps difficiles, et ce document doit aider l'Amérique autant que l'Angleterre. Il faut qu'il soit sauvé !

– Monsieur Brown

Jusqu'à présent, je pensais que les jeunes Anglaises étaient des créatures victoriennes, douces et démodées, incapables de faire trois pas sans un valet de pied ou un chaperon. Je crois que mes renseignements n'étaient pas à jour !

– Monsieur Brown

La jeunesse est un défaut que l'on perd trop facilement.

– Monsieur Brown

Extérieurement, c'est un jeune Anglais ordinaire, un peu lent, un peu lourd, obstiné, tenace. Il est incapable de se laisser entraîner par son imagination pour la bonne raison qu'il n'en a pas ! C'est pourquoi il est difficile de le tromper. Il réfléchit lentement, mais une fois qu'il a trouvé une chose, il y tient ! La gamine est tout à fait différente : plus d'intuition et moins de sens commun. Un petit couple curieux et sympathique.

– Monsieur Brown

« – Je prendrai contact avec vous en faisant passer dans le Times une petite annonce qui commencera ainsi « Compagnon de voyage désire renouer contact avec… ». Si au bout de trois jours, vous n'avez pas de mes nouvelles, eh bien… c'est que j'aurai eu de sérieux ennuis. Alors vous porterez ce paquet à l'ambassade des Etats-Unis. Et vous le remettrez à l'ambassadeur en mains propres. C'est clair ?– Très clair. »

– Monsieur Brown

— Mais si vous savez qui a volé les bons, pourquoi lambiner ? Il peut s'échapper.— Vers une île des mers du Sud où l'extradition ne s'applique pas ? Non, mon ami, il y trouverait la vie peu agréable. Quant à la raison pour laquelle j'attends… Eh bien, disons que pour l'intelligence d'Hercule Poirot, l'histoire est parfaitement claire, mais que pour d'autres personnes moins heureusement douées par le Bon Dieu, l'inspecteur Mc Neil, par exemple, il serait bon de poursuivre l'enquête afin de trouver les preuves corroborant les faits. Il faut avoir de l'indulgence pour ceux qui sont moins favorisés que soi.— Grand Dieu ! Poirot ! Savez-vous que je donnerais une somme d'argent considérable pour vous voir agir d'une manière stupide rien qu'une fois ? Vous êtes d'une telle vanité !— N'enragez pas, Hastings. En vérité, je remarque qu'il y a des moments où vous me détestez presque ! Hélas, je souffre des conséquences de ma propre grandeur !Le petit homme bomba le torse et soupira de manière si comique que je fus forcé de rire.

– Les Enquêtes d'Hercule Poirot

Mes belles bottines vernies, toujours si élégantes et bien lustrées ! Voyez, le sable y rentre, ce qui est douloureux, et en ternit le brillant, ce qui offense la vue. Et cette chaleur ! Mes moustaches en perdent tout ressort. Voyez comme elles s'affaissent.(La malédiction du tombeau égyptien)

– Les Enquêtes d'Hercule Poirot

— Quel imbécile j'ai été ! s'exclamait-il. Triple imbécile ! Jamais plus je ne vanterai mes petites cellules grises !— Ce sera au moins une bonne chose, grognai-je de mauvaise humeur.

– Les Enquêtes d'Hercule Poirot

- Que pensez-vous du Dr Bernard, Hastings? demanda Poirot alors que nous reprenions notre chemin vers Mardson Manor.- Un vieil imbécile.- Exactement. Votre jugement des caractères est toujours très profond, mon ami. (p.42)

– Les Enquêtes d'Hercule Poirot

- Mais consolez-vous mon ami, continua Poirot en se calmant. Tout le monde ne peut être comme Hercule Poirot ! Je le sais bien.- Je n'ai jamais rencontré quelqu'un qui eût une aussi bonne opinion de soi ! m'exclamai-je, à la fois amusé et agacé.- Que voulez-vous ! Lorsque l'on est unique, on le sait !

– Les Enquêtes d'Hercule Poirot

Il fut prouvé, naturellement, comme toujours, que Poirot avait raison ! (p.170, Le Crime de Regent's Court)

– Les Enquêtes d'Hercule Poirot

"You really have the best opinion of yourself of anyone I ever knew!" I cried, divided between amusement and annoyance."What will you? When one is unique, one knows it!"

– Les Enquêtes d'Hercule Poirot

Poirot était occupé à nettoyer un costume gris avec une petite éponge. Il n'y eut jamais de pire dandy qu'Hercule Poirot. Il avait la passion de l'ordre et de la netteté. Je le sentais bien, tant que cette odeur de benzine remplirait l'air, il serait incapable de m'accorder son attention. (p.131, in L'enlèvement du Premier Ministre)

– Les Enquêtes d'Hercule Poirot

― Mon cher Hastings, je comprends que je ne vais pas mourir cette fois-ci, murmura Poirot.Cette remarque optimiste, d'un malade atteint de la terrible grippe, était d'un heureux effet. J'avais le premier souffert de cette maladie, et Poirot n'y avait pas échappé. Il était maintenant assis sur son lit, appuyé sur de nombreux oreillers, la tête émergeant d'un châle de laine, et il buvait lentement une tisane que j'avais soigneusement préparée d'après ses instructions.― Eh bien, oui ! continua mon ami, je vais redevenir moi-même, le grand Hercule Poirot, la terreur des malfaiteurs !― Mais vous êtes une personnalité, Poirot. Et heureusement pour vous, vous n'avez manqué dernièrement aucune affaire intéressante.― C'est vrai... Je n'ai pas à regretter les quelques cas que j'ai refusés.

– Les Enquêtes d'Hercule Poirot

- Oui, je vais bientôt redevenir moi-même, poursuivit-il. Redevenir le grand Hercule Poirot, la terreur des malfaiteurs !

– Les Enquêtes d'Hercule Poirot

— M. Poirot est… euh… était un… grand détective, débutai-je.— Ah ! mon cher ami ! s'écria Poirot, est-ce là tout ce que vous trouvez à dire ? Allons, dites à Mademoiselle que je suis un détective unique, inégalé et inégalable.— Eh bien ! à présent, c'est chose faite, déclarai-je froidement, vous l'avez renseignée vous-même !— Oui, mais il est toujours plus agréable de ménager sa propre modestie et de laisser aux autres le soin de chanter vos louanges.— À quoi bon posséder un chien s'il faut aboyer à sa place ? jeta Nick en plaisantant. À propos, qui est le chien ? Le docteur Watson, sans doute ?— Mon nom est Hastings, rectifiai-je, légèrement vexé.

– La Maison du péril (Nouvelle traduction révisée)

- La providence, murmurai-je.- Ah, mon bon ami ! Ne rendez pas le bon Dieu responsable des mauvaises actions des hommes. Vous le louez comme si vous étiez à l'office du dimanche, sans comprendre que c'est le même bon Dieu qui a tué Maggie Buckley !- Poirot, voyons !- Mais oui, mon bon ami ! Eh bien moi, je refuse de rester assis en disant : ce brave bon Dieu s'occupe de tout, laissons-Le faire. Et je suis convaincu qu'il a crée Hercule Poirot pour qu'il se mêle de ces affaires ! C'est mon métier, voyez-vous.

– La Maison du péril (Nouvelle traduction révisée)

[...] Eh bien moi, je refuse de rester assis en disant : ce brave bon Dieu s'occupe de tout, laissons-Le faire. Et je suis convaincu qu'Il a créé Hercule Poirot pour qu'il se mêle de ces affaires ! C'est mon métier, voyez-vous.

– La Maison du péril (Nouvelle traduction révisée)

- Poirot ! m'écriai-je, j'ai réfléchi.- Félicitation, mon cher; c'est un excellent exercice, je ne saurais trop vous engager à continuer.

– La Maison du péril (Nouvelle traduction révisée)

Modeste n'était pas le mot que j'aurais employé. J'eus l'impression que la vanité de mon compagnon n'avait pas diminué avec les années, bien au contraire. Ronronnant presque d'autosatisfaction béate, il se renversa dans son fauteuil tout en caressant sa moustache.

– La Maison du péril (Nouvelle traduction révisée)

A quoi bon posséder un chien s'il faut aboyer à sa place ?

– La Maison du péril (Nouvelle traduction révisée)

J'avais oublié, vous êtes si jeune qu'il est normal que vous n'ayez jamais entendu parler de moi. La célébrité n'a qu'un temps. Mon ami va vous dire qui je suis.Nick se tourna vers moi et, un peu gêné, je m'éclaircis la voix.- M.Poirot est... euh... était un grand détective.- C'est tout ce que vous trouvez à dire, mon bon ami ! s'exclama Poirot. Mais voyons donc ! Expliquez à Mademoiselle que je suis l'unique, le meilleur, le plus grand détective qui ait jamais existé !

– La Maison du péril (Nouvelle traduction révisée)

Pour chacun d'entre nous, il y a un moment où la mort semble meilleure que la vie, chère et jeune mademoiselle. Et puis cela passe, le chagrin et la douleur s'atténuent. Vous ne pouvez pas me croire à présent bien sûr, et le vieil homme que je suis parle dans le vide. Ce ne sont que des mots... C'est ce que vous pensez, rien que des mots.

– La Maison du péril (Nouvelle traduction révisée)

Ouf ! souffla Poirot, ce que ça monte ! Je suis en nage ! Ma moustache en est toute ramollie...

– La Maison du péril (Nouvelle traduction révisée)

"Pourtant ce sont les vieux chiens les mieux dressés, murmura Poirot. Ils sont rusés et ne lâchent jamais prise.- Bah ! Nous sommes des êtres humains, pas des chiens.- Y a-t-il une différence ? "

– La Maison du péril (Nouvelle traduction révisée)

Je dois recommander les Harlequinades à votre attention. Il est en train de disparaître de nos jours - mais il merite attention, je vous assure

– Mr Quinn en voyage

- Quel est cet endroit? chuchota-t-il. Quel est cet endroit?- Je vous l'ai dit : mon sentier.- Le sentier des amoureux. Et tout le monde l'emprunte?- Presque tout le monde, tôt ou tard.- Et tout au bout... que trouve-t-on?Mr Quinn sourit. Il indiqua la chaumière en ruine au-dessus d'eux et expliqua d'une voix douce : - La maison de leurs rêves... un tas d'ordures... qui sait?

– Mr Quinn en voyage

- Je sais, mon ami, je sais. Mais il n'y a pas d'autre solution. On est toujours à la recherche du même homme : l'amoureux parfait, l'éternel amant... C'est la musique d'Arlequin que l'on entend sans cesse. Aucun amoureux ne satisfait complètement, car tous ils sont mortels. Arlequin lui-même n'est qu'un mythe, une présence invisible... A moins...

– Mr Quinn en voyage

Mr Satterthwaite regarda au dehors ; la pluie tombait à verse. Il frissonna en se disant que bien peu de maisons de campagne possédaient une installation de chauffage suffisante. L'idée que d'ici quelques heures il roulerait vers Londres, le réconforta; Passé la soixantaine, il fallait bien admettre que rien ne valait la capitale.

– Mr Quinn en voyage

Il soupirait, en proie à une nostalgie dont les nouvelles générations ne savaient plus apprécier la douceur.

– Mr Quinn en voyage

- Il revient à l'endroit d'où il vient, je suppose, dit Naomi d'une voix étrange.- Mais..., mais il n'y a rien au-delà, dit Mr Satterthwaite, car Mr Quinn se dirigeait vers l'endroit sur le bord de la falaise où ils l'avaient vu d'abord.- Vous avez dit vous-même que c'est le Bout du Monde.

– Mr Quinn en voyage

Rien ne vint rompre le silence tout neuf. Quatre visages inexpressifs soutenaient maintenant le regard du sergent Trotter. Les émotions des minutes précédentes -excitation, indignation, interrogation, hystérie - venaient d'en être effacées comme le coup d'une éponge qui efface la craie sur l'ardoise.

– Trois souris...

Il faisait un temps glacial. Le ciel était sombre, très bas et annonciateur de neige. Emmitouflé dans un pardessus de couleur sombre, bas du visage enfoui dans un cache-nez et feutre gris rabattu sur les yeux, un individu déboucha dans Culver Street et gravit le perron du 74. Il appuya sur le bouton et entendit la sonnerie striduler au sous-sol.Les mains plongées dans son évier, Mrs Casey tempêta :-Saleté de sonnette ! C'est pas vrai, on peut jamais être tranquille !Ahanant et soufflant, elle remonta péniblement de son sous-sol et ouvrit la porte. Silhouette se découpant sur le ciel bas, l'homme s'enquit dans un souffle rauque :-Mrs Lyon ?- Deuxième étage, répondit Mrs Casey. Z'avez qu'à monter. Elle vous attend ?L'homme secoua lentement la tête.-Bah ! Allez-y quand même. Z'aurez qu'à frapper.Elle le regarda escalader les marches tapissées de moquette élimée. Après coup, elle devait déclarer « qu'il lui avait fait une drôle d'impression ». Mais, pour être honnête, tout ce qu'elle s'était dit sur le moment c'est qu'il devait avoir un sacré rhume pour que sa voix soit dans un état pareil… et qu'étant donné le temps de chien qu'il faisait, il n'y avait rien d'étonnant à ça.Quand l'homme atteignit le premier palier et tourna pour aborder la seconde volée de marches, il se mit à siffloter en sourdine. L'air qu'il sifflait, c'était celui des Trois Souris.

– Trois souris...

Si Mrs Boyle aimait le confort, elle n'en aimait pas moins trouver le détail qui cloche. Et la seconde partie de la proposition l'emportait sans doute sur la première.

– Trois souris...

[ Malédiction ]( The case of thé caretaker )La richesse vous empêche d'être en contact avec les réalités de l'existence.

– Trois souris...

L'aube du lendemain confirma les noirs pressentiments de Giles. Il y avait déjà plus d'un mètre cinquante de neige accumulée contre les portes et les fenêtres. Et elle continuait de tomber. L'univers tout entier était blanc, silencieux... et de cette blancheur et de ce silence même émanait comme une subtile menace.

– Trois souris...

Trois sourisTrois sourisTrois souris aux yeux crevésTrottinaient-menuTrottinaient-menuTrottinaient-menu après la fermièreQuand aiguisant son couteau la mégèreUne à une leur a coupé la queueA-t-on jamais rien vu de plus affreuxQue trois sourisSans yeuxNiQueue ?

– Trois souris...

[ Trois souris ]... Ne trouvez-vous pas que c'est excellent de tout savoir des gens ? Je veux dire : ce qu'ils pensent, ce qu'ils ressentent, et non pas strictement ce qu'ils sont ou ce qu'ils font.

– Trois souris...

Elle répondit à sa courbette grand siècle par une courte inclinaison de la tête et traversa le salon telle un vaisseau de haut bord.

– Trois souris...

Mme Boyle avait été renvoyée dans ses foyers. ..pour découvrir qu'elle n'avait plus de foyer.

– Trois souris...

- Miss Marple eut un sourire d'encouragement à l'adresse du policier.- Je vous garantis que "ça ne fera pas un pli."Le ton de la vieille demoiselle rappela au colonel celui qu'avait eu une de ses tantes autrefois pour lui assurer qu'il ne pouvait échouer à son examen d'entrée au Collège militaire de Sandhurst.Et elle avait vu juste.

– Trois souris...

-[...] Mais, malgré tout, ce serait merveilleux de sentir qu'on a un jour, ou même deux, à ne rien faire d'autre que réfléchir. -Je me demande, dit Blanche, à quoi tu réfléchirais.Joan se mit à rire, d'un rire qui tintait clair :-Les sujets de réflexion ne manquent à personne, je suppose.Blanche grimaça un sourire :- On peut toujours méditer sur les péchés qu'on a commis !- Oui, c'est exact, acquiesça Joan par politesse, mais sans apprécier cette suggestion.Blanche la regarda d'un œil pénétrant.- Toi, cela ne t'occuperait pas longtemps ! Elle fronça les sourcils et continua tout à trac : De là, tu en viendrais vite à te remémorer tes bonnes actions. Et toutes les chances qui ont favorisé ta vie ! Hum ! ... Je ne sais pas... Cela pourrait être plutôt gênant. Je me demande... - elle hésita - ... si l'on n'avait rien d'autre à faire que penser à soi-même pendant plusieurs jours de suite, je me demande ce que l'on découvrirait...Joan parut sceptique - et rebelle à l'idée.- Pourrait-on découvrir quoi que ce soit que l'on ne sût déjà ?Blanche pesa ses mots :- Je crois que c'est possible. - Elle eut un petit frisson. - J'aime mieux ne pas essayer.P19

– Loin de vous ce printemps

Parfois je m'asseois et je pense, parfois je me borne à m'asseoir et je ne pense à rien.

– Loin de vous ce printemps

- Personne ne veut la guerre, chérie.-Oh ! On ne fait pas toujours ce qu'on veut.

– Loin de vous ce printemps

L'Homme qui n'exerce pas la carrière de ses rêves ne vit qu'à moitié.

– Loin de vous ce printemps

Si vous êtes réduit à ne penser qu'à vous, quelles découvertes ferez vous sur vous même ?

– Loin de vous ce printemps

Il est facile de se dire que son désarroi est parfaitement logique et rationnel, mais il est moins aisé d'empêcher les idées incohérentes et saugrenues, surgies on ne sait d'où, de vous traverser l'esprit, comme des lézards sortant de leur cachette.

– Loin de vous ce printemps

Le fond du problème, c'est que le sexe sensible - le sexe faible, si vous préférez - , ce sont les hommes. Les femmes sont plus coriaces. Les hommes n'arrivent pas à prendre le meurtre comme allant de soi. Les femmes, apparemment, si.

– Le visiteur inattendu

Les douze coups de minuit n'allaient pas tarder à sonner en cette froide soirée de Novembre. D'épaisses nappes de brouillard masquaient en partie l'étroite route de campagne. Obscure et bordée d'arbres, à peine mieux qu'un chemin vicinal, elle serpentait au sur du pays de Galles, non loin du canal de Bristol où une corne de brume poussait son mugissement mélancolique à intervalles réguliers.

– Le visiteur inattendu

En réalité, Mrs. Willard J. Peters n'aimait guère toute la Grèce ; et Delphes ne lui plaisait pas du tout. Elle n'aimait vraiment que Paris, Londres et la Côte d'Azur. Certes, la vie d'hôtel lui était agréable, mais à condition que sa chambre eût un tapis de haute laine, un lit luxueux, une profusion de lampes électriques, de l'eau chaude et froide en abondance, un téléphone pour pouvoir commander du thé, des repas, des cocktails ou de l'eau minérale et appeler ses relations.

– Mr Parker Pyne

Intéressante apparition de la conscience dans l'esprit d'un gigolo endurci. En étudier le développement.

– Mr Parker Pyne

Quand la vie vous joue des tours et que l'on traverse une crise, la meilleure solution consiste encore à faire bonne figure et à bluffer.(La perle de grand prix)

– Mr Parker Pyne

- Mais s'il n'y a rien à pardonner...- Qu'importe la vérité ! lui rétorqua Mr Parker Pyne. Mon expérience m'a prouvé qu'elle est l'origine de bien des déboires. Il y a un axiome fondamental dans la vie conjugale : il faut mentir aux femmes. Elles aiment ça ! Allez vous faire pardonner, mon garçon. Et puis, vivez heureux. Il est probable que votre épouse vous aura à l'œil chaque fois qu'une jolie femme s'approchera de vous - cela agace certains hommes, mais je pense que ce ne sera pas votre cas.- Aucune femme ne m'intéresse en dehors d'Elsie, déclara Mr Jeffries avec simplicité.- Bravo, mon cher, dit Mr Parker Pyne. Mais à votre place, je m'arrangerais quand même pour qu'elle n'en sache rien. Les femmes n'aiment pas le succès trop facile.(Êtes-vous sûre qu'il ne vous manque rien)

– Mr Parker Pyne

je puis vous assurer que dans quatre-vingt-sept pour cent des cas, la malhonnêteté ne paie pas !

– Mr Parker Pyne

-En ce qui concerne l'eau dans la cave, reprit le détective avec quelque embarras, vous ne croyez pas qu'une autre fois… nous pourrions avoir une idée plus originale?Mrs Oliver secoua la tête, prit une pomme dans le sac et répondit:- Je ne suis pas de cet avis : voyez-vous le public a l'habitude de lire ce genre de récits : celliers inondés, gaz toxiques, etc.., de sorte qu'il est beaucoup plus effrayé quand il en est victime lui-même. Les gens sont très conservateurs et apprécient volontiers les systèmes connus

– Mr Parker Pyne

Je ne sais vraiment pas pourquoi je vous fais confiance. L'argent et les sottes gens ne font jamais bien longtemps bon ménage, à ce qu'on dit. Alors je dois être bien sotte. Tout de même, vous avez un certain culot d'annoncer comme ça dans tous les journaux que vous pouvez rendre les gens heureux !(Le cas de la femme richissime)

– Mr Parker Pyne

Il est rare, dit Mr Parker Pyne, que le riche soit apprécié du pauvre.

– Mr Parker Pyne

Heureux(se)? Sinon, Venez consulter Mr Parker PYNE, 17 Richmond Street.

– Mr Parker Pyne

Elle s'est éloignée de vous par lassitude, une lassitude causée par le climat d'admiration et d'absolue fidélité dont vous avez eu la maladresse de l'entourer.

– Mr Parker Pyne

— Vous avez dit qu'on a retrouvé le chalumeau derrière un des sièges de l'avion ? Qui occupait ce siège ?Le magistrat consulta ses notes. Le sergent Wilson s'avança et lui glissa tout bas :— Il s'agit du fauteuil numéro 9, où avait pris place M. Hercule Poirot. Ce M. Poirot est un détective privé, très connu et très estimé, qui a… euh… qui a collaboré plusieurs fois avec Scotland Yard.L'homme à la face carrée se tourna vers M. Hercule Poirot, et il considéra d'un air bourru le petit Belge aux longues moustaches.« Les étrangers, disaient les yeux de l'homme à la face carrée, ne m'inspirent aucune confiance, même quand ils travaillent étroitement avec la police. »A voix haute, l'homme prononça :— N'est-ce point ce « Porrott » qui a ramassé l'épine empoisonnée ?— Lui-même.Le jury se retira. Après cinq minutes, les jurés revinrent dans la salle du tribunal, et leur chef tendit au coroner une feuille de papier.— Ah ! non ! s'écria le coroner furieux. Je ne puis accepter un verdict aussi stupide !

– La Mort dans les nuages - fac simile

Vous ne voudriez tout de même pas qu'un roman policier ressemblât à la vie réelle. Consultez un peu les journaux, les crimes y sont d'une monotonie désespérante.

– La Mort dans les nuages - fac simile

- [...] Quelle est la préoccupation qui s'impose à notre esprit à l'annonce d'un meurtre?- Trouver le coupable, fit Jane.- L'idée de justice, dit Norman Gaile.Poirot secoua la tête.- Il est une chose plus importante que de découvrir l'assassin. La justice, mot superbe, mais dont le sens exact demeure parfois difficile à définir suivant le cas. Selon moi, le point capital consiste à disculper les innocents.- Cela va sans dire, si quelqu'un est accusé à tort...- Point n'est besoin d'être accusé. Tant que le coupable n'est pas reconnu, sans aucun doute possible, tous ceux qui, de près ou de loin, touchent au crime, en souffrent à des degrés différents.

– La Mort dans les nuages - fac simile

« - La vie est vraiment terrible parfois, répéta-t-il. Il faut beaucoup de courage.- Pour se tuer ? Oui, j'imagine qu'il en faut.- Et pour vivre aussi, il faut beaucoup de courage. »(p.207)

– La Mort dans les nuages - fac simile

- Voulez-vous apprendre quelque chose, mademoiselle ? Ma profession m'oblige à ne point croire tout ce qu'on me dit... du moins ce qui n'est point étayé de solides témoignages. Mes soupçons ne se portent pas sur une personne, puis sur une autre. Je suspecte d'abord tout le monde. Celui qui, de près ou de loin, touche à la victime est considéré par moi comme coupable jusqu'à preuve du contraire.

– La Mort dans les nuages - fac simile

- [...] Oh ! ces auteurs de romans détectives... où toujours les policiers jouent un rôle ridicule ! Si je m'avisais de parler à mes chefs sur le ton employé par les inspecteurs dans leurs fichus bouquins, ma parole ! on me ficherait à la porte illico. Ce meurtre ressemble comme un frère à ceux qu'un écrivassier de cet acabit croit pouvoir commettre impunément.

– La Mort dans les nuages - fac simile

- Lorsqu'on étudie un problème avec ordre et méthode, on parvient presque toujours à en trouver la solution, répondit-il.

– La Mort dans les nuages - fac simile

- On voit bien que vous n'avez pas fréquenté beaucoup d'archéologues. Si MM. Dupont étaient en plein discussion, soyez certain, cher ami, qu'ils demeuraient aveugles et sourds à tout ce qui se passait autour d'eux. Ils se trouvaient sans doute transportés en l'an cinq mille avant Jésus-Christ et, pour eux, l'an mille neuf cent trente-six n'existait plus.

– La Mort dans les nuages - fac simile

- Vous pensez que c'était un moyen dément de commettre un crime n'est-ce pas? - Bien sur. De la pure folie. - Et pourtant... Il a réussi. Nous sommes là, tous les trois, assis à en parler et nous n'avons pas la moindre idée de qui l'a commis. C'est ce que j'appelle une réussite !

– La Mort dans les nuages - fac simile

- Vous avez raison Monsieur Poirot. Avouez tout de même qu'ils ne paient pas de mine. - Comme presque tous les grands hommes ! Tenez, moi qui vous parle, On m'a pris un jour pour un coiffeur !

– La Mort dans les nuages - fac simile

C'est comme si on débarquait sur scène, en plein milieu du deuxième acte, pour jouer des personnages qui n'ont pas été prévus et ce qui rend ntore jeu encore plus difficile, c'est que nous n'avons pas la moindre idée de ce qui s'est passé au premier.

– Pourquoi pas Evans ? fac simile

J'ai l'impression que nous nageons entre les pages d'un roman - au beau milieu d'une histoire qui n'est pas vraiment la nôtre. C'est un sentiment extrêmement troublant.

– Pourquoi pas Evans ? fac simile

Tu es une infirme sur le plan de la compassion féminine, gémit Bobby.

– Pourquoi pas Evans ? fac simile

Alors écoute-moi bien, Bobby, et essaie de comprendre ce que je vais te dire. D'accord tu n'as pas grand chose dans le crâne, mais en te concentrant, tu devrais y arriver.

– Pourquoi pas Evans ? fac simile

Une ombre de gêne flottait dans les rapports entre les jeunes gens. Les Derwent se montraient peut-être un peu plus familiers qu'il ne seyait de l'être, comme pour signifier qu'il n'existait entre eux aucune différence. Les Jones, de leur côté, affectaient une certaine raideur, pour bien marquer qu'ils ne sollicitaient rien.

– Pourquoi pas Evans ? fac simile

- J'ai donné rendez-vous à Lady Frances sous une tonnelle au bord de la rivière. Ma requête lui a paru singulière, mais elle a fini par accepter. - Bien. A présent, dites-moi où se trouve cette tonnelle.

– Pourquoi pas Evans ? fac simile

- Bonjour, dit la jeune fille. Venez donc vous asseoir en face de moi.- Mon billet n'a pas la couleur voulue.- Peu importe, ça s'arrangera..../...Au même instant un énorme bonhomme en tenue bleue apparut à la porte du couloir.- Laissez-moi faire, conseilla Frankie.Elle adressa un gracieux sourire au contrôleur qui porta la main à son képi et poinçonna le billet qu'elle lui tendait.- Mr Jones vient d'entrer dans mon compartiment pour me dire un mot. Vous n'y voyez aucun inconvénient, n'est-ce pas ?- C'est parfait, Votre Seigneurie. Monsieur ne restera pas longtemps, j'espère. Il toussa avec tact et ajouta : je ne repasserai pas avant la gare de Bristol.- Ce qu'une jolie femme peut obtenir avec un sourire ! ... observa Bobby, lorsque l'employé se fut retiré.Lady Frances Derwent hocha la tête pensivement.- Je doute que ce soit l'effet du sourire. J'attribue plutôt mon succès à la générosité habituelle de mon père envers les employés.

– Pourquoi pas Evans ? fac simile

-Et pourquoi pas Evans? articula-t-il. Puis il fut parcouru d'un étrange frisson, ses paupières se refermèrent et sa mâchoire retomba... Il avait cessé de vivre.

– Pourquoi pas Evans ? fac simile

- Vous n'appartenez pas à la police, au moins ? - Moi ? Pas du tout.

– Pourquoi pas Evans ? fac simile

-Est-ce lui qui est amoureux de vous, ou vous qui êtes entichée de lui ? Frankie piqua un léger fard.- Vous êtes absurde, Bobby.

– Pourquoi pas Evans ? fac simile

— J'allais partir, en effet. J'ai découvert un magasin où l'on trouve une gaine de maintien merveilleuse, du dernier modèle.— Une gaine de maintien ?— Exactement, Bill. Pour maintenir les hanches. On porte cela à même la peau.— Virginia, je suis très gêné. Vous ne devriez pas décrire vos sous-vêtements à un jeune homme. C'est indécent !— Mais, Bill chéri, les hanches n'ont rien d'indécent ! Nous en avons tous, mais nous, pauvres femmes, devons nous donner un mal fou pour prétendre le contraire.

– Le Secret de Chimneys - fac simile

-Je suis pauvre, madame, dit-il finalement, sur un ton significatif.-C'est ce qui vous permettra - du moins me l'a-t-on toujours dit - d'entrer dans le royaume des cieux.

– Le Secret de Chimneys - fac simile

Si les hommes de ce genre ont toujours de la chance, c'est peut-être parce qu'ils y croient fermement eux-mêmes.

– Le Secret de Chimneys - fac simile

-Il y a des hommes, dit Anthony en rompant le silence, qui n'obéissent pas aux signaux. Une locomotive bien réglée stoppe ou ralentit à la vue d'un signal rouge. Moi, au contraire, j'accélère ! Ce n'est pas ma faute, je suis né comme cela.

– Le Secret de Chimneys - fac simile

Avec cette expression de discrétion surhumaine que seuls savent assumer les français, quand il s'agit de lettres de femmes, le gérant murmura :-je comprends, monsieur. Ce n'est naturellement pas une affaire pour la police.

– Le Secret de Chimneys - fac simile

-Je pense, dit Virginie, que vous avez couru bien des dangers ?-Tous....excepté le mariage.

– Le Secret de Chimneys - fac simile

-Les romans policiers, dit tranquillement Battle, sont la plupart du temps du bluff. Mais ils amusent le monde, et souvent ils nous sont utiles. -En quoi ? demanda avec curiosité Anthony.-En encourageant l'idée universellement admise que la police est incapable.

– Le Secret de Chimneys - fac simile

Mon pauvre ami ! Tout notre noble édifice de pétrole et de royauté est en ruine !

– Le Secret de Chimneys - fac simile

Si les gens comme Anthony Cade ont de la chance, c'est peut-être avant tout parce qu'ils y croient.

– Le Secret de Chimneys - fac simile

- Certaines personnes [...] n'obéissent pas aux signaux. N'importe quelle locomotive bien réglée ralentit ou s'arrête devant un signal rouge. Peut-être suis-je né daltonien ? Lorsque le signal rouge s'allume, je ne peux pas m'empêcher de foncer tête baissée et cela se termine toujours de façon catastrophique. C'est inévitable ; c'est même normal.Mais cela peut être très dangereux !Il continuait à parler sérieusement.- Je suppose, dit Virginia, que vous avez souvent pris des risques, au cours de votre existence ?- J'ai couru presque tous les risques imaginables. Sauf le mariage.- Voilà une remarque bien cynique.- Ce n'est pas ce que je voulais dire. Le mariage, tel que je l'envisage, serait la plus grande de toutes les aventures.- J'aime mieux cela, dit Virginie en rougissant.- Il n'y a qu'une femme que je voudrais épouser, mais nous sommes de deux mondes opposés.Que faire ? Doit-elle se mettre à mener la même vie que moi, ou dois-je moi, me conformer à la sienne ?- Si elle vous aime...- C'est du sentimentalisme, Mrs Revel ! Vous le savez bien. L'amour n'est pas un médicament que l'on absorbe pour voir la vie en rose. Certes, ça l'est, dans un sens, mais il serait dommage de se cantonner à cela.L'amour peut être beaucoup plus. A votre avis, où en étaient le roi et sa petite danseuse, après un ou deux ans de mariage ? Est-ce qu'elle regrettait sa vie misérable mais libre ? Evidemment ! Aurait-il plutôt dû renoncer, pour elle, à la couronne ? Pas le moins du monde : il aurait fait un très mauvais pauvre. Et aucune femme ne respecte un homme qui ne réussit pas.

– Le Secret de Chimneys - fac simile

Je n'aime pas beaucoup les photographies. Elles vous font par trop vivre dans le passé. Il faut apprendre à oublier et savoir élaguer les branches mortes.

– Poirot joue le jeu

[...] Ceux qui ont du goût n'ont pas assez d'argent pour faire construire et les Crésus veulent qu'on leur bâtisse des horreurs ![...]

– Poirot joue le jeu

- Mais puisqu'elle détestait ce type-là...- Nous savons seulement qu'elle a dit le détester. Les femmes mentent sans cesse, affirma l'inspecteur. Souvenez-vous-en toujours, Hoskins.- Ha ! Ha ! répondit celui-ci avec admiration.

– Poirot joue le jeu

Bland songea que, pour les gens du cru, le verdict - somme toute peu compromettant, profondément rassurant et bien dans la tradition séculaire - consisterait à désigner "l'étranger" à la vindicte publique.

– Poirot joue le jeu

Vous êtes un être sensible, madame. Les ambiances, la personnalité des gens que vous rencontrez exercent sur vous leur influence. Et cela, vous nous le rendez dans vos livres. Non pas de manière évidente et grossière, mais comme une sorte de terreau sur lequel votre cerveau fertile cultive son inspiration.

– Poirot joue le jeu

Son apparence n'était pas aussi soignée que de coutume. Ramollis par l'atmosphère humide du Devonshire, les crocs de sa moustache pendouillaient tristement. Ses bottines vernies à bout pointu étaient maculées de boue. Il claudiquait en marchant et avait le cheveu ébouriffé.

– Poirot joue le jeu

une erreur peut devenirexacte,selon que celui quil,a commise s,est trompéou non.

– Poirot joue le jeu

Hercule Poirot était assis bien droit dans un fauteuil carré face à la cheminée carrée du salon carré de son appartement londonien. Devant lui se trouvaient divers objets qui n'avaient, eux, rien de carré : ils étaient, au contraire, fortement contournés.

– Poirot joue le jeu

- Après tout, même la police a renoncé.Il fit un geste de dénégation : - Oh ! Non, madame, c'est ce qui vous trompe. La police ne renonce pas comme ça.Puis il ajouta : - Et moi non plus, je ne renonce pas. Souvenez-vous en, madame. Moi, Hercule Poirot, je ne renonce pas.C'était là une sortie bien digne de lui.

– Poirot joue le jeu

Je n'aime pas beaucoup les photographies. Elles vous renvoient trop au passé. Il faut apprendre à oublier. À supprimer le bois mort.

– Poirot joue le jeu

Il y a des moments humiliants dans la vie des grands hommes. On a dit que nul n'était un héros pour son valet de chambre. On peut ajouter que nul ne se sent l'âme d'un héros quand il se trouve devant son dentiste.Hercule Poirot en avait parfaitement conscience.

– Un deux trois

- Ainsi, dit-il, vous êtes Hercule Poirot. J'ai entendu parler de vous… - Je suis assez connu, remarqua Poirot, avec son ordinaire modestie.

– Un deux trois

Il est des instants humiliants dans la vie des plus grands hommes. On prétend que nul n'est un héros aux yeux de son valet. A cela il est permis d'ajouter que peu d'hommes sont des héros à leurs propres yeux en présence de leur dentiste.

– Un deux trois

Il y a des moments humiliants dans la vie des grands hommes. On dit que nul n'était un héros pour son valet de chambre. On peut ajouter que nul ne se sent l'âme d'un héros quand il se trouve devant son dentiste.Hercule Poirot en avait parfaitement conscience.Il avait en général une assez haute opinion de lui-même. Il était Hercule Poirot et se tenait pour supérieur à la plupart de ses contemporains. Mais pour le moment, il se sentait bien petit. Il n'était qu'un homme comme les autres, un pauvre homme terrorisé à l'idée de s'asseoir dans le fauteuil du dentiste.

– Un deux trois

Poirot le toisa avec mépris et songea qu'il y a des gens si désagréables et si ridicules que ce serait une bonne chose que de les supprimer dès leur arrivée sur la terre.

– Un deux trois

L'anglais de Poirot savait se montrer détestable - pour ne rien dire de son accent.

– Un deux trois

En temps ordinaire, il avait de lui-même plutôt bonne opinion. Il était Hercule Poirot, supérieur aux autres à bien des égards. Mais à cet instant précis, tout sentiment de supériorité l'avait déserté.

– Un deux trois

Il gardait un fol espoir au fond du cœur : peut-être que le dentiste était absent, voire malade, ou qu'il ne recevait pas ce jour-là ... Vaines chimères !

– Un deux trois

Des obstacles, il y en avait en quantité. Et de tous genres! Le plus irritant, c'était peut être celui que Poirot avait baptisé « L'énigme Sainsbury Seale ». Car, s'il avait bien vu, si ses sens ne l'avaient pas trompé, si les faits qu'il avait constatés étaient bien les faits, rien ne tenait debout.« Ce n'est pas possible! conclut Poirot, se couchant. Je dois devenir vieux! »

– Un deux trois

— Ces filles, dit-il, sont toutes les mêmes ! Elles ne pensent qu'à elles, et on ne peut pas compter sur elles !— C'est de Gladys que tu parles ?— Oui. Elle vient de m'informer que sa tante a eu une attaque et qu'elle a été obligée de partir pour le Somerset.— C'est très ennuyeux, mais ce n'est pas sa faute à elle !Mr Morley hocha la tête d'un air sombre :— Qui me prouve que sa tante a vraiment eu une attaque et qu'il ne s'agit pas là d'un coup monté avec la complicité de ce jeune homme peu recommandable avec lequel elle est tout le temps ? Ils ont décidé de s'offrir une journée de congé, voilà tout !

– Un deux trois

J'aurais dû savoir à ce moment-là , que, quand un homme prend des airs de mouton dépressif, qu'il paraît complètement dans la lune, ahuri et incapable de comprendre ce que vous lui dites, c'est, pour parler vulgairement, qu'il en pince pour vous.

– Une autobiographie

Il m'a toujours été difficile de trouver les mots pour m'exprimer. "Agatha est tellement lente! " s'écriait toute la famille. Ce n'est que vers 20 ans que je compris que les exigences de la famille en la matière étaient très élevées, et que, en fait, j'étais tout aussi vive sinon plus que la moyenne.Les difficultés à parler, je les aurais néanmoins toujours. C'est sans doute l'une des raisons qui m'ont fait devenir écrivain .

– Une autobiographie

Il y a des gens qui se produisent mieux en public qu'en privé. Et puis il y en a pour lesquels c'est exactement le contraire. J'appartenais à cette dernière catégorie. Il est évident que j'ai choisi la bonne carrière. Ce qui est merveilleux, quand on est écrivain, c'est qu'on peut travailler chez soi et au moment qui vous convient. Même si c'est parfois un véritable casse-tête, si vous devenez folle à force d'essayer de donner à votre intrigue une direction où vous savez qu'elle peut et doit aller, au moins n'avez-vous pas à vous montrer et à vous rendre ridicule devant tout le monde.

– Une autobiographie

Agatha Christie évoque la maison de son enfance à Ashfield:Je ne pouvais même pas retrouver l'emplacement exact où la maison s'était dressée. C'est alors que je vis le seul indice : les restes insolents d'un araucaria qui luttait pour subsister au fond d'une cour encombrée.-Brave araucaria lui dis-je avant de tourner les talons.Petit clin d'oeil à notre chère Araucaria...

– Une autobiographie

Nul ne saurait prétendre que les différences de revenus ne créent pas un fossé entre les gens. Ce n'est pas une question de snobisme ou de position sociale, mais de différence de train de vie.

– Une autobiographie

J'éprouve toujours au plus profond de moi cette absolue conviction que je joue un rôle, que j'affecte d'être écrivain.

– Une autobiographie

Nous ne connaissons jamais le moi tout entier, mais nous avons parfois brièvement, par éclairs, une vision du vrai moi. Je crois pour ma part que nos souvenirs représentent ces moments qui, si insignifiants qu'ils puissent paraître, sont les plus révélateurs de notre personnalité profonde et de la réalité de ce que nous sommes. (18)

– Une autobiographie

Je suis parfaitement capable de ne pas aimer un endroit parce que les collines n'ont pas la forme qu'il faut. C'est très très important pour des collines, d'avoir la forme qu'il faut. Pratiquement toutes celles du Devonshire l'ont. La plupart de celles de Sicile ne l'ont pas, si bien que la Sicile ne m'enchante guère. Celles de Corse, en revanche, sont un pur délice.

– Une autobiographie

Sa bouche étrangement sensible et la longue fente d'un bleu profond de ses yeux bridés qui suggéraient l'elfe ou le faune, la créature sauvage venue des bois, il était incongru que ce soit lui qui doive ainsi être immolé sur l'autel de la Finance.

– Tant que brillera le jour

Et pourtant il aurait pu être… quoi ? Incapable de répondre lui-même à la question, il ne parvenait cependant pas à se défaire de la conviction qu'existait quelque part une vie dans laquelle il aurait pu… compter.

– Tant que brillera le jour

— Mais, mon bon ami, je ne suis pas anglo-saxon, moi ! Pourquoi jouerais-je les hypocrites ? [...] Les talents que je possède... je les saluerais bien volontiers chez autrui. Il se trouve seulement que, dans mon domaine bien particulier, personne ne m'arrive à la cheville. C'est fort dommage ! Ceci posé, je reconnais, sans gène aucune et sans la moindre hypocrisie, que je suis un grand homme. Je possède ordre, méthode et psychologie à un degré inégalé. Je suis, en somme, Hercule Poirot !

– Tant que brillera le jour

Voici l'histoire de John Segrave... de son existence, qui ne fut guère satisfaisante ; de ses amours, qui le laissèrent inassouvi ; de ses rêves, et de sa mort. Et, s'il trouva dans ces deux derniers domaines ce qui lui avait été dénié dans les deux autres, peut-être est-il après tout permis de considérer sa vie comme une réussite. Qui sait ?

– Tant que brillera le jour

- ...Il se trouve seulement que, dans mon domaine bien particulier, personne ne m'arrive à la cheville . C'est fort dommage ! Ceci posé, je reconnais, sans gêne aucune et sans la moindre hypocrisie, que je suis un grand homme. Je possédè ordre, méthode et psychologie à un degré inégalé . Je suis, en somme, Hercule Poirot ! Pourquoi devrais-je rougir, bégayer et bafouiller dans ma barbe que je ne suis en réalité qu'un parfait imbécile ? ce serait déshonnête.

– Tant que brillera le jour

Le mensonge est parfois nécessaire à la femme, c'est une arme excellente. Mais il est trois personnes, madame, auxquelles une femme se devrait de toujours dire la vérité: son confesseur, son coiffeur et son détective privé... à la condition qu'elle lui fasse confiance.

– Tant que brillera le jour

Ces petites femmes aux airs de sainte nitouche... ce sont des dangers publics.

– Tant que brillera le jour

John Segrave était issu d'une famille qui avait inexorablement descendu la pente au cours du siècle dernier. Gros propriétaires fonciers depuis le règne d'Elisabeth Ière, leur dernier bien au soleil était désormais vendu. Et l'ont trouva soudain bon que l'un des fils au mois apprenne l'art, difficile entre tous, de faire de l'argent. Las ! Inconscience ou ironie du destin, ce fut sur John que se porta le choix. Avec sa bouche étrangement sensible et la longue fente d'un bleu profond de ses yeux bridés qui suggéraient l'elfe ou le faune, la créature sauvage venue des bois, il était incongru que ce soit lui qui doive ainsi être immolé sur l'autel de la Finance.

– Tant que brillera le jour

Mais moi, je ne suis pas comme ça. Les talents que je possède... je les saluerais bien volontiers chez autrui. Il se trouve seulement que, dans mon domaine bien particulier, personne ne m'arrive à la cheville. C'est fort dommage! Ceci posé, je reconnais sans aucune gêne et sans la moindre hypocrisie, que je suis un grand homme. Je possède ordre, méthode et psychologie à un degré inégalé. Je suis, en somme, Hercule Poirot! Pourquoi devrais-je rougir, bégayer et bafouiller dans ma barbe que je ne suis en réalité qu'un parfait imbécile? Ce ne serait pas honnête.

– Tant que brillera le jour

Tout en vouant aux gémonies les mondanités et en clamant à tous les échos son amour de la solitude, Poirot raffolait en réalité de ce genre de raouts. Jouer les célébrités lui allait comme un gant, et se voir encensé était pour lui un de ces plaisirs dont on ne saurait se priver.

– Tant que brillera le jour

Il se leva du tabouret et se tourna face à elle. - Je vous aime, déclara-t-il. - Je suis si contente ! répliqua joyeusement Clarissa.- Ce n'est pas du tout la bonne réponse, se plaignit Jeremy. Vous devriez dire : « Je suis vraiment désolée », d'une voix grave et compatissante.- Mais je ne suis pas désolée, insista Clarissa. Je suis ravie. J'aime que les gens soient amoureux de moi.

– La Toile d'araignée

A quoi bon être "sérieuse" ? Il y a assez de gens sérieux de par le monde sans que j'aille ajouter mon nom au bas de la liste.

– La Toile d'araignée

Eh bien, susurra Clarissa dont le sourire se fit encore plus gentil qu'avant , vous vous étiez plaint toute la journée de ne pas faire assez d'exercice. Aussi ai-je pensé que mon devoir de maîtresse de maison consciente de ses responsabilités était de vous aider à trouver un exutoire. Il n'aurait servi à rien de vous conseiller d'aller courir les bois, mais je savais qu'un défi vous ferait réagir. Alors je vous ai inventé un concurrent.

– La Toile d'araignée

Poirot eut un sourire plein d'indulgence.— Vous avez lâché la bride à votre imagination. L'imagination est une qualité lorsqu'elle sert, mais un défaut si elle commande. Plus l'explication est simple, plus elle est probable.

– La mystérieuse affaire de Styles (fac simile)

Il la posa sur une table ronde près de la fenêtre. C'était là une bien mauvaise idée, car le plateau, mobile, se redressa à la verticale et la trousse fut précipitée à terre.- En voilà, une table ! s'exclama Poirot. Ah, mon bon ami ! On peut vivre dans une grande et belle demeure et tout ignorer du confort !

– La mystérieuse affaire de Styles (fac simile)

Ses prunelles brillaient du plus beau vert comme celles d'un matou sur le sentier de l'amour.

– La mystérieuse affaire de Styles (fac simile)

"- Mon bon ami Hastings ! Mais oui, c'est bien mon bon ami Hastings !– Poirot !… Poirot était un homme au physique extraordinaire. Malgré son petit mètre soixante-deux, il était l'image même de la dignité. Son crâne affectait une forme ovoïde, et il tenait toujours la tête légèrement penchée de côté. Sa moustache, cirée, lui conférait un air martial. Le soin qu'il apportait à sa tenue était presque incroyable, et je suis enclin à penser qu'il aurait souffert davantage d'un grain de poussière sur ses vêtements que d'une blessure par balle… Il avait été en son temps, l'un des plus fameux inspecteurs de la police belge. Doué d'un flair prodigieux, il s'était en effet illustré en élucidant les cas les plus mystérieux de son époque."

– La mystérieuse affaire de Styles (fac simile)

[...] la méfiance est de rigueur dès que vous découvrez que les gens ne vous disent pas la stricte vérité.

– La mystérieuse affaire de Styles (fac simile)

L'imagination est une qualité lorsqu'elle sert, mais un défaut si elle commande.

– La mystérieuse affaire de Styles (fac simile)

- Mais attention ! Le danger de l'échec guette celui qui décrète : " Ce détail est si minime qu'il ne peut être qu'inutile. Ignorons-le. " Celui-là se perd par négligence. Dans toute enquête, le moindre fait peut se révéler primordial !

– La mystérieuse affaire de Styles (fac simile)

- Eh bien, j'ai toujours eu le désir inavoué d'être détective.- Pour de bon ? Scotland Yard ? ou bien Sherlock Holmes ?- Oh ! Sherlock Holmes, bien entendu. Mais sérieusement, je suis terriblement inspiré vers cela.

– La mystérieuse affaire de Styles (fac simile)

Les échos d'une violente diatribe me ramenèrent à la réalité. Je reconnus la voix de Poirot et son exécrable salmigondis de français mêlé à notre belle langue.

– La mystérieuse affaire de Styles (fac simile)

- (...) On ne doit jamais laisser la confusion s'installer dans son esprit. Pourtant notre affaire n'est pas encore résolue. Certes non ! Car elle est extrêmement complexe. Si complexe que j'en suis encore dérouté, moi, Hercule Poirot ! (...)

– La mystérieuse affaire de Styles (fac simile)

A mon avis, la moitié des gens qui passent leur existence à redouter d'être écrasés par un autobus pourraient l'être sans dommage, car ils ne servent à rien.

– Les sept cadrans (fac simile)

On ne devrait jamais inviter des gens qui sont susceptibles de mourir chez vous.

– Les sept cadrans (fac simile)

C'est une erreur fatale que de faire semblant de s'intéresser aux activités préférées d'un homme !

– Les sept cadrans (fac simile)

Il s'en fallait de beaucoup que Lady Coote fût aussi heureuse. Elle se sentait toujours isolée. La principale distraction de ses premières années de mariage avait été de « causer » avec la bonne, et même, lorsque celle-ci s'était multipliée par trois, la conversation de la jeune femme avec son personnel avait continué à être pour elle une détente. Maintenant qu'elle disposait d'une armée de serviteurs : un maître d'hôtel aussi imposant qu'un archevêque, plusieurs valets de pied de taille gigantesque, un grand nombre de filles de cuisine, un « chef » de nationalité étrangère et une femme de charge aux formes amples, dont les robes bruissaient quand elle marchait, lady Coote était comme abandonnée sur une île déserte.

– Les sept cadrans (fac simile)

Il semblait toujours qu'un affreux chagrin secret pesât sur sa vie et pourtant il n'y en avait eu aucun dans son existence, sauf l'ascension rapide de sir Oswald vers la fortune.

– Les sept cadrans (fac simile)

Tu ne devrais pas tirer sur les gens, continua Lord Caterham. Je ne dis pas que certains ne le méritent pas; cependant cela peut créer des ennuis.

– Les sept cadrans (fac simile)

La fiction doit être basée sur la réalité, car s'il ne se produisait jamais d'évènements, comment pourrait-on en inventer ?

– Les sept cadrans (fac simile)

L'ART DE SE LEVER MATINL'aimable jeune homme qui avait nom Jimmy Thesiger descendit l'escalier de Chimneys à toute vitesse ; son allure était si rapide qu'il heurta Tredwell, le majestueux maître d'hôtel, au moment où celui-ci traversait le hall, portant un supplément de café. Grâce à la présence d'esprit de l'impeccable domestique, une catastrophe fut évitée.— Désolé, dit Jimmy. Suis-je le dernier à descendre ?— Non, monsieur, Mr Wade n'a pas encore paru.— Parfait, déclara Thesiger en pénétrant dans la salle à manger.Il n'y trouva que son hôtesse, lady Coote, dont le regard chargé de reproches lui causa une sensation pénible. En somme, pourquoi le considérait-elle ainsi ?Jamais on ne descendait déjeuner à l'heure à la campagne… Évidemment, il était maintenant onze heures un quart, ce qui était peut-être excessif, mais…— Je crains d'être un peu en retard, lady Coote, fit le jeune homme.— Oh ! cela n'a pas d'importance, répliqua-t-elle d'un ton mélancolique.En réalité, elle avait horreur que ses invités ne fussent pas prêts pour le premier déjeuner. Pendant les dix premières années de sa vie conjugale, sir Oswald Coote (qui n'était encore à cette époque que Mr Coote), faisait une scène effroyable chaque fois que ce repas lui était servi une demi-minute seulement après huit heures du matin. Lady Coote s'était donc accoutumée à considérer l'inexactitude comme un péché mortel. Or, l'habitude est une seconde nature ; de plus, lady Coote était une femme consciencieuse qui se demandait sans cesse quelle utilité ces jeunes gens qui se levaient tard pourraient avoir dans l'existence.Sir Oswald répétait toujours aux reporters et à d'autres personnes :— J'attribue uniquement mes succès à mes habitudes matinales, frugales et méthodiques.Lady Coote était grande et belle, avec un type tragique : d'immenses yeux noirs douloureux, une voix profonde et le peintre qui eût cherché un modèle pour représenter « Rachel pleurant ses enfants » l'eût accueillie avec joie.Il semblait toujours qu'un affreux chagrin secret pesât sur sa vie et pourtant il n'y en avait eu aucun dans son existence, sauf l'ascension rapide de sir Oswald vers la fortune. Jeune fille, elle était gaie, pleine d'entrain et fort éprise du jeune Oswald Coote, employé dans le magasin de bicyclettes voisin de la boutique de meubles de son père. Pendant deux ans ils vécurent fort heureux, d'abord dans deux chambres, puis dans une petite maison, ensuite dans une maison plus grande, enfin dans des immeubles de plus en plus importants, mais toujours à proximité de «l'Usine» jusqu'au moment où la situation de sir Oswald l'eût rendu indépendant et où il se mit à louer les plus vastes et les plus belles demeures qu'il pût trouver en Angleterre. Chimneys était un château historique et lorsqu'il l'eut pris à bail pour deux ans au marquis de Caterham, sir Oswald eut l'impression d'avoir atteint le summum de son ambition. Il s'en fallait de beaucoup que Lady Coote fût aussi heureuse. Elle se sentait toujours isolée. La principale distraction de ses premières années de mariage avait été de «causer» avec la bonne, et même, lorsque celle-ci s'était multipliée par trois, la conversation de la jeune femme avec son personnel avait continué à être pour elle une détente. Maintenant qu'elle disposait d'une armée de serviteurs : un maître d'hôtel aussi imposant qu'un archevêque, plusieurs valets de pied de taille gigantesque, un grand nombre de filles de cuisine, un « chef » de nationalité étrangère et une femme de charge aux formes amples, dont les robes bruissaient quand elle marchait, lady Coote était comme abandonnée sur une île déserte.Elle soupira profondément et sortit par la porte-fenêtre, au grand soulagement de Jimmy Thesiger.Arrivée sur la terrasse, elle prit sur elle d'interpeller Mac Donald, le jardinier chef, qui contemplait son domaine d'un oeil d'autocrate. Mac Donald était roi parmi les hommes qui travaillaient sous ses ordres et il régnait avec despotisme.Lady Coote s'approcha de lui avec appréhension.— Bonjour, Mac Donald.— Bonjour, milady.Il parlait d'un ton digne et solennel.— Je me demandais… si nous pourrions avoir quelques grappes de raisin pour le dîner, ce soir.— Elles ne sont pas encore bonnes à être...

– Les sept cadrans (fac simile)

- Ne m'en veuillez pas, s'excusa Jimmy. J'ai l'impression d'avoir déjà entendu cette histoire... ou de l'avoir rêvée, plus exactement. - Je comprends ce que vous voulez dire, convint gentiment Bundle.- C'est trop ! reprit Jimmy en poursuivant son raisonnement. La belle aventurière, le complot international, le mystérieux n°7 dont personne ne connnapit l'identité... j'ai déjà lu tout ça des centaines de fois.- Mais oui, bien sûr : Moi aussi. Mais ce 'nest pas une raison pour que cela n'existe pas.- Peut-être, admit Jimmy.- Après tout, les romans s'appuient sur la réalité, non ? Je veux dire... si certains événements ne se produisaient pas, on ne pourrait pas les imaginer.

– Les sept cadrans (fac simile)

Avant de poursuivre ce récit, disons d'emblée qu'aucun des trois participants à cette conversation n'avait entièrement dévoilé sa pensée. L'axiome "Personne ne dit toute la vérité" se vérifiait une fois de plus.

– Les sept cadrans (fac simile)

Le temps ne résout pas un problème mais il le présente sous un autre aspect.

– Le mystérieux Mr Quinn

Un historien contemporain n'écrit jamais l'histoire d'une façon aussi véridique qu'un historien d'une génération qui suit. Le tout est de voir les choses dans leurs proportions exactes !

– Le mystérieux Mr Quinn

Quand agatha sombre a la frontiere du réel.Un de mes personnage preféré mr Quinn

– Le mystérieux Mr Quinn

L'arrivée de Mr Quinn n'était pas un hasard : c'était l'entrée d'un acteur qui vient tenir un rôle. Il se jouait cette nuit un drame dans le hall de Royston ! Un drame dont un des personnages était mort, car Dereck Capel avait pris part à la pièce, Mr Satterthwaite en était sûr. Et comme un éclair, il comprit : ce qui se passait était mis en scène par Mr Quinn ! Il donnait aux acteurs leur répliques. Il était au cœur du mystère. Il savait tout, même la présence de la femme dissimulée là-haut, derrière la balustrade. Mr Satterthwaite suivait le drame en spectateur attentif. Mr Quinn, sur la scène, faisait marcher des marionnettes.

– Le mystérieux Mr Quinn

Les femmes ont leur manière de penser et de juger, et il n'est pas bon que nous nous occupions de leurs appréciations.

– Le mystérieux Mr Quinn

Le temps ne résout pas un problème, mais il le présente sous un autre aspect.

– Le mystérieux Mr Quinn

Un problème n'est pas nécessairement insoluble parce qu'il n'a pas encore été résolu.

– Le mystérieux Mr Quinn

- Vous voulez donc dire Mr. Quinn, que si nous essayions par exemple ce soir, de chercher les causes de la mort de Dereck Capel, nous serions plus près de la vérité que nous ne l'étions quand l'événement se produisit ?- Plus près Mr Eversham, plus près. Vous ne seriez plus, en effet, sous l'influence de l'émotion, et vous pourriez évoquer le souvenir des faits avec calme et lucidité.

– Le mystérieux Mr Quinn

Le mystérieur Mr Quinn :C'était la veille du nouvel an. Les invités du château de Royston étaient rassemblés dans le grand hall. Mr Satterthwaite était content que la jeunesse soit allée se coucher. Il n'aimait pas être entouré de jeunes. Il les trouvait sans intérêt ; manquant de subtilité. Or, en vieillissant, il aimait de plus en plus la subtilité.Mr Satterthwaite avait soixante-deux ans ! C'était un petit homme sec un peu courbé, avec une figure pointue qui ressemblait de façon étonnante au museau d'un renard. Il s'intéressait beaucoup, et peut-être d'une façon exagérée, à la vie des autres. Pendant toute son existence, il s'était pour ainsi dire assis aux premières loges pour étudier les drames humains qui se jouaient devant lui. Son rôle fut toujours celui du spectateur, mais avec l'âge, il se montrait plus difficile sur le choix des pièces qu'on lui offrait, et il recherchait ce qui sort de l'ordinaire. Il avait, sans aucun doute, l'intuition de ces choses. Et lorsqu'un drame étrange se nouait dans son voisinage, il le flairait comme un chien de chasse. Depuis son arrivée à Royston, cet après-midi même, ce flair, cette faculté, en quelque sorte subconsciente, l'avait invité à se tenir sur ses gardes. En effet, il pressentait que quelque chose d'intéressant se produisait ou allait se produire…Les invités n'étaient pas nombreux. Outre Tom Evesham, hôte bienveillant et agréable, et sa femme, personne sérieuse fort occupée de politique, qui avait été, avant son mariage, lady Laura Keene, il y avait sir Richard Conway, militaire et grand voyageur, six ou sept jeunes gens dont Mr Satterthwaite n'avait pas retenu les noms et enfin Mr et Mrs Portal. C'étaient ces derniers surtout, qui intéressaient Mr Satterthwaite. Bien que n'ayant jamais rencontré Alex Portal, il était très renseigné à son sujet, car il avait connu son père et son grand-père.Alex Portal leur ressemblait : la quarantaine, blond aux yeux bleus, comme tous ses aïeux, aimant le sport, adroit à tous les jeux, mais dépourvu d'imagination. En un mot, le type achevé de l'Anglais moyen.Quant à sa femme, elle était toute différente.Mr Satterthwaite savait qu'elle était australienne et que Mr Portal l'avait rencontrée là-bas deux ans avant et épousée presque aussitôt. Elle n'avait jamais habité l'Angleterre avant son mariage, mais malgré cela, elle ne ressemblait à aucune des Australiennes que Mr Satterthwaite avait connues jusqu'alors. Il l'observait à la dérobée.« Femme intéressante, pensait-il, équilibrée et très vivante ! » Oui, c'était bien cela, elle respirait l'ardeur de vivre !… On ne pouvait dire qu'elle fût belle, mais il émanait d'elle un charme étrange auquel bien peu d'hommes – Mr Satterthwaite en était déjà sûr – eussent été capables d'échapper….

– Le mystérieux Mr Quinn

Agé d'une quarantaine d'année, Alex Portal était blond aux yeux bleus comme tous les Portal de père en fils, joueur, amateur de sport et de chausse et désespérément dépourvu d'imagination. Rien d'inattendu chez Alex Portal. Le type même de l'anglais bon teint.

– Le mystérieux Mr Quinn

[...] Les assassins ressemblent fort aux honnêtes gens et rien ne les en distingue dans la vie courante. Ce sont très souvent des gens charmants, polis et raisonnables.

– Cartes sur table (fac simile)

-Je ne crois pas qu'il brillait par la bonté, observa Mrs Oliver,-Non, dit Poirot, mais il était vivant et le voilà mort. Comme je lui en faisais la remarque, j'adopte envers le meurtre une attitude bourgeoise. Je ne puis donc que le désapprouver.

– Cartes sur table (fac simile)

- La vie réelle diffère un peu des romans, madame Olivier, répliqua Battle.- Je le sais. C'est mal construit.

– Cartes sur table (fac simile)

-Il jouait fort bien le rôle de Satan; au fond, ce n'était pas un démon...mais un sot. Il en est mort.-De sa sottise?-Oui, un péché qui ne se pardonne pas, madame.

– Cartes sur table (fac simile)

"Vous éveillez en moi un souvenir, monsieur Poirot.- Vous pensez à Sherlock Holmes, n'est-ce pas ? Le curieux incident du chien dans la nuit. Le chien n'avait pas aboyé. C'est le curieux de l'histoire. Hum...que voulez-vous, je n'hésite pas à emprunter parfois les petits trucs des autres.- Laissez-moi vous dire , monsieur Poirot, que je ne sais où vous voulez en venir.- Je m'en félicite. Entre nous, voilà comment je m'y prends pour produire mes petits effets."

– Cartes sur table (fac simile)

Mes paroles ne contenaient qu'un avertissement. Vous voulez absolument qu je trouve amusante votre idée de réunir une collection d'assassins. Eh bien, moi je vous réponds qu'"amusant" n'est pas le mot juste: "dangereux" conviendrait davantage. Selon moi, monsieur Shaitana, votre douce marotte est bien périlleuse.

– Cartes sur table (fac simile)

Anne les conduisit vers un groupe de fauteuils d'osier et de chaises de pont plutôt en mauvais état. Mrs Oliver, d'un œil circonspect, choisit la plus solide, ayant essuyé plusieurs accidents fâcheux sur ces meubles de jardin par trop fragiles.

– Cartes sur table (fac simile)

Assassinons-le, Rhoda. Nous verrons bien si son esprit reviendra pour découvrir qui l'a tué!

– Cartes sur table (fac simile)

Une belle moustache, une très belle moustache, la seule moustache à Londres, peut-être , à pouvoir rivaliser avec celle de M. Hercule Poirot.

– Cartes sur table (fac simile)

Je suis convaincue qu'il ne faut pas avoir peur des suppositions dans la chasse au crime.

– Cinq heures vingt-cinq fac simile

Les gens ne connaissent plus l'art de vivre, aujourd'hui. Ils on des trains à prendre, des rendez-vou des heures fixées pour toutes choses - c'est absurde. Comme je le dis, levez - vous avec le soleil, mangez quand vous en avez envie, ne vous attachez jamais à une heure ou à une date.

– Cinq heures vingt-cinq fac simile

“It's so wonderful, she said, using the phrase that in the course of her short life she had found so effectual, to feel that there's someone on whom one can really rely.”

– Cinq heures vingt-cinq fac simile

Burnaby, silencieux par nature, observait son hôtesse, sans s'inquiéter d'alimenter la conversation. De la mère son regard se porta sur Miss Violette Willett: une jolie fille, un peu maigre... Ne l'étaient-elles point toutes de nos jours ? La mode a ses exigences. Les journaux annonçaient que les rondeurs ne tarderaient pas à reparaître." Ce n'est pas trop tôt ", songeait le major.

– Cinq heures vingt-cinq fac simile

D'après les journaux, les rondeurs reviendraient à la mode. Il serait temps.

– Cinq heures vingt-cinq fac simile

— C'est une idée, ça. Vous ne pensez pas qu'il s'est suicidé ?— Un homme capable de se donner un coup mortel derrière la tête avec un sac de sable serait considéré comme un artiste dans le monde du suicide.

– Cinq heures vingt-cinq fac simile

Ah! il est difficile de continuer d'aimer un homme qui vous surpasse en tout.

– Cinq heures vingt-cinq fac simile

- Elle est un peu autoritaire; il est si tentant de commander quand personne ne vous résiste!

– Cinq heures vingt-cinq fac simile

- Parlez-moi des serviteurs indigènes ! riposta le major. Ils connaissent leur service et ne bavardent pas.Si Burnaby avait espéré vexer Mrs. Curtis, il lui restait à se détromper.

– Cinq heures vingt-cinq fac simile

Dans tout le pays les canalisations cédaient, et avoir un ami plombier -ou même apprenti plombier- était le plus envié des privilèges.

– Cinq heures vingt-cinq fac simile

Étonnant et cependant bien naturel : quand on habite le même pays, on ne ressent pas le besoin d'organiser des retrouvailles avec les vieux amis. On imagine que, tôt ou tard, les chemins finiront par se croiser. Mais quand on n'évolue pas dans le même milieu, cela n'arrive pas. Les chemins de Jane Marple et de Carrie-Louise ne s'étaient pas croisés. C'était aussi simple que cela. "Jeux de glaces"

– L'affaire Protheroe (fac simile)

Son rapport remis au poste de police, le colonel Melchett nous annonça qu'il comptait rendre visite à miss Marple.— Vous feriez mieux de m'accompagner, cher ami, me dit-il. Je ne tiens pas à déclencher une crise de nerfs chez une de vos paroissiennes. Accordez-moi la grâce de votre présence apaisante.Je souris. Sous son apparence fragile, miss Marple est capable de damer le pion à tous les fins limiers de la terre.— Qu'en pensez-vous, vous qui la connaissez ? me demanda le colonel comme nous sonnions à sa porte. Peut-on lui faire confiance ?— Je le crois, dis-je sans m'avancer. Du moins tant qu'il s'agit de ce qu'elle a vu de ses yeux, car pour ce qui est de ses hypothèses et de ses conclusions, c'est tout à fait différent. Elle ne manque pas d'imagination et a un peu tendance à voir le mal partout.

– L'affaire Protheroe (fac simile)

Une voix en moi soufflait : ce ne peut pas être elle. Et pourquoi pas ? Parce que c'est une femme très belle et très séduisante, voilà pourquoi ! me chuchotait une autre petite voix. Miss Marple avait raison : un pasteur n'en est pas moins homme.

– L'affaire Protheroe (fac simile)

- J'étais justement en train de dire à Mrs Clément que les bras m'en étaient tombés, poursuivit la jeune fille. Un meurtre ? Un meurtre dans ce trou perdu où il n'y a même pas de cinéma ?

– L'affaire Protheroe (fac simile)

- Mon devoir, dit-elle. Mon devoir de femme de pasteur. Thé et potins à 4 heures et demi.- Qui attendez-vous ?Griselda recensa ses invitées sur ses doigts avec une mine angélique.- Mrs Price Ridley, miss Wetherby, miss Hartnell et la terrible miss Marple.

– L'affaire Protheroe (fac simile)

- J'ai entendu quelqu'un éternuer, monsieur, me répéta-t-elle, et ce n'était pas un éternuement ordinaire, je vous jure. Rien de ce qui touche un crime ne saurait être ordinaire. La détonation n'était pas une détonation ordinaire, l'éternuement n'était pas un éternuement ordinaire… L'inconnu avait sans doute éternué comme seuls les assassins savent le faire.

– L'affaire Protheroe (fac simile)

- Personne ne sait rien, pasteur, si ce n'est vous.- Jeune homme, jeune homme, vous connaissez fort mal les habitants d'un village comme le nôtre; il y a chez chacun d'eux un détective qui s'ignore. Croyez-moi, tout le monde ici connaît vos affaires les plus intimes. Il n'existe pas dans toute l'Angleterre un policier pour rivaliser avec une vieille fille qui n'a rien à faire.

– L'affaire Protheroe (fac simile)

- Si vos hypothèses sont avérées exactes, comme je le prévois, vous aurez marqué un point.- Lorsque j'avais seize ans, me confia-t-elle avec un sourire indulgent, ma grand-tante Fanny avait coutume de répéter un mot que je jugeais parfaitement idiot.- Et quel est ce mot ?- "Les jeunes croient par principe que les vieux sont des imbéciles mails les vieux savent par expérience que les imbéciles, ce sont les jeunes."

– L'affaire Protheroe (fac simile)

- Je me demande quand les gens d'ici trouvent le temps de manger dis-je. A croire qu'ils prennent leurs repas debout derrière les rideaux, pour ne rien perdre de ce qui se passe dans la rue.

– L'affaire Protheroe (fac simile)

- Personne ne sait rien, mon père, sauf vous, protesta Lawrence.- Jeune homme, vous sous-estimez le goût des habitants d'un petit village comme le nôtre pour l'espionnage. A St. Mary Mead, tout le monde sait tout de votre vie privée. Il n'est pas, en Angleterre, de fin limier capable de rivaliser avec une vieille fille désoeuvrée.

– L'affaire Protheroe (fac simile)

— Eh bien, vrai ! m'exclamai-je. Cela se complique de plus en plus.— Au contraire, répliqua Poirot d'un ton placide. C'est de plus en plus simple.— Poirot ! m'écriai-je. Un de ces jours, je vous tuerai ! Votre manie de tout trouver parfaitement simple est des plus exaspérantes !— Mais quand je vous l'explique, mon ami, n'est-ce pas toujours parfaitement simple ?— Si ; et c'est bien ce qui m'ennuie ! J'ai alors le sentiment que j'aurais pu trouver la solution tout seul.— Vous pourriez, Hastings, vous pourriez. Si vous vous donniez seulement la peine de mettre de l'ordre dans vos idées ! Sans méthode…

– Le bal de la victoire

- Je ne vous trompe jamais, Hastings. Je vous autorise seulement à vous tromper tout seul.

– Le bal de la victoire

– Oui, mon bon ami, il n'y a rien de plus stupéfiant que l'extraordinaire santé mentale des fous ! Sinon, peut-être, l'extraordinaire excentricité des gens sains d'esprit ! J'imagine que ce n'est que récemment qu'il a complètement basculé dans la folie, il y avait de la méthode dans sa démence depuis le début.

– Le bal de la victoire

La pièce était surchargée de bibelots de pacotille, et de nombreux portraits de famille, plus laids les uns que les autres, étaient accrochés au mur.Poirot les examina avec plus d'indulgence que moi et en redressa un ou deux qui étaient légèrement de travers.- la famille, c'est un lien très fort, commenta-t-il. Le sentiment remplace la beauté.

– Le bal de la victoire

Dans ces mêmes yeux noirs brillait un éclat qui traduisait une nature qu'il ne devait pas faire bon contrarier.

– Le bal de la victoire

Poirot avait bonne opinion des compétences de Japp, bien qu'il déplorât son manque de méthode. Pour ma part, j'estimais que le plus grand talent de l'inspecteur était son art subtil de demander une faveur tout en ayant l'air de l'accorder.

– Le bal de la victoire

-Je voudrais, lui dit Poirot, que vous vous imaginiez dans une situation donnée.Miss Lemon laissa tomber ses mains sur ses genoux d'un air résigné. Elle aimait taper à la machine, régler les factures, classer les papiers et prendre les rendez-vous; par contre, cela l'ennuyait beaucoup qu'on lui demande de faire preuve d'imagination, mais elle acceptait cette tâche désagréable comme faisant partie de ses fonctions.

– Le bal de la victoire

- La réalité, fis-je observer en reposant le Daily Newsmonger, dépasse décidément la fiction !Cette remarque n'était sans doute pas très originale. Elle parut excéder mon ami. Penchant sa tête en forme d'œuf sur le côté, le petit homme fit soigneusement sauter d'une chiquenaude un grain de poussière imaginaire de son pantalon au pli impeccable et remarqua :- Comme c'est profond ! Quel penseur est mon excellent ami Hastings !Sans afficher la moindre contrariété face à cette raillerie parfaitement déplacée, je tapai du doigt la feuille de chou que j'avais écartée :- Vous avez lu le journal de ce matin ?- Oui. Et après l'avoir lu, je l'ai replié de façon symétrique. Je ne l'ai pas jeté au sol comme vous l'avez fait avec votre si lamentable absence d'ordre et de méthode.(C'est là Poirot sous son plus mauvais jour. L'Ordre et la Méthode sont ses dieux. Il va jusqu'à leur attribuer toutes ses réussites).In « Le Roi de Trèfle ».

– Le bal de la victoire

- Avez-vous lu le Daily Newsmonger de ce matin ?- Oui. Et après l'avoir lu, je l'ai soigneusement replié. Je ne l'ai pas jeté à terre comme vous l'avez fait, avec votre absence déplorable d'ordre et de méthode.(C'est le pire défaut de Poirot. L'Ordre et la Méthode sont ses dieux et il va même jusqu'à leur attribuer sa réussite.)

– Le bal de la victoire

- Et vous êtes certain.. Vous permettez? (Poirot se leva et redressa soigneusement l'encrier, qui était un peu de travers.) Je vous demande pardon, reprit-il en se rasseyant. Cela m'agace de voir un objet posé de travers. C'est bizarre n'est-ce pas?...

– Le bal de la victoire

Et d'ailleurs, je vous dirai que tant que quelqu'un, qui souffre d'hallucinations, n'aborde pas ce sujet, nous ne sommes pas capables de le distinguer d'un individu normal. L'extraordinaire sagesse des fous est un objet d'étude passionnant.

– Le Flambeau

Vrai, la vie est trop dure. Les hommes ne veulent pas de vous si vous n'êtes pas jolie, et les femmes ne vous supportent pas si vous l'êtes.

– L'Homme au complet marron

- Êtes-vous sûre de cet homme ?Un sourire bizarre effleura les lèvres de la danseuse. - Absolument sûre. Il ne brille pas par l'intelligence, mais on peut se fier à lui.Elle s'arrêta un instant, puis, sur un ton d'indifférence, ajouta :- Au fait, c'est mon mari.

– L'Homme au complet marron

Toutes les femmes, s'en même s'en rendre compte, considèrent chaque homme qu'elles rencontrent comme un mari possible pour elles ou pour leur meilleure amie.

– L'Homme au complet marron

Tout le monde fut très bon pour moi. J'appréciais la bienveillance de mon entourage. Il faut bien le dire, je n'étais pas accablée de chagrin. Mon père ne m'avait jamais aimée, je ne le savais que trop. S'il m'avait aimée, je l'aurais aimé aussi. Non, il n'y avait pas eu de tendresse entre nous, mais nous formions quand même une famille ; je l'avais soigné, j'avais secrètement admiré son érudition immense et son dévouement intransigeant à la science. J'étais peinée de le voir mourir au moment où la vie l'intéressait le plus.

– L'Homme au complet marron

Voilà comment elles nous prennent,ces petites filles ! Othello à séduit Desdemone en lui racontant des histoires, mais Desdemone n'a-t-elle pas séduit Othello en les écoutant ?

– L'Homme au complet marron

Ce n'est pas romanesque, pour une héroïne, d'avoir le mal de mer. Dans les livres, plus ça vente et plus ça tonne, et plus elle est contente. Quand tous les passagers sont malades, elle se promène toute seule sur le pont, bravant les éléments en furie. J'ai honte d'avouer qu'à la première secousse du Kilmorden-Castle, je pâlis et descendis à toute vitesse dans ma cabine. J'y demeurai trois jours.

– L'Homme au complet marron

- J'ai fouillé dans sa chambre. Et que pensez-vous que j'ai trouvé ? Ceci !Et Pagett me tendit un rasoir.- Pourquoi une femme aurait-elle un rasoir ?Je suppose que Pagett ne lit jamais les annonces dans les journaux de modes. Moi qui les lis, je refusai de considérer le rasoir comme une preuve du sexe masculin de miss Pettigrew.- Et que dites-vous de ceci, sir Eustace ?Et il brandit triomphalement une perruque.- Alors, êtes-vous convaincu que cette Pettigrew est en réalité un homme ?- On le dirait. J'aurais dû m'en douter rien qu'à ses pieds.

– L'Homme au complet marron

Moi qui rêvais d'aventures, d'amour et de romanesque, j'étais condamnée à la plus morne des existences. La bibliothèque de prêt de notre village était remplie de livres de fiction en lambeaux. Je vivais donc des aventures et des amours de seconde main, et j'allais me coucher la tête pleine de Rhodésiens farouches et taciturnes, d'hommes forts qui abattaient toujours leur adversaire d'« un simple crochet du droit ». Malheureusement, dans mon entourage, aucun homme ne semblait en mesure d'abattre son adversaire d'un simple crochet du droit, ni même en s'y reprenant à plusieurs fois.

– L'Homme au complet marron

— En tout cas, nous formons un petit groupe tout à fait éclectique, fit observer le docteur avec un sourire. L'Église, le Barreau et la Médecine.— Peu de choses sur quoi nous ne puissions donner une opinion les uns ou les autres, hein ? dit Durand en riant. L'Église en se plaçant du point de vue spirituel, moi du point de vue juridique et purement temporel, et vous, docteur, couvrant le domaine le plus étendu, puisqu'il va du purement pathologique au… purement psychologique ! À nous trois, nous devons être capables d'embrasser n'importe quel sujet de façon assez complète, il me semble.— Pas si complète que vous l'imaginez, à mon avis, dit le Dr Clark. Il y a un autre point de vue que vous avez laissé de côté et qui est important.— Et c'est ? demanda l'avocat.— Le point de vue de l'homme de la rue.— Est-il vraiment si important ? L'homme de la rue n'est-il pas généralement dans l'erreur ?— Oh ! presque toujours. Mais il a ce qui manque fatalement à toute opinion de spécialiste – le point de vue personnel. En fin de compte, vous comprenez, on ne peut faire abstraction des réactions individuelles. J'en ai fait l'expérience dans ma profession. Pour chaque malade qui vient me trouver et qui souffre vraiment, il s'en présente au moins cinq qui n'ont absolument rien si ce n'est une incapacité totale de vivre en bonne intelligence avec ceux dont ils partagent le toit. Ils appellent cela de tout ce qui leur passe par la tête – de l'hydarthrose du genou à la crampe des écrivains, mais c'est toujours la même chose, l'irritation produite par le frottement d'une personnalité contre une autre.

– Le Flambeau

Le surnaturel n'est en fait qu'un naturel dont nous ne comprenons pas encore les lois.

– Le Flambeau

Geoffrey a ça, un entendement aveugle. Tous les enfants le possèdent. C'est en grandissant que nous le perdons, que nous le rejetons. Parfois, lorsqu'on devient très âgé, une faible lueur nous revient, mais c'est au cours de l'enfance que le Flambeau brille de tout son éclat.

– Le Flambeau

Je suis un homme simple, je ne veux pas faire semblant de comprendre ces choses-là. Mais j'ai vu ce que j'ai vu. Et, grâce à cela, Sylvia et moi sommes désormais unis - selon la formule traditionnelle - jusqu'à ce que la mort nous sépare. Et peut-être au-delà.

– Le Flambeau

- C'est à dire ? demandai-je fasciné. - Que je ne peux pas totalement rejeter la possibilité qu'un être humain soit capable de déclencher une énorme force destructrice et de l'utiliser à ses propres fins. Il y parviendrait par des moyens qui nous paraîtraient surnaturels, mais qui en réalité ne le seraient pas.

– Le Flambeau

Je ne doute pas que tu aies eu une prémonition du danger. C'est l'origine de cette prémonition que je conteste. D'après toi, elle émanait de quelque source extérieure qui avait frappé ton esprit. Or, nous savons maintenant que presque tout émane de l'intérieur de nous même, de notre subconscient.

– Le Flambeau

- Sans la grâce de Dieu et ce miroir, je serais un assassin. Cette pensée qui m'accompagne désormais a suffi à me ramener à la raison. Car il y eut bien une mort, ce soir-là : celle du démon de la jalousie qui me possédait depuis si longtemps.

– Le Flambeau

comprendrez, Madame, que je doive vous poser des questions indiscrètes. Peut-être avez-vous l'intention de me dire la vérité, peut-être préférez-vous mentir ? Le mensonge est nécessaire aux femmes, parfois. Mais il existe trois personnes, Madame, auxquelles elles doivent la vérité : leur confesseur, leur coiffeur et leur détective privé… si elles lui font confiance.[...]

– Temoin à charge

[..]les gens les plus intelligents trébuchent sur des détails.

– Temoin à charge

Le petit Belge possédait à la fois un esprit réaliste et un tempérament d'artiste. Il acceptait de se charger de certaines missions qui ne l'intéressaient pas, uniquement poussé par son instinct de chercheur.

– Temoin à charge

- Que voulez-vous insinuer, Poirot ?- Ne vous emballez pas. Ma curiosité vient probablement du fait que ce garçon se laisse pousser une moustache et que le résultat est assez piteux. – Ce disant, il caressa ses magnifiques moustaches. – C'est tout un art de réussir et j'éprouve un vive sympathie pour tous ceux qui tentent une telle expérience.

– Temoin à charge

Mais il parlait dans le vide, maintenant. La porte du compartiment avait claqué.Le pasteur, le médecin et l'avocat étaient seuls. Le quatrième coin n'avait pas d'occupant.

– Temoin à charge

Je conserve ces deux tubes pour protéger Charlotte. Dans le présent et dans l'avenir. A part ça je ne ferai rien, ne serait-ce que par gratitude envers la main qui a tracé ce S.O.S.

– Temoin à charge

A première vue, Miss Lemon semblait uniformément composée d'angles, ce qui satisfaisait sans doute le goût de symétrie du détective.

– Temoin à charge

Ce n'est pas mon mari. J'était actrice à Vienne.Mon mari est vivant, mais dans un asile d'aliénés, de sorte que je ne pouvaispas épouser Vole. J'en suis heureuse maintenant

– Temoin à charge

Hercule Poirot sourit.- Tout de même dit-il, il serait intéressant de dresser un tableau des morts accidentelles au-dessus de soixante ans. Je vous assure que cela donnerait à réfléchir.- L'ennui avec vous est que vous allez au-devant du crime au lieu d'attendre qu'il vienne à vous.

– Temoin à charge

- Une brave fille, dit-il, comme Moly s'éloignait. Elle a été une beauté dans le temps, elle posait comme modèle. Elle s'y connait en cuisine aussi et c'est beaucoup plus important. Les femmes sont un peu détraquées de ce coté là. La plupart, pour peu qu'elles sortent avec un homme qui leur plaît, ne font même pas attention à ce qu'elles mangent. Elles commandent la première chose venue.Hercule Poirot secoua la tête.- C'est terrible.

– Temoin à charge

— Pourquoi met-on des fils de fer barbelés autour des camps ? Pour empêcher les soldats d'aller retrouver les filles ? Non ! Pour empêcher les filles d'aller retrouver les soldats ! Qu'un homme vienne à passer et elles sont comme folles ! Regardez comment elles s'habillent ! Des pantalons ! Il y a même de pauvres idiotes qui portent des shorts ! Elles sont jolies, quand on les voit de dos !

– Le flux et le reflux

Elle ne s'en rendait pas compte, mais il aurait préféré qu'elle pleurât ou s'affolat. Cette lucidité et ce sens pratique dont elle faisait preuve le déroutaient.

– Le flux et le reflux

Ils s'aimaient. Ils s'étaient toujours aimés et n'avaient jamais beaucoup parlé de leur amour. Alors, pourquoi auraient-ils commencé maintenant?

– Le flux et le reflux

- Le monde, répondit lentement Poirot, devient un endroit fort inhospitalier - excepté pour ceux qui sont du côté du manche.

– Le flux et le reflux

La vérité, c'est que quelque soit le danger, on ne croit jamais qu'on comptera au nombre des victimes. On se figure toujours que la bombe est pour le voisin !

– Le flux et le reflux

La Lynn qui était revenue n'était point celle qui était partie. Elle avait changé.

– Le flux et le reflux

Il est dans le affaires de ce monde, un flux qui pris à l'instant propice, nous conduit à la fortune. Si on le laisse échapper, tout le voyage de la vie ne saurait être que vanités et misères. Nous voguons à présent sur une mer semblable : Il nous faut saisir le flot quand il nous est favorable ou perdre notre vaisseau...

– Le flux et le reflux

Les gens qui écoutent aux portes n'entendent généralement qu'une partie de ce qui se dit, comprennent souvent à contresens et se voient contraints de recourir aux ressources de leur fertile imagination pour suppléer aux détails qui leur manquent.

– Le flux et le reflux

Rowley Cloade examinait Poirot d'un œil plutôt dubitatif. La moustache extravagante, l'élégance vestimentaire, les guêtres blanches et les chaussures vernies à bout pointu inspiraient à cet insulaire jeune homme d'évidentes inquiétudes.Poirot s'en rendait parfaitement compte et s'en amusait plutôt.

– Le flux et le reflux

Si l'on veut obtenir des résultats pratiques, il vaut mieux se consacrer au mal qu'au bien.

– Le flux et le reflux

Mlle Wetherby, vieille fille aigrie au nez démesuré, fut la première à répandre l'incroyable information. (...)- On a trouvé un cadavre dans la bibliothèque du colonel Bantry - un cadavre de femme !- Dans sa bibliothèque ? - Oui. C'est épouvantable, n'est-ce pas ? - Pauvre Mme Bantry ! s'apitoya Mlle Hartnell, qui parvenait mal à dissimuler son intense jubilation. - Ça oui, alors ! Elle devait être loin de se douter. - Elle s'occupait trop de son jardin et pas assez de son mari, déclara Mlle Harnell d'un air sévère. Un homme, il faut avoir l'oeil sur lui tout le temps. Tout le temps, tout le temps ! martela-t-elle avec véhémence.

– Un cadavre dans la bibliothèque

- Vous êtes un lève-tôt, monsieur Blake. - Pas du tout. Je ne me suis pas encore couché.

– Un cadavre dans la bibliothèque

Et c'en est un [ de meurtre ], voyez-vous, elle a été étranglée. Moi, je suis d'avis que quand on a un assassiné chez soi, autant en profiter, si vous voyez ce que je veux dire. C'est pour ça que je vous appelle : pour m'aider à démasquer le coupable, à élucider le mystère, et tout et tout.

– Un cadavre dans la bibliothèque

-Vous savez, fit Mrs Bantry, je suis quand même contente qu'ils aient enlevé ce corps. Avoir un cadavre à la maison, après tout, ça ne se fait pas vraiment.

– Un cadavre dans la bibliothèque

[...] il m'était difficile de contredire un homme venant de perdre une épouse bien-aimée et de lui jeter à la face que cette femme n'était qu'une vulgaire menteuse et qu'elle avait failli le faire devenir fou d'inquiétude pour satisfaire ses instincts de comédienne. Il serait en effet imprudent de révéler à un mari la vérité sur les agissements de sa femme ! Le plus drôle, c'est que je n'hésiterais nullement à dénoncer les torts du mari devant une épouse. Une femme reconnaît volontiers qu'un homme est un propre à rien, un escroc, un opiomane, un coquin et même un ignoble pourceau sans que pour autant ces accusations diminuent d'un iota son affection envers le coupable. Les femmes sont des réalistes en diable !

– Meurtre en Mésopotamie

-Vous attachez donc plus d'importance aux défauts de la victime qu'à ses vertus? répliqua Mr Carey d'un ton sarcastique.-Oui...s'il est question d'un assassinat. Autant que je le sache, nul n'a été tué parce qu'il était trop vertueux !

– Meurtre en Mésopotamie

La première fois que j'ai vu Hercule Poirot, ça, il n'y a pas de doute, je ne suis pas près de l'oublier. Bien sûr, par la suite je m'y suis faite – on se fait à tout – mais de prime abord ce fut un choc, et on ne m'ôtera pas de l'idée que ça doit être le cas de tout un chacun.Je ne sais pas ce que j'avais imaginé... une sorte de Sherlock Holmes grand et mince, respirant l'intelligence. Bien entendu, je savais qu'il était étranger, mais je ne m'attendais pas à ce qu'il soit étranger à ce point-là, si vous voyez ce que je veux dire.Rien qu'à le voir, vous en aviez le fou rire ! On aurait juré qu'il se croyait sur les planches, ou dans un film. D'abord, il ne mesurait guère plus d'un mètre soixante et des poussières – et c'était un drôle de petit bonhomme grassouillet, vieux comme Hérode, avec une moustache inimaginable et un crâne en forme d'œuf. Il avait tout du coiffeur dans une pièce de boulevard!Et c'est cet homme-là qui devait découvrir l'assassin de Mrs Leidner !

– Meurtre en Mésopotamie

J'ai personnellement un faible pour les menteuses. Pour moi, une femme qui ne ment jamais est un être dépourvu d'imagination et de sensibilité.

– Meurtre en Mésopotamie

Les hommes ne se figurent pas à quel point leurs empressements intempestifs ont le don d'énerver les femmes.

– Meurtre en Mésopotamie

Mieux valait lui laisser l'illusion que son épouse était adorable et que tous l'adoraient !

– Meurtre en Mésopotamie

J'ai ainsi appris maints détails sur la victime...et la victime possède souvent la clef du mystère.

– Meurtre en Mésopotamie

Je ne puis supporter les gens qui s'expatrient volontairement et, une fois en pays étranger, ne font que geindre et se plaindre.

– Meurtre en Mésopotamie

Le spectacle était d'une beauté inoubliable.Soudain, tout près de moi, Poirot poussa un long soupir." Faut-il que je sois bête! murmura-t-il. La vérité s'impose à moi... Elle me crève les yeux!"

– Meurtre en Mésopotamie

Arrivée depuis une semaine, elle s'était guérie de l'habitude de s'enquérir du temps : il faisait toujours pareillement beau. Sans aucune variation intéressante.

– Le Major parlait trop

Joan Prescott, avec sa petite pointe d'aigreur, bien brave femme au demeurant - et les bien braves femmes il fallait bien qu'elles aient leurs distractions cancanières, qu'elles sachent ce qui se passe.

– Le Major parlait trop

Autant de problèmes humains plus fascinants les uns que les autres....et qui donnaient lieu à des heures et des heures de délicieuses spéculations.

– Le Major parlait trop

La vieille miss Marple dodelina de la tête .Simple manifestation d'élémentaire courtoisie de sa part . Tandis que le major égrenait ses souvenirs somme toute fort dépourvus d'intérêt, elle-même suivait le cours paisible de ses propres pensées.

– Le Major parlait trop

Il salua miss Marple avec affabilité et lui demanda ce dont elle souffrait. Elle était heureusement parvenue à un âge où l'on peut toujours, au prix d'un petit effort, se trouver un quelconque bobo. Miss Marple hésita entre son épaule et son genou mais opta finalement pour ce dernier.

– Le Major parlait trop

Il faisait beau et chaud, certes — pour le plus grand bien de ses rhumatismes. Et le paysage était superbe — encore que… un rien monotone peut-être ? Tous ces palmiers… Toutes ces journées identiques où il ne se passait jamais rien… Pas comme à St Mary Mead. Son neveu avait une fois comparé l'animation du village à un peu de mousse sur la surface d'une eau dormante, et elle avait rétorqué avec indignation que si l'on en glissait une goutte sous une plaque de microscope, on verrait toute une vie s'y dérouler. Ah ! oui, à St Mary Mead, il en arrivait, des choses !

– Le Major parlait trop

- Les conversations sont toujours dangereuses si l'on a quelque chose à cacher.

– Le Major parlait trop

Plus on est sur le point de la perdre, plus on trouve que la vie est intéressante et vaut la peine d'être vécue. Cela peut paraître contradictoire, mais c'est ainsi. Quand on est jeune, fort et en pleine santé, elle a d'autant moins d'importance qu'elle s'étend tout entière devant vous. Ce sont les jeunes qui se suicident le plus facilement, par désespoir d'amour, parfois par simple angoisse. Les gens âgés, en revanche, ont eu le temps de mesurer combien elle est précieuse et passionnante.

– Le Major parlait trop

Il suffisait en fait d'une de ces rares affaires où une connaissance plus approfondie de la victime ne vous aide ni ne vous guide vers l'assassin. Le seul point à retenir - vraiment le seul lui semblait-il - c'était que le major parlait trop.

– Le Major parlait trop

Les conversations sont toujours dangereuses pour qui a quelque chose à cacher.

– Le Major parlait trop

-Dieu me garde de considérer l'existence villageoise comme paisible après les horribles révélations que vous nous avez faites, tante Jane, s'écria Raymond. Comparé à St Mary Mead, le monde entier semble bien paisible et terne.

– Le club du mardi continue

- Eh bien, dans tous les cas, il y a une chose que vous ne savez pas, tante Jane, triompha Raymond West. - Oh, mais si, mon garçon ! C'est arrivé juste avant le dîner, n'est-ce pas ? Lorsque tu as amené Joyce admirer le coucher du soleil. Il y a un endroit favori pour cela. Près de la haie de jasmins. C'est là que le laitier a demandé à Annie s'il ne pourrait pas faire publier les bans. - Voilà qui gâche tout, tante Jane. Ne déflorez pas le roman. Joyce et moi nous ne sommes pas comme le laitier et Annie.- C'est là où tu te trompes, mon enfant. Tout le monde ressemble à tout le monde. Mais heureusement peut-être, nul ne s'en doute.

– Le club du mardi continue

- A présent, à votre tour, Mrs B., lança sir Henry sur un ton encourageant.Son hôtesse, Mrs Bantry, lui jeta un regard de reproche.- Je ne veux pas qu'on m'appelle Mrs B., je vous l'ai déjà dit. Cela manque de dignité.- Schéhérazade, alors?- Et encore moins Sché... je ne sais quoi! Je n'ai jamais su raconter une histoire convenablement. Si vous ne me croyez pas, demandez à Arthur!- Vous exposez très bien les faits, Dolly, dit le colonel Bantry. Mais vous ne savez pas broder.L'herbe de mort.

– Le club du mardi continue

Cela s'est passé il y a dix ou quinze ans, et heureusement tout est fini et oublié. Les gens, voyez-vous, ont la mémoire courte....et j'ai toujours pensé que c'était une bénédiction.

– Le club du mardi continue

( L'affaire du bungalow ) :Jane était sans doute très belle, mais à cet instant-là, ils éprouvaient tous le sentiment que la stupidité devrait avoir des limites. Même la beauté la plus transcendante ne pouvais excuser ça.

– Le club du mardi continue

(La demoiselle de compagnie ) :La seule chose que j'ai dite, c'est que la nature humaine est la même dans un village que partout ailleurs, mais que dans un village, on a l'occasion et le loisir de l'étudier de plus près.

– Le club du mardi continue

Tout le monde ressemble à tout le monde. Mais heureusement peut-être, nul ne s'en doute.

– Le club du mardi continue

J'avais toujours cru comprendre, d'après notre amie ici présente, que St Mary Mead est un véritable bouillon de culture du crime et du vice !

– Le club du mardi continue

- Ce serait si abominable, si effroyablement abominable, de faire pendre un innocent.- Que diable... s'écria sir Henry, stupéfait.Elle tourna vers lui un visage angoissé.- Je peux me tromper... mais je ne le crois pas. L'inspecteur Drewitt est certainement intelligent, voyez-vous. Mais une intelligence moyenne peut se révéler très dangereuse pardois. Elle ne vous entraîne pas assez loin.(Mort par noyade)

– Le club du mardi continue

Je crois que c'est ce que je vais faire, murmura Miss Helier. Il pourrait y avoir d'autres Miss Marple....

– Le club du mardi continue

Mais, bien sûr, je puis me tromper. Mon père jugeait la navigation aérienne impossible et sans doute mon grand-père portait-il le même jugement sur les trains. Ils avaient raison tous les deux. A l'époque, ces choses étaient impossibles. Elles sont devenues possibles aujourd'hui.

– Le cheval pâle

Grâce aux relations de Meadowbank dans les hautes sphères, l'assassinat de miss Springer avait fait l'objet, de la part de la presse, d'un traitement plein de retenue. De meurtre mystérieux, il était passé au rang de regrettable accident.

– Le Chat et les pigeons

Tôt ou tard, quand il y a un crime à cacher, on parle trop.

– Le Chat et les pigeons

- Tout le monde sait toujours quelque chose, même si l'on ignore qu'on le sait.

– Le Chat et les pigeons

— Qu'est-ce que vous diriez de vous infiltrer dans un collège de jeunes filles ? demanda-t-il.— Un collège de jeunes filles ? répéta le jeune homme, les yeux écarquillés. Ça, ce serait de l'inédit !... Qu'est-ce qu'elles bricolent ? Elles fabriquent des bombes pendant le cours de chimie ?

– Le Chat et les pigeons

Le désir de mort ! Il existe en chacun de nous. Il suffit de s"appuyer sur lui.De travailler sur ce désir de mort.

– Le cheval pâle

Je craignis, un instant, d'avoir un peu dépassé la mesure. Mais, exagere-t-on jamais dans la flatterie ?

– Le cheval pâle

— Qu'est-ce que vous prendrez avec ça ? Un bon petit sandwich à la banane et au bacon ?L'accouplement me parut étrange. Pour moi, la banane avait toujours été associée à mon enfance — ou bien, parfois, on vous la servait flambée avec du sucre et du rhum. Le bacon, lui, était inséparable des œufs sur le plat. Quoi qu'il en soit, si tu es à Chelsea, mange comme on mange à Chelsea, philosophai-je. J'acceptai donc le bon petit sandwich à la banane et au bacon.

– Le cheval pâle

Je le sais par expérience, l'être foncièrement mauvais ne se vante pas. On ne parle volontiers de ses défauts que lorsqu'ils sont de peu d'importance.

– Le cheval pâle

Je ne traite que de crimes très simples, dit-elle d'un ton d'excuse, comme elle aurait dit: " je ne sais faire que de la cuisine bourgeoise."

– Le cheval pâle

Pas un comédien n'accepte de mourir tranquillement. Il lui faut râler, se tordre, rouler des yeux blancs, s'agripper la poitrine, se saisir la tête à pleines mains, enfin' se donner en spectacle.

– Le cheval pâle

« … je vis un cheval de couleur pâle, et celui qui le montait était la Mort et l'Enfer le suivait… » APOCALYPSE. Chapitre six, verset huit

– Le cheval pâle

Le commissaire toussota, puis reprit la parole :- Le gentleman que nous appelons Adam Goodman pour les besoins de la cause, ici présent, est sans doute inconnu pour vous, mais je crois que vous connaissez son chef au... Service Special.- Le colonel Pikeaway ? ... murmura Poirot, tout pensif. Je ne l'ai pas rencontré depuis longtemps. A-t-il toujours l'air aussi endormi ?-Adam parut amusé.- Je vois que vous avez une bonne mémoire, monsieur Poirot. Je ne l'ai jamais vu complètement réveillé. Quand cela arrivera, alors je saurai que, pour une fois, il ne prête aucune attention à ce qui se passe autour de lui.- Vous êtes perspicace mon ami ! nota le détective.

– Le Chat et les pigeons

— Franchement, s'exclama Mrs Sutcliffe d'une voix exaspérée, je ne vois pas pourquoi il faut qu'il pleuve toujours quand on rentre en Angleterre ! Ça rend tout affreusement déprimant.— Moi, je trouve que c'est délicieux d'être de retour, contra Jennifer. D'entendre les gens parler anglais dans la rue ! Et puis nous allons enfin pouvoir commander un vrai thé. Avec du pain, et du beurre, et de la confiture, et des gâteaux convenables.

– Le Chat et les pigeons

Il soupira avant d'ajouter : - J'avoue ne pas comprendre : mon grand-père était un tyran qui traitait ses esclaves avec férocité. Au cours des guerres entre tribus, il faisait exécuter ses prisonniers dans des conditions horribles. Prononcer son nom suffisait pour faire trembler qui que ce fût. Et cependant on le respectait ; même, on l'admirait : le grand Abdulla ! Et, moi, qu'ai-je fait ?… Sinon bâtir des hôpitaux, des écoles, améliorer les conditions de vie. Que sais-je encore ! Est-ce à dire que la population préférait la terreur ? Rawlinson haussa les épaules : - Dans l'esprit de ses sujets, votre grand-père était vraiment un chef qui impose sa volonté et s'entoure du décorum qu'ils attachent à ce titre…- Mais, dans ces conditions, qu'advient-il de la démocratie ? Le pilote se prit à agiter sa pipe : -Oh ! ce mot a une signification qui varie selon les pays. Une chose est certaine : il n'est jamais pris, de nos jours, au sens que lui donnaient les Grecs. Tenez, je parie que si les révolutionnaires vous chassent, un quelconque individu surgira qui, sous prétexte de bien servir les intérêts du peuple, commencera par faire décapiter quiconque s'opposera à lui. Et la foule ne bronchera pas. Même, elle sera ravie de l'effusion de sang !

– Le Chat et les pigeons

Le chat au milieu des pigeons, ou le loup dans la bergerie, quelque chose comme cela. Nous sommes toutes des pigeons, nous autres, et le chat est là. Mais nous ne sommes pas fichues de savoir qui peut bien être le chat.

– Le Chat et les pigeons

-Mais dans ces conditions, qu'advient-il de la démocratie?Le pilote se prit à agiter sa pipe:-Oh ! Ce mot a une signification qui varie selon les pays. Une chose est certaine: il n'est jamais pris, de nos jours, au sens que lui donnaient les Grecs. Tenez, je parie que si les révolutionnaires vous chassent, un quelconque individu surgira qui, sous prétexte de bien servir les intérêts du peuple, commencera par faire décapiter quiconque s'opposera à lui. Et la foule ne bronchera pas. Même, elle sera ravie de l'effusion de sang !- Mais nous ne sommes pas des sauvages ; en maintes circonstances, nous avons donné la preuve de notre civilisation...- Il y a plusieurs sortes de civilisations. Et je croirais volontiers que dans tout homme - où qu'il soit- il y a un instinct de sauvagerie. Le principal est de trouver la bonne excuse pour lui laisser prendre le dessus.

– Le Chat et les pigeons

Les sourcils de Poirot escaladèrent son front.

– Le Chat et les pigeons

Dans un village, le voisin est mieux au courant que vous-même de vos affaires personnelles. Nouveau jouissons, je crois, d'une réputation aussi splendide que sinistre.

– Le cheval pâle

En règle générale, d'après mon expérience, les vrais méchants ne font pas étalage de leur méchanceté. Ils la tiennent cachée, au contraire. C'est quand vos péchés sont plutôt anodins que vous brûlez d'envie d'en parler. Le péché est une petite chose si misérable, si mesquine, si répugnante, qu'on éprouve le besoin d'en faire une montagne.

– Le cheval pâle

. “Cette histoire m'intrigue énormément, comme un défi lancé à mes petites cellules grises.”

– Mrs McGinty est morte

Mrs Wetherby, dont le désir d'aiguilles à tricoter devait peut-être beaucoup au désir de savoir ce qui se passait, paya ses achats.

– Mrs McGinty est morte

— Peut-être serait-il bon, dit-il, que je me présente un peu plus complètement. Je suis Hercule Poirot.Cette révélation ne produisit pas sur Mrs Summerhayes l'effet escompté.— Un très joli nom, dit-elle avec un sourire aimable. Un nom grec, n'est-ce pas ?— Comme vous le savez sans doute, poursuivit Poirot, je suis détective.Se rengorgeant, il ajouta :— Je suis même, selon toute probabilité, le plus grand détective du monde entier.Mrs Summerhayes éclata de rire.— Je vois, monsieur Poirot, que vous aimez la plaisanterie. Et, en qualité de détective, qu'est-ce que vous cherchez ? Des empreintes digitales ? Des traces de pas ?— Je cherche, répondit Poirot, l'assassin de Mrs Mac Ginty et il ne s'agit pas d'une plaisanterie.

– Mrs McGinty est morte

[...] mon cher Spence, il y a une chose qu'il faut bien vous mettre dans la tête ! C'est que, si Mrs Mac Ginty est une pauvre femme de ménage fort banale, son meurtrier, lui, doit être extraordinaire. Ça tombe sous le sens ! Dans cette affaire ce n'est pas la victime qui est intéressante, c'est l'assassin. Dans la plupart des crimes, il en va autrement. Celui qu'il faut interroger, celui qui parle, c'est le mort. Quand on sait comment il a vécu, qui il aimait et qui il haïssait, il n'est pas loin de livrer le nom de son meurtrier. Ici, c'est le contraire ! Qui a tué Mrs Mac Ginty ? Pourquoi l'a-t-on tuée ? Ce n'est pas en étudiant la vie de Mrs Mac Ginty que nous l'apprendrons, c'est la personnalité même de l'assassin qui nous mettra sur la voie. [...]

– Mrs McGinty est morte

Je suis Hercule Poirot, dit Poirot avec cet air gêné qui sied à toute altesse royale dans l'obligation de décliner son identité.

– Mrs McGinty est morte

La chambre était bourrée de bibelots. C'était la chambre de quelqu'un qui a beaucoup voyagé et qui s'est juré de ramener un souvenir de tous les endroits où elle a mis les pieds. La plupart de ces souvenirs avaient été manifestement fabriqués pour la joie et l'exploitation du touriste.

– Mrs McGinty est morte

Un problème n'est jamais réglé tant qu'il n'est pas convenablement réglé.

– Mrs McGinty est morte

Les gens s'imaginent toujours que le crime est un jeu, ajouta Poirot en soupirant. Mais c'est tout le contraire d'un jeu.

– Mrs McGinty est morte

Les mères de fils dévoués n'aiment jamais les jeunes femmes.

– Mrs McGinty est morte

- Il conviendrait peut-être, madame, que je me présente à vous un peu mieux.Je suis Hercule Poirot.Cette révélation laissa Mme Summerhayes de marbre.- Quel joli nom, dit-elle aimablement. C'est grec, n'est-ce-pas ?- Tel que vous me voyez, et comme vous le savez peut-être, je suis détective, dit Poirot. Sans doute le plus célèbre détective du monde, ajouta-t-il en se rengorgeant.Amusée, Mme Summerhayes éclata de rire :- Ce que je vois surtout, c'est que vous êtes un fameux farceur, monsieur Poirot. Qu'est-ce que vous détectez ? La cendre de cigarette et les empreintes ?- J'enquête sur l'assassinat de Mme McGinty, répliqua Poirot. Et je ne fais pas de farces.- Ouille ! fit Mme Summerhayes. Je me suis coupée.Elle lâcha son couteau, leva son doigt et l'examina.Puis elle fixa les yeux sur Poirot.- Dites moi, vous parlez sérieusement ? Je veux dire, c'est de l'histoire ancienne, tout ça. On a arrêté ce malheureux demeuré qui logeait là-bas. On l'a jugé. On l'a condamné. Et il a probablement déjà été pendu à l'heure qu'il est.Non, madame, il n'a pas encore été pendu. Et l'affaire McGinty est loin d'être de l'histoire ancienne. Permettez-moi de vous rappeler le vers d'une de vos poètes : "un problème n'est jamais réglé tant qu'il n'est pas convenablement réglé".-Oh ! s'émut Mme Summerhayes, quittant Poirot des yeux pour regarder la bassine qu'elle avait sur les genoux, je saigne sur les haricots. Ce qui n'est pas tellement indiqué, vu qu'ils sont pour midi. Quoique ça n'a pas beaucoup d'importance : ils vont aller dans l'eau bouillante. Les choses qui ont bouillé ne peuvent jamais faire de mal, n'est-ce-pas ? Même les conserves ?- J'allais justement vous prévenir, décréta fermement Poirot, que je ne serai pas là pour le déjeuner.

– Mrs McGinty est morte

Je le haïssais parce qu'elle avait raison. C'est tellement odieux quand quelqu'un a toujours raison. On se sent soi-même de plus en plus insuffisant.

– Témoin indésirable

- Ce n'est pas le coupable qui importe . Ce sont les innocents.

– Témoin indésirable

- Il faut me pardonner… j'avais oublié que je ne devais pas dire de pareilles choses… alors qu'il est… je veux dire alors que toute cette affaire relève du passé… - … Et est définitivement réglée, ponctua Leo Argyle. Je m'efforce, nous nous efforçons tous, d'admettre que Jacko doit être considéré comme un malade, une erreur de la nature. Ne pensez-vous pas, docteur Calgary, que cette expression convient parfaitement ? - Non ! répondit celui-ci avec une promptitude dont il fut, lui-même, surpris.

– Témoin indésirable

Derrière elle, au fond du hall, il distinguait un autre visage. Un visage plat, banal. S'il avait eu à le décrire, il l'aurait comparé à une crêpe.

– Témoin indésirable

Avec une certaine surprise, Calgary se rendait compte que son interlocuteur était heureux. Sans manifester, toutefois, cet engouement qui caractérise un bonheur normal. Dans le cas de Leo Argyle, il s'agissait, plus exactement, de la quiétude qu'assure un repli instinctif sur soi-même : le monde extérieur n'avait aucune prise sur l'homme, et celui-ci était satisfait qu'il en soit ainsi.

– Témoin indésirable

Mais il grandirait, il serait fort un jour, il serait un homme. Et alors il la tuerait...Il s'était senti mieux après avoir pris cette résolution.

– Témoin indésirable

Les hommes de loi prennent toujours le plus grand soin de ne pas s'engager, n'est-ce pas?

– Témoin indésirable

À ce moment, elle fut rejointe par la femme entre deux âges qui n'avait cessé de rôder dans les recoins du vestibule. Le regard méfiant qu'elle jeta sur le visiteur le fit penser à un couvent. Il ne manquait à la nouvelle venue que la cornette blanche et la robe bleue ou noire. L'expression de son visage évoquait une sœur converse qui observe un visiteur par la petite ouverture pratiquée dans une porte épaisse, avant de lui permettre, à contrecœur, de franchir le seuil et de le conduire au parloir ou auprès de la mère supérieure. Ses lèvres pincées remuèrent légèrement : — Ainsi, vous venez de la part de Mr Marshall ? On eût dit qu'elle lançait une accusation. Pour sa part, Hester, tête baissée, fixait l'enveloppe avec appréhension. Puis, sans prononcer un mot, elle fit demi-tour et monta l'escalier en courant. Calgary était resté sur le seuil, sous le regard soupçonneux de la « sœur tourière ». Il aurait voulu lui parler, mais, ne trouvant rien à dire, il prit le parti de se taire. Soudain, du haut de l'escalier, la voix d'Hester se fit entendre : la jeune fille s'adressait à la femme, toujours figée face au visiteur : — Père dit qu'il va le recevoir

– Témoin indésirable

- Contrairement à mon espoir, la révélation que j'ai faite au cours de ma première visite n'a provoqué aucune joie. Vous aviez tous accepté la culpabilité de Jacko ; même elle vous donnait satisfaction, en tant que la meilleure solution possible, après la mort de Mrs. Argyle.- Ne vous exprimez-vous pas un peu brutalement, docteur Calgary ? coupa Leo Argyle.- Non, car c'est la vérité. Du moment que le crime ne pouvait être imputé à un étranger, mieux valait que ce fût Jacko qu'un autre membre de la famille, car son déséquilibre mental permettait toutes sortes d'excuses à son geste. Et tout le monde en trouva - sauf une personne...

– Témoin indésirable

Les femmes savent être impitoyables quand elles aiment !

– Témoin indésirable

le leadership, en plus d'être une grande force créatrice peut être diabolique

– Passager pour Francfort

Le vieille demoiselle s'interrogea avec humilité. Elle était curieuse, elle posait des tas de questions, c'était un fait. Pour ce genre de chose, on pouvait certes faire appel à un détective privé, mais rien ne valait un vieille fille ayant l'habitude de bavarder et de fouiner.

– Némésis

Ces pivoines sont magnifiques. Si fières en dépit de leur fragilité.

– Némésis

- Vous savez, quand un rocher dégringole du haut d'une falaise et tombe sur quelqu'un, ce n'est pas toujours l'oeuvre de la nature. A ma connaissance, les rochers ont plutôt tendance à rester à l'endroit où ils se trouvent.

– Némésis

“Je dois me poser une question. De quoi s'agit-il au juste. Réponse : Je n'en sais rien.”

– Némésis

“Il m'est pénible d'écrire cela, mais il semble bien que le crime fleurisse tout autour de moi-même s'il ne me vise pas personnellement, Dieu merci !”

– Némésis

Vous savez, quand un rocher dégringole du haut d'une falaise et tombe sur quelqu'un, ce n'est pas toujours l'oeuvre de la nature. A ma connaissance, les rochers ont plutôt tendance à rester à l'endroit où ils se trouvent.

– Némésis

- Pardonnez-moi Miss Marple, dit Miss Cooke en se penchant un peu vers la vieille demoiselle, mais si j'étais à votre place, je ne boirais pas de café à cette heure-ci. Cela vous empêchera de dormir.- Oh ! croyez-vous ? Je suis parfaitement habituée à prendre du café le soir.- Sans doute. Mais celui-ci est très fort, et je vous conseille vivement de ne pas le boire.

– Némésis

« L'Amour, le mot le plus effrayant qui soit au monde » avait elle dit

– Némésis

Miss Marple lit son journalMiss Jane Marple avait coutume de lire son second journal dans le courant de l'après-midi. On lui en apportait deux à domicile chaque matin, et elle en parcourait un en prenant son petit déjeuner, à condition toutefois qu'elle le reçût assez tôt. En effet, le jeune garçon qui en assurait la distribution était particulièrement fantaisiste dans l'organisation de sa tournée. Parfois aussi, il se faisait remplacer par un camarade, et chacun de ses collègues avait son idée personnelle quant à l'itinéraire à adopter. Peut-être évitait-on ainsi la monotonie, mais il est certain que les lecteurs qui souhaitaient glaner dans leur quotidien les nouvelles les plus importantes avant d'aller prendre le bus, le train ou tout autre moyen de transport pour se rendre à leur travail n'étaient guère satisfaits lorsqu'ils ne recevaient pas leur journal à temps. Par contre, les vieilles dames dont la vie s'écoulait, paisible, à Sainte-Marie-Mead, préféraient en général lire tranquillement leur journal assises à la table du petit déjeuner. Ce jour-là, Miss Marple avait parcouru toute la première page, ainsi que quelques autres articles disséminés dans la feuille qu'elle avait baptisée la Macédoine Quotidienne, allusion tant soit peu irrévérencieuse au fait que le Daily Newsgiver, par suite d'un changement de propriétaire – et à sa grande consternation ainsi qu'à celle de plusieurs de ses amies –, proposait maintenant des articles insipides sur la mode, les peines de cœur féminines et les concours d'enfant, sans oublier de faire grand étalage des lettres des lectrices. De sorte que, à l'exception de la première page, on avait assez bien réussi à reléguer les nouvelles dignes d'intérêt en d'obscurs recoins où il était impossible de les dénicher. Miss Marple, qui appartenait à la vieille génération, aimait mieux que ses journaux fussent véritablement des organes d'information.L'après-midi, après avoir déjeuné et s'être accordé un petit somme d'une vingtaine de minutes, elle avait ouvert le Times qui se prêtait encore à une lecture plus sérieuse, bien qu'il eût passablement évolué lui aussi et qu'il fût maintenant fort difficile d'y trouver ce que l'on cherchait. Au lieu de le feuilleter en commençant par la première page et de passer progressivement aux articles qui vous intéressaient particulièrement, vous deviez désormais vous accommoder, dans ce vénérable quotidien, d'invraisemblables et inexplicables solutions de continuité. Deux pages étaient soudain consacrées à un voyage à Capri agrémenté d'illustrations, et le sport y tenait une place beaucoup plus importante que par le passé. Les nouvelles judiciaires et la nécrologie étaient restées un peu plus conformes à la tradition. Les naissances, les mariages et les décès – qui avaient à une certaine époque accaparé l'attention de Miss Marple – avaient émigré en un nouvel endroit, avant d'être récemment rejetés à la dernière page.La vieille demoiselle s'absorba d'abord dans la lecture des principales informations qui s'étalaient à la une, mais elle ne s'y attarda pas outre mesure, car elles étaient sensiblement la réplique de ce qu'elle avait lu le matin même, quoique peut-être présentées avec un peu plus de componction. Puis elle retourna le journal, afin de jeter un coup d'œil rapide aux naissances, mariages et décès, se proposant après cela de rechercher la page consacrée à la correspondance où elle trouvait presque toujours quelque chose à son goût. Elle parcourait ensuite la chronique mondaine et les annonces de la salle des ventes, qui se trouvaient sur la même page. Il y avait aussi là un article scientifique, mais elle le laisserait de côté, car elle n'y comprenait généralement rien.Elle passa rapidement sur...

– Némésis

Un peu plus tard, alors qu'elle prenait un peu de repos avec le dîner, Miss Marple se replongea dans ses réflexions. Miss Cooke avait reconnu avoir séjourné à St-Mary-Mead. Mais était-ce bien là une coïncidence ? N'avait-elle pas plutôt une bonne raison de s'y rendre ? Ne l'y avait-on pas envoyée ? Et dans quel but ?

– Némésis

- A mon avis, son cœur lui a dicté de fuir car l'amour qu'elle porte à ce jeune homme troublait sa tranquillité.Tommy eut une moue sceptique.- Je sais que cela arrive dans les romans mais je n'ai jamais rencontré de fille qui suive cette ligne de conduite.

– Associés contre le crime

Peut être. Mais quoiqu'il en soit, j'ai l'acquisition d'un excellent appareil photographique ; je vais prendre des empreintes, agrandir les négatifs et ainsi de suite. Maintenant, "mon bon ami", fais usage de tes petites cellules grises : est ce que cela te rappelle quelque chose?

– Associés contre le crime

Quoi qu'il en soit, je ne m'avouerai pas battue. Au besoin, je commettrai moi-même un meurtre, et c'est toi qui me démasqueras.

– Associés contre le crime

- Imagine comme ce serait palpitant, pousuivit-elle, d'entendre tout à coup cogner à la porte, d'aller ouvrir et de voir un mort entrer en titubant ! - S'il est mort, il ne peut pas tituber, répliuqua Tommy avec un certain esprit critique.

– Associés contre le crime

Et c'est ainsi que Tommy et Tuppence se marièrent et qu'ils vécurent heureux à jamais, récita-t-elle. Et, six ans après, ils vivaient encore heureux à jamais… C'est incroyable ce que les choses peuvent être différentes de ce qu‘on attendait…

– Associés contre le crime

Ce n'est que dans le domaine de la modestie que les hommes remportent la palme…

– Associés contre le crime

Une fée dans l'appartement:Enfouie dans une confortable bergère, Mrs Thomas Beresford contemplait obstinément le bâtiment qui lui faisait face, de l'autre côté de la rue.— Si seulement il arrivait quelque chose ! fit-elle avec élan.Son mari leva sur elle un regard désapprobateur.— Tuppence, attention ! Cette soif de sensations vulgaires devient positivement inquiétante.Tuppence soupira et récita en fermant les yeux :— Tommy et Tuppence se marièrent et vécurent heureux à tout jamais. Six ans plus tard, ils vivaient encore heureux à tout jamais… Comme la réalité est différente de ce que l'on imagine !— C'est profond, mon cœur, mais pas original du tout. D'éminents poètes et des théologiens encore plus éminents ont exprimé avec – si je peux me permettre – infiniment plus de talent tout ce que vous venez de dire…— Il y a six ans, j'avais cru qu'avec assez d'argent pour acheter tout ce qui me passait par la tête et vous comme mari, ma vie ne serait qu'une longue mélodie comme disent ces poètes que vous semblez si bien connaître.— Est-ce moi ou l'argent qui vous a blasée si vite, mon amour ?— Blasée n'est pas exactement le mot. Je me suis seulement habituée à mon bonheur.— Pensez-vous que je devrais vous négliger un peu ? Emmener d'autres femmes dans des boîtes de nuit, par exemple ?— Inutile. Vous m'y rencontreriez accompagnée d'autres hommes. Et je saurais parfaitement que vous n'appréciez pas la compagnie de ces femmes, alors que de votre côté, vous ne seriez jamais certain de mon indifférence envers mes chevaliers servants. Les femmes sont tellement plus exigeantes dans leur choix.— Ce n'est que dans le domaine de la modestie que les hommes remportent la palme… Sérieusement, qu'est-ce qui ne va pas, Tuppence ?— Je ne sais pas. Je désire tant que quelque chose arrive ! Quelque chose de sensationnel ! Rappelez-vous, Tommy, quand nous poursuivions des espions allemands ! Bien sûr, je sais qu'à présent vous faites encore plus ou moins partie du Service Secret, mais cela ne consiste plus qu'en un travail de bureau.— Vous aimeriez me voir partir pour les régions connues de la Russie déguisé en contrebandier bolchevique ou m'engager dans quelque autre aventure de ce genre ?— Cela ne servirait à rien puisque je ne serais pas autorisée à vous accompagner et c'est moi qui ai désespérément...

– Associés contre le crime

- Bien sûr, dans les romans policiers, c'est facile puisqu'on travaille à l'envers, continua Tuppence. On peut disposer les indices à sa convenance quand on connaît la solution.

– Associés contre le crime

- Tu vas te jeter dans le piège, les yeux fermés ?- Non, ma chère enfant, je vais me jeter dans le piège les yeux ouverts. Voilà toute la différence.

– Associés contre le crime

- Espèce d'idiote congénitale, qu'est-ce qui t'a pris ?- Une idée comme ça. J'ai trouvé que ça faisait bien. Fais confiance à Maman, Tommy. Maman ne se trompe jamais.

– Associés contre le crime

- Nous ne pourrons jamais le savoir, soupirai-je.- Mais si, nous pouvons le savoir. Et nous le saurons ! Le pouvoir du cerveau humain, Hastings, est pratiquement illimité.

– Le Couteau sur la nuque

- Oui, il est bien triste de mourir si jeune - alors que l'existence s'ouvre devant vous et qu'on a mille raisons de s'y attacher.

– Le Couteau sur la nuque

- Je n'en doute pas, mademoiselle. N'ai-je pas déjà dit que vous possédiez assez de cran pour réaliser l'impossible ?...

– Le Couteau sur la nuque

- C'est dans l'ordre des choses. Nul être humain ne profite de l'expérience de son semblable. Chacun doit développer ses propres facultés, sans essayer d'imiter autrui.

– Le Couteau sur la nuque

- Dans un village, la vie est souvent pleine de cruauté. J'espère pour vous, mes enfants, que vous ne saurez jamais à quel point le monde est cruel.( Le seuil ensanglanté)

– Miss Marple au club du mardi

La beauté de Jane était bien agréable à contempler, mais sa stupidité dépassait parfois les bornes permises et la beauté la plus sublime ne pouvait la faire excuser.

– Miss Marple au club du mardi

La conversation tournait autour des crimes insoupçonnés et impunis, tout le monde avait son opinion.

– Miss Marple au club du mardi

Eh bien, il me semble que voilà un noyau de gens forts intéressants, dit Joyce. Que diriez-vous si nous formions un club ? Voyons, quel jour sommes-nous aujourd'hui ? Mardi ? Nous l'appellerions le Club du Mardi. Nous nous réunirions une fois par semaine et chaque membre du Club proposerait, à tour de rôle, un problème ou un mystère dont il connaîtrait évidemment la solution.

– Miss Marple au club du mardi

À côté de St Mary Mead, le monde cosmopolite est un havre de paix et de douceur.

– Miss Marple au club du mardi

Soudain, nous débouchâmes dans la clairière et nous restâmes cloués sur place : debout sur le seuil du Sanctuaire de l'Idole, une silhouette, perdue dans des voiles diaphanes, le front surmonté d'un croissant lumineux, se tenait immobile.

– Miss Marple au club du mardi

Je me souviens que ma chère mère m'a appris qu'une dame devait toujours être capable de se contrôler en public quelle que puisse être sa peine ou sa souffrance.

– Miss Marple au club du mardi

Et toujours Miss Marple le découvre parce que dit-elle, avec modestie, elle a beaucoup observé les petites gens de son village et que la nature humaine est partout la même.

– Miss Marple au club du mardi

- Eh bien, en tout cas, tante Jane, il y a au moins une chose que vous ne savez pas.- Oh ! mais si, mon cher Raymond, déclara miss Marple. Cela s'est passé juste avant le dîner, n'est-ce pas ? Quand tu as emmené Joyce admirer le coucher du soleil. C'est un endroit privilégié là-bas. Près de la haie de jamin. C'est là que le laitier a demandé à Annie s'il pouvait faire publier les bans.- Allons, tante Jane, ne gâchez pas mon histoire. Joyce et moi nous n'avons rien de commun avec le laitier.- C'est là où tu te trompes, mon cher Raymond, déclara miss Marple. Nous avons tous quelque chose de commun. Mais, par bonheur peut-être, nous n'en avons pas conscience.(L'Empreinte de Saint-Pierre)

– Miss Marple au club du mardi

La méchanceté, hélas, fait aussi partie du climat villageois, voyez-vous, et je souhait que vous, les jeunes, vous ne soupçonniez jamais jusqu'à quel point le monde est dur et cruel.

– Miss Marple au club du mardi

— Jamais je n'oublierai ce voyage… Il me semble vivre un cauchemar.L'entendant, Ferguson l'interpella d'un ton agressif :— Vous êtes trop civilisée, mademoiselle. Vous devriez considérer la mort à la façon des Orientaux. Ce n'est, après tout, qu'un incident… sans importance.— Vous nous débitez des inepties ! lança Cornélia, en rougissant.Mr Ferguson, irrité, insista :— J'abandonne la partie. Vous êtes impayable ! Vous manquez totalement de caractère ! (Il se tourna vers Poirot.) Savez-vous, monsieur, que le père de Miss Cornélia a été ruiné par celui de Linnet Ridgeway ? Au lieu de grincer des dents en voyant la riche héritière arborer son collier de perles et les derniers modèles de Paris, elle bêle d'admiration. N'est-ce point sublime ? Je doute même qu'elle ait ressenti la moindre rancune contre cette femme.— Pardon, dit Cornélia rougissante, j'en ai eu, mais juste une minute. Papa est mort découragé, parce qu'il n'avait pas réussi.— Elle lui en a voulu juste une minute. Quelle pitié !— Vous dites toujours que ce qui importe le plus, c'est l'avenir et non le passé. Tout cela n'est que le passé. N'en parlons plus.— Elle me dépasse ! dit Ferguson. Cornélia Robson, seule femme vraiment bonne que j'aie rencontrée, voulez-vous m'épouser ?— Vous êtes fou !— Ma proposition est très sincère… même si elle a pour témoin ce vieux limier. Vous m'entendez, monsieur Poirot, je demande la main de cette jeune bourgeoise… je lui offre de passer avec moi devant le pasteur. Eh bien, Cornélia, est-ce oui ?— Vous êtes absolument ridicule !— Pourquoi ne pas nous marier ?Toute rougissante, elle courut se réfugier dans sa cabine. Ferguson la suivit des yeux.Puis il fit une pirouette et entra dans le salon vitré.Miss Van Schuyler, installée dans son coin habituel, tricotait. Ferguson s'avança vers elle. Hercule Poirot arriva sans bruit, prit un siège à une distance raisonnable et fit semblant de lire une revue.— Veuillez m'écouter, miss Van Schuyler, commença Ferguson. Je voudrais vous entretenir d'un sujet très important. Voici : je désire épouser votre nièce.— Vous perdez la tête, jeune homme !— Pas du tout. Je suis tellement décidé à l'épouser que je lui ai demandé sa main.— Je suppose qu'elle vous a envoyé promener ?— Oui, elle a refusé.— Je m'en doutais bien.— Qu'avez-vous à me reprocher ?— Vous devriez le savoir, monsieur… À propos, comment vous appelez-vous ?— Ferguson.— Monsieur Ferguson. (Elle prononça ce nom avec dédain.) Il ne saurait être question d'un mariage entre vous et ma nièce.— Le rang !… Le rang !…La porte s'ouvrit toute grande et Cornélia apparut. Elle s'arrêta net à la vue de sa redoutable cousine.— Cornélia ! s'écria miss Van Schuyler d'une voix rauque. As-tu encouragé ce jeune homme ?— Moi ? Non, bien sûr… c'est-à-dire… pas exactement…Mr Ferguson vint au secours de la jeune fille.— Elle ne m'a nullement encouragé. C'est moi qui suis en cause. Son bon cœur l'a empêchée de me repousser ouvertement. Cornélia, votre tante me juge indigne de vous, à cause de mon rang social. Est-ce aussi la raison de votre refus ?— Non ! répondit Cornélia rougissante. Si… je vous aimais, rien ne m'empêcherait de vous épouser.— Alors, vous ne m'aimez pas ?— Vous passez les bornes. Vous dites des choses… Jamais je n'ai rencontré un homme comme vous… Je…Refoulant les larmes qui montaient à ses yeux, Cornélia s'enfuit.— Dans l'ensemble, dit Mr Ferguson, c'est un assez bon début.

– Mort sur le Nil

L'homme a inventé le travail pour échapper à l'ennui de penser.

– Mort sur le Nil

Je suis détective, dit Poirot de l'air modeste dont on déclare : "Je suis roi".

– Mort sur le Nil

Rosalie murmured : "I suppose we might as well go on to Egypt. It does'nt make any difference.""It's certainly not a matter of life or death", agreed Mrs Otterbourne.But there she was quite wrong - for a matter of life and death was exacty was it was.[Rosalie murmura: «Je suppose que nous pourrions aussi bien continuer jusqu'en Égypte. Ça ne fait aucune différence.».«Ce n'est certainement pas une question de vie ou de mort", acquiesça Mme Otterbourne.Mais ici elle se trompait complètement - une question de vie ou de mort, c'était exactement ce dont il s'agissait.]

– Mort sur le Nil

- [...] Les hommes sont de vrais enfants !- Les femmes se plaisent à le proclamer mais rien n'est plus faux [...]

– Mort sur le Nil

Regardez la lune, là-haut. Vous la voyez clairement, n'est-ce pas? Elle est bien là? Mais que le soleil vienne à briller, vous ne la verriez plus du tout. Eh bien, c'est un peu ce qui est arrivé. J'étais la lune... Quand le soleil est apparu, Simon a été ébloui. Il ne me voyait plus. Il ne voyait que le soleil... Que Linnet.

– Mort sur le Nil

-Une qui aime et un qui se laisse aimer. Oui, je me demande aussi.

– Mort sur le Nil

- Les gens vous intéressent-ils aussi, monsieur Poirot ? Ou réservez-vous votre attention aux criminels en puissance ?- C'est une catégorie qui n exclut pas grand monde, madame.

– Mort sur le Nil

- Il est des moments, madame, où l'on jette fierté et dignité aux orties. D'autres sentiments les supplantent.

– Mort sur le Nil

Et quand quelque chose de beau disparaît, c'est une perte pour le monde entier.

– Mort sur le Nil

Ce que vous ignorez au sujet des douces jeunes filles simples remplirait un album.

– A l'hôtel Bertram

Lady Selina s'intéressait peu aux peintres, ni en fait à tout ce qui touchait à l'art. Elle rangeait les écrivains, les artistes et les musiciens dans une même catégorie : des sortes d'animaux accomplissant des performances habiles, auxquels elle accordait une certaine indulgence sans se demander la raison qui les poussait à se lancer dans ces exercices.

– A l'hôtel Bertram

-Nous nous efforçons de présenter à nos clients ce qu'ils demandent.-Y compris seed cake et muffins, je vois. A chacun suivant ses désirs. Assez marxiste, en fait.

– A l'hôtel Bertram

-Il est sorti à trois heures du matin ? - Oui. Sur le moment, j'ai trouvé cela bizarre. Le chef inspecteur contempla la vieille demoiselle et demanda, après un long silence : - Miss Marple, pourquoi n'avez-vous pas appris cela à quelqu'un ? - Parce que personne ne me l'a demandé !

– A l'hôtel Bertram

Lady Selina s'intéressait peu aux peintres, ni en fait à tout ce qui touchait à l'art. Elle rangeait les écrivains, les artistes et les musiciens dans une même catégorie: des sortes d'animaux accomplissant des performances habiles, auxquels elle accordait une certaine indulgence sans se demander la raison qui les poussait à se lancer dans ces exercices.

– A l'hôtel Bertram

Mais il y a longtemps que j'ai appris qu'on ne doit jamais essayer de revenir en arrière. La vie est comme une rue à sens unique, n'est-ce pas?

– A l'hôtel Bertram

- Mais il me semble bien que c'est cette vieille Jane Marple qui arrive ! Je la croyais morte depuis longtemps ! Elle paraît avoir cent ans !Le colonel jeta un coup d'œil distrait dans la direction de Jane Marple ainsi ressuscitée. Le Bertram hébergeait toujours un choix de ce qu'il appelait de vieilles chattes quelque peu pelées.

– A l'hôtel Bertram

Sir Ronald Graves dessinait un chat sur son bloc-note. Il leva les yeux sur l'ample corpulence de l'inspecteur-chef Davy assis en face de lui et dessina un Bouledogue.

– A l'hôtel Bertram

Comment imaginer sérieusement que quelque chose clochât dans un endroit où l'on servait le thé de cinq heures comme autrefois?

– A l'hôtel Bertram

Elle se retourna et quitta la pièce. Miss Marple cria presque :- Eh bien ! Cher inspecteur, la laisserez-vous s'en tirer ainsi ?Il y eu un court silence, puis Davy frappa violemment la table de son poing et rugit :- Non ! je vous jure bien que non !Miss Marple hocha la tête et murmura :- Que Dieu ait pitié de son âme !

– A l'hôtel Bertram

L'éloquence c'est un phénomène effrayant vous savez. On n'imagine pas ce qu'une voix peut faire, ce que des mots peuvent faire, même s'ils ne sont pas particulièrement convaincants ! C'est la manière dont ils sont dit qui comptent.

– Passager pour Francfort

Un homme au cerveau génial n'a jamais aucune envie de parler à une femme qui aurait un cerveau génial elle aussi. Ce serait épuisant. Il préfère de loin une ravissante idiote qui l'amuse.

– Passager pour Francfort

si j'avais dit la vérité je n'aurais pas été élu

– Passager pour Francfort

- Et maintenant, dit-il, au travail...Lisa eut aussitôt la réaction de toutes les femmes.- Il faut être prudent, Robert.

– Passager pour Francfort

Dans l'avion, la voix métallique se faisait à nouveau entendre, annonçant que, par la suite d'un brouillard intense au-dessus de Genève, l'appareil serait dirigé sur l'aérodrome de Franckfort, d'où les voyageurs repartiraient pour Londres. Quant à ceux qui devaient s'arrêter à Genève, ils seraient rapatriés dès que possible. Mais ces modifications dans les itinéraires ne touchaient en rien Sir Stafford. Il savait qu'il y avait du brouillard au-dessus de Londres, on détournerait l'avion sur Prestwick. Il espérait, pourtant, que cela ne se produirait pas, car il en comptait plus le nombre de fois où il avait atterri sur l'aérodrome de cette ville. Ces voyages, songea-t-il, engendraient un ennui mortel. Et la vie en général n'était pas plus drôle. Si seulement..Seulement quoi?

– Passager pour Francfort

- Tout ce que je puis vous dire, c'est que le passeport se trouvait déjà en Angleterre alors que son légitime détenteur était encore à l'aéroport de Francfort.

– Passager pour Francfort

Car il existe un danger réel : il se trame quelque chose, non seulement chez nous mais dans de nombreux autres pays. Les responsables de cette situation ont recruté un service à eux, et ce qui est catastrophique c'est qu'ils ont choisi des jeunes, c'est à dire des personnes qui iront n'importe où, qui croiront et feront n'importe quoi. Tant qu'on leur offrira quelque chose à démolir, à détruire de leurs propres mains, ils seront convaincus de travailler pour la bonne cause et d'être les artisans d'un monde meilleur. L'ennui c'est qu'ils ne créent rien. Ils se contentent de détruire.

– Passager pour Francfort

un homme au cerveau génial n'a aucune envie de parler à une femme qui aurais un cerveau génial elle aussi il préfère de loin une ravissante idiote qui l'amuse

– Passager pour Francfort

Brouillard sur Genève brouillard sur Londres brouillard partout!!!!!!

– Passager pour Francfort

Poirot et moi étions assis face à la cheminée, les jambes étendues devant les flammes dansantes. Entre nous se trouvait une petite table sur laquelle étaient posés, de mon côté, un grog bien chaud et, du côté de Poirot, une tasse de chocolat épais et sirupeux que je n'aurais pas bu pour un empire ! Poirot avala une gorgée de ce breuvage écœurant et reposa la tasse en porcelaine rose avec un soupir d'aise.— Que la vie est belle ! murmura-t-il.

– Les enquêtes d'Hercule Poirot

Les femmes ! Elles sont contentes de se figurer que [l'intuition] est une arme spéciale dont le Bon Dieu les a gratifiées ! Et, neuf fois sur dix, l'intuition ne fait que les égarer.

– Christmas Pudding

Grand, invariablement impassible et le teint cadavérique, il était l'image même de l'anglais.

– Christmas Pudding

Les docteurs d'aujourd'hui vous sortent de l'hôpital avant seulement qu'on tienne sur ses pieds. ("Christmas Pudding")

– Christmas Pudding

Mais il n'avait jamais considéré miss Lemon comme une femme. C'était une machine humaine, un instrument de précision d'une terrifiante efficacité. Elle avait 48 ans, et la chance de ne posséder aucune imagination.

– Christmas Pudding

Demander à quelqu'un de faire quelque chose tout en l'en dissuadant est une opération délicate qui nécessite un certain doigté.

– Christmas Pudding

Quand on a l'occasion d'observer la nature humaine, on ne perd jamais son temps.

– Christmas Pudding

Les femmes sont parfois confrontées à l'impérieuse nécessité de mentir. Lorsqu'elles doivent se défendre, le mensonge peut se révéler leur arme la plus efficace. Mais il est trois personnes auxquelles une femme se devrait de toujours dire la vérité : son confesseur, son coiffeur et son détective privé - à condition qu'elle lui fasse confiance. Me faites-vous confiance, madame ?

– Christmas Pudding

Mrs Lacey sourit à ces souvenirs et reprit :— Toutes les mêmes vieilles choses qu'autrefois : l'arbre de Noël, les bas suspendus, la soupe aux huîtres, la dinde, c'est-à-dire les deux dindes, l'une bouillie et l'autre rôtie, et le plumpudding dans lequel on a mis la bague, le bouton pour le vieux garçon, la pièce de monnaie et tout le reste. Aujourd'hui on ne peut plus mettre de pièce de six pence, il n'y en a plus en argent, mais aucun des ingrédients de jadis n'y manque : raisins de Smyrne et de Malaga, raisins de Corinthe, amandes, fruits confits, gingembre. Mon Dieu ! j'ai l'air de réciter le catalogue de Fortnum et Mason.— J'en ai l'eau à la bouche, madame.— J'imagine que d'ici demain soir, nous aurons tous d'épouvantables indigestions. De nos jours, on a perdu l'habitude de manger autant !

– Christmas Pudding

[ Le mystère du bahut espagnol ]( The mystery of the Spanish Chest )Les journaux publient du sensationnel - mais pas toujours la vérité !

– Christmas Pudding

- Moi, dit Poirot, je ne suis pas anglais. Dans mon pays, Noël c'est pour les enfants. Le Jour de l'An ! Voilà notre jour de fête.- Ah mais en Angleterre, la fête de Noël est une tradition admirable, et je vous assure qu'à Kings Lacey vous la verrez célébrer d'une façon unique. C'est une vieille maison étonnante. Pensez qu'une des ailes date du XIVème siècle !Poirot frissonna de plus belle. L'idée d'un château du XIVème siècle le terrorisait. Il avait trop souvent gelé dans des demeures historiques anglaises. Il jeta autour de lui un regard heureux. Dans son confortable appartement londonien, il avait fait installer les radiateurs les plus modernes et les systèmes brevetés les plus efficaces pour supprimer les courants d'air d'où qu'ils viennent. - En hiver, je ne quitte pas Londres, déclara-t-il catégoriquement.

– Christmas Pudding

— Ici, je vous dois des excuses. J'ai exagéré, vraiment. Vous sembliez tellement désireux de participer à une aventure mystérieuse que je n'ai pas pu résister à la tentation. J'ai choisi, sur le quai, l'individu à l'aspect le plus sinistre et je vous ai demandé de le suivre. Puis, je vous ai confié le petit paquet.— Qui contenait une alliance.— Oui. [...]— Je vois, dit George. Tout devient très simple, quand on sait. Vous permettez ?Il s'était emparé de sa main gauche, la dégantait et poussa un grand soupir. Pas d'anneau…— C'est parfait, il ne sera pas dit que cette bague n'aura servi à rien.— Oh ! s'écria Élisabeth. Mais je ne vous connais pas !— Vous me savez charmant, c'est l'essentiel. Et vous êtes lady Élisabeth Craigh ?— George ! Seriez-vous snob ?— Terriblement. Mais je pense surtout à mon oncle… celui avec lequel je suis fâché ! Quand il saura que je vous épouse, qu'il y aura du sang bleu dans la famille, il me prendra aussitôt comme associé.— Oh ! George, est-il vraiment très riche ?— Élisabeth, seriez-vous intéressée ?— Énormément. J'adore dépenser.Extrait tiré de la nouvelle : La jeune fille dans le train

– Le mystère de Listerdale

[...]— Le plus ennuyeux, dit-elle d'un ton où perçait la nervosité, est que, malheureusement, je ne peux vous expliquer…— Vous ne pouvez pas…— Non.— C'est admirable ! dit Rowland avec un enthousiasme sincère.— Quoi donc ? Je ne vois pas…— Je dis que c'est admirable. Tout comme dans ces romans passionnants sur lesquels on passe des nuits. Dans tous, sans exception, l'héroïne ne peut rien expliquer au premier chapitre. Elle parle au dernier et on ne voit pas du tout pourquoi elle ne s'est pas décidée au début… à ceci près qu'il n'y aurait pas eu d'histoire. Je ne puis vous dire à quel point je suis ravi de me trouver mêlé à une aventure mystérieuse, une vraie… je croyais que cela n'existait pas. Il s'agit sans doute de documents secrets de la plus haute importance et de l'Orient-Express. J'ai toujours eu un faible pour l'Orient-Express…Elle lui lança un regard soupçonneux.— Qui vous a parlé de l'Orient-Express ? demanda-t-elle d'un ton sec.— Aurais-je commis une indiscrétion sans le vouloir ? dit vivement George. Peut-être votre oncle a-t-il l'habitude de prendre ce train…— Mon oncle… Mon oncle…— Je sais, dit George, compréhensif. J'en ai un, moi aussi. On ne saurait être responsable de ses oncles. Ce sont de ces petits inconvénients de la vie…La jeune fille éclata de rire.— Ah ! vous êtes rafraîchissant, reposant, dit-elle.[...]

– Le mystère de Listerdale

N'étant pas une femme, Anthony ignorait tout de l'art de sortir d'un magasin sans rien acheter.

– Le mystère de Listerdale

La boutique était tenue par une très vieille femme qui arborait une moustache arborescente susceptible de rendre jaloux bien des adolescents.

– Le mystère de Listerdale

- Parfois, dit-elle lentement, je regrette d'être allée en Egypte avec notre cousine Amy, l'hiver dernier. Oh ! Je me suis amusée ! C'est bien la première fois que cela m'arrivait et ce sera sans doute la dernière. Et pour retrouver ça !Elle embrassa la pièce d'un geste circulaire.

– Le mystère de Listerdale

- Vous serez bien payée, cela va de soi, lâcha-t-elle sans y toucher. [...]- Le colonel Kranine m'a parlé de deux mille livres, à peu près.- C'est cela, dit joyeusement la grande-duchesse.[...] J'espere que cela vous paraît suffisant. Ou voulez-vous trois mille livres ?- Eh bien... Si cela ne vous fait rien, je préférerais trois mille livres.

– Le mystère de Listerdale

- Hello! James...Il se détourna. Grace et les soeurs Sopworth le hélaient de l'autre côté de la rue.- Voulez-vous m'excuser une seconde? demanda-t-il à lord Edward- Nous allons au cinéma, dit Grace. Si le coeur vous en dit...- Je suis désolé, répondit James, mais je m'en vais déjeuner avec lord Edward Campion. Vous voyez, c'est ce type, là, troussé comme l'as de pique. Il veut me présenter le rajah de Maraputna.Et soulevant courtoisement son chapeau, il traversa pour rejoindre lord Edward.

– Le mystère de Listerdale

LE MYSTÈRE DU DEUXIÈME CONCOMBREAnthony Eastwood en était sûr, le lecteur serait aussitôt intrigué. De quoi peut-il s'agir ? se dirait-il. « Un concombre ? Deux concombres ? Je dois lire ça.»

– Le mystère de Listerdale

L'addition de sommes ridiculement faibles atteignait un total qui ne manquait jamais de la surprendre et de l'alarmer.

– Le mystère de Listerdale

L'Art, c'est ça. On paie cher, on souffre, il faut supporter bien des choses. Et, tout au bout, il y a non seulement tout ce que vous savez, mais aussi ce pouvoir magique de revenir en arrière, aux vraies origines, et de retrouver la pureté perdue de son cœur d'enfant.

– Le mystère de Listerdale

Ne venez pas me dire que vos cellules nasales sont également supérieures à celles du commun des mortels.

– Poirot résout trois énigmes

Poirot s'inclina de l'ail le plus galant du monde.- Bonjour, mademoiselle. Oui, comme vous dites. Vous êtes en train de contempler un détective - un grand détective, oserai-je préciser - en train de détecter.

– Poirot résout trois énigmes

- Savez-vous, Poirot, que j'aimerais vous voir commettre un crime. Oui, j'aimerais savoir comment vous vous y prendriez.- Mon cher Japp, si je commettais un crime, vous n'auriez pas la moindre chance de découvrir comment je m'y serais pris, vous ne vous apercevriez même pas qu'un crime a été commis.

– Poirot résout trois énigmes

- La vérité est que mon oncle était fou à lier, monsieur Poirot.- Et cela vous parait une explication suffisante ?- C'est qu'il faut être un peu cinglé pour se tuer !- Voilà une conclusion d'une admirable simplicité.

– Poirot résout trois énigmes

- Lady Chevenix-Gore semble avoir des idées assez... curieuses, avança le major Riddle avec précaution.Mr Forbes sourit en homme indulgent.- Les femmes du monde ont droit à leurs toquades...

– Poirot résout trois énigmes

... ce sont les hommes les plus prudents qui commettent les meurtres les plus habiles .

– Poirot résout trois énigmes

Une femme empestant le parfum bon marché, c'est une des pires abominations de l'humanité.

– Poirot résout trois énigmes

- Précisément, il n'est pas venu à l'esprit de ce sir Gervase que moi, Hercule Poirot, étant un homme important, occupé par de multiples affaires, il était extrêmement improbable que je pusse tout laisser en plan pour me précipiter chez lui comme un chien obéissant...Mr Satterwhaite se mordit la lèvre pour réprimer un sourire. Il avait pu s'apercevoir qu'en matière d'égotisme il n'y avait guère de différence entre Hercule Poirot et Gervase Chevenix-Gore.

– Poirot résout trois énigmes

- Vous escomptez réussir, monsieur Poirot ? demanda lord Mayfield, un rien sceptique.- Pourquoi pas ? Il suffit de raisonner... de réfléchir.

– Poirot résout trois énigmes

- Là où sont les carcasses, les vautours se rassemblent. [...]

– Poirot résout trois énigmes

- Pour moi, ce qui importe, c'est le présent… et non le passé ! Le passé doit rentrer dans le néant. Si nous cherchons à le faire survivre, nous le déformons et nous en exagérons les proportions par une fausse perspective.

– Le Noël d'Hercule Poirot

La vie se montre cruelle envers les femmes ! Elles doivent se débrouiller de leur mieux, tant qu'elles sont jeunes. Lorsqu'elles vieillissent et deviennent laides, on les délaisse.

– Le Noël d'Hercule Poirot

Curieux qu'une jolie créature pût vous troubler au plus profond de vous-même aussi longtemps qu'elle n'ouvrait pas la bouche et que le sortilège disparût à l'instant même où un mot sortait de ses lèvres !

– La Plume empoisonnée

Des propos de ce genre, je ne tiens pas à les entendre. Les chiens sont sages, qui se retirent dans un coin pour lécher leurs blessures, pour ne reprendre leurs habitudes que guéris.

– La Plume empoisonnée

- Non, ripostai-je. On a trop tendance à attribuer à Dieu des misères que l'homme ne doit qu'à lui-même. Je vous concède le Diable. Pour Dieu, je crois qu'il n'a vraiment pas besoin de nous punir. Nous nous en chargeons nous-mêmes !

– La Plume empoisonnée

Un homme courtois, certes, bon époux et bon père de famille probablement, mais de ceux que les femmes peuvent contempler sans que s'accélère le battement de leur pouls.

– La Plume empoisonnée

Mangez, dormez et tâchez de mener autant que possible l'existence d'un végétal !

– La Plume empoisonnée

Je souris, puis me mis à rire. Joanna voulut savoir pourquoi, et je lui racontai ma soirée.- Mais, Jerry, tu es devenu fou ! Fou à lier !- Je crois que tu as raison.- Écoute, mon petit vieux, ce ne sont pas des choses à faire dans un endroit comme ici. Demain, tout Lymstock va être au courant.- Sans doute. Mais enfin, Megan n'est encore qu'une gamine.- Erreur ! Elle a vingt ans. Tu ne peux pas emmener à Londres une fille de vingt ans et l'habiller de pied en cap sans déclencher un scandale épouvantable. Réfléchis deux secondes, Jerry, il va sûrement falloir que tu l'épouses !Joanna était mi-sérieuse, mi-hilare.Ce fut à cet instant précis que je fis une découverte d'une importance capitale :- Bon sang de bon sang ! Tu sais que ça ne me déplairait pas vraiment... Et je crois même que... que ça me plairait assez !Joanna eut une drôle d'expression. Elle se leva et se dirigea vers la porte.- Ça, mon bonhomme, je le sais depuis un bout de temps déjà, ironisa-t-elle.Sur quoi elle m'abandonna, debout, mon verre à la main, pétrifié par ma découverte.

– La Plume empoisonnée

Les choses n'arrivent jamais telles qu'on les attend.Page 223.

– La Plume empoisonnée

Il n'y a pas pire que la fausse sympathie des gens qui ne vous la témoignent que pour vous entretenir de leurs petites misères

– La Plume empoisonnée

Je croyais que vous paraissiez avoir mauvais caractère parce que vous saviez que vous deviez rester estropié toute votre vie. Mais, si vous avez toujours été comme ça, c'est différent !

– La Plume empoisonnée

Sous ses faux airs de paradis terrestre le venin y suinte de partout !

– La Plume empoisonnée

D'un pas lent, Hercule Poirot se promena le long de la terrasse.Tout en marchant, il songeait : « Moi, je suis le père confesseur ! Et comme les femmes se confessent plus souvent que les hommes, ce matin, elles viennent me faire leurs confidences. Une autre éprouvera-t-elle le besoin de me parler ? »Arrivé au bout de la terrasse, il fit demi-tour et comprit que sa question ne demeurerait pas longtemps sans réponse.

– Le Noël d'Hercule Poirot

Les hommes les plus calmes et les plus doux sont souvent capables d'une extrême violence lorsqu'ils perdent le contrôle de leurs actes.

– Le Noël d'Hercule Poirot

Il y a énormément d'hypocrisie à Noël - hypocrisie honorable, hypocrisie pour le bon motif, c'est entendu, mais hypocrisie tout de même !

– Le Noël d'Hercule Poirot

"Noël ! Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté, prononça Lydia, un sourire ironique""Le monde est, je crois, ce que nous le faisons nous-mêmes, dit le mari en souriant.— Non ! expliqua Lydia d'un ton ferme. Le monde est mauvais. Le mal n'existe pas seulement dans notre esprit. Il existe réellement. Si tu es au-dessus des mesquineries et des méchancetés des autres, moi je les sens, ici même… dans cette maison… »

– Le Noël d'Hercule Poirot

- Ma mère, balbutia David- Ta mère était bête comme une oie. Et je crois que ses enfants ont hérité de sa sottise.

– Le Noël d'Hercule Poirot

Les criminels commettent toujours des erreurs. Nous sommes payés pour le savoir.

– Le Noël d'Hercule Poirot

D'une voix grave, Pilar prononça : « Si j'avais un ennemi… un ennemi réel… je lui couperais la gorge comme ceci… » Sa main esquissa un geste rapide. Stéphen demeura stupéfait. « Vous êtes assoiffée de sang, señorita ? » De son ton le plus naturel, Pilar lui demanda : « Et vous, comment traiteriez. Vous un ennemi ? » Il sursauta, dévisagea la jeune fine, puis éclata de rire. « Je n'en sais rien… » Agacée, Pilar insista : « Mais si, voyons ! Vous le savez bien. » Stéphen cessa de rire, poussa un soupir et proféra d'une voix basse : « Oui, je sais… »

– Le Noël d'Hercule Poirot

Poirot promena dans la pièce un regard perplexe :- il règne ici une atmosphère de ...de fureur brutale...Oui, c'est bien ça, de fureur brutale. Et de rage sanguinaire, d'emphase sur le côté sanglant...Il y a...comment dire ? ...il y a trop de sang. Du sang sur les fauteuils, sur les tables, sur le tapis. Le sang rituel ? Le sang sacrifice ? Est-ce de cela qu'il s' agit ? Peut-être...Un homme aussi frêle, aussi maigre, aussi desséché, et pourtant...dans la mort...tant de sang

– Le Noël d'Hercule Poirot

Pour de l'argent, les gens feraient n'importe quoi.

– Le miroir se brisa (Nouvelle traduction révisée)

La réaction de Marina fur cette fois moins automatique. Son regard, qui avait flotté par-dessus l'épaule de Heather Badcock, semblait maintenant rivé sur le mur, à mi-hauteur de la cage d'escalier. Ses yeux exorbités paraissaient contempler une horreur telle que Mrs Bantry fit un pas en avant. Est-ce que cette femme n'allait pas s'évanouir ? Que diable pouvait-elle bien voir qui lui donnait cet air halluciné, qui la tendait tout entière comme une vipère prête à mordre ? Mais avant qu'elle n'ait pu se précipiter au côté de Marina, cette dernière se reprit. Papillonnant des paupières, pupilles dans le vague, elle revint à Heather et les grandes eaux de l'amabilité se remirent à cascader... Quoique de manière un rien machinale...

– Le miroir se brisa (Nouvelle traduction révisée)

Même le vieux Sampson, le doyen de Sainte-Mary Mead, qui se targuait d'avoir quatre-vingt-seize-ans alors que ses amis lui en donnaient quatre-vingt-huit, s'était approché à grand-peine, s'aidant de sa canne, pour voir cette piscine qui excitait la curiosité générale. - C'est répugnant, dit-il, une moue pleine d'espoir aux lèvres. Ce n'est pas très propre, tout cela. Il va y avoir des hommes et des femmes tout nus qui vont se promener là-dedans. (Sa figure exprimait une joie énorme.)

– Le miroir se brisa (Nouvelle traduction révisée)

Cher et brave vieux Holmes. Considéré comme une antiquité, à l'heure actuelle, j'imagine. Mais il ne sera jamais oublié.

– Le miroir se brisa (Nouvelle traduction révisée)

Il fallait regarder les choses en face : Sainte-Mary Mead avait changé. Comme tout le reste, D'ailleurs. La guerre en était cause, ou la nouvelle génération. A moins que ce ne fût la bombe atomique ou le gouvernement. En fait miss Marple ne se faisait pas d'illusion : elle était vieille et c'était l'explication la plus simple.

– Le miroir se brisa (Nouvelle traduction révisée)

Même le vieux Simpson, le doyen de St-Mary Mead, qui se targuait d'avoir quatre-vingt-seize ans alors que ses amis lui en donnaient quatre-vingt-huit, s'était approché à grand-peine, s'aidant de sa canne, pour voir cette piscine qui excitait la curiosité générale. - C'est répugnant, dit-il avec une moue gourmande. Ce n'est pas très propre, tout cela. Il va y avoir des hommes et des femmes tout nus qui vont se promener là-dedans.

– Le miroir se brisa (Nouvelle traduction révisée)

Elle avait la voix pâteuse, épaisse, et sa tête roulait de côté. Et puis tout d'un coup elle a eu une sorte d'énorme hoquet et elle a basculé en avant. Elle était morte.

– Le miroir se brisa (Nouvelle traduction révisée)

Parce qu'il ne fait pas de doute que les maris éprouvent très fréquemment l'envie de tordre le cou de leur épouse, encore qu'il arrive parfois qu'ils ne fassent qu'en rêver et se gardent bien de passer à l'acte.

– Le miroir se brisa (Nouvelle traduction révisée)

- J'ai reçu une lettre absolument charmante de lady Conway, dit miss Knight deux jours plus tard en apportant à miss Marple son petit déjeuner."...Vous vous en souvenez, je vous en ai déjà parlé, elle est un peu...égarée, parfois. Elle perd la mémoire. Elle ne reconnait pas toujours les membres de sa famille et leur demande de s'en aller.- C'est peut être tout simplement de l'astuce, dit miss Marple. Plus qu'un manque de mémoire.

– Le miroir se brisa (Nouvelle traduction révisée)

Miss Jane Marple était assise à sa fenêtre. Celle-ci donnait sur ce jardin dont elle était si fière, autrefois. Il n'y avait pas si longtemps, à vrai dire. Aujourd'hui, elle le contemplait, pleine d'amertume.Tout jardinage lui était interdit Elle ne pouvait plus se baisser, bêcher ou planter – seulement, à la rigueur, couper une branche çà et là. Le vieux Laycock, qui venait trois fois par semaine, faisait de son mieux, bien sûr. Mais ce n'était pas grand-chose et il travaillait à sa manière, qui n'était pas celle de miss Marple. Celle-ci savait exactement ce qu'elle voulait obtenir et en faisait part, régulièrement, à son jardinier. Le vieux Laycock déployait alors toutes les ressources de son génie personnel : il acceptait avec enthousiasme les recommandations qu'on lui prodiguait et n'y donnait aucune suite.— Vous avez raison, miss. On mettra ces pois de senteur là, dans le coin, et les Canterbury le long du mur. On fera ça la semaine prochaine.Les excuses de Laycock étaient toujours raisonnables et ressemblaient étrangement à celles du capitaine George de Trois hommes dans un bateau, refusant de prendre la mer. Pour l'un, le vent était toujours mauvais, inconstant s'il venait de l'ouest, encore plus dangereux et traître si c'était de l'est.Laycock évoquait le temps – trop sec – ou trop humide, ou trop froid. Sinon, il donnait toujours la priorité à quelque chose d'extrêmement important (généralement aux choux, ordinaires ou de Bruxelles, qu'il aimait à planter en quantités industrielles). Les principes de Laycock, en matière de jardinage, étaient simples et aucun de ses employeurs, même qualifié, jamais n'avait pu l'en débarrasser. Il lui fallait de nombreuses tasses de thé, très fort et très sucré, pour lui permettre de soutenir son effort : un certainvolume de feuilles mortes à balayer à l'automne et, au printemps, de quoi faire un superbe bouquet de ses fleurs préférées, asters ou sauges.Pour lui rendre justice, il était très attaché à ses employeurs et allait même jusqu'à admettre leurs fantaisies en matière d'horticulture (à condition cependant que le travail exigé ne fût pas trop dur) mais les légumes restaient pour lui la base essentielle de la vie. Les fleurs n'étaient que distraction pour femmes oisives. Il témoignait de son attachement en offrant de ces asters, ou sauges, qu'il aimait. « J'ai travaillé au Quartier Neuf. Veulent des jardins magnifiques, là-haut. Y a beaucoup trop defleurs, alors, j'en ai rapporté quelques-unes. Les ai mises à la place des roses. C'est moins démodé et ça fait mieux. »Pensant à tout cela, miss Marple soupira et reprit son tricot.Il fallait regarder les choses en face : Sainte-Mary Mead avait changé. Comme tout le reste, d'ailleurs. La guerre en était cause, ou la nouvelle génération. À moins que ce ne fût la bombe atomique ou le gouvernement. En fait, miss Marple ne se faisait pas d'illusion : elle était vieille et c'étaitl'explication la plus simple. Elle s'en rendait compte davantage à Sainte-Mary Mead qui avait été son refuge pendant de si longues années.Sainte-Mary Mead n'avait pas bougé. L'hôtel du Cochon Bleu était toujours là, comme l'église, le presbytère, l'îlot de Queen Ann et les maisons géorgiennes, dont l'une était la sienne. Miss Hartnell y habitait toujours mais miss Wetherby était morte et sa maison occupée par un banquier et sa famille. La plupart des habitants du village avaient changé mais l'apparence de celui-ci était toujours le même, à peu de chose près.Seules, les boutiques de la grande rue étaient différentes, beaucoup plus modernes. La poissonnerie était méconnaissable avec ses grandes baies vitrées. Barnes, l'épicier, était resté tel que le connaissaient miss Hartnell et miss Marple, à leur grande joie, mais, à l'emplacement de l'échoppe de...

– Le miroir se brisa (Nouvelle traduction révisée)

Aucune femme n'a jamais désiré un enfant comme je désire créer une œuvre musicale. Et je reste stérile.

– Musique barbare

Les hommes vénéraient la pierre et ont construit Stonehenge. Aujourd'hui, Stonehenge est toujours debout, alors que ceux qui l'ont bâti sont morts depuis des siècles dans l'anonymat. Pourtant, aussi paradoxal que cela puisse paraitre, ces hommes vivent encore en toi et moi, leurs descendants, alors que Stonehenge et ce qu'il représentait sont morts.

– Musique barbare

Des choses étonnantes naissent parfois du vice, de la fange, de l'anarchie.

– Musique barbare

Faire les choses différemment des autres n'est pas forcément une preuve de génie. Neuf fois sur dix, le but recherché est simplement d'acquérir une notoriété à peu de frais.

– Musique barbare

Être ici,c'est comme un rêve devenu réalité,sauf que je ne suis plus dans le rêve.Je devrais être quelque part ailleurs,mais je ne sais pas où.Si seulement....

– Le Poids de l'amour

_Et il y a pire.Je voulais prouver que je n'étais pas possessive.Juste pour me le prouver à moi-même,j'ai laissé Shirley s'engager dans la voie du malheur.

– Le Poids de l'amour

Laura,pensa-t-il,était une drôle d'enfant.Difficile de savoir ce qui se passait derrière ce regard droit,sans émotion.

– Le Poids de l'amour

Le Bon Dieu, voyez-vous, a donné une langue même aux gens les plus compétents et les mieux dotés de bon sens – sans pour autant qu'ils en fassent toujours le meilleur usage.

– Les Travaux d'Hercule (Nouvelle traduction révisée)

— Dites-moi, très cher, pourquoi Hercule ?— Vous parlez de mon nom de baptême ?— En fait de nom de baptême, reconnaissez qu'il n'a rien de très catholique. Il vous aurait plutôt un petit côté païen, non ? Mais, encore une fois, pourquoi ? C'est ça, ce que je voudrais bien savoir. Lubie de votre père ? Caprice de votre mère ? Tradition familiale ? Si je me rappelle bien – mais ma mémoire n'est plus, hélas ! ce qu'elle était –, vous aviez un frère prénommé Achille, n'est-ce pas ?En un éclair, Poirot revit mentalement les péripéties de l'existence d'Achille Poirot. Tout cela était-il vraiment arrivé ?— Cela n'a duré que bien peu de temps, se borna-t-il à répondre.Avec tact, le Pr Burton abandonna ce sujet délicat.— Les parents, grommela-t-il, devraient prêter davantage d'attention aux prénoms qu'ils donnent à leurs enfants. J'ai quelques filleules. Je sais de quoi je parle. Il y en a une qui s'appelle Blanche : elle est noire comme un pruneau ! À côté de ça il y a Deirdre, Deirdre des douleurs : elle, elle est gaie comme un pinson. Quant à la jeune Patience, on eût été mieux avisé de la baptiser Impatience ! Et pour ce qui est de Diana...Le vieil universitaire frémit :— Diana frise déjà les quatre-vingts kilos... or, elle n'a que quinze ans ! On me rétorque qu'il faut qu'adolescence se passe, mais j'ai bien peur que le problème soit ailleurs. Diana ! Ils auraient voulu l'appeler Hélène, mais, là, j'avais mis les pieds dans le plat. Quand on sait à quoi ressemblent ses père et mère ! Sans parler de sa grand-mère ! Moi, j'avais bataillé pour un prénom comme Martha, ou Dorcas... quelque chose de cohérent dans ce goût-là. Peine perdue. J'aurais aussi bien pu économiser ma salive. Drôle de race que celle des géniteurs...

– Les Travaux d'Hercule (Nouvelle traduction révisée)

Il faut être cinglé pour quitter le droit chemin. Une conscience nette, c'est tout ce dont on a besoin dans l'existence. Avec ça, on peut affronter le monde entier, et envoyer tous les enquiquineurs au diable.

– Les Travaux d'Hercule (Nouvelle traduction révisée)

- Dites-moi, très cher, pourquoi Hercule ? - Vous parlez de mon nom de baptême ? - En fait de nom de baptême, reconnaissez qu'il n'a rien de très catholique.

– Les Travaux d'Hercule (Nouvelle traduction révisée)

Par la lecture, vous remontez le temps.

– Les Travaux d'Hercule (Nouvelle traduction révisée)

- Vous êtes marié, monsieur Poirot ?- Hélas, je n'ai pas ce bonheur.- Hum... Pour ce qui est du bonheur, je ne sais pas trop. Mais si vous étiez marié, vous sauriez que les femmes sont des créatures bizarres.(Le lion de Némée)

– Les Travaux d'Hercule (Nouvelle traduction révisée)

La mythologie, quel panier de crabes !Prenez cet Hercule, ce héros ! Drôle de héros ! Qu'était-il, sinon un malabar au front bas animé de tendances criminelles ? A Poirot, cet Hercule rappelait un certain Adolphe Durand, boucher de son état, fort comme un bœuf et qui avait été jugé à Lyon en 1895 pour le meurtre d'une ribambelle d'enfants. L'argument principal de ses défenseurs avait reposé sur la fait que le boucher souffrait d'épilepsie, et l'on avait débattu pendant plusieurs audiences sans parvenir à déterminer s'il s'agissait du haut mal ou du petit mal. Cet Hercule des temps anciens était sans doute, lui aussi, victime du haut mal. Non, pensait Poirot en secouant violemment la tête, si c'était ça l'idée que les Grecs se faisaient d'un héros, elle ne correspondait plus aux critères du monde moderne. D'ailleurs, l'ensemble du canevas mythologique le heurtait. Ces dieux et ces déesses !... Ils s'affublaient d'autant d'identités qu'un criminel d'aujourd'hui ! Et, alcoolisme, débauche, inceste, viol, brigandage, meurtre et captation d'héritage, ils se comportaient, d'évidence, comme des délinquants. Il y avait là de quoi occuper un juge d'instruction à plein temps ! Même dans le cadre de leur vie de famille ces gens-là se comportaient comme des malfrats ! Et avec ça pas d'ordre ! Pas de méthode ! Jusqu'à leurs crimes et délits qui fleuraient l'amateurisme et trahissaient une absence totale d'esprit de synthèse !(Prologue)

– Les Travaux d'Hercule (Nouvelle traduction révisée)

-Ça n'a vraiment rien d'indispensable ! Ce n'est pas une fatalité. Quel besoin avez-vous de mourir ? Vous devez bien être après tout capable de vous battre pour la vie aussi bien qu'un autre, non ?

– Les Travaux d'Hercule (Nouvelle traduction révisée)

Le Bon Dieu, voyez-vous, a donné une langue même aux gens les plus compétents et les mieux dotés de bon sens - sans pour autant qu'ils en fassent toujours le meilleur usage. [...] Il faut avouer que tous les ingrédients étaient réunis pour concocter un merveilleux scandale de village.(L'hydre de Lerne)

– Les Travaux d'Hercule (Nouvelle traduction révisée)

- Cette jeune actrice est bourrée de talent. Toute de pureté et d'innocence...Elle en appelle non pas à la sexualité des hommes, mais à leurs penchants chevaleresques.Il ajouta d'un air rêveur :- Avec les Anglais, cela prend toujours.(Les oiseaux de lac Stymphale)

– Les Travaux d'Hercule (Nouvelle traduction révisée)

Normalement, quand le cas est obscur, c'est bon signe.Si le problème est clair comme le jour, eh bien, ne vous y fiez pas :c'est qu'il a été trafiqué par quelqu'un.

– Allô, Hercule Poirot (Nouvelle traduction révisée)

— J'aurais cru, remarquai-je, qu'il était impossible de disparaître à l'heure actuelle.Poirot avança une assiette de minuscules tartines beurrées et dit vivement :— Soyez précis, mon ami. Qu'entendez-vous par disparaître ? À quelle sorte de disparition faites-vous allusion ?— Les disparitions sont-elles donc classées et étiquetées ? demandai-je en riant.— Mais naturellement, elles le sont. Elles se ramènent à trois catégories : la première et la plus connue, est la disparition volontaire ; la deuxième, la perte de mémoire et de personnalité, cas rare mais qui se rencontre de temps en temps. La troisième, meurtre avec escamotage plus ou moins heureux du cadavre.

– Allô, Hercule Poirot (Nouvelle traduction révisée)

Voilà le hic. Comme le dit Hastings, les corps ont l'habitude de réapparaître avec une persistance fatale.

– Allô, Hercule Poirot (Nouvelle traduction révisée)

Je ne crois pas aux prémonitions, dit Claire d'un ton sec, ni à l'intuition, ni au sixième sens, ni à toutes les choses dont nous discutons sans réfléchir. Nous ressemblons à des trains qui foncent dans la nuit vers des destinations inconnues.

– Allô, Hercule Poirot (Nouvelle traduction révisée)

-Vous vous méprenez totalement sur le compte de Langton. Ce garçon ne ferait pas de mal à une mouche.-La vie des mouches ne me concerne en rien, toutefois, alors que vous soutenez que M. Langton ne tuerait pas une mouche, il se prépare, ce soir, à détruire des milliers de guêpes.

– Allô, Hercule Poirot (Nouvelle traduction révisée)

- La police, peut-être ; mais pas vous ? dit Japp avec bonne humeur et le regard brillant de malice. On ne trompe pas Hercule Poirot. Le détective essaya sans beaucoup de succès de paraître modeste. - Mais si, moi aussi. Pourquoi pas ? Il est vrai que j'aborde ce genre de problèmes avec une science exacte, une précision mathématique qui semblent, hélas ! trop rares parmi les détectives de la nouvelle génération.

– Allô, Hercule Poirot (Nouvelle traduction révisée)

Assis auprès de la table à thé, Poirot et moi, nous attendions notre vieil ami l'inspecteur Japp qui devait partager notre goûter. Un coup sec précéda de quelques instants l'entrée brusque de Japp.— J'espère que je ne suis pas en retard, dit-il en nous saluant ; pour ne rien vous cacher, j'étais en train de bavarder avec Miller, l'inspecteur qui s'occupe de l'affaire Davenheim. Je dressai l'oreille. Depuis trois jours, les journaux étaient pleins de l'étrange disparition de Mr Davenheim, principal associé de la firme Davenheim & Salmon, les financiers et banquiers bien connus. On l'avait vu sortir de chez lui le samedi précédent et il n'avait pas reparu. Je brûlais d'arracher à Japp quelque détail intéressant.— J'aurais cru, remarquai-je, qu'il était impossible de disparaître à l'heure actuelle.Poirot avança une assiette de minuscules tartines beurrées et dit vivement :— Soyez précis, mon ami. Qu'entendez-vous par disparaître ? À quelle sorte de disparition faites-vous allusion ?— Les disparitions sont-elles donc classées et étiquetées ? demandai-je en riant.— Mais naturellement, elles le sont. Elles se ramènent à trois catégories : la première et la plus connue, est la disparition volontaire ; la deuxième, la perte de mémoire et de personnalité, cas rare mais qui se rencontre de temps en temps. La troisième, meurtre avec escamotage plus ou moins heureux du cadavre. Considérez-vous ces trois cas comme impossibles ?

– Allô, Hercule Poirot (Nouvelle traduction révisée)

-Eh bien, Poirot ? Est-ce que ça vous paraît si simple que ça ?-Bien au contraire : c'est fort complexe.L'agent de Scotland Yard paraissait heureux.-Ce qui me donne de grands espoirs pour résoudre le problème, continua placidement Poirot.

– Allô, Hercule Poirot (Nouvelle traduction révisée)

— Quelle affreuse créature, cria Alicia. Je ne pourrais la supporter plus longtemps. Non, non !Elle se leva d'un bond, alla saisir la poupée, courut à la fenêtre et la jeta dans la rue.

– Allô, Hercule Poirot (Nouvelle traduction révisée)

- Nous sommes en Angleterre et ici, les prétendants malchanceux ne plantent pas de couteau dans le dos de leurs rivaux heureux, ni ne s'abaissent à les empoissonner. Vous vous méprenez totalement sur le compte de Langton. Ce garçon ne ferait pas de mal à une mouche;- La vie des mouches ne me concerne en rien toutefois alors que vous soutenez que M. Langton ne tuerait pas une mouche, il se prépare, ce soir même, à détruire des milliers de guêpes. ( Contexte : ce Monsieur doit s'attaquer à un nid de guêpes...)

– Allô, Hercule Poirot (Nouvelle traduction révisée)

La curiosité est une chose passionnante. Que ne lui devons-nous pas ! J'ignore qui l'a inventée. Peut-être les Grecs. Ils voulaient savoir. Avant eux, personne, à ma connaissance, n'avait réellement éprouvé le besoin de savoir. Après eux, on a voulu connaître le pourquoi des choses. Et c'est ainsi que nous avons eu droit aux navires, aux chemins de fer, aux machines volantes, aux bombes atomiques, à la pénicilline et à des tas d'autres choses. Un jeune garçon regarde le couvercle d'une marmite se soulever sous l'effet de la vapeur, et nous avons les trains. Ensuite, les grèves des chemins de fer, bien entendu. Et tout à l'avenant.

– Une mémoire d'éléphant (Nouvelle traduction révisée)

-Les éléphants se souviennent, répondit la romancière. Mais nous sommes des humains, et Dieu merci, les humains oublient.

– Une mémoire d'éléphant (Nouvelle traduction révisée)

Les éléphants se souviennent, répondit la romancière. Mais nous sommes des humains et, Dieu merci, les humains oublient. (p.187).

– Une mémoire d'éléphant (Nouvelle traduction révisée)

Mais les femmes débitent souvent des sottises, vous savez, quand il y a une histoire d'amour sous roche. Surtout quand elles ne sont plus toutes jeunes mais veulent cependant se persuader qu'il n'est jamais trop tard.

– Une mémoire d'éléphant (Nouvelle traduction révisée)

Jusqu'au bout, il les a aimées toutes les deux, oui. Et c'est pourquoi il voulait, autant que Molly, sauver sa belle-sœur. Quelle est celle qu'il a le plus chérie ? Je ne l'ai jamais su et je ne le saurai jamais.Poirot la dévisagea un instant, puis s'éloigna à pas lents pour rejoindre Mrs Oliver.-Il nous faut maintenant regagner Londre, dit-il, retourner à la vie d chaque jour, oublier les drames et les affaires de cœur.-Les éléphants se souviennent, répondit la romancière. Mais nous sommes des humains et, Dieu merci, les humains oublient.

– Une mémoire d'éléphant (Nouvelle traduction révisée)

— Qu'est-ce que vous buvez là, si ce n'est pas trop vous demander ? s'enquit le superintendant, intrigué.— Du sirop de cassis, répondit Poirot.— Ma foi, frémit le superintendant, chacun ses goûts. De quoi Spence m'a-t-il également parlé ? Il m'a affirmé qu'il vous arrivait d'absorber un breuvage que vous baptisez tisane, c'est cela ? De quoi s'agit-il au juste ? D'une variante française de la pavane, ou quoi ?— Non, répondit Poirot, du remède souverain pour faire chuter la fièvre.— Ah ! La providence des grabataires !Le superintendant but une gorgée — de son whisky.

– Une mémoire d'éléphant (Nouvelle traduction révisée)

Je me souviens d'un proverbe que ma grand-mère avait coutume de répéter : au loin s'étend l'ombre portée des péchés de jadis.

– Une mémoire d'éléphant (Nouvelle traduction révisée)

Le banquet, donné en l'honneur de femmes de lettres couronnées par la renommée, ne réunissait Dieu merci pas que des femmes de lettres. Il y avait là d'autres romanciers, des critiques et — en plus des gens qui faisaient profession d'écrire des livres —, jusqu'à des énergumènes qui en lisaient.

– Une mémoire d'éléphant (Nouvelle traduction révisée)

C'était cela que Mrs Oliver aimait chez Maria. Si on lui en fournissait la moindre occasion, elle était toujours prête à donner son approbation et à exprimer des louanges.

– Une mémoire d'éléphant (Nouvelle traduction révisée)
< Voir moins de citations
Voir plus de citations >

Commentaires

Connexion




S'inscrire

Inscription à Livres Actu




Se connecter